Les moulins de mon coeur
14 Jun 2025, Belanda ⋅ ⛅ 23 °C
On entre ici comme dans un moulin! . C'est ce que je m'écris, sans me rendre compte de la drôlerie, quand je réalise qu'on peut visiter les magnifiques moulins de Kinderdijk sans montrer les billets réservés il y a tellement longtemps! Il suffit de prendre le mauvais waterbus et de rentrer par la piste cyclable. Explications.
J'ai tout planifié. Le waterbus numéro 20, à 8h, nous conduit à l'arrêt sur la rive opposée aux moulins, et il suffit de prendre un petit ferry pour traverser. Sauf que, comme me le fait la gentille matelote, il n'y a pas de ferry avant 11h le samedi matin. Elle nous explique, franchement désolée, que la seule solution est de sortir à l'arrêt suivant celui planifié et de marcher une trentaine de minutes jusqu'au site. Google indique une marche d'au moins une heure. Météomédia prévoit un ennuagement en fin de matinée et de la pluie possible. Je panique un peu et mon pas n'est pas du plus lent pour arriver avant la foule et avant la pluie prévue. Éric regrette ses pantalons courts que je lui ai interdits, pendant que ce serait frais sur l'eau... Il fait au contraire très chaud.
Le chemin indiqué nous amène directement sur le site, patrimoine mondial de l'Unesco, où 19 moulins du 18 siècle nous attendent...encore sous le soleil. Sauf en vélo, personne n'entre par ici. On a donc la chance de voir le plus beau dès notre arrivée. En communion avec la beauté de l'endroit, Éric et moi parcourons paisiblement les différents chemins à la recherche des plus beaux points de vue. Contrairement à ce que nous pourrions croire, ces moulins ne servaient pas à moudre du grain, mais bien de station de pompage afin de prévenir les inondations. Quand nous avons fait le tour et pris beaucoup trop de photos, nous nous dirigeons vers le waterbus en ligne directe vers Rotterdam. Cette fois, j'ai bien vérifié l'horaire. Alors que nous quittons Kinderdijk, les nuages s'ammoncellent rapidement. La fenêtre s'est refermée.
Une pierre que l'on jette dans l'eau vive d'un ruisseau
Et qui laisse derrière elle des milliers de ronds dans l'eau
Au vent des quatre saisons, tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon cœurBaca lagi
Le vent a tourné
14 Jun 2025, Belanda ⋅ ⛅ 24 °C
Ce n'est pas Gouda qui va rester gravé dans notre esprit. La petite ville à 20 minutes de Rotterdam a bien peu à offrir mis à part des morceaux de fromage. Samedi est la journée du marché, et les étals cachent l'hôtel de ville, seul symbole architectural de Gouda. Il pleuviotte et le ciel est gris. Le temps de manger un beaucoup trop copieux plateau de fromage, nous voilà déjà dans le train du retour à grignoter des stroopwafel, deux gaufres minces collés avec du sirop. J'ai des visées de shopping qui sont rapidement sapées par la quantité de monde et le peu d'intérêt des boutiques. Il faut dire que la marche des moulins, au gros soleil, nous a épuisés. Nous reprenons nos forces au Hilton avant d'aller prendre un verre chez Côte du Cool. Un avant-goût de la Norvège, la chaleur s'en est allée, et un vent froid souffle sur la terrasse. Nous sommes fins prêts pour la croisière qui débute ce dimanche. Le vent a tourné.Baca lagi
Les moldus
16–18 Jun 2025, Norway ⋅ 🌧 12 °C
L'embarquement sur le bateau Nieuw Statendam se fait dans le bonheur. Comme on aime bien avoir un petit bonus, et qu'une première croisière avec une compagnie en offre peu, nous avons opté pour l'option Club Orange. Déjà, ça nous donne la priorité d'embarquement. Rapidement, nous sommes sur le bateau à profiter du beau soleil qui nous accompagnera pour le départ et durant toute la journée en mer du lundi. Ce sont les 56 ans d'Éric. Sa fête est soulignée dans le resto du Club Orange avec beaucoup de gentillesse. Le soleil se couche en demi cercle comme dans les dessins qu'on faisait, enfants.
Le soleil s'est perdu en chemin quelque part entre les Pays bas et la Norvège. Si bien que notre premier contact avec le pays du soleil de minuit se fait sous la pluie et par un froid sybérien. Bienvenue à Molde, Norvège! C'est bien ici que vivent les Moldus n'est-ce pas?
