J218, Pirate ou Petrole ?
19.–20. dec. 2025, Caymanøerne ⋅ ⛅ 27 °C
Le vent a un peu faibli pour notre quatrième nuit, mais il nous permet malgré tout de continuer avec une bonne allure. Nous avons eu un peu de stress en début de navigation : la lumière d’un bateau au loin faisait une route parallèle à la nôtre, puis a semblé faire demi-tour vers nous. On nous avait dit qu’il fallait être vigilants au large des côtes du Honduras et du Nicaragua par rapport à la piraterie. Comme au Nicaragua, ce sont souvent des pêcheurs qui, désespérés, tombent dans la piraterie pour survivre. Nous sommes donc un peu parano en regardant cette lumière ; on rigole, on se dit qu’on est quand même un peu peureux. Mais on essaie de passer incognito : on éteint nos lumières de navigation pour tenter de se fondre dans la nuit sans lune. La lumière finit par s’estomper… ouf. Ça nous a donné un peu d’adrénaline pour ce début de nuit.
La nuit continue et nous voyons au loin plusieurs lumières fixes : ce sont sûrement des plateformes pétrolières installées sur ces hauts fonds. Il y en a un certain nombre ; on vérifiera lors de notre prochaine connexion !
Je termine un roman et continue mes lectures de notre guide sur Cuba. Ce pays me fascine et m’interroge. Son histoire singulière, si injuste pour son peuple, qui aujourd’hui subit lourdement les conséquences de l’embargo américain. Parallèlement, la beauté de sa nature — et notamment de ses fonds marins — est énormément vantée. Nous avons hâte d’arriver !
À 7 h, nous sommes tous les deux sur le pont. Malo a eu le quart de 3 h à 5 h ; il somnole sur la banquette extérieure. J’assiste au lever du soleil, qui nous revêt de ses belles couleurs : jaune clair, puis bleu foncé, pour terminer sur un joli bleu ciel. Le soleil va encore rayonner aujourd’hui. Le vent est resté régulier toute la nuit. Nous avons un ris dans la grand-voile et le génois est entièrement déployé : le bateau avance.
On prend un petit déjeuner — bon, sans café, car avec la gîte du bateau on ne se risque pas à faire bouillir de l’eau — mais bien apprécié quand même. Malo lit La Grande Route de Moitessier et me lit quelques chapitres. C’était une autre époque, une autre navigation. C’est incroyable, ces connaissances et cet esprit de marin endurci décrits dans ces pages.
On se berce d’aventures entre Moitessier et l’écoute de notre série de podcasts favorite, Les Baladeurs, des récits d’aventuriers en tout genre. La journée s’écoule sous une chaleur de plomb, avec un vent constant. Nous préparons la petite bonite pêchée la veille : on la fait mariner dans de la sauce soja, on ajoute quelques légumes, le tout au four, et c’est prêt pour le dîner !
En enfournant le poisson, on observe un gros nuage qui se forme : un cumulonimbus assez dense, juste en face de nous. Nous sommes au près serré, nous n’allons pas y échapper. On se prépare, on enfile nos k-ways, on observe l’évolution du nuage, prêts à enrouler le génois. Et hop, c’est parti : la pluie arrive ! Le vent qui l’accompagne n’est pas trop violent, mais il dévente le bateau pendant un certain temps. On enroule donc la voile et on allume le moteur pour garder notre cap.
Trois belles averses nous passent dessus : ça dessale le bateau. Le nuage finit par passer, nous déroulons la voile puis coupons le moteur. Nous retrouvons un bon vent qui nous pousse à 5,5 nœuds. La nuit tombe ; il risque d’y avoir quelques grains cette nuit. Demain matin, nous devrions être au niveau des îles Caïmans. Nous hésitions à y faire escale, mais nous souhaitons arriver à Cuba pour rejoindre nos amis sans trop tarder, notamment pour les fêtes de Noël. On risque de se décider en passant près de l’île.
Un grain au loin vient de nouveau perturber le vent en début de nuit. Nous allumons le moteur pendant 1 h 30 afin de conserver notre cap. Le vent se rétablit ensuite. Malo prend le quart pendant que j’essaie d’aller dormir. Je suis réveillée vers 1 h du matin par les craquements du bateau : je sens la vitesse et la force exercées par le vent et la mer. Je sors. Malo se demandait justement s’il ne fallait pas réduire un peu la voilure.
En soi, le pilote automatique tient, le bateau n’est pas complètement à plat et on avance bien, mais on sent quand même l’énergie à bord. On préfère préserver le bateau : on finit par prendre un autre ris dans la grand-voile et enrouler le génois. On est mieux réglés ainsi. On a réduit notre allure, mais on continue d’avancer. La nuit n’est pas des plus confortables pour dormir : le bateau gîte fort à bâbord. Les nuits seront meilleures au mouillage !
Pendant que Malo se repose, j’assiste à un beau lever de soleil, agrémenté de nuages denses qui font danser les lumières. On continue notre route sans s’arrêter aux Caïmans : nous avons un vent constant. On profite d’être à proximité de la côte pour capter internet et faire un point météo 🌎Læs mere











