• FrédéricCostin
  • FrédéricCostin

66 degrés nord

Sans domicile fixe pour 1 mois, on part dans les Europes! Leggi altro
  • Inizio del viaggio
    31 maggio 2025
  • Métamorphoses

    31 maggio 2025, Canada ⋅ 🌧 11 °C

    On va s'en souvenir du 31 mai 2025!

    Comme si un déménagement ne générait pas assez de stress comme ça, pourquoi ne pas y accoler un voyage de 4 semaines avec un départ le soir même!

    Heureusement, plus de peur que de mal. Malgré un départ pouet pouet : déménageurs en retard, concierge qui a oublié de bloquer l'ascenseur... Quand tout se met en branle, on n'a jamais vu des boîtes sortir aussi vite d'un appart. Les 3 jeunes sont d'une efficacité redoutable. À 10h30, l'appartement est vidé et on réalise que nos années montréalaises (25 ans dans mon cas) sont derrière nous. Une nouvelle vie nous attend à Québec. Métamorphoses.

    La voiture de Anne est remplie à rabord de nos trucs fragiles, elle sera pas venue pour rien! Dire qu'elle devra tout monter ça au 4e sur Maguire! Et Chaïma transgresse la tradition de la fameuse pizza du déménagement en nous offrant un dîner gastronomique en 6 services! Comment vous remercier, y'en a pas de mots!

    Sous la pluie, on remarque pas trop les larmes de Chaïma à YUL. Mais ce ne sont certainement pas des adieux. Quand on a quelqu'un comme ça dans sa vie, on ne la quitte jamais.
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  • Un dimanche à Paris

    1 giugno 2025, Francia ⋅ ☁️ 21 °C

    Par un petit miracle, notre chambre est prête quand nous arrivons à l'hôtel vers midi. On a le luxe de pouvoir se doucher avant d'entreprendre la visite de Paris.

    Une grande marche nous fait enjamber la Seine en direction des Jardins du Luxembourg. C'est partiellement nuageux, et la température est douce. Je cogne des clous dans un café 3e vague au rythme de la musique motown. Les rayons du soleil auront tôt fait de me réveiller.

    Le thé à l'hôtel Crillon est une leçon d'élégance et de raffinement. Les sandwichs sont délicieux et les pâtisseries sont légères et peu sucrées. Dire que j'ai porté mes sneakers chics tout blancs (pas fait pour marcher autant, j'ai déjà des ampoules) alors que les gens arrivent en bermudas et en t-shirts!

    L'exposition de la peintre baroque Artemisia au musée Jacquemart-André est intéressante surtout car on y juxtapose ses propres oeuvres avec celles de son père, peintre aussi, ou du Caravage. On distingue ainsi les ressemblances et les emprunts, mais aussi le style distinct, résolument féminin de l'artiste.

    Peu de gens au musée, tout Paris est occupé à fêter la victoire du Paris Saint-Germain. Sur les grand boulevards, les motos ornées de drapeau de l'équipe de foot (j'imagine en tout cas) pétéradent et klaxonnent pour démontrer leur fierté. Difficile pour les piétons de contourner les obstacles dressé par la police nationale, et pour nos oreilles de supporter un tel vacarme.

    En s'éloignant vers notre hôtel, l'ambiance se calme. Touristes et locaux sont attablés aux terrasses en bordure de rue. Ça fume, ça boit et ça semble refaire le monde. Nous, on termine la soirée dans un bar à cocktails aux accents british plutôt sympa.

    Notre chambre, petit paradis rêvé au check-in ce midi, s'est transformé en enfer. La climatisation souffle à peine un peu d'air frais, et l'humidité est notre 3e invité. Une plainte à la réception nous permet de changer de chambre, bien mieux aérée cette fois-ci, mais au prix de nombreux aller-retour entre le 3e et le 5e pour déplacer nos nombreux items.
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  • Le marathon de Chantilly

    2 giugno 2025, Francia ⋅ ☀️ 16 °C

    Nous avons appris l'existence du Château de Chantilly dans un des épisodes de la série française L'art du crime. L'intrigue tournait autour d'un tableau de Raphaël (La vierge de Lorette) exposé à cet endroit. Encerclé par un bassin d'eau et entouré de jardins, le château abrite un musée et présente également des appartements d'époque. Intouchée depuis le 19e siècle, la présentation des tableaux dans la salle principale est une merveille, surtout que nous sommes tout fin seuls à ce moment précis, les écoliers en visite préférant chahuter ailleurs. Il y a trois oeuvres de Raphaël au musée, dont un tout petit Les trois grâces.

    Une visite devrait toujours débuter par la boutique de souvenirs pour ne pas manquer les points forts. Je remarque une magnifique oeuvre sur une chiffonnette (oui, le nom officiel d'un mouchoir à lunettes). C'est le portrait de Simonetta Vespucci par Cosimo. Sa beauté a aussi inspiré Boticelli dans plusieurs de ses oeuvres. On retourne dans la salle principale, cette fois prise d'assaut par les enfants, pour l'apercevoir à côté du fameux Raphaël. Comme quoi un chef d'oeuvre peut en cacher un autre!

