• J134, Rio Hondo

    7.–10. jan., Cuba ⋅ ☀️ 26 °C

    Nous passons notre dernière journée à Cienfuegos. Objectif : terminer l’avitaillement du bateau et préparer le départ prévu au petit matin le lendemain.

    Nous commençons par faire les pleins de diesel et d’essence. On espère en trouver, car la situation à Cuba n’est pas idéale en matière de carburant. La marina nous informe que sa pompe est vide, mais qu’il y a du combustible disponible à la station-service dans la rue. On harnache nos bidons sur le diable et on se met en route. Ouf, il y en a ! Le diesel est à 1,10 $ et l’essence à 1,30 $. Après un peu d’attente, la connexion des pompes ne fonctionnait pas, mais ça y est : nous avons fait nos pleins. On réamarre les bidons et on repart à la marina. Sans grande surprise, le diesel a une couleur sombre et une mauvaise odeur… ce n’est clairement pas de la meilleure qualité. On le mélangera avec notre ancien diesel, de bien meilleure qualité.

    Pendant que Malo retourne au bateau pour ranger les bidons, je m’occupe des papiers de sortie : on paye la marina et on fait le permis de sortie. Notre prochain port est Santiago de Cuba, que nous devrions atteindre d’ici une dizaine de jours, après avoir profité des Jardins de la Reine. Nous terminons nos préparatifs en allant acheter des fruits et légumes à vélo. À midi, on goûte la pizza cubaine ! Ici, tout le monde en mange, à toute heure, pour 180 pesos (environ 0,30 €). Une pâte très épaisse, pas très cuite, une sauce tomate et du fromage 🧀. Ça cale bien l’estomac !

    En rentrant, Bamba, un de nos contacts à Cienfuegos, nous amène les dernières courses que nous n’avons pas trouvées en ville : avocats, œufs… Livraison à domicile, c’est bien pratique. On rentre se poser à bord et, au même moment, on aperçoit un mât : ce sont les Blue Moana ! Ils sont rentrés de Trinidad et reviennent au mouillage. Nous passons une dernière soirée avec eux à bord de Blue Moana, autour d’un de nos traditionnels apéros. Ça y est, c’est le moment des séparations… On se recroisera peut-être en République dominicaine ou en Guadeloupe, mais pas avant un certain temps. Ça fait bizarre, on commençait à s’habituer à nos voisins de navigation après plusieurs mois. Bons vents les amis, à bientôt ✨🫶

    Le lendemain, le réveil sonne aux aurores : nous levons l’ancre à 6h30. Nous avons 30 milles à parcourir. On quitte le chenal et on se met sur notre cap. De petites vagues, régulières et de face, nous gênent dans notre progression. Nous sortons toutes les voiles, mais le peu de vent et la houle de face ne nous aident pas. Malgré tout, après huit bonnes heures de navigation, quasi toujours en appui moteur, nous atteignons le mouillage de Rio Hondo. Juste avant d’arriver à notre point de chute, la canne s’emballe ! Malo ferre le poisson et remonte un magnifique thon de 15 kg !! Située à côté de Trinidad, c’est une petite crique très jolie, avec la montagne en arrière-plan, un pont en face de nous et une jolie maison sur la gauche. Je saute à l’eau avec mon masque pour vérifier les fonds : c’est bon, c’est du sable, on va bien accrocher.

    Le bateau ancré, nous nous lançons dans la préparation du poisson. Malo s’occupe de faire les filets : c’est impressionnant, il est très gros ! Heureusement, nous avons la machine sous vide, c’est l’usine. De mon côté, je prépare de quoi faire des sushis pour ce soir : on va se régaler.

    On profite d’un superbe coucher de soleil avant de déguster nos sushis de poisson frais. Un vrai régal.

    Le lendemain, on s’affaire pour aller plonger. Nous n’avions pas vraiment trouvé de tombants intéressants depuis notre arrivée à Cuba, mais ici, on passe de 3 mètres à 100 mètres de fond sur les cartes. Je sors le matériel : stab et détendeur, que je branche sur les blocs à l’arrière du bateau. On prend nos appareils photo, le tout dans le kayak, et avec l’annexe on rejoint notre point d’immersion. On plonge directement à 39 mètres : ça fait longtemps qu’on n’avait pas eu un peu de profondeur, on est contents. Le fond est assez vaseux et recouvre la roche. On observe un gros pagre, des gramas aux magnifiques couleurs violettes… En remontant progressivement, la plongée devient plus jolie : de beaux reliefs sur le récif, des gorgones et des éponges. Du zooplancton transparent oscille devant nous, tout comme de petites méduses. Après une heure sous l’eau, on remonte à la surface. On rince le matériel et on le fait sécher sur le bateau, tout comme nous : chacun allongé sur le pont, à profiter du soleil pour se réchauffer après l’immersion. Le soleil est agréable ici, juste à la bonne température. On se rend compte que depuis notre arrivée à Cuba, nous n’avons encore eu aucune pluie : c’est la saison sèche !

    Après cette petite sieste, on part en kayak explorer le Rio Hondo, la rivière située de l’autre côté de la plage. Entourés de palétuviers et de mangrove, on rame sur une eau paisible. Malheureusement, on est assez vite contraints de rebrousser chemin : les arbres ont envahi le lit de la rivière et nous empêchent d’aller plus loin. Mais c’est quand même très beau. On profite d’un bain dans l’eau douce, c’est royal. On se fait un peu peur en parlant de crocodiles… Depuis les San Blas, on est un peu parano avec les attaques de crocos !

    De retour sur Noam, on prend deux paquets de poisson pour aller les offrir à la maison située sur la rive : on en a largement assez pour nous deux. C’est le jardinier de la maison qui les récupère et nous remercie avec un sourire timide.

    Une fois encore, le coucher de soleil est sublime. On ne tarde pas à se coucher, car demain nous partons à 6h pour Cayo Blanco, une nouvelle escale en direction des Jardins. Les vents sont favorables uniquement le matin, on ne veut pas rater le créneau.

    Le réveil sonne à 5h. Dernier rangement du bateau pour limiter la gîte liée aux alizés qui nous arrivent au près. C’est parti : on lève l’ancre dans la pénombre, on sort de la crique et on attrape un joli vent. On hisse la grand-voile, on déroule le génois, et nous voilà partis à glisser vers notre prochain point. Les vagues sont moins importantes que lors de notre dernière navigation, c’est plus agréable. Le soleil se lève sur notre bâbord : c’est superbe.
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