Molde est surnommée la ville des roses et est reconnue internationalement pour son festival de jazz. Nous ne verrons aucune pétale et n'entendrons aucune note durant notre séjour. Le tout se passe en juillet quand la température doit frôler les 17 degrés. Amenez-vous une petite laine pareil si vous venez!
Notre tour de 3h30 nous donnera la chance d'affronter la pluie pour un grand total de 30 minutes. Le reste du temps, nous le passerons dans l'autobus. C'est vrai que j'ai choisi un tour nommé Atlantic Road, je ne peux pas être surpris de faire de la route.
La Atlantic Road est une route de 8.3 km qui relie plusieurs îles et défie le caractère aride des lieux. L'autobus parcourt une partie de la route puis revient sur ses pas pour notre première sortie. Une boucle de 5 minutes à pieds où 10 autocars ont déjà déversé leurs passengers. Deux toilettes nous attendent pour tout ce beau monde dont la pluie ne peut qu'avoir intensifié l'envie de pipi. Je vous laisses imaginer la file. Sinon, bon, une chance que quelqu'un a décidé de traîner son chien pour me permettre de faire une jolie photo.
La guide italienne, de Rome, a plus l'air de se demander comment elle a pu atterrir dans ce coin perdu que de nous guider. Elle lit de petits textes sur son téléphone. Les Norvégiens sont plutôt conversateurs, de confession protestante, et, elle n'a pas tort de nous le faire remarquer, les endroits visités ressemblent à des villes fantômes. Personne dans les rues... mais qui voudrait mettre le nez dehors avec des températures pareilles. La Norvège est à la même latitude que la Sybérie. Une chance qu'il y a le gulf stream pour réchauffer un peu tout ça.
Une fois la Atlantic Road faite 2 fois (aller-retour, je suis rassasié), le bus nous laisse cette fois à Bud, un village de pêcheurs. Le chauffeur refusant de monter la p'tit côte, on se fait fouetter le visage par la pluie, le vent, le froid et Dieu sait quoi encore pour visiter le musée en plein air... Je ne sais pas comment un endroit peut être beau si on y passe 5 minutes. Je ne vois plus rien, mes lunettes sont inondées de gouttes de pluie, je grelotte malgré mes pelures d'oignons et mes gants. Je prends 3 photos au hasard puis je retourne m'asseoir au chaud. Saviez-vous que Hitler avait dans ses plans de construire un mur allant de la Norvège jusqu'à l'Espagne. Des vestiges sont encore visibles à Bud, en autant qu'on essuie ses lunettes pour les voir. Une femme rentre dans le bus, les cheveux complètement défaits en hurlant, le visage dégoulinant de pluie : "We could have skipped that one" en parlant de Bud. J'ai tellement, mais tellement ri! Oui, on aurait pu!
Avertissement : ceux qui ne veulent voir que des ciels bleus, ne regardez pas les photos.Baca lagi

PengembaraL'association avec les moldus m'a fait bien rire. Un peu de magie sur la météo aurait été bien appréciée, je pense! Mais les moldus ne possède pas de pouvoirs magiques...
Les quatre saisons
18 Jun 2025, Norway ⋅ ☁️ 11 °C
Semble-t-il qu'en Norvège, il faut pouvoir affronter les quatre saisons en une seule journée. Notre arrivée à Trondheim est marquée par les nuages et la pluie. J'avais booké une excursion pour faire une bucolique randonnée dans les hauteurs des montagnes entourant la ville. La météo, qui n'est pas de notre côté, nous pousse à annuler. Pourquoi aller se faire mouiller et voir de la brume?
Je ne suis pas trop de bonne humeur (Éric ajouterait que c'est un euphémisme). La pluie me fige, je ne sais pas où aller. On trouve refuge à la cathédrale. Posée sur la tombe du roi de Norvège Saint Olaf, la cathédrale luthérienne de Nidaros remonte au 11e siècle. Y sont couronnés les rois de Norvège, c'est pourquoi dans le musée adjacent, on peut y voir les joyaux de la couronne (je mets des images trouvée sur internet, car les photos sont interdites).
Quand nous sortons de la cathédrale, la pluie a arrêté. Le ciel bleu me redonne le goût de vivre! La course à la lumière se met en branle, ça ne durera pas! La Nidelva traverse un quartier du centre-ville et offre le plus beau des points de vue quand les anciens entrepôts sur pilotis, datant du 18e siècle, se mirent dans l'eau du fleuve anormalement calme, offrant une réflection presque parfaite. Je commence à m'habituer aux changements de ton de mère nature. Juste à temps avant que la pluie ne recommence, nous sirotons un petit flat white pendant que ça passe. La Norvège demande un peu de patience.
