J193, Bayahibe
Mar 1–5 in Dominican Republic ⋅ ☀️ 29 °C
Après un dernier petit déjeuner face aux plages de Saona, nous levons les voiles. Un bon vent nous arrive au grand largue ; nous prenons deux ris dans la grand-voile et déroulons le génois. C’est un vrai plaisir : le vent nous porte tranquillement et la mer est douce. Nous mettons la canne à pêche à l’eau — on continue d’y croire ! On discute, on dessine, et on se laisse simplement porter par le vent.
En deux heures à peine, nous apercevons l’entrée de la baie de Bayahibe. C’est amusant : nous découvrons l’autre face des bateaux de touristes que nous croisions tous les jours à Samaná. C’est d’ici qu’ils partent chaque matin et qu’ils reviennent chaque soir après leurs excursions vers Saona ou Catalina.
Nous sommes surpris par l’eau turquoise et limpide de la baie, malgré les nombreux bateaux de charter qui mouillent dans la zone. Après avoir jeté l’ancre, nous partons à terre découvrir la petite ville et chercher des informations pour qu’Anne-Sophie puisse rejoindre l’aéroport de Punta Cana le lendemain.
La première impression est très positive. Les ruelles pavées sont relativement propres — ce qui est assez rare ici — et bordées de petites boutiques et de restaurants face à la mer. Bayahibe est clairement une ville très touristique, rythmée par les allers-retours constants des bateaux vers les îles de Catalina et Saona. C’est aussi un véritable hot spot de plongée : la zone compte de nombreux sites réputés, accessibles rapidement en bateau. Nous allons avoir de quoi nous amuser.
Nous profitons d’un verre en bord de mer avant de rentrer tranquillement nous poser sur Noam.
Le lendemain, nous embarquons les affaires d’Anne-Sophie dans l’annexe et l’accompagnons pour qu’elle prenne son taxi. Ce n’était pas si simple de trouver une solution économique dans cet endroit très touristique, mais ça y est : la voilà partie, en route pour la Colombie ! Merci pour ces beaux moments partagés ❤️
Nous passons ensuite la journée à faire le plein d’eau douce : les cuves sont totalement vides. Cette fois-ci, nous n’avons pas le luxe d’être à la marina. Nous faisons donc des allers-retours avec nos bidons de 20 litres, que nous remplissons grâce à un petit robinet fixé à un palmier près de la zone d’entretien des bateaux à moteur. Le mouillage est assez roulant — surtout quand les bateaux d’excursion rentrent en fin de journée — mais nous finissons par y arriver.
Avec Malo, nous partons ensuite à terre discuter avec les clubs de plongée pour nous renseigner sur les spots du coin. La nouvelle est excellente : plusieurs sites sont accessibles directement depuis le bateau, dont deux épaves.
Nous en profitons aussi pour passer voir Fundemar, une fondation que nous avions repérée la veille et qui œuvre pour la conservation de l’océan en République dominicaine. Nous sommes très bien accueillis dans leurs locaux tout neufs. Aux murs sont accrochées de superbes photographies sous-marines.
Diego nous explique que la fondation a été créée pour protéger les écosystèmes marins de la région et, à l’origine, pour lutter contre la capture de dauphins sauvages destinés aux parcs marins. Aujourd’hui, la pêche de ces animaux est interdite. Fundemar mène désormais plusieurs programmes de conservation : restauration des récifs coralliens, protection des herbiers marins et suivi de la biodiversité côtière.
Ils participent aussi à la conservation des lamantins des Caraïbes, ces paisibles mammifères marins souvent surnommés “vaches de mer”. En République dominicaine, la population est extrêmement fragile : il ne resterait qu’une centaine d’individus environ dans les eaux du pays. Les principales menaces sont les collisions avec les bateaux, la dégradation des herbiers marins dont ils se nourrissent et la pression humaine sur les zones côtières.
Nous leur expliquons que nous aimerions beaucoup donner un coup de main en volontariat et réaliser quelques photos et vidéos dans le cadre de notre association Vag’abond Expéditions. Diego nous donne un contact mail pour écrire directement aux responsables. On croise les doigts !
