J149, Cap pour Santiago
23.–24. jan., Cuba ⋅ ☀️ 29 °C
Ce matin, au réveil, je regarde une dernière fois la présentation que nous allons faire aux enfants. Nous embarquons des photos cartonnées d’animaux marins, que nous utilisons lors de nos ateliers en Guadeloupe, ainsi que le vidéoprojecteur.
Nous arrivons sur la plage où il y a toujours un monsieur pour nous accueillir : c’est lui qui garde les bateaux. Un agriculteur vient nous demander si nous avons besoin de tomates — pourquoi pas plus tard ! Nous nous dirigeons ensuite vers l’école où nous retrouvons les écoliers, curieux et sourires aux lèvres, avec leurs petits rubans rouges.
Les enseignantes s’organisent rapidement pour nous trouver une classe et un drap blanc afin de projeter le diaporama. Nous allons intervenir auprès des plus grands (CM1/CM2). Les élèves sont déjà installés, très sages en attendant — un peu plus qu’en Guadeloupe 😄
C’est parti : nous nous lançons en espagnol pour nous présenter — nous, notre voyage, le bateau — puis, toujours à l’aide de photos et de vidéos, nous abordons les écosystèmes marins : mangroves, récifs coralliens et herbiers. Nous passons un très bon moment.
À la fin de la présentation, enseignantes et élèves nous remercient avec de grands sourires. Une enseignante vient alors nous demander si cela ne nous dérangerait pas de refaire notre présentation pour une autre classe, car ils ont vraiment trouvé l’atelier très sympa. Les élèves sont plus petits, mais nous pouvons simplifier un peu — allez, on enchaîne !
Nous nous rendons dans la seconde classe où nous affichons les photos et montrons les vidéos. Les plus jeunes sont très curieux et nous impressionnent par leur capacité à reconnaître les animaux. Ils nous apprennent même leurs noms en espagnol local !
Nous remercions chaleureusement l’équipe et les enfants. Ils sont ravis, et nous aussi. Ce village est incroyable par son authenticité et sa simplicité.
Avant de rentrer manger un morceau au bateau, nous nous arrêtons dans la petite tienda pour acheter de la lessive à Joséphine. En lui déposant, nous retrouvons Martine et Patrick. Ils nous annoncent qu’ils partent pour Santiago : une fenêtre météo semble se profiler pour franchir le passage du vent entre Haïti et Cuba. Nous n’avons pas encore regardé la météo aujourd’hui… Il va falloir s’y mettre, car si un créneau se dessine lundi, nous devrons peut-être décider de partir dès aujourd’hui.
De retour à bord de Noam, nous profitons de notre connexion canadienne pour consulter la météo. En effet, lundi le passage du vent s’annonce avec peu de vent — idéal pour traverser — puis un peu de vent de près serré pour rejoindre la République dominicaine. Nous risquons de faire un peu de moteur, mais dans cette zone c’est parfois préférable plutôt que de passer avec trop de vent dans le nez.
Allez, nous suivons nos amis et décidons de quitter aujourd’hui notre petit hameau. Cela nous rend un peu tristes : nous avions prévu d’aller à la cascade avec Nadia et sa famille, de prendre le café à la ferme d’Henry, d’emmener Gustawo faire de la plongée bouteille… Nous aurions pu rester ici des semaines, mais la météo a parlé.
Nous repartons à terre pour prévenir que nous devons partir aujourd’hui et que nous ne pourrons pas faire les différentes activités prévues. Nous en profitons aussi pour donner de la colle à Joséphine, qui n’en avait pas pour recoller les semelles de ses baskets.
Nous passons ensuite chez Nadia et Marco. Marco est en train de couper du bois ; Nadia n’est pas là, elle est à Manzanillo, une ville non loin d’ici. Nous donnons à Marco un tuyau que nous n’utilisons plus à bord pour son potager : il est très content. D’ailleurs, plusieurs personnes nous arrêtent dans le village en voyant Malo passer avec le tuyau sur l’épaule — il va faire des envieux !