Le soleil revenu, j'improvise avec succès une visite pour avoir un beau panorama de notre bateau. Puis nous grimpons jusqu'à la forteresse de Kristiansten pour finir notre visite de Trondheim vu d'en haut. Finalement, nous aurons réussi à avoir une belle journée en naviguant à travers aléas qu'un pays nordique impose.Baca lagi
71 degrés nord
20 Jun 2025, Norway ⋅ 🌬 5 °C
Honningsvåg ne sait pas vraiment ce que c'est que l'été. La ville la plus septentrionale de l'Europe, population de 2000 personnes à peine, connaît des hivers relativement doux (-5 degrés) et des étés plutôt frais (maximum 14 degrés environ) . En termes simples, il fait pas mal toujours frette ici, et la journée de notre visite ne constituera pas une exception. Tant s'en faut. Le vent est pénétrant, le froid mord, même mes os glacés.
En attendant le bus, nous faisons le tour de la ville. 30 secondes plus tard, nous voilà de retour au point de départ. Une rue, quatre commerces, un port. Tout ça fouetté par la bruine et le froid polaire. Habillé comme en hiver, des pelures en veux-tu en v'là, j'avoue que je me demande : qu'est-ce que je fais icitte (ajoutez le sacre de votre choix). Ça doit être doux à Barcelone à la mi-juin, on parle même de grosse canicule en France me dis-je, en essuyant mes lunettes.
Une chance que la guide autrichienne, Linda, a de l'énergie à revendre. D'un dynamisme peu commun, elle sépare son emploi du temps entre des tours du cap nord l'été, et des expéditions pour voir les aurores boréales en hiver.
Ce qui attire les foules à Honningsvåg, c'est que le cap nord est à un jet de pierre. Vous avez remarqué que mon "blogue" s'appelle 66 degrés nord. C'est la latitude du cercle polaire. Il y a deux cercles polaires, un en Antarctique, et un en Arctique, où nous sommes. Mais pourquoi se contenter du 66e parallèle quand on peut visiter le point le plus au nord de l'Europe au 71e parallèle! C'est précisément le but de notre tour, aller au bout du monde, au cap nord.
Après une visite d'un village de pêcheurs pour admirer le poisson séché à l'air libre et une rencontre avec un crabe royal qui vit dans une piscine hors terre, on nous laisse lousses pendant une heure pour arpenter le cap nord. La force du vent est indescriptible. On peine à rester dehors assez longtemps pour prendre quelques clichés, puis on doit rentrer se réchauffer. Du haut de la falaise, je me dis que c'est quand même toute une campagne marketing que d'amener des gens jusqu'ici sous prétexte qu'ils n'iront jamais plus au nord. De retour dans le bus, une collation de renne jerky nous attend. La guide commente au micro mon visage quand je croque dedans. Ce n'est pas pour tout le monde comme elle dit. Certainement pas pour moi.
Le soir venu, après le souper, le programme annonce que le bateau va passer devant le cap nord vers 20h30. Je prends mon courage à deux mains, et je remets mes pelures pour affronter la froidure. Éric préfère écouter le trio classique. On est libre! Je ne m'attendais pas à ce que la falaise de 300 mètres soit si proche. Un face à face entre le cap nord, que j'en suis venu à personnifier comme l'emblème du froid, du gris et des nuages, et moi. À force de le regarder, j'en viens à le trouver beau, fort, impressionnant. J'oublie la grisaille et je vois la nature dans sa forme la plus brute, intransigeante, dure, injuste, merveilleuse. Je pense à ce qu'il faut être capable d'endurer pour se rendre jusqu'ici et voir, nez à nez, ce rocher qui ne bronche pas devant l'adversité des éléments qui se déchaînent. Quelle sorte de ressources doit-on posséder en soi pour accepter d'habiter une terre aussi inhospitalière?
Aux admirateurs de la lune, les nuages parfois offrent une pause. (Haïku de Bashô)
Il peut y avoir de la beauté, aussi, dans le gris. Il faut juste chercher un peu plus fort.Baca lagi

PengembaraVoilà. Tout est dit. Bravo pour la profondeur de ton beau texte et pour la détermination dont tu fais preuve pour affronter le froid "polaire" afin d'admirer cette nature indomptable. La beauté est partout pour qui veut bien la voir.