En quittant les locaux, des étoiles plein les yeux, nous sommes rattrapés par Thomas, un jeune Français en stage dans la structure. Il nous a entendus discuter. Il travaille sur un programme de restauration corallienne, notamment sur la mise en place de bassins de reproduction et de pépinières de coraux qui devraient être installées dans les prochaines semaines, en partenariat avec l’AIMS (Australian Institute of Marine Science), l’un des centres de recherche les plus reconnus dans ce domaine.
Très curieux du voilier, il accepte notre invitation à venir boire un verre à bord. Nous retrouvons Agatha, restée sur Noam, et passons un bon moment à discuter tous les quatre. On espère se recroiser dans les prochains jours.
L’équipage commence à fatiguer : la soirée se termine tranquillement devant un dessin animé projeté dans le bateau.
Le lendemain, mission gaz… et ce n’est pas une mince affaire. Impossible de trouver un endroit pour remplir nos bouteilles de camping-gaz.
Heureusement, avant même de descendre à terre, nous nous arrêtons discuter à bord du catamaran de Marc. Nous ne sommes que trois bateaux de plaisanciers dans la baie, perdus parmi les dizaines de bateaux d’excursion : deux Français et un Belge.
Nous espérions qu’il puisse embarquer Agatha vers la Colombie, mais son projet serait plutôt de partir vers Cuba ou la Jamaïque. À son bord, il nous partage ses interrogations concernant son escale prévue à Cuba. La situation sur l’île s’est fortement dégradée ces derniers mois : la crise énergétique et les difficultés d’approvisionnement en carburant paralysent une grande partie du pays.
Marc rêvait de cette escale depuis longtemps, mais le voilà désormais hésitant : est-ce raisonnable d’y aller malgré le contexte ? Difficile de savoir. Nous ressentons tous une certaine tristesse face aux réalités politiques qui pèsent sur les populations. En mer, nous mesurons la chance que nous avons : celle d’être libres de naviguer.
Marc nous explique aussi que la seule solution qu’il a trouvée pour le gaz a été d’acheter une bouteille locale et de la remplir directement dans une station de GPL. Nous décidons donc de faire la même chose.
Nous partons à la recherche d’une ferretería (quincaillerie) et trouvons rapidement notre trésor : une belle bouteille orange, que nous pouvons remplir directement à la station-service, car ici beaucoup de véhicules roulent au gaz. Mission accomplie !
Nous nous arrêtons ensuite manger dans un comedor, un petit restaurant local. Pour 10 euros à trois, nous avons un repas simple mais copieux : du riz moro (riz aux haricots rouges), du poulet et des œufs. Impossible de finir les assiettes.
En fin de journée, de retour à bord, nous décidons d’aller plonger. Nous chargeons le matériel dans l’annexe et partons explorer l’épave de l’Atlantic Princess.
C’est toujours impressionnant de descendre sur une épave : un géant d’acier posé sur le sable où la vie marine reprend peu à peu ses droits. Un immense banc de sergents-majors nous entoure — des centaines de petits poissons rayés qui tournoient autour de nous. Un barracuda nous observe d’un œil calme et un petit poisson nettoyeur semble tomber amoureux de Malo, le suivant partout.
Nous trouvons cependant les récifs un peu gris, avec moins de vie que ce que nous imaginions. Comme beaucoup nous l’ont expliqué ici, les ressources sont surexploitées : la pression de pêche est forte et les sites de plongée souffrent aussi du passage fréquent et parfois rapide des bateaux à moteur.
Nous remontons à la tombée du soleil, contents de notre plongée.
À peine avons-nous le temps de remonter à bord que le bateau de l’Armada dominicaine arrive pour contrôler nos papiers. L’approche est un peu… cowboy. Leur coque vient taper contre Noam pendant qu’ils manœuvrent. Ils sont sympathiques, mais la finesse de navigation n’est pas leur point fort.
Nous avions fait notre despacho pour La Romana, mais nous nous sommes finalement arrêtés à Bayahibe. Nous leur promettons de passer les voir le lendemain pour régulariser la situation.
