J196, Plongée en grotte et épave
Mar 7–9 in Dominican Republic ⋅ ☁️ 27 °C
Samedi, c’est le jour de la grande exploration ! Nous avons préparé tout notre équipement de plongée afin de nous rendre à la grotte de Padre Nuestro pour y plonger. Les blocs ont été gonflés, les stabs gréées sur les bouteilles, le diable embarqué dans l’annexe pour faciliter le transport, les appareils photos chargés, et nous avons étudié le profil de la grotte en amont. Nous voilà fin prêts : nous embarquons le tout dans l’annexe et c’est parti. Agatha reste tranquillement à bord.
Une fois à terre, nous chargeons les blocs sur le diable, les sacs sur le dos, et nous voilà partis pour une heure de marche afin de rejoindre l’entrée de la grotte. Il fait chaud et le matériel est bien lourd ! Au premier carrefour du village, nos regards croisent celui d’un monsieur souriant, tranquillement installé dans sa voiture :
« Je vous embarque ?! »
« Avec plaisir ! Ça va nous éviter quelques efforts ! »
Ce monsieur est en fait un pasteur. Il est adorable et nous amène jusqu’à l’entrée du parc. Nous nous préparons à descendre lorsque la gérante de l’accueil nous explique que nous devons obligatoirement plonger avec un instructeur certifié en plongée souterraine. Nous sommes surpris : deux jours auparavant, nous avions demandé si nous pouvions venir seuls et un autre employé du parc nous l’avait confirmé. Mais la dame nous explique qu’elle est nouvelle et qu’elle n’était pas au courant…
Nous nous regardons, nous tentons de négocier, mais rien n’y fait ! Nous sommes vraiment déçus… Heureusement, notre pasteur nous ramène dans le centre-ville de Bayahibe. Au moins, nous n’aurons pas eu à trimballer tout notre matériel à pied.
De retour en ville, nous nous arrêtons dans un centre de plongée pour demander des informations sur les instructeurs. Nous tombons sur un moniteur adorable qui nous donne les coordonnées d’un contact :
« Dites-lui que vous venez de ma part ! »
Il nous conseille également d’autres sites de plongée à proximité, accessibles avec notre annexe (maintenant réparée !). Les bras ballants, nous rembarquons tout notre matériel pour retourner à bord de Noam.
Nous recevons finalement la réponse de l’instructeur : le prix minimum qu’il peut nous faire est de 120 dollars par personne pour 30 minutes de plongée. Aïe ! Après une courte hésitation, nous déclinons. Nous essaierons de trouver une autre solution…
En attendant, nous sommes bien décidés à plonger. Après avoir déjeuné avec Agatha, nous sautons dans l’annexe pour aller explorer l’épave du Saint Georges. Il y a un peu de vent et de vagues, mais notre fidèle Guy résiste bien.
Après avoir pris quelques informations auprès des bateaux de plongée présents sur la zone, nous atteignons finalement le site, assez éloigné de la côte. Il nous faut près de 30 minutes d’annexe pour y arriver : Malo au pilotage, et moi à l’écope. Nous ne nous sommes même pas encore immergés que nous sommes déjà trempés !
Une bouée verticale signale le site. Nous nous y amarrons et hop, c’est parti.
Après la matinée rocambolesque, nous retrouvons enfin le monde silencieux et bleu, rythmé par le souffle de nos bulles et les cliquetis du récif. Nous descendons le long du bout de la bouée et ne tardons pas à apercevoir la structure métallique de l’épave.
Le Saint Georges est un ancien cargo volontairement coulé afin de créer un récif artificiel et un site de plongée. Avec le temps, l’épave est devenue un véritable refuge pour la vie marine : éponges, coraux et bancs de poissons ont colonisé la structure, transformant le navire en un petit écosystème.
L’épave est impressionnante et repose à 43 mètres de fond. Nous explorons autour d’une profondeur moyenne de 30 mètres. Des bancs de carangues nagent autour de nous, tandis que des poissons-anges aux couleurs chatoyantes se cachent dans les éponges qui ont colonisé les restes du navire… C’est une très belle épave.
