• J181, Punta cana

    Feb 19–22 in Dominican Republic ⋅ ☀️ 28 °C

    Nous arrivons à Punta Cana après une belle nuit de navigation. Nous empruntons un étroit chenal, bordé de bâtiments dignes d’un décor de cinéma américain. Peu à peu apparaît une marina élégante, entourée de villas de luxe impeccablement alignées.

    Nous sommes à Cap Cana, au sud de Punta Cana, sur la côte est de la République dominicaine. À l’origine, cette région n’était qu’une vaste zone sauvage couverte de cocotiers. À partir de la fin des années 1960 et surtout dans les années 1970, des investisseurs étrangers ont commencé à acquérir des terrains pour développer un projet touristique. Punta Cana est ainsi devenue l’un des symboles du tourisme balnéaire dominicain. Cap Cana, plus récent, a été pensé comme une enclave privée et ultra exclusive : marina, golfs, hôtels haut de gamme et résidences sécurisées composent aujourd’hui ce microcosme pour clientèle fortunée.

    Nous sommes très bien reçus par le personnel de la marina. Amarrés près d’un autre voilier appartenant à un Italien, nous faisons rapidement connaissance. Il nous accueille avec un grand sourire :
    « Vous prendrez bien un bon café italien ? »
    À peine le pied posé à terre que nous dégustons un espresso bien serré, à l’italienne !

    Une fois les formalités d’arrivée effectuées, nous découvrons tranquillement les lieux et profitons d’un peu de repos après notre nuit en mer. En nous baladant, nous longeons des canaux qui donnent un petit air de Venise. Il y a peu de voiliers, mais énormément de bateaux de pêche de loisir. Impressionnants, très hauts sur l’eau, parfaitement lustrés, ils sont équipés de dizaines de porte-cannes, avec souvent un siège central trônant au milieu du cockpit pour le maître pêcheur.

    Le soir, les filles nous initient à la belote — il va falloir s’entraîner ! Nous restons ici pour le week-end et prévoyons de repartir dimanche pour Isla Saona.

    Le samedi, j’offre à Malo un petit déjeuner dans l’un des restaurants qui bordent une plage de Cap Cana. Nous passons un bon moment à flâner, profiter de la mer et des très nombreuses piscines du front de mer. Je n’avais encore jamais payé un petit déjeuner aussi cher (60 $ pour deux !). Nous goûtons au luxe… heureusement que nous ne restons que quelques jours.

    Nous retrouvons ensuite les filles pour partager un verre. Le soir, elles nous réservent une surprise pour mon pré-anniversaire : un escape game. Notre mission ? Nous sommes des pirates et nous avons 60 minutes pour nous échapper. Nous sommes à fond ! Nous réussissons à sortir deux minutes avant la fin — c’était intense. Nous avons résolu les énigmes, ouvert les coffres et trouvé le trésor !

    Le lendemain, c’est jour de carnaval ! Nous prenons notre temps le matin. Agatha, Anne-Sophie et moi allons courir et nous baigner avant de retrouver Malo à bord pour nous préparer au défilé.

    Nous nous parons de paillettes pour profiter pleinement des festivités. Un taxi vient nous chercher — ici, comme vous l’imaginez, il n’y a pas de bus — et nous conduit vers le centre des célébrations. Le chauffeur nous parle du carnaval en République dominicaine : le plus célèbre est celui de La Vega, qui rassemble chaque année des milliers de personnes venues de tout le pays. À Cap Cana, c’est plus petit, mais nous n’allons pas être déçus.

    À notre arrivée, nous voyons les groupes descendre des bus venus des quatre coins du pays. Fleurs, paillettes et couleurs éclatantes ornent les costumes : c’est impressionnant ! Participer à un carnaval dans les Antilles a toujours quelque chose de particulier. C’est un événement annuel qui unit une grande partie de la population pour célébrer ensemble. Mais c’est aussi des mois de préparation en amont et une énergie collective qui se dégage puissamment le jour venu.

    Nous nous faufilons pour trouver une bonne place tout en observant la ville de Cap Cana. Comme sa voisine Punta Cana, tout semble presque artificiel : buildings modernes, commerces impeccables, rues d’un blanc éclatant… On se croirait à Beverly Hills !

    Le défilé commence. Les musiques résonnent, les groupes s’avancent sous un soleil haut dans le ciel. L’énergie est communicative. C’est différent du carnaval guadeloupéen : un peu moins revendicatif, un peu plus commercial peut-être, mais les costumes sont splendides et les sourires tout aussi lumineux.

    En fin de soirée, notre taxi vient nous chercher. Le chauffeur, adorable et très curieux de notre mode de vie sur un bateau, nous pose mille questions. Nous passons un chouette moment.

    Le lendemain, nous préparons le bateau, effectuons les démarches, puis levons l’ancre pour Isla Saona. Plus de 40 milles nous attendent. Nous longeons la côte est dominicaine, non loin du Passage de la Mona, qui sépare la République dominicaine de Porto Rico.

    La navigation se passe bien, mais nous n’avons pas le vent prévu. Nous n’avançons pas très vite et finissons par mettre le moteur pour les dernières heures. À 22 h, nous jetons l’ancre. Le mouillage roule un peu, mais nous ne tardons pas à nous endormir.

    Demain matin, nous ouvrirons les yeux sur ce nouveau mouillage réputé pour ses eaux turquoise… et nous avons hâte.
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