J178, A la recherche des baleines !
13.–18. feb., Dominikanske republik ⋅ ⛅ 22 °C
Nous avons découvert à nouveau un superbe endroit dans les Haïtises, l’un des derniers mouillages du parc : la baie de San Lorenzo. Non loin de notre précédente attache, quand nous arrivons, nous apercevons Le Rebelle, bateau copain ! Ils ne semblent pas à bord, nous les verrons plus tard.
Le soir, en effet, Lionel vient nous saluer. Il nous dit qu’ils sont avec les propriétaires de l’éco-lodge installé à terre et nous vante les lieux. Nous prenons note : nous nous y rendrons le lendemain.
Le lendemain, après une belle pluie qui nous a ravis pour remplir nos cuves, nous partons à la découverte des lieux. Nous embarquons dans l’annexe et traversons les mangroves avant d’atteindre un ponton où nous nous amarrons. En dix minutes à pied, nous atteignons le fameux éco-lodge. Nous payons 1 400 pesos l’entrée afin de bénéficier d’un buffet et de l’accès aux piscines naturelles.
Les lieux sont magnifiques : les bassins ont été façonnés sur le lit de la rivière. Tout est pavé et joliment construit. Après un buffet bien copieux, nous allons nous baigner. L’eau est fraîche ! C’est la rivière, ça nous saisit. On se prélasse sur les transats, puis nous allons jouer aux cartes dans le bar qui domine les lieux. Lionel, notre ami du Rebelle, est là aussi. Il nous fait rire : il vient nous voir, verre de gin à la main — « Ce n’est pas possible, ils ne font que boire ici ! On n’a pas le temps de dire ouf ! »
Ils nous proposent de nous ramener au ponton de l’annexe avec la voiture des propriétaires. On ne refuse pas : nous voilà embarqués dans une superbe voiture… le luxe !
En arrivant à bord, nous nous installons pour une belle soirée cinéma. Nous nous replongeons dans nos rêves d’enfant en regardant L’Île aux trésors, en mangeant popcorn et gâteaux !
Le lendemain, il est l’heure pour nous de lever l’ancre des Haïtises. Progressivement, nous quittons ces mogotes, grandes roches verdoyantes, pour retrouver la civilisation.
Nous partons sous un soleil au zénith, au moteur. Pour sortir de la baie, le vent ne sera pas avec nous, ni le courant ! Nous visons Miches, un petit village à la sortie de la baie. Mais finalement, la houle de face et l’angle du vent nous font changer de décision : nous partons pour Levantado. Nous reprendrons la mer demain pour Miches.
Nous jetons l’ancre à la tombée du jour. Malo et Agatha sautent dans l’annexe pour installer une ancre arrière afin d’éviter un roulis trop fort. Ça fonctionne à merveille ! Le ciel se couvre de couleurs rouges, roses et violettes. Et nous ne tardons pas à rejoindre Morphée. Demain, on se lève aux aurores : nous souhaitons profiter du lever de soleil pour aller observer les baleines.
À 6 h, le réveil sonne. Les yeux encore un peu bouffis, l’équipage se réveille. Anne-So, avec son énergie et son sourire inépuisables, s’attelle à nous préparer le café. Agatha, encore dans ses rêves, vient m’aider à remonter l’ancre. C’est parti : on met le cap vers Miches, mais avant, on va divaguer un peu à l’entrée de la baie pour essayer d’apercevoir les superbes baleines à bosse qui viennent mettre bas dans les eaux protégées de Samaná.
La mer est d’huile : pas un souffle de vent, pas une ride sur l’eau. Doucement, le soleil se lève et ses couleurs nous ravivent. Malo est à la barre. Je m’installe à l’avant du bateau, assise sur le bloc du compresseur. Agatha à tribord, Anne-Sophie à bâbord, aux aguets, fixant l’horizon.
S’ensuivent deux heures à observer des souffles, des nageoires… et nous apercevons même l’une de ces géantes bleues sortir sa tête de l’eau. Nous sommes privilégiés, encore seuls sur l’eau. Nous en profitons car dès 9 h, de nombreux bateaux à moteur amènent les touristes pour voir les baleines.
