• J204, Jost Van Dick

    Mar 15–16 in British Virgin Islands ⋅ 🌬 26 °C

    Nous ouvrons les yeux après une bonne nuit bien méritée. Malo sort le premier et je l’entends s’exclamer : « Les Blue Moana sont là ! » Je le rejoins et je vois en effet le bateau des copains juste à côté de nous, toute la famille à bord 🩵

    Ils sont arrivés cette nuit à 3 h du matin. Ils terminent de mettre l’ancre et nous proposent de venir à leur bord pour partager leur traditionnel pancake d’arrivée de navigation. Avec plaisir, bien sûr ! Nous les rejoignons donc après avoir préparé une pâte à tartiner avec le cacao 100 % République dominicaine et coupé un ananas bien frais.

    On est trop contents de les retrouver. On se serre dans les bras avec toujours la même facilité : on a vraiment trouvé notre famille de voyage. On partage une belle ventrée de pancakes en se racontant nos navigations et nos derniers mois de vadrouille. Eux sont restés plus longtemps à Cuba avant de naviguer jusqu’en Jamaïque, puis en République dominicaine, jusqu’ici.

    Le temps file à discuter, puis nous partons faire la procédure d’entrée dans le pays. Nous sommes sur l’une des trois îles principales des îles Vierges britanniques : Jost Van Dyke. Nous nous amarrons au quai devant le service d’immigration. Nous ne sommes pas forcément chaleureusement accueillis : ça y est, nous repassons sur les îles anglo-saxonnes, l’anglais est de nouveau de mise !

    Les îles Vierges forment aujourd’hui un archipel un peu particulier, partagé entre deux territoires : les îles Vierges britanniques (40 000hab) et les îles Vierges américaines (100 000 hab). Quelques milles nautiques seulement les séparent. Côté britannique, les îles sont restées un territoire d’outre-mer du Royaume-Uni : petites communautés insulaires, mouillages organisés et une forte culture de la voile qui attire de la plaisance. L’économie repose beaucoup sur le nautisme. Les îles voisines, elles, appartiennent aux États-Unis depuis que le Danemark les a vendues en 1917. On y retrouve une influence américaine plus marquée : villes un peu plus animées, croisiéristes, infrastructures touristiques et le dollar comme monnaie.

    Nous passons de bureau en bureau. Nous devons payer une taxe pour le parc naturel de 10 $ par personne, puis les autorités portuaires (1 $ par pied du bateau), et enfin 20 $ pour l’immigration. Les Blue Moana enchaînent après nous. On rencontre un Français avec son fils qui, eux, quittent le territoire. Ils nous partagent des informations précieuses pour notre exploration des îles Vierges dans les prochains jours.

    Formalités terminées, nous allons découvrir les ruelles environnantes. Nous amarrons nos deux dinghys à l’un des pontons en bois présents sur la plage qui donne sur le mouillage. De nombreuses bouées sont présentes dans la baie : pour la plupart, elles sont occupées, essentiellement par des catamarans de charter. Les monocoques sont très minoritaires !

    L’eau est turquoise mais l’horizon moutonne : le vent annoncé s’est en effet levé. La ruelle de sable qui borde la plage donne sur quelques bars et boutiques de souvenirs. On s’y arrête et nous sommes comme des enfants : une boutique pensée pour les navigateurs, avec des vêtements, gadgets et outils de pêche… Difficile de ne pas craquer !

    Les Blue Moana partent se reposer, encore bien fatigués de leur navigation et de leur arrivée nocturne. Nous continuons de marcher un peu avant de rentrer au bateau. Nous nous concoctons un bon petit dîner avant de ne pas tarder à sombrer : nous avons encore quelques heures de sommeil à rattraper.

    Le matin, nous émergeons sur un mouillage toujours bien venté. Le vent devrait se calmer à partir de mardi matin. Je pars sur la plage pour un petit yoga. Je suis un peu fouettée par le sable, mais ça fait du bien de se décontracter après une navigation, dont nous sortons toujours un peu courbaturés.

    Les Blue Moana quittent le mouillage pour aller sur Tortola, où ils espèrent être un peu plus protégés pour faire quelques courses et rencontrer le broker qui doit les aider dans la vente prochaine de leur bateau. Nous espérons les rejoindre demain pour continuer à naviguer ensemble.

    De notre côté, nous restons pour explorer encore un peu l’île. Nous partons à midi, nos bobs vissés sur la tête, pour arpenter cette première île. Nous visitons une boutique, encore une fois très sympa, accolée à un bar typique de navigateurs. Les lieux sont agréables mais nous n’avons pas encore d’accroche particulière avec les locaux qui tiennent les commerces ; peut-être que cela viendra sur d’autres îles.

    Cela ne nous empêche pas d’admirer les lieux. Nous tombons sur deux chevaux qui paissent tranquillement au bord de la plage. Ce ne sont pas des criollos : ils ressemblent à des chevaux européens. Pas farouches, ils demandent des caresses ; on est ravis.

    Nous débutons notre marche. L’île, comme ses voisines, est bien vallonnée. Depuis le mouillage, nous avons repéré un bel arbre qui domine : notre objectif. Nous grimpons la route qui chemine jusqu’au sommet — ça grimpe ! La vue est magnifique : une vision à 360°, l’eau turquoise et les nombreux voiliers sur les flots.

    Une fois redescendus, nous prenons un rafraîchissement dans le bar en bas et faisons une petite mise à jour internet. Nous en profitons pour étudier les spots de plongée : il y en a à foison ! On espère bien pouvoir plonger quotidiennement.

    D’ailleurs, c’est l’heure. Au vu du vent (et de l’état de notre annexe), nous ne pouvons pas aller bien loin. Malo prépare le matériel, nous chargeons les blocs dans notre bon Guy et nous allons nous amarrer à la bouée de chenal non loin du mouillage. Nous descendons le long de l’amarre.

    L’eau est trouble, brassée par la météo. Mais nous passons une petite heure à explorer : de nombreux poissons-anges gris, de gros bernard-l’ermite qui s’affairent à fouiller le sable, des bancs de carangues, de belles langoustes et… des dizaines de poissons-lions ! Il va falloir venir chasser ici : leur invasion est bien présente sur les récifs.

    Nous remontons — quelque peu frigorifiés ! — à bord de l’annexe. Nous rinçons le matériel, prenons une petite douche et nous nous mettons au sec : ça fait du bien.

    Demain, nous partons pour l’île de Tortola, sûrement retrouver les copains. Puis nous aimerions rapidement nous diriger vers les petites îles au sud de Tortola. Nous en avons entendu beaucoup de bien : abritées et riches en spots de plongée et de snorkeling !
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