• J173, Los Haitises

    10.–13. feb., Dominikanske republik ⋅ ⛅ 21 °C

    Nous nous réveillons à bord après une nuit bien agitée ! Le mouillage n’est pas protégé, ce qui provoque un bon roulis du bateau. L’équipage se lève malgré tout de bonne humeur : la vue sur cette jolie île, bordée d’une belle plage soigneusement entretenue pour l’unique hôtel des lieux, nous fait vite oublier la nuit mouvementée.

    Nous nous préparons pour aller plonger ! Anne-Sophie est une plongeuse aguerrie ; Agatha, elle, est novice et appréhende un peu. Nous montons tous les quatre dans l’annexe avec les blocs de plongée. Agatha et moi grimpons dans le kayak (qui, malheureusement, est encore percé !). Nous arrivons sur un spot qui nous semble adéquat. Anne-So se met sur le détendeur de secours de Malo, et moi je suis avec Agatha. Malo et Anne-So s’immergent.

    Avec Agatha, nous prenons notre temps. Je lui explique le détendeur étape par étape, puis, le long de la chaîne de l’annexe, nous nous enfonçons : 1 m, 2 m, 3 m… pause, ses oreilles coincent ; on attend, on respire, ça passe. Nous poursuivons la descente jusqu’à 9 m. Tranquillement, nous observons les gorgones violettes qui dansent au rythme de la houle, deux calamars qui glissent sous notre nez, un poisson-trompette parfaitement camouflé dans les éponges. Nous remontons ; C’était un très joli moment ✨️ Anne-So et Malo nous retrouvent, eux aussi ravis de leur immersion malgré une visibilité un peu faible. Ça faisait trop longtemps que l'on avait pas profité des fonds !

    De retour à bord, on mange un bout. Avec Agatha, nous partons nous promener sur la plage. Au coucher du soleil, à l’entrée de la baie, au loin… trois baleines sautent à la verticale. Elles sont loin de nous mais on les imagine si grandes et majestueuses.

    La soirée file tranquillement au rythme du roulis. Je suis très heureuse d’avoir mes copines à bord 🫶

    Le lendemain, le réveil sonne à 7 h. Nous sommes un peu fatigués après une nuit encore secouée, mais motivés : nous partons vers le Parc national Los Haitises. Avant de nous y diriger, nous naviguons vers la sortie de la baie pour tenter d’apercevoir des baleines. Nous déroulons les voiles et scrutons l’horizon à la recherche de ces grandes créatures bleues. Nous en voyons plusieurs, mais jamais assez près pour les photographier ; nous les gardons précieusement en mémoire.

    Nous changeons ensuite de cap vers le fond de cette immense baie où se niche le parc. Peu à peu, le paysage devient spectaculaire. D’étonnantes formations calcaires recouvertes d’une végétation luxuriante semblent flotter sur l’eau. Ces pains de sucre, façonnés par l’érosion, émergent au milieu d’une forêt tropicale humide et de vastes mangroves. Le parc est l’un des trésors naturels de la République dominicaine : il abrite une biodiversité remarquable, des colonies d’oiseaux marins, et des grottes ornées de pétroglyphes laissés par les Taïnos.

    Nous avons l’impression d’entrer dans un décor de Jurassic Park. Nous sommes seuls, entourés de frégates, de rapaces, de pélicans qui tournoient au-dessus de nous. Nous jetons l’ancre après une belle navigation au portant. Cette fois, le mouillage est parfaitement abrité. Pas un roulis. Quel bonheur.

    Aujourd’hui, vendredi, cela fait trois jours que nous profitons du parc. Nous avons randonné sur les hauteurs, exploré en annexe et en paddle les grottes creusées dans la roche calcaire, découvert des mangroves si profondes que les palétuviers semblent toucher le ciel.

    Nous avons même eu la chance de croiser un serpent, blotti à l’abri d’un arbre. L’eau n’est malheureusement pas transparente, mais nous nous baignons quand même. Le temps est calme ; on se plaît à dessiner, jouer, lire et discuter. La nuit, lorsque le ciel s’assombrit derrière le bateau, l’eau devient phosphorescente grâce au plancton. C’est magique, je n’en avais jamais vu autant. On se croirait dans Avatar.

    Nous avons changé de mouillage aujourd’hui (Cayos de los pajaros). Demain, nous mettrons de nouveau l’ancre plus près de la sortie de la baie pour nous diriger tranquillement vers le sud du pays, vers l’île de Samoa. Prochaine destination plongée !

    Les filles, elles, restent encore plusieurs jours à bord, observant les bateaux en partance pour la Colombie qui accepteraient peut-être de les embarquer. Elles ont pour projet d’aller rendre visite à notre copine Ellyn d’ici quelques semaines. Mais le bateau-stop est une histoire de chance et de patience… on croise les doigts.
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