J226, Cayo Sal y Cayo Guano
26.–29. dec. 2025, Cuba ⋅ ☀️ 25 °C
Ce matin, nous préparons le bateau pour partir en navigation. Nous changeons de mouillage, nous partons à l’est pour Cayo Sal. Nous souhaitons caboter en deux jours afin de nous rendre jusqu’à Cienfuego, ville située sur l’île principale de Cuba. Cela va nous permettre de couper la navigation et de visiter les petites roches au large des côtes cubaines.
La veille, nous avons réalisé nos papiers de sortie à la marina de Cienfuego. Ils nous donnent un « permiso » sur lequel est retracé l’ensemble des ports où nous nous sommes rendus et où nous allons nous rendre à Cuba. Nous devons remettre ce papier aux autorités à chaque nouvel endroit où nous arrivons. Nous payons également le mouillage, qui est calculé en fonction de la taille du bateau (0,80 $/pied/jour).
Avant de réaliser les démarches, nous nous arrêtons à bord du Rebelle, le bateau de Lionel et Yamilé. Tous les copains étaient à bord, c’était atelier perçage des perles de culture offertes à Noël ! J’ai percé la mienne pour pouvoir l’enfiler sur une petite chaîne dorée, c’est super joli.
Jules et Noémie mangent du lambi chez Lionel et Yamilé ce soir. Nous étions là au moment des préparatifs. Lionel a fait le prof pour nous montrer comment préparer ce gros coquillage.
Étape 1 : Attraper le coquillage, compter deux « mailles » depuis sa pointe.
Étape 2 : Frapper avec le bord d’un couteau pour faire une ouverture au niveau de cette deuxième maille.
Étape 3 : Passer le couteau au travers de l’ouverture pour sectionner le nerf.
Étape 4 : Extraire le mollusque.
Étape 5 : Éplucher le mollusque, enlever sa peau et les parties indigestes.
Étape 6 : Frapper le mollusque pour le rendre plus tendre !
Étape 7 : C’est parti pour la cuisson !
Malo tente le coup et arrive à sortir le coquillage, c’est une sacrée préparation.
Nous levons donc l’ancre ce samedi pour caper vers l’est. Nous sommes au près mais le vent est assez faible. On débute toutes voiles dehors, mais nous sommes assez vite contraints de passer au moteur, faute d’air !
Nous continuons d’avancer en flottille : les Zoan sont partis en premier, nous, suivis de près par les Blue Moana.
Sans surprise, nous arrivons les derniers !
L’eau est magnifique, turquoise et transparente, c’est incroyable. Nous arrivons vers 15h30. Nous ne tardons pas à mettre le kayak à l’eau pour explorer l’île.
C’est un plateau rocheux, corallien, plutôt inhospitalier à premier abord ; la roche est abrasive. Nous avons les masques et les tubas et, de temps à autre, nous passons la tête par-dessus le kayak pour regarder. C’est essentiellement du sable et des herbiers. Nous avons vu assez peu de reliefs et de récifs.
Nous croisons Jules et Noémie qui exploraient aussi les environs. Ils ont rencontré des pêcheurs qui leur ont offert une langouste !
Et en effet, nous tombons aussi sur eux. Ils établissent leur campement sur l’île, ils y restent pour quelques jours. En posant pied à terre, nous découvrons de nombreux restes de tortues : un territoire de pêcheurs !
Après une belle vadrouille en kayak, nous revenons à bord. J’en profite pour développer ma dernière pellicule exposée. C’est plus agréable de faire des activités dans le bateau car les températures sont plus clémentes depuis notre arrivée à Cuba.
Nous restons tous tranquilles ce soir, le mouillage a l’air assez calme pour une bonne nuit. Mais en fait, à 21h, le vent et la houle se lèvent. On va passer une nuit bien agitée, comme si nous étions en navigation ! Heureusement, les trois bateaux ont bien tenu à l’ancre.