Sur fond de flûte amérindienne
21 Jun 2025, Norway ⋅ ☀️ 6 °C
L'été est arrivé et ça se passe à Tromsø. Le soleil brille et il fait un solide 12 degrés. Quand j'écarte les rideaux de la cabine, je découvre un magnifique paysage de montagnes aux sommets encore enneigés.
Au moment où je comprends que le gars que je croyais être un itinérant est en fait notre guide, je sais tout de suite que le courant ne passera pas entre ce bohème nomade et moi. L'aversion naturelle est scellée quand il nous invite à entrer dans le petit bus à la mention de notre nom. Je suis le dernier sur la liste, et donc on se retrouve sur le dernier banc en arrière. Les tours de bus sont vraiment pénibles pour deux voyageurs indépendants comme Éric et moi, mais un mal nécessaire pour des destinations comme la Norvège.
J'oublie le guide, et je me laisse transporter par les magnifiques paysages qui nous sont donnés à voir par un temps que je qualifierais de parfait. Ça, c'est quand on s'extirpe enfin du bus, les derniers, à un rythme qui demande une patience incommensurable. Je suis heureux, nous aurons eu la chance de voir la Norvège sous son meilleur angle. Finalement, il y a autre chose que des nuages dans ce pays! Les photos parlent d'elles-mêmes je crois.
Après avoir fait le plein de beauté, c'est le temps de "recharger nos batteries" comme le dit notrel Danny Verveine de guide. Sur fond de flûte amérindienne, nous filons sans un mot vers le chenil de chiens husky pour une séance de câlins intensive. Dès mon arrivée, parmi environ 200 chiens, je repère Sombre qui est la plus gentille husky du monde. Je la flatte autour des oreilles et elle en redemande. Calme, douce, elle ne m'inspire aucune peur, alors qu'on nous a avertis que les chiens pouvaient devenir agressifs, entre eux, mais aussi parfois envers les humains. De toute évidence, je ne suis pas le seul à détester le guide. Les chiens se mettent à japper autour de lui, ce que provoque un moment de panique chez tous les chiens du chenil. Mais pas ma Sombre. Elle en a vu d'autre.
Depuis le début du tour, je sens une vilaine odeur dans le bus. Après l'avoir vue courir pour une photo (le guide a fait un panorama où elle apparaît du côté gauche, court vers la droite pour se retrouver dans la fin du panorama et être dupliquée à droite), j'ai mis le doigt sur la coupable. La petite vieille américaine, un siège devant nous, qui ressemble à Elisabeth May dans 30 ans. J'utilise mon gel antibactérien pour les mains pour changer l'odeur (truc de coroner vu dans les séries british), mais rien n'y fait. De retour sur le bateau, je m'étends sur notre grand balcon, au soleil. Je lève la tête, soudain alerté. La petite vieille est-elle encore là? Je sens encore la vilaine odeur! Puis j'approche mon nez de mon chandail en cashmere (10% lol, le reste c'est de la laine). Je viens de trouver la source de l'odeur, moi! Ou plutôt mon chandail qui sent vraiment pas bon. Accusez-moi d'âgisme, c'était moi qui puais depuis le début. La honte!
Vous remarquerez pas mal de photos de nous deux. Une des rares qualités du guide, il s'offre pour nous prendre le portrait.Baca lagi
Premier arrêt, les toilettes!
22 Jun 2025, Norway ⋅ ⛅ 10 °C
Décidément, mes choix de tours ne sont pas les meilleurs. Confusion autour de l'heure de début puisque le bateau arrive finalement à 9h, et le tour est prévu pour 11h. On poireaute dans le stationnement, car il n'y a rien autour du terminal de croisière, avant d'apercevoir les bus de Lofoten Lights se garer. Je tremble à l'idée d'occuper la dernière rangée, alors on use de stratégie pour occuper notre place habituelle, le premier banc en avant! 30 minutes plus tard, nous ne sommes toujours pas partis. On attend une personne qui, finalement, ne viendra pas. Éric et moi décrètons que notre prochaine croisière devra nous permettre de tout faire par nous-mêmes. Excités d'enfin partir, notre guide annonce le premier arrêt : des toilettes! Mais on vient à peine de commencer!
Après le guide "zen", nous avons aujourd'hui le guide silencieux. C'est le chauffeur qui lui dit de nous parler, autrement, il regarde ses feuilles et reste muet. On fait abstraction de tout ça, pas comme si on visitait le château de Versailles. On n'est pas là pour l'histoire, on est là pour les paysages.