Marco nous emmène ensuite chez Tchitchi, leur ami que nous avions rencontré l’autre jour. Malo lui a préparé un petit sac avec quelques pièces électriques (gaines, cosses…) dont nous n’avons plus l’utilité. Nous le retrouvons en train de bricoler son tuk-tuk, avec lequel il devait nous emmener à la rivière demain. Je pense d’ailleurs qu’il le préparait pour nous… Il nous remercie chaleureusement et comprend que nous soyons contraints de partir.
Joséphine nous remplit ensuite deux bidons d’eau : ici, ils ont accès à une eau de source potable, alors nous en profitons.
Nous avons le cœur un peu serré de quitter cet endroit — une superbe découverte.
Juste avant de partir, un homme nommé Joël vient à notre rencontre. Il fait de l’artisanat et nous invite à venir voir ses créations chez lui. Nous sommes un peu pressés, car nous souhaitons lever l’ancre vers 17 h, mais il insiste. Allez, on y va !
Il est avec sa fille Caterina, qui a école ce matin. Joël nous raconte qu’elle est rentrée très contente : elle a appris plein de choses. Il nous dit aussi que tous les enfants ont apprécié ce qu’ils ont vu à l’école ce matin — ça discute beaucoup dans le village !
Chez lui, Joël nous montre son savoir-faire : il sculpte des cornes de vache, des os de cochon, travaille le cuir… Nous craquons pour quelques souvenirs que nous lui payons en euros. Il est ravi : pour eux, c’est une monnaie forte. En retour, il nous fait de nombreux cadeaux — encore une fois, beaucoup de simplicité dans nos échanges.
À Trinidad, nous avions parfois ressenti une certaine pression dans les relations, avec une obligation d’achat ou de don. Ici, il y a bien sûr des demandes, peut-être parfois des attentes, mais surtout un réel échange.
Il est temps de partir. Nous préparons le bateau et levons les voiles en même temps que les Canadiens, sous les couleurs de la fin de journée. Le vent est très faible ; nous devons utiliser le moteur pendant les quatre premières heures. À 22 h, nous décidons de l’arrêter : le vent est toujours léger, nous avançons à 3 nœuds, mais c’est tellement plus agréable sans le ronron de la mécanique.
Le ciel est rempli d’étoiles, toutes voiles dehors !
Nous avions 80 milles jusqu’à Santiago, il nous en reste 50. Nous devrions arriver en fin de matinée pour effectuer les formalités de sortie du pays, avant notre départ pour la République dominicaine.
À 9 h, nous atteignons Santiago. Nous n’avons pu faire que 10 milles à la voile, le vent étant très faible. Cependant, nous avons vécu une très belle navigation sous les étoiles.
Nous empruntons le chenal pour arriver à la marina : ici, il est interdit de mouiller à l’ancre. Nos amis de Casa Maria nous appellent à la VHF pour nous le rappeler — message bien reçu. Malo prend la barre, j’installe les pare-battages et prépare les aussières.
Dans le chenal, nous croisons de petites barques de pêcheurs, ainsi qu’une immense cheminée d’usine crachant de la fumée : une cimenterie. Noémie et Jules nous avaient prévenus que la fumée pouvait tacher le bateau de marques orangées… On va essayer de ne pas respirer trop fort !
Nous sommes accueillis par le personnel de la marina et de l’immigration, tous très sympathiques. José, de la marina, parle un peu français. Luis, de l’immigration, s’occupe tranquillement de nos papiers et nous demande si nous pourrions l’aider à réparer le moulinet de sa canne à pêche, qui est cassé. Bien sûr : il pourra repasser au bateau et nous regarderons ensemble si nous avons une solution.
Nous rangeons tranquillement Noam. Malo vérifie les cubes à eau : nous suspectons une fuite sur l’un d’eux. Rapidement, nos amis de Rebelle et de Casa Maria viennent nous dire bonjour. On discute, Lionel et Yamilé sont ici depuis une dizaine de jours et nous donnent quelques conseils bien pratiques.
Aujourd’hui, au programme : préparation du bateau et mission gasoil en ville. Nous irons avec nos amis canadiens afin de partager les frais de taxi !Læs mere



















