J219, Requin marteau à Grand Case
Apr 1–2 in France ⋅ ☀️ 27 °C
Après un dernier café partagé à bord avec nos amis Christophe et Léo, nous quittons la baie de Marigot.
Finalement, nous mettons le cap au nord de Saint-Martin, direction Grand Case. Après réflexion et consultation des amis du coin, nous serons mieux orientés pour nous rendre à Saint-Barthélemy en prenant la route du nord. Notre itinéraire des prochains jours : Grand Case, l’île de Tintamarre (Saint-Martin), l’île de la Fourche (Saint-Barth) et Saint-Barthélemy.
Nous hissons la grand-voile et déroulons le génois ; nous n’avons que quelques milles à parcourir. Nous atteignons dans l’après-midi le Rocher Créole. Cette caye est située à l’entrée de la baie de Grand Case. Elle fait partie de la réserve naturelle de Saint-Martin ; des bouées sont à disposition pour amarrer le bateau et y faire du snorkeling.
Une fois amarrés, nous nous équipons pour une plongée. Nous nageons en surface vers la caye, puis nous descendons. La visibilité est très faible car une houle de nord agite la mer depuis quelques jours. On distingue à peine à deux mètres devant nous. Cela crée une ambiance particulière.
Tout à coup, nous entendons les cliquetis si reconnaissables des dauphins. Il doit y en avoir un tout proche. Nous observons en essayant d’habituer nos yeux à la turbidité. Et là, une grande masse apparaît devant nous : un grand dauphin ! C’est impressionnant. Il se faufile devant nous, nous regarde de ses yeux intelligents puis disparaît. Il nous fait deux apparitions, quelque chose de presque mystique dans cette eau trouble.
Des barracudas passent à côté de nous et quelques poissons se cachent dans les roches. Nous suivons un banc de carangues quand je distingue une grosse queue caractéristique d’un requin. Je regarde Malo, qui me fait de grands yeux en me faisant le signe du « requin marteau » ! Je n’ai pas réussi à distinguer sa tête, je ne peux donc pas confirmer ; difficile d’en être certain, le mystère restera entier… Qui sait, nous avons peut-être croisé la route rare d’un marteau.
En rentrant au bateau, une raie léopard et un requin dormeur nous font le privilège de passer à nos côtés.
De retour à bord, nous sommes un peu perplexes face à cette plongée : nous avons vu de gros animaux, mais quelle ambiance de nager dans ces eaux troubles ! C’est toujours une surprise de découvrir ce qui se cache sous nos pieds.
Nous larguons la bouée afin d’ancrer à quelques mètres de là, dans la baie de Grand Case. La baie est plus petite et moins remplie que sa voisine. Les reliefs de l’île sont magnifiques avec la lumière tombante et les couleurs chatoyantes du soleil.
Nous trouvons notre place et partons à terre. Un ponton à annexes nous accueille directement sur la rue longeant la mer, remplie de bars, de restaurants et de boutiques, principale activité de l’île. De nombreux touristes déambulent, marins et visiteurs venus par les airs. Depuis notre arrivée ici, je suis impressionnée par le trafic aérien : des avions passent sans cesse entre les îles — Anguilla, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Avions, hélicoptères, jets…
En nous baladant, nous observons des villas, mais aussi des cases plus modestes. La population est très hétéroclite ici, entre les habitants fortunés et les travailleurs moins aisés venus de plusieurs îles des Caraïbes voisines.
Nous prenons un verre dans un bar qui donne sur le mouillage. L’ambiance est sympa !
Le lendemain, nous retournons à terre pour espérer trouver de quoi faire un peu d’eau. Quelques petites averses nous surprennent de temps à autre, mais elles sont de courte durée, pas suffisantes pour remplir le récupérateur d’eau de pluie. Nous prenons donc nos bidons pour demander un accès à l’eau.
Ce n’est pas si simple ici : il n’y a pas d’eau sur l’île, elle provient d’une usine de dessalinisation et n’est donc pas en libre accès. En marchant, je vois un jardinier ; je lui demande, il nous montre l’accès à son robinet : « servez-vous ». Il vient de Dominique. Il travaille dans un restaurant, mais sur ses moments off, c’est lui qui s’occupe des fleurs du coin : bougainvilliers, frangipaniers, manguiers, papayers… Il nous en parle avec amour ; ça lui fait du bien, cela lui rappelle la luxuriance de son île natale, nous dit-il.
Nous le remercions et partons à la recherche d’un spot Wi-Fi : nous devons travailler un peu sur le projet de l’association avant de lever l’ancre.
Après plusieurs tentatives, nous nous installons en bord de quai où une serveuse nous partage sa connexion. Elle est marrante, dans l’ambiance de Saint-Martin : la fête et la détente !
De retour à bord, nous levons les voiles pour prendre le cap de l’île Tintamarre. Elle fait aussi partie de la réserve ; nous avons donc dû faire une demande au parc pour y passer la nuit.
C’est agréable : nous naviguons entre les îles, toujours à vue. Je suis à la barre ; nous sommes au bon plein, le bateau file. C’est agréable de le sentir naviguer en restant concentrée sur mon objectif de destination. Des dauphins nous accompagnent quelques minutes.
Nous approchons de l’île toutes voiles dehors. Une île plate et rocheuse se dessine. Trois bateaux sont à la bouée. Nous nous préparons pour attraper la bouée à la voile, sans moteur. Malo prend la barre, je vais à la proue du bateau avec la gaffe. Concentrée… ça y est, j’attrape l’anneau de la bouée et, au plus vite, je passe l’amarre.
Ça y est, nous y sommes arrivés ! Une belle arrivée à la voile.Read more














