• J137, Cap vers les bretons !

    12. januar, Cuba ⋅ ⛅ 26 °C

    Nous levons l’ancre à 7 h de notre superbe mouillage dans la mangrove. Aujourd’hui, cap sur Cap Breton et, comme par hasard, après cinq minutes de navigation… il pleut ! Le ciel devient gris, un gros grain nous tombe dessus. Nous prenons deux ris dans la grand-voile, tout comme dans le génois. Je barre la première partie de la navigation afin de maintenir le cap. Trempée, je prends un peu froid et file me glisser sous les couvertures pour me réchauffer. Malo met le pilote automatique et nous prenons un cap au large ; le bateau ballotte. À l’intérieur, les affaires se balancent au rythme de la houle.

    En quatre heures, nous parcourons les 22 milles à la voile pour atteindre ce mouillage, encore une fois seuls au monde ! Nous découvrons une nouvelle grande étendue de mangrove, sous un ciel encore un peu gris, mais les lueurs du soleil commencent à percer et apportent une chaleur réconfortante.

    Après une baignade pour moi (Malo est malheureusement privé d’eau pour les prochains jours… vilaine murène !), nous ne tardons pas à monter dans l’annexe pour aller explorer les environs. Nous observons à nouveau une partie de la mangrove morte : les premières lignes d’arbres ont essuyé de violentes tempêtes. La protection qu’offre une mangrove sur un littoral n’est plus à démontrer quand on voit comment ces arbres ont protégé ceux situés derrière.

    Nous observons de nombreux pélicans volant en escadrille, un requin pointe noire qui se faufile devant nous et une raie blanche aux bordures noires, camouflée tant bien que mal dans les quelques centimètres d’eau qui nous séparent d’elle.

    Un phare métallique est installé sur l’un des îlots. Nous nous en approchons pour l’observer. À l’un de ses étages, nous apercevons un gros nid occupé par deux rapaces à tête blanche. Les buses nous surveillent en poussant des cris : promis, on ne vous dérange pas, on repart !

    De retour de cette jolie exploration, nous relevons l’ancre pour aller passer la nuit dix milles plus loin, à Cayo Alcatracito. Nous souhaitons continuer d’avancer afin d’atteindre demain Cayo Cuervo, où nous devrions retrouver Noémie et Jules.

    Nous quittons Cap Breton. Du reggae sort des enceintes, un soleil doux réchauffe nos peaux salées, la mer est bleue. On entend le cliquetis des pinces à linge sur l’étendoir et le pauvre romarin, accroché à bâbord dans sa jardinière, prend les embruns mais résiste malgré tout.

    Nous passons entre les récifs : il n’y a que deux mètres sous le bateau, il faut rester vigilants et bien suivre les cartes. Le vent souffle correctement. La grand-voile est arrisée, tout comme le génois. Malgré cela, la houle est très faible : le récif et la mangrove nous protègent efficacement.

    Nous arrivons en fin de journée au mouillage. Nous sommes contraints de mouiller assez loin de la plage, les fonds remontant plus rapidement que ne l’indiquent les cartes. Nous préparons le dîner. Le vent soufflera cette nuit, mais comme les soirs précédents, un superbe ciel étoilé s’offre à nous.
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