J136, Un paradis de mangrove
11. januar, Cuba ⋅ ☀️ 25 °C
Partis aux aurores, nous faisons une très belle navigation, le vent au travers, toutes voiles dehors. Nous découvrons Capo Fuera Zaza, un petit paradis.
Un archipel de mangroves dont les seuls résidents sont les animaux. À notre arrivée, nous observons les pélicans exécutant leurs plus belles pirouettes pour pêcher, les aigrettes blanches, les hérons perchés sur leurs grandes pattes, les cormorans faisant sécher leurs ailes…
Nous avançons le bateau jusqu’à nous positionner entre les deux îlots principaux, bien à l’abri. Nous rangeons les voiles, coupons le moteur et puis… un silence incroyable, uniquement ponctué par les cris des oiseaux.
L’eau est claire et nous devons être vigilants en approchant des faibles profondeurs. Jusqu’à la fin des Jardins de la Reine, les hauts-fonds sont nombreux et la profondeur peu importante.
Une fois arrivés, nous nous préparons un petit brunch post-navigation avant de profiter du mouillage : lecture pour moi et tri du matériel de pêche pour Malo. Nous refaisons son pansement ; il y a encore un très léger saignement, mais c’est déjà beaucoup mieux.
Nous organisons ensuite un atelier résine afin de consolider les coquillages ramassés la veille. Nous espérons ainsi pouvoir les rapporter sans casse. Ils sont superbes.
Lorsque le soleil est un peu moins haut, nous montons dans l’annexe pour explorer la zone. La mangrove est immense. Nous observons un secteur où toute la première ligne d’arbres est morte. Nous imaginons qu’un cyclone a dû ravager cette partie. Pourtant, la nature reprend rapidement ses droits : les racines aériennes des palétuviers descendent de leurs branches pour disséminer de nouveaux individus.
Un peu plus loin, nous entendons un grognement grave : ce sont des cormorans dans leurs nids, deux adultes avec leurs deux oisillons. Nous éteignons le moteur et nous approchons à la rame pour les observer.
Les pélicans volent en brigade avant de plonger tête la première pour tenter d’attraper un poisson ; de gros barracudas se faufilent devant l’annexe ; les mouettes piaillent sur une branche sèche ; un héron lance son cri rauque ; nous croisons des cassiopées (méduses de mangrove) et même un jeune requin nourrice, camouflé dans les herbiers. Nous sommes admiratifs devant cette faune et cette flore exceptionnelles.
Nous rentrons tranquillement à bord, où Malo fait décoller le drone (que nous avions discrètement retiré de son sac scellé !). Vu d’en haut, l’eau et les zones boisées sont tout aussi magnifiques.
Le coucher de soleil ne tarde pas : un disque doré plonge dans l’horizon dégagé, embrasant le ciel de couleurs flamboyantes. Seuls au monde.
Ce soir, c’est séance cinéma en plein air. Nous tendons un drap blanc dans le carré extérieur, fixé sur le support du bimini, et projetons un film avec le vidéoprojecteur. Nous revisitons un classique : *Un Indien dans la ville*.
Pour l’occasion, Malo nous prépare de belles papillotes de poisson aux légumes, et je fais des cookies.
À la fin du film, le vent se lève légèrement. Nous pensions dormir à la belle étoile, mais la rosée du matin et la petite brise auront raison de nous. Demain, nous reprenons la mer vers Cayo Breton !Læs mere




