Le lendemain, on s’équipe pour aller plonger. On arrime le kayak à l’annexe, on y monte les blocs et c’est parti.
Nous partons à la recherche d’un tombant avec la carte des fonds à côté de nous. On ne trouve pas de gros récifs mais on se met à l’eau autour de petites cailles. Ce n’est pas notre plus belle plongée, mais c’est quand même toujours génial d’avoir la tête sous l’eau.
Malo continue sa journée sous l’eau en partant pour une petite chasse en début d’après-midi ; il nous ramène une jolie langouste pour ce soir. Nous ne sommes pas près de mourir de faim ici !!
Pendant ce temps, je profite des UV pour faire quelques cyanotypes avec des fleurs que j’avais récoltées aux San Blas.
Dans l’après-midi, Noémie et Jules lèvent l’ancre pour se rendre, à 7 miles de là, à Cayo Guano. Nous ne tardons pas à les suivre. Les Blue Moana, eux, restent sur ce mouillage et partiront directement à Cienfuego demain.
Sans vent, nous atteignons notre nouvelle zone d’ancrage au moteur. En route, Malo pêche un énorme barracuda à la traîne ! Nous préférons le relâcher à cause du risque de ciguatera. Des locaux nous ont dit que la ciguatera était présente uniquement au nord de Cuba, mais nous préférons ne pas prendre le risque.
Nous arrivons à Cayo Guano, où un imposant phare rouge et blanc nous domine depuis son roc. Notre ancre a un peu de mal à prendre, le sol semble être très dur sous le sable. On ajoute pas mal de chaîne pour limiter le risque de déraper dans la nuit. Le coucher du soleil commence doucement, les couleurs sont sublimes. On saute dans l’annexe pour nous rendre à terre, on aimerait voir le phare.
Un des deux gardiens du phare nous accueille et nous aide à nous amarrer. On croise Noémie et Jules descendant du phare : « C’est magnifique ! ». Un des deux gardiens nous fait signe : « Venez, vous pouvez monter aussi ! ». C’est parti, nous nous empressons de gravir les plus de 200 marches qui nous conduisent au sommet des 53 mètres de haut, pile à l’heure pour les dernières lueurs du soir. Nous sommes accompagnés par l’un des gardiens.
Il nous explique qu’ils se relaient par duo : un mois au phare, un mois à terre, un mois au phare, un mois à terre… Cette année, ils passent les fêtes ici, mais l’année prochaine ce sera dans leur famille. Leur quotidien : petits travaux quand nécessaire, pêche, télé… Un sacré travail, gardien de phare ! Il nous explique que ce phare a été construit en cinq ans, en 1960, par un ingénieur français.
De tout là-haut, nous avons un panorama exceptionnel sur les bateaux et la mer.
En redescendant, nous proposons une bière à partager avec eux.
Nous regagnons notre bord à la tombée de la nuit. Demain, nous partons pour Cienfuego ; nous avons plus de 45 miles à parcourir. On prépare le bateau pour être prêts à lever les voiles à 6h. Noémie et Jules partiront en même temps, et les Blue Moana un peu plus tôt car ils ont quelques miles de retard. On espère dormir un peu mieux que la nuit dernière, qui était agitée !
À 5h30, le réveil sonne. La nuit était un peu secouée, mais moins que la veille. On se met en route, on hisse la grand-voile, je vais à l’avant pour remonter l’ancre, Malo allume le moteur, on prend notre cap et nous déroulons le génois. Nous sommes au près serré mais on a un peu de vent, c’est déjà ça ! Il est censé retomber dans l’après-midi, on espère en profiter au maximum avant de passer au moteur. On vise une arrivée à 17h à Cienfuego ⛵️
La navigation se passe bien, nous apercevons même quelques dauphins. Nous gardons les voiles au maximum, mais à 19 miles de l’arrivée nous sommes obligés de passer au moteur. Il est 14h, ça y est nous apercevons les côtes de Cuba !Læs mere




























