J165, Cacao & surf
31. jan.–6. feb., Dominikanske republik ⋅ ⛅ 30 °C
Nous avons passé trois jours à bord avec Thibault. Beaucoup de discussions autour de projets bateau, mais aussi la poursuite de notre découverte des alentours de Luperón.
Nous avons profité d’un petit vent pour aller tirer quelques bords au large et montrer à Thibault comment Noam navigue. Les garçons ont aussi plongé. D’autres plaisanciers et plongeurs ont créé il y a quelques années un site de plongée, avec des canons et un trésor coulés. Un vrai site de pirates ! Malgré une mer un peu agitée, c’était chouette de se mettre à l’eau.
Ces derniers jours à Luperón étaient très gris et humides. On se serait crus en Bretagne ! Pourtant, nous avons passé de bons moments : invités à bord d’autres bateaux, footing le long du littoral, et une soirée avec les autres plaisanciers dans les rues de Luperón, dans un bar où la bière était… gratuite !
Mardi soir, Thibault est reparti. C’était un très bon moment et une belle rencontre. À voir comment évolueront les prochaines aventures.
Le lendemain, nous décidons de louer une voiture pour les deux jours à venir. Ici, c’est très facile : la communauté de plaisanciers est importante et de nombreux groupes WhatsApp d’entraide proposent des services variés : voitures, motos, laverie, yoga gratuit… Il y a même Daicy, une navigatrice installée ici depuis des années avec son mari sur leur grand voilier. Elle a fini par acheter une ferme avec quelques vaches et propose yaourts et lait frais pour quelques pesos, tous les lundis.
Finalement, c’est en nous baladant dans la rue que nous trouvons la voiture. Nous la louons 1 700 pesos la journée. Pas d’état des lieux, pas de vérification de l’essence : Franklin nous donne les clés, sans contrat. Rapide, efficace, zéro formalités !
Nous roulons au GPL, comme la majorité des véhicules ici. L’avantage, c’est le prix : environ 22 € le plein ! Nous embarquons aussi nos planches de surf : nous avons repéré quelques plages adaptées. Mais avant ça, direction l’est, sur les hauteurs de Cabarete, pour visiter des plantations de cacao.
La République dominicaine est l’un des plus gros producteurs de cacao biologique au monde. Historiquement, l’île d’Hispaniola , découverte par Christophe Colomb en 1492, a longtemps vécu de l’agriculture (cacao, café, canne à sucre), avant que le tourisme ne devienne l’un des piliers de l’économie actuelle. Malgré une croissance économique forte, les inégalités restent marquées, surtout dans les zones rurales.
En cherchant sur internet, je trouve une exploitation : Florencio Ortega. Contactée via WhatsApp, Yolanda me répond rapidement. Agronome elle aussi, elle gère l’organisation globale de la ferme. Elle ne sera pas sur place, mais son frère, Joël, pourra nous recevoir.
Nous prenons donc la route de la finca, en nous enfonçant dans la montagne. Autour de nous, une végétation luxuriante et du cacao à perte de vue. Après deux bonnes heures de route, nous rencontrons Joël, qui nous accueille avec un immense sourire. On passe un moment formidable. Il nous montre toutes les étapes : la culture, les greffes, la fermentation, le séchage… On sent qu’il aime profondément son métier.
Nous nous asseyons pour discuter. Peu à peu, il comprend que nous voyageons en voilier, et non avec les grands paquebots de croisière, comme beaucoup de touristes ici. Il n’en revient pas ! On rigole, on échange, puis il nous emmène faire le tour de la petite communauté : quelques maisons regroupées. Il nous présente aux voisins, à Lourdes, qui nous invite à prendre le café. On nous offre corossol, papaye, oranges, cacao… Nous sommes vraiment gâtés. Nous repartons le cœur léger, invités à revenir quand nous voulons.
Direction ensuite la plage de Cabarete. Beaucoup de trafic, de constructions, de grands complexes touristiques en bord de mer, profitant des conditions idéales pour le kite et le surf. En arrière-plan, les habitations plus modestes des locaux. Des commerces partout, beaucoup de vie dans les rues. Il faut s’accrocher au volant !
