• J135, Attaque de murène à Cayo Blanco

    10. januar, Cuba ⋅ ☀️ 28 °C

    Nous atteignons Cayo Blanco après quatre belles heures de navigation, le vent nous poussant avec peu de vagues : l’idéal ! Nous découvrons une jolie île aux eaux turquoise. On mange un bout, puis on part visiter l’île : je rejoins la plage à la nage et Malo en annexe.

    J’observe les fonds en chemin ; la visibilité est toujours cristalline. Le fond est sablonneux, parsemé d’herbiers. J’aperçois les restes d’une épave en acier, devenue un véritable îlot de biodiversité où ont fleuri gorettes, poissons-lions, poissons-soleil…

    Nous arrivons à terre et observons le ravitaillement du petit restaurant de l’île. Un catamaran est amarré au ponton et des hommes déchargent du matériel. Ils nous expliquent qu’ils ont reçu de nouveaux panneaux solaires, ce qui leur permettra d’avoir de nouveaux réfrigérateurs et d’autres équipements pour le restaurant. Il s’agit d’un établissement gouvernemental : les employés, travaillant en binôme, se relaient tous les sept jours pour 2 000 pesos par mois…

    Nous décidons de faire le tour de l’île : c’est magnifique ! Elle est essentiellement composée de débris de coraux blancs et de coquillages au bord de l’eau. Les pierres coralliennes s’entassent et, à mesure que l’on avance vers le centre de l’île, elles noircissent. Le contraste entre le bleu de l’eau, le blanc des coraux, le noir des pierres et le vert des plantes est superbe. Nous ramassons de nombreux trésors : coquillages, oursins, petites bouteilles en verre, poissons-globes séchés… Malo grimpe sur le vieux phare qui surplombe l’île. Nous terminons notre tour et rentrons à la nage.

    Nous observons une deuxième épave, ornée de belles anémones et d’oursins, puis retournons voir la première. Une mue de gros crabe est posée près d’un débris de bateau ; je la montre à Malo. Curieux, il plonge pour aller l’attraper. Je le vois glisser sa main sous le débris et… remonter en vitesse, paniqué ! Je me demande ce qu’il se passe : une piqûre de poisson-lion ? Un requin ? Arrivé à la surface, il crie de douleur :
    « C’est une murène verte, elle m’a mordu !! »
    Il parvient à se hisser sur l’annexe, une plaie ensanglantée sur l’avant-bras. Je saute dans l’annexe, démarre le moteur et nous filons au bateau.

    On distingue nettement la trace des crocs acérés de la bête, fins et crochus. On rince à l’eau douce et on désinfecte. J’appelle maman pour obtenir ses premiers conseils d’infirmière. Malgré un réseau très moyen, nous parvenons à faire le nécessaire pour un premier pansement. Malo a déjà moins mal, mais la morsure est impressionnante. Nous prenons rendez-vous par téléphone avec le médecin de notre assurance. Il appelle rapidement Malo en visio, le rassure, lui donne de bons conseils et le met sous antibiotiques pour sept jours. Heureusement, nous avons une bonne pharmacie à bord avec tout le nécessaire ✨️ Malo renverra une photo au médecin dans deux jours pour suivre l’évolution de la plaie.

    Nous sommes un peu rassurés, mais la suite s’annonce compliquée pour Malo : pas de baignade pendant dix jours !! Je vais devoir l’attacher !

    Une fois les émotions retombées, Malo appelle ses parents, puis nous repartons à terre pour boire un petit verre au bar de plage. Il n’y a que les deux employés, c’est désert. Ils nous expliquent que les touristes viennent surtout la journée. Comme toutes les personnes que nous avons rencontrées, ils nous disent que depuis le Covid il n’y a plus grand monde et que, par-dessus tout, Trump ne va pas les aider. Nous observons les nombreux iguanes et bernard-l’ermite qui peuplent l’île. C’est amusant : les coquillages grimpent sur la peau épaisse des iguanes, qui se prélassent mollement au soleil.

    Ils nous offrent une délicieuse coco loco, fraîchement cueillie sur le palmier. Ce n’est pas la saison idéale pour les noix de coco — elles sont meilleures pendant la saison des pluies — mais nous la savourons quand même, malgré quelques iens-iens (mouches piquantes) qui nous embêtent un peu au coucher du soleil !

    Nous remercions nos hôtes et rentrons au bateau. Ce soir, encore du thon au menu : un régal. Demain, nous mettons le cap sur Cayo Zaza. Repos des guerriers. 💙
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