Les îles Lofoten sont un archipel norvégien situé au nord du cercle polaire. Des ponts et des tunnels relient les îles entre elles. Les nuages de l'avant-midi se dissipent et nous avons un temps splendide encore aujourd'hui.
Le principe est toujours le même. Embarque, débarque, prends une photo puis répéter le tout pendant 6 heures. Ce qui compte, c'est qu'on nous offre les plus beaux points de vue. La dame du chenil de husky disait hier que, l'été, les chiens s'ennuient tellement (l'hiver, les trajets à tirer les touristes dans la neige les occupent et les épuisent) que le moindre mouvement les fait réagir. Ils guettent la petite chose qui va pouvoir occuper leur esprit et les divertir. L'image peut être transposée à Éric et moi en tour de bus. Passifs, on attend avec impatience le moment où on peut sortir et admirer la beauté des lieux.
Les plus beaux villages sont Reine et Å. Oui, Å. Prononcez Â. Le guide de peu de mots conduit les gens vers village sans mentionner d'heure de retour. On surveille d'un coin de l'oeil nos compagnons qui sont pour la plupart agglutinés autour de la boulangerie. Le village est minuscule, mais on suit une ou deux rues pour avoir de beaux points de vue. Quand on regarde vers la boulangerie...plus personne sauf le guide qui s'en va au pas de course. On tente de le suivre en suivant le chemin qu'on croit avoir emprunté. Mais erreur, le bus n'est pas là. On croise une autre personne du bus, aussi perdue que nous. Je n'ai aucun repère, aucune façon de me situer. On ne va pas nous oublier à Å! La panique s'installe, mais rapidement on aperçoit le dessus des bus pas trop loin. Ouf, on pousse un soupir de soulagement. Le guide est partis à notre recherche, mais, revenant bredouille, ne prononce pas un mot quand ils nous voient assis. Quand ils nous déposent au terminal, le chauffeur lui suggère : tu devrais peut-être dire au revoir au groupe. Parfois, ce ne sont pas les mots qui comptent, mais plutôt les images que nous garderons pour toujours en tête.Baca lagi

PengembaraÀ défaut d’avoir des lenteurs, ce voyage offre de magnifiques photos!
Tombolo
24 Jun 2025, Scotland ⋅ ☁️ 11 °C
C'est tranquille le mardi matin dans la petite localité de Lerwick sur le reculé archipel de Shetland. Avec à peine 7 500 habitants dans la ville principale, et environ 23 000 au total dans les îles, on ne peut pas s'attendre à trouver un café ouvert à chaque coin de rue. Les quelques rues sont occupées par une poignée de passengers du Nieuw Statendam qui attendent des tours, comme nous. Un passenger prend une photo du bateau à partir d'un muret surplombant une petite plage. Il échappe son cellulaire dans le sable et la marée haute l'empêche d'accéder à la plage pour le récupérer. Un escalier descend dans 3 pieds d'eau. On rit. Une chance, un employé de la ville passait par là et a pu récupérer le cellulaire.
Le monde est petit. Sur 2 666 passagers, nous sommes 5 québécois à avoir choisi le même tour privé. On prend donc la route avec Theo, notre jeune et sympathique guide jusqu'au sud de Shetland. Un rocher sur lequel repose un phare est le refuge de plusieurs espèces d'oiseaux, mais une seule nous intéresse : les puffins (ou macareux). Theo, adepte d'ornithologie, scrute les rochers pour nous trouver un puffin, souvent ils se tiennent tout en haut, prêts pour la pose. Nous en verrons quelques-uns, mes premiers à vie!
À la pointe nord de l'Écosse, Shetland est connue pour ses vestiges vikings qui remontent jusqu'à 850 ans avant Jésus-Christ. Théo sort un énorme téléscope pour nous permettre d'observer un broch (le broch de Mousa), le mieux préservé au monde, une tour de 13 mètres en pierres datant de 100 avant J.-C. Éric et moi, on connaît plutôt Shetland à cause de l'émission british du même nom, une série policière que nous apprécions particulièrement et qui exploite de belle façon la topographie de l'archipel. On reconnaît plusieurs lieux de tournage, la demeure du détective Jimmy Perez, la maison de la famille criminelle de l'île et la fameuse plage de St. Ninian, un tombolo, c'est-à-dire une bande de terre qui relie deux rives et n'est jamais recouverte par la marée.