Les cétacés sont assez timides et sondent vite en nous apercevant, mais leur observation, même assez lointaine, nous enchante. C’est magique.
La mer est si plate que nous coupons les moteurs. Nous laissons Noam à la dérive et sautons dans le grand bleu. En mettant la tête sous l’eau, nous entendons le chant des baleines. Elles nous semblent si proches. Des grincements, des sons si caractéristiques… c’est incroyable !
Nous reprenons le cap sur Miches. Nous slalomons entre les cayes et jetons l’ancre dans une petite baie du village.
Nous embarquons nos poubelles et deux bidons de carburant pour aller respectivement les vider et les remplir. Nous beachons l’annexe sur la plage. En arrivant, nous demandons à deux hommes installés dans un hangar en bord de plage — la station-service. Tout de suite, ils nous sourient : « On vous amène, montez ! » Deux minutes après, nous voilà à l’arrière d’un pick-up pour aller chercher de l’essence. Ils sont pêcheurs. On fait les pleins en observant la vie chaleureuse de ce petit village. Les deux messieurs nous ramènent et gardent nos bidons de diesel le temps de notre promenade. Adorables !
Notre objectif du jour : grignoter des empanadas et faire le plein de courses ! Sous un soleil de plomb, on trouve des empanadas fraîchement cuisinées qui nous nourrissent comme il faut 😅
Ensuite, place aux courses ! On est bien chargés, mais on arrive sans souci au mouillage. L’ambiance est sympa ici : un peu de musique, mais ça reste agréable, bien moins capharnaüm qu’à Samaná. Les petites maisons, avec leurs fameux barreaux aux fenêtres, sont simples mais relativement bien entretenues. Les gens semblent vivre paisiblement.
Lors de nos courses, nous refusons les sacs plastiques. On rigole de la réaction des gens : ils ont du mal à comprendre, les sacs plastiques sont une religion ici !
En arrivant sur la plage, nous récupérons nos bidons en remerciant nos bienfaiteurs. Entre-temps, les lieux se sont remplis : ça s’agite autour de la fameuse table à dominos. Une institution dans les Caraïbes !
De retour à bord, on est tous un peu fatigués par le soleil. On range les courses, une bonne baignade, puis un repos mérité. En fin de journée, l’armada passe nous voir. On stresse un peu car notre despacho (autorisation locale de sortie) date de plus de dix jours. Mais ils ne nous embêtent pas : on leur explique qu’on s’est arrêtés pour se reposer. Pas de souci : si vous descendez à terre, il vous faudra simplement refaire un despacho ! On ne leur dit donc pas qu’on a déjà été à terre… mieux vaut rester discret parfois. Ils nous remercient avec un sourire et repartent.
Le lendemain, on profite du bord. Le temps file : on bouquine, on travaille sur nos projets respectifs, on papote et on se prépare un bon brunch avec les nouveaux fruits et légumes frais de la veille.
Puis on prépare le bateau. Anne-Sophie cuisine un peu pour la navigation et nous préparons tous Noam comme il faut.
Nous partons finalement pour Punta Cana, à la marina, car il n’y a pas de mouillage. Nous avons choisi cette option afin de profiter du carnaval dominicain, réputé dans cette ville côtière ! Nous y passerons le week-end avant de continuer vers l’île de Saona.
Nous avons un peu plus de 60 milles à parcourir, avec un vent au près d’une quinzaine de nœuds.
À 16 h, nous levons l’ancre. Nous allons naviguer de nuit. Nous tirons quatre bords pour sortir de la baie, puis c’est parti : nous débutons la nuit en descendant vers notre destination. La nuit est étoilée, le bateau gîte toutes voiles dehors sur une belle mer, la lune nous sourit d’un sourire fin. Nous devrions arriver demain matin à bon port !
Nous nous organisons par équipes de deux pour les quarts de nuit : il y a toujours Malo ou moi avec l’une des filles. Une veille, un en quart, deux au lit — et ça tourne toutes les deux heures. C’est parti !Læs mere






