Après 25 minutes d’exploration, nous remontons afin d’éviter d’entrer dans les paliers de décompression. Un peu frustrant de devoir remonter si vite, mais nous ne sommes pas encore des poissons !
Sur le chemin du retour, le long de la côte, nous rentrons en même temps que l’armada des bateaux de charter de l’île de Saona. Le spectacle est magnifique : les voiliers ont sorti leurs voiles et on dirait une arrivée de régate.
De retour à bord, place au repos. Nous regardons nos photos et partageons un bon repas devant un film avec Agatha.
Frustrés par l’interdiction de plonger dans la grotte, nous élaborons une stratégie… un peu pirate !
Nous avons à bord une petite bouteille de plongée de 6 litres, que nous utilisons habituellement pour la sécurité ou pour caréner le bateau. Elle tient dans un sac de randonnée : parfait. L’objectif est simple — faire passer la bouteille et le minimum d’équipement afin de pouvoir faire une petite incursion dans la grotte, ni vu ni connu !
Le plan semble parfait. L’exploration de grotte sous-marine serait une nouveauté pour nous.
Agatha, un peu fatiguée, reste à bord tandis que nous partons avec tout notre bazar dans l’annexe, deux gros sacs à dos sur le dos. Nous quittons les petites ruelles déjà bien animées de Bayahíbe pour rejoindre le sentier du parc qui mène aux grottes. À l’accueil, nous sommes bien reçus. Ni vu, ni connu !
Lorsque nous descendons dans la grotte, deux jeunes couples sont déjà là, tranquillement installés. Dans l’obscurité, nous nous équipons : appareils photos, petit bloc, détendeur… et c’est parti.
Une petite appréhension, bien sûr : l’ambiance est sombre et cavernicole. Nous nous prenons bras dessus, bras dessous, chacun avec un octopus en bouche, et nous nous immergeons.
L’eau est fraîche mais pas glaciale. C’est supportable. Elle est d’une transparence incroyable. Nous descendons progressivement, entourés de formations blanches : stalactites et stalagmites semblables à des bougies de cire fondues.
En descendant, nous arrivons devant un panneau :
« STOP – Sans formation spécifique en plongée souterraine, si vous dépassez ce point vous allez probablement mourir. »
Il n’en faut pas plus pour me faire paniquer. Je regarde Malo :
« On remonte. »
Lui est beaucoup plus tranquille, comme à son habitude. Nous remontons quand même en surface pour que je reprenne mon souffle. Finalement, il décide de repartir. Je l’observe en apnée pour vérifier que tout va bien. Il revient me rejoindre et nous replongeons ensemble. Peu à peu, je me calme. L’ambiance est incroyable.
Après une trentaine de minutes dans l’eau, le froid finit par nous faire sortir. Nous prenons encore quelques photos en apnée, puis remontons nous sécher et ranger nos affaires.
Whaou. Le décor est incroyable.
Nous repartons, nos gros sacs sur le dos, tandis que le soleil nous réchauffe doucement la peau. En arrivant au village, nous nous offrons une glace pour reprendre un peu d’énergie.
Agatha nous a préparé de quoi grignoter à bord : un plaisir.
Dans l’après-midi, nous partons toutes les deux nous balader pour récolter quelques plantes en vue de futurs cyanotypes. Nous avions aperçu un sentier sur la carte, mais malheureusement, comme souvent en bord de mer, l’accès est privé. Nous nous contentons de ce que nous trouvons et découvrons malgré tout de jolies merveilles au bord de la route.
Le soir, Agatha nous invite au restaurant pour nous remercier de l’accueil — elle quitte le bateau mardi. Cela faisait longtemps que nous n’étions pas sortis dîner : un vrai régal.
Avant de rentrer, nous nous installons sur les quais du centre-ville, au bord de la mer. L’ambiance est douce et animée : les habitants se promènent, discutent, dansent la bachata en buvant une Presidente.
Nous scrutons l’eau dans l’espoir d’apercevoir un lamantin des Caraïbes. On nous a dit qu’un individu venait régulièrement se promener sous le regard des touristes.
Pas pour ce soir… peut-être un autre jour !
Il est temps de rentrer se reposer ✨️Read more

