La visite de presque 6 heures s'éternise un peu. Je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie, c'est tellement cru que je n'arrive pas à me réchauffer même dans la voiture. Je ne m'explique pas ce qui peut pousser des gens à habiter des endroits aussi reculés et inhospitaliers. Je m'imagine une journée en janvier, quand la clarté dure à peine 2-3 heures, ou une livraison Amazon qui doit prendre 4-5 semaines. Une seule épicerie pour toute l'île, des fois, il doit manquer des trucs, on est à 12-13 heures de ferry pour rejoindre le continent. Est-ce ça la vie qui nous attend à Québec? 🤣🤣🤣Baca lagi
Le syndrome de la marchette
25 Jun 2025, Scotland ⋅ ☁️ 14 °C
Alors qu'un bon soleil inattendu nous réchauffe enfin, je réalise deux choses dans les jardins du magnifique château de Dunrobin. 1) Depuis qu'on a quitté Rotterdam il y a 10 jours, je n'ai jamais eu chaud une seule fois. 2) Depuis 10 jours, je n'aiI jamais vu la nuit tomber. Pour avoir un semblant de noirceur en juin dans ces pays nordiques, il faut être debout largement passé 23h ou parfois même minuit. Mais la clientèle est tellement âgée sur Holland America qu'on en vient à suivre leur rythme. Souper tôt, dodo tôt. Appelons ça le syndrome de la marchette! Et nous en sommes affectés.
Pas de marchettes sur les tours de Avril, petite bonne femme aux cheveux mauves et à l'accent gros comme une highland coo. Elle va au sud. Nous, on se dirige au nord avec son acolyte Lorraine, notre guide aujourd'hui. Grosse comme une fleur d'hortensia en juin et gentille comme une fille de petite ville, elle va nous trimbaler toute la journée en jacassant tout en conduisant. Évidemment, les américains du groupe de 12 prennent le pallier, et orientent la conversation vers le whisky au beurre de pinottes (il fallait voir la mine horrifiée de Lorraine) et l'usage de mots différents entre l'Écosse et les USA.
Siège du clan des Sutherland, le château Dunrobin a été rebâti par le même architecte que le palais de Westminster (ou le parlement et le Big Ben) à Londres, Sir Charles Barry. On a l'impression d'être soudainement transportés en France. Les jardins, en pleine floraison, sont magnifiques.
Les Sutherland n'ont pas que des amis dans la région. D'abord, ils ont pris le parti des Anglais à la bataille de Culloden qui a eu lieu à quelques kilomètres de Inverness et qui opposait les forces britanniques aux Écossais qui voulaient le retour de la ligne des Stuart sur le trône d'Angleterre. Échec cuisant des "highlanders". Et puis il y a la duchesse de Sutherland, Mary Caroline. Veuve du 3e duc de Sutherland, la famille n'a pas apprécié que le testament lui lègue une part importante de la fortune et l'ont poursuivie en justice. Une entente à l'amiable lui a conféré une somme importante, avec laquelle elle a fait construire un château juste en face de la station de train pour être certaine que les Sutherland qui quittaient le nord pour le sud passent devant sa demeure chaque fois. La tour du château comptait seulement 3 horloges sur ses 4 faces, simplement car la duchesse refusait de donner l'heure à sa belle-famille qui attendait leur train. Le château est surnommé le "Castle of spite", donc le château de la hargne!
Le film Barry Lindon de Stanley Kubrick a été tourné au château de Dunrobin. Dunrobin fait aussi dans la fauconnerie. Un spectacle de 30 minutes nous permet de voir voler des aigles beaucoup trop près de nos têtes à mon goût.
Presque deux heures à flâner dans le minuscule village de Dornoch, c'est beaucoup. Ça nous oblige à s'installer au café du coin pour se délecter d'une soupe brocoli et poireaux et d'un scone au fromage. La petite église a accueilli Madonna pour le baptême de son fils Rocco.
La journée se termine à la distillerie Balblair qui n'a pas bougé depuis 1790. Le scotch 12 ans est fort (on fait dans le 46% d'alcool ici), mais le 15 ans qu'on rapporte est plus rond et veloûté. Tout un aria de rapporter une bouteille sur Holland. On doit laisser la bouteille dans les mains d'un jeune assistant qui n'est pas capable de nous dire quand on la reverra. Au prix qu'est la bouteille, je ne suis pas rassuré. Enfin une occasion d'utiliser la file prioritaire Club Orange au service à la clientèle qui nous rassure sur l'endroit où la bouteille sera conservée et le moment où elle sera livrée dans notre chambre.