Les démarches administratives dominicaines… on s’en souviendra !
Le lendemain matin, à peine le café servi, le bateau de l’Armada revient — toujours aussi rapidement — et heurte encore légèrement notre coque malgré nos pare-battages. Nous leur faisons remarquer notre mécontentement.
Un agent monte à bord pendant que leur bateau s’écarte un peu pour éviter toute nouvelle collision. Il procède à un contrôle complet des papiers et inspecte rapidement l’intérieur du bateau, ouvrant quelques placards. Il nous explique qu’il s’agit de contrôles de routine pour lutter contre le narcotrafic.
Tout est en règle. Avant notre sortie du pays à La Romana, nous devrons simplement repasser dans leurs bureaux pour faire le despacho. Nous sommes tranquilles pour quelques jours.
Libérés de ces formalités, nous enfilons nos chaussures de randonnée pour explorer les environs.
Nous partons découvrir la grotte Chicho et Padre Nuestro, situées dans le parc national Cotubanamá. En une vingtaine de minutes de marche, nous atteignons l’entrée du parc. Après avoir payé 200 pesos, nous empruntons un sentier ombragé au milieu d’une belle végétation tropicale.
Sous nos pieds, le sol est littéralement du gruyère : toute cette région repose sur un plateau calcaire karstique formé par d’anciens récifs coralliens soulevés. L’eau de pluie, légèrement acide, a lentement dissous la roche pendant des milliers d’années, créant un vaste réseau de grottes, de rivières souterraines et de cénotes — ces puits naturels remplis d’eau cristalline.
Nous découvrons une magnifique grotte où l’on peut descendre sous terre pour se baigner dans une eau incroyablement transparente. Nous avions emporté nos masques : sous l’eau, la visibilité est telle qu’on a presque l’impression d’être dans l’air. C’est magique.
Nous nous essayons tous les trois aux plongeons dans la grotte et apprenons qu’il est même possible d’y plonger avec des bouteilles. Nous sommes ravis : il faudra absolument programmer une plongée spéléo dans les prochains jours.
Nous jetons aussi un œil à la météo. Une petite fenêtre semble se dessiner autour du 13 mars, grâce à un front froid qui devrait descendre au nord de la région. Nous allons donc rester encore quelques jours ici pour profiter.
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons manger dans un restaurant argentin puis faisons un tour dans les boutiques de souvenirs. Nous en ressortons avec de belles chemises aux couleurs de la République dominicaine.
En revenant vers la plage, surprise !
Notre annexe (ce bon Guy!), laissée sur le sable, a un boudin complètement explosé. Avec le soleil et le sable brûlant, l’air s’est dilaté à l’intérieur… et le boudin a cédé.
Nous voilà bien !
Malo reste confiant. Nous nous installons tous les trois sur un seul boudin et rentrons tant bien que mal jusqu’à Noam sous le regard amusé de quelques touristes — ce qui, il faut bien l’avouer, est assez compréhensible.
Nous remontons l’annexe sur le pont. Place à la énième réparation. On sent que sa fin de vie approche, mais on espère la faire tenir encore jusqu’à la fin du voyage. Elle doit bien avoir pris deux kilos avec tous les tubes de silicone que nous lui avons déjà appliqués !
Malo s’applique sur le collage. On croise les doigts pour que ça tienne.
Le soir, nous terminons la journée en dégustant le délicieux poisson qu’il nous restait de nos amis de Saona. Un vrai régal !
N.B : En Guadeloupe, Elise, Léa et Shaulane ont réalisé une journée d'atelier dans une école de Saint François. Un super moment partagé avec les élèves 🩵Read more
































TravelerOh non Guy !!! Je vous fais de gros bisous
TravelerJ’espère que Guy va mieux !
Traveler
Zut !decollé mais réparable sur place ?
TravelerOn a colmaté avec du silicone ! Ça devrait tenir jusqu'à la fin de notre voyage, on croise les doigts !!