Nous arrivons sur une superbe plage bordée d’écoles de surf. Il est 17 h, personne à l’eau, mais de grosses vagues. On préfère attendre le lendemain pour se mettre à l’eau, le temps d’observer les courants. On profite simplement du spectacle : les couleurs, la houle qui s’écrase sur le rivage. Des villas longent la plage, on sent la forte présence d’investisseurs étrangers, notamment américains. Le soir, on s’offre un bon restaurant. Ça faisait longtemps… On se régale !
Ce soir-là, c’est camping. Nous avions prévu les hamacs, mais finalement on tente l’option “camping-car” en dormant dans la voiture. Mauvaise idée 😅 Vers minuit, on suffoque : chaleur, condensation, moustiques… Nous finissons par installer les hamacs au milieu de la nuit. C’est ça, vouloir choisir la facilité !
Le lendemain matin, réveil au son des vagues. Le ciel est bleu, c’est magnifique. La plage s’anime, il y a du monde à l’eau. On attrape les planches et c’est parti. Malo va dans la zone des confirmés, moi je reste sur le spot des débutants. Ici, les spots sont clairement hiérarchisés, avec des panneaux du type : « Respectez les surfeurs locaux ». Le ton est donné ! On passe une bonne heure à l’eau, dans des vagues un peu brouillonnes, mais on est contents.
En sortant, on mange une salade en bord de mer. L’ambiance est assez drôle : très “bobo / hippie / surfer”, un peu hors de la culture dominicaine traditionnelle. Mais de temps en temps, c’est agréable aussi.
Nous continuons notre vadrouille vers les cuevas de Cabarete. L’entrée du parc est à 20 $ par personne. On hésite un peu, mais ici, comme dans d’autres îles des Caraïbes, beaucoup de sites naturels sont payants. Le tourisme est une ressource essentielle pour le pays. Nous découvrons un lieu magnifique. Le guide nous fait visiter quatre grottes ; il y en aurait plus de 200 dans la région, mais toutes ne sont pas aménagées. On peut s’y baigner, et selon la légende, l’eau ferait rajeunir de dix ans… On a tenté !
Nous reprenons la route vers Luperón en passant par Santiago de los Caballeros, ancienne capitale et deuxième plus grande ville du pays. La route de montagne est splendide. Malheureusement, le contraste est saisissant avec les montagnes de déchets visibles un peu partout. La gestion des déchets semble très limitée. On voit même des éboueurs, accrochés à l’arrière des camions, ramasser les ordures à mains nues.... Le plastique et la surconsommation sont une vraie problématique dans les Caraïbes (et partout ailleurs!).
À Santiago, l’ambiance est intense : vendeurs d’empanadas à chaque coin de rue, musique merengue — emblématique du pays — qui sort des enceintes, motos slalomant entre les voitures… Nous nous arrêtons dans une fabrique de cigares, autre symbole national. Trop tard pour la visite, mais on découvre les boîtes de cigares.
Dans le centre historique, nous déambulons seuls, sans touristes. Beaucoup de bâtiments sont en mauvais état, mais la vie est partout. Sur la place centrale, des cireurs de chaussures travaillent encore, un métier disparu chez nous. Nous cherchons un endroit pour dîner, mais étonnamment, peu de choix le soir, à part des empanadas frites. Les comedores locaux — riz, plantain, haricots noirs, viande — semblent surtout ouverts le midi. Finalement, nous trouvons une rue un peu plus touristique, avec quelques restaurants récents. Nous nous installons pour une pizza et une limonade naturelle.
Puis retour vers Luperón. Il nous reste deux heures de route de nuit, avec des phares faiblards. Malo est au volant et assure, malgré une route parfois compliquée : peu d’éclairage, peu de signalisation.
Nous arrivons à bon port. Heureux d’avoir découvert un peu plus ce beau pays, riche, contrasté, parfois très urbanisé et touristique, mais incroyablement diversifié.
Demain, vendredi, nous levons l’ancre et partons pour Samaná, à l’est du pays, pour découvrir la baie des baleines… et retrouver les copines ! 🐋⛵Læs mere



