Syndrome de la marchette oblige, on soupe tôt, mais le temps doux nous permet de relaxer sur notre balcon en regardant le soleil descendre doucement sur la mer.Baca lagi

PengembaraVous connaissant, je suis certaine que le syndrome de la marchette ne durera pas longtemps...
Distillerie recherche Whisky
26 Jun 2025, Scotland ⋅ ☁️ 16 °C
Édimbourg n'est certainement pas une ville portuaire. Le bateau s'ancre donc assez loin dans la baie à Queensferry. Un tender nous mène sur le quai, puis des bus nous conduisent en ville. Le tout prend environ 45 minutes. Nous avons déjà visité Édimbourg en 2023, donc j'ai prévu de voir ce que nous avions omis il y a deux ans. Le trajet jusqu'au centre m'a donné une envie de pipi terrible. Je suis prêt à me soulager en plein St. Andrew Square s'il le faut, mais heureusement, le Harvey Nichols est ouvert. Maintenant que je peux penser à autre chose, on prend le tram jusqu'à Ocean Terminal, à Leith, où le célèbre Britannia est amarré. Le dernier yacht de la famille royale britannique a offert 44 ans de loyaux services avant d'être transformé en musée, ses 60 millions de livres d'entretien annuel devenait une charge un peu trop lourde. C'est curieusement une des attractions les plus populaires du Royaume-Uni, mais dans mon cas, les goûts en matière de déco de la défunte Reine Elizabeth II ne m'impressionnent pas tant. C'est exigu et les gens s'agglutinent tous aux mêmes endroits, ce qui ne rend pas la visite agréable avant d'enfin atteindre des salons un peu plus imposants.
Vu notre intérêt limité, on fait la visite plus rapidement que prévu et je suis découragé à l'idée de devoir rester à Leith encore plusieurs heures pour notre tour de la distillerie à 15h. On se rend donc sur place pour devancer notre tour, puis on va prendre le thé au bateau-hôtel Fingal. Je pense qu'on peut y voir une thématique ici. Cet ancien bateau de 1963 a été acheté par le conseil d'administration du Britannia et complètement rénové pour le transformer en hôtel. Le afternoon tea, hors de prix avec le taux de change actuel, est excellent, mais j'ai depuis quelques jours attrapé un truc sur le bateau qui m'empêche d'en profiter pleinement. Je tousse beaucoup, malheureusement, et ça s'accompagne d'une envie de pipi chronique qui met la patience d'Éric à l'épreuve.
Quand j'ai réservé la visite à la distillerie Port of Leith, je n'avais pas réalisé qu'elle n'existe que depuis 1 an...et que ça prend 3 ans minimum pour produire un scotch. Nous sommes donc surpris en faisant le tour de la boutique en voyant du gin, du sherry, du porto et même du Champagne. Mais aucun whisky de la maison pour des raisons maintenant évidentes. On se dit qu'on commence à comprendre comment on fait du whisky et que ça sera notre dernière visite, sauf pour déguster. À la fin, on goûte deux whisky non maturés (comme boire de l'alcool pur), un sherry, un porto et leur whisky le plus abouti, mais pas prêt. Bref, une visite un peu étrange et, pour ajouter à l'illogisme, on rapporte leur Champagne produit par des amis en France!
En raison des ajustements à l'horaire, on a le temps de retourner à Édimbourg et faire un brin de shopping sans oublier de boire une pinte chez Salt Horse, un pub que nous avions visité la première fois. Parfois, il vaut mieux revisiter des endroits coup de coeur que de chercher de midi à 14h des activités finalement "contournables".
Dans le bus du retour, une marchette se promène à cause du mouvement. Plein de bonne volonté, je me lève de mon siège pliable pour la remettre à sa place, puis me rasseoit carrément dans le vide, mon siège s'étant relevé, sous le regard ébahi, et un peu envieux de ma souplesse, des autres passagers.Baca lagi

PengembaraJe me souviens que nous avions également trouvé la décoration plutôt "ennuyante" sur le Britannia. Et qu'on avait passé tres vite l'étage des machines... et celle des chambres de l'équipage. Tes photos sont plus inspirées que les miennes!
Downton Abbey
28 Jun 2025, England ⋅ ☁️ 23 °C
Les premières mentions d'un bâtiment à Leeds remontent à l'an 857. Il faut attendre 1278 pour que le château de Leeds devienne un palais royal accueillant Edward I et la reine Éléonore de Castille. Ce sera la première de six reines à habiter le château, la dernière étant Catherine D'Aragon pour qui le roi Henry VIII le fit rénover entièrement. L'architecture que nous voyons aujourd'hui est due à une transformation de sa dernière propriétaire, Lady Bailie, qui racheta le château en 1926 pour la somme de 10 millions de livres (actualisée à nos jours).
Les nuages se sont donnés rendez-vous au-dessus du château de Leeds, mais le temps s'éclaircit de plus en plus, et il fait chaud. L'immense terrain et la douve qui ceinture le château en font un lieu magnifique où les canards et les cygnes nagent en toute insouciance dans les nombreux étendus d'eau. On se croirait dans Downton Abbey
Vous aurez compris maintenant que les tours en groupe ne sont pas notre activité préférée. Mais quand on part pour la journée loin du bâteau, difficile, voir impossible, de faire tout ça par nous-mêmes sans penser continuellement à l'heure du retour. Le tour s'appelait Castle of Leeds & Canterbury on your own. Mais pas facile qui de se débarrasser du guide qui serait mieux de chercher un emploi dans une garderie selon moi. Nous sommes conduits à la queue leu leu vers l'entrée où on nous remet des bracelets comme billets, mais attention, pas question de pénétrer sur le site tant que le guide n'a pas dit Go. Je suis comme un husky en alerte attendant qu'on me retire ma laisse invisible.
Même manège à Canterbury. On nous conduit au pas de tortue sur la rue principale et il faut écouter les consignes et les recommandations avant d'être relâchés. On a si peu de temps sur ces tours que chaque minute compte.
Canterbury en moins de deux heures, il faut le faire. Et quand j'apprends que la cathédrale est partiellement fermée pour une cérémonie d'ordination de prêtres, je suis terriblement déçu. Ils occupent la nef et nous laisse le reste. Comme lire un livre en commençant à la moitié. Reste l'extérieur, en rénovation bien sûr, et l'histoire. Canterbury est l'une des plus vieilles églises d'Angleterre, et le siège de la foi anglicane. Son culte a été fortifiée par l'assassinat de son archevêque Thomas Becket en 1170 par des chevaliers qui avaient entendu le roi dire qu'il voulait s'en débarrasser. Les contes de Canterbury, par Geoffrey Chaucer viennent immortalisés les pèlerinages sur les lieux.
La petite ville bouillonne en ce dimanche après-midi. La rue principale est prise d'assaut par les visiteurs et le soleil brille généreusement dans le comté de Kent. On se promène tout n'oubliant pas que c'est notre dernière occasion de faire du shopping. Malgré les indications infantilisantes du guide, deux brebis égarées rentrent au bercail en retard. On ne s'inquiète pas tant car le bateau est obligé de nous attendre quand le tour est organisé par Holland.
Vous devez vous dire, mais ils reviennent quand ces deux-là! Eh bien, c'est maintenant. C'était le dernier texte pour ce voyage qui nous a mené tout au nord de l'Europe, au-delà du cercle arctique, à la rencontre de paysages fascinants, parfois arides, parfois bucoliques. Nouvelle vie qui commence aussi, à Québec et, pour Éric, une sortie de retraite inattendue qui va le tenir bien occupé.
À bientôt, et merci d'avoir pris le temps de me lire.Baca lagi

Merci Frederic pour tout j’ai bien apprécié tes petits cours d’histoire condensés. Comme tjrs un beau voyage qui nous a fait découvrir des endroits magnifiques. Bon retour et soyez heureux dans votre nouveau chez vous et bonne retraite à Éric 😂. [Josée]

PengembaraBon retour les amis. tes textes vont me manquer! On se voit bientôt 😊












































































































































































PengembaraMention spéciale pour les photos et pour le beau texte! ❤️
PengembaraTrop gentil! La journée en mer m'a inspiré!
Oui c’est tjrs un plaisir de lire tes textes même si je ne commente pas souvent. Une chance qu’on ne peut pas faire de commentaire vocal, pas sûr que tu aurais aimer ma version de la chanson de Michel Legrand 🤣🤣 [Josée]
PengembaraJe suis content que tu aies reconnu la chanson!