    Mon esprit étant ainsi fait, je regarde les horaires de train pendant la visite des jardins. Je coupe court à la balade, l'essentiel étant largement vu, pour qu'on se dirige vers la gare. Mais j'avais calculé une marche de 20 minutes, alors qu'Éric me rappelle que c'est plutôt 30. On ne va pas y arriver, et le prochain train est dans plus d'une heure. Je voudrais bien suivre le conseil de François et enfourcher une trottinette pour rouler jusqu'à la gare, mais il n'y en a aucune en vue. Anne, ma ligue de tempérance en temps normal, serait intervenue judicieusement. À la place, je suggère à Éric, en cours de route, de courir un petit marathon autrement nous n'y arriverons simplement pas à temps. Éric a de l'endurance, une fois parti au trot, il n'arrête plus. Moi, je suis du style sprint avec des petites pauses. En nage, il reste 2 minutes avant que le train ne rentre en gare quand on atteint le quai. Chantilly restera donc gravé dans notre mémoire pour son désormais célèbre marathon plutôt que pour sa crème fouettée.
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  • Le village

    2 giugno 2025, Francia ⋅ ⛅ 20 °C

    En revenant plus tôt à Paris de Chantilly, nous avons amplement le temps d'improviser un dîner. Je retiens la suggestion de François, et on déguste un bon croque-monsieur chez Fric Frac à Montmartre. La butte Montmartre est synonyme de grimpette, et nous montons jusqu'au Sacré-Coeur pour admirer Paris. Après un brin de magasinage (même un petit lundi, les boutiques sont envahies de touristes), nous décidons de prendre le métro pour atteindre la place du Trocadéro.

    Avec la tour Eiffel toujours en vue, nous revenons par les abords de la Seine jusqu'au Danico. Cocktail Bar au fin fond d'un restaurant, chaque 6 mois la carte est renouvelée afin de proposer des drinks inspirés du dernier endroit visité par 2 employés de l'endroit. Le menu met le Pérou à l'honneur.

    On réalise qu'on est allés au bout de nos ressources, la marche jusqu'au resto nous met k.o. Reconnaissant notre accent, le serveur du Fellows nous questionne sur la ville où l'on vit. Ambivalent vu la situation actuelle, Éric indique qu'on est en transfert vers Québec. Ben oui, la ville de Québec, il connaît bien! Ses parents sont allés il y a 60 ans, un village, quoi, 100 000 habitants même pas. La prochaine fois, on va juste dire Montréal!

    La jeunesse parisienne s'est donné rendez-vous au Canal St-Martin pour prendre un verre. Notre soirée se termine par une glace dégustée dans ce quartier qui ressemble plus à Amsterdam qu'à Paris.
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  • Pink is the new black

    3 giugno 2025, Francia ⋅ ☀️ 17 °C

    C'est probablement le café imbuvable du petit dej' de l'hôtel ou le mot de passe du wifi (pink is the new black) qui a fait de nous des habitués du café Brouillon où on nous reconnaît déjà (Comme hier messieurs?). Mais vous, ne vous habituez pas au magnifique ciel bleu, le spectacle se termine demain pour laisser la place aux nuages et à la pluie qui nous suivront sans surprise vers le nord.

    En suivant une visite des points forts sur une app mobile, on s'éloigne des nombreux touristes au Musée d'Orsay. Nous avons certaines oeuvres pour nous autres tout seul. Au moment de sortir, je me souviens de la terrasse surplombant la Seine, et on retraverse les salles où on peine maintenant à se mouvoir. Il y a une file monstre pour se prendre en photo devant le grand horloge instagrammable. C'est fou ce que quelques minutes peuvent faire comme différence! La terrasse est fermée, tout ça pour rien.

    Après un dîner de petits sandwichs succulents, on prend le train pour atteindre la Basilique Cathédrale Saint-Denis. Un trajet hors périphérique qui nous en fait voir de toutes les couleurs. D'abord, pour gagner du temps, on prend un train de banlieue. On s'installe tout près de la porte et une femme paumée fait glisser de son pantalon son slip rempli de caca bien enrubanné qu'elle tente de couper avec un canif. Sous le regard ahuri de cinq policiers (et du notre!), elle lance le slip sur les rails. Le ton du trajet est donné. Les policiers embarquent dans notre wagon et ne semblent simplement pas en revenir de ce qu'on vient de voir. À Saint-Denis, on marche à pieds pour éviter le tramway, mais on ne se sent pas du tout en sécurité. On traverse des groupes qui argumentent fort, on accélère le pas. Au retour, se sentant en sécurité dans le métro, on aperçoit un homme ivre qui urine dans un coin de la station. Paris et ses multiples visages. On est loin de Émilie à Paris.

    La basilique cathédrale Saint-Denis abrite pas moins de 43 rois, 32 reines et 60 princes et princesses. Les premiers gisants remontent au 13e siècle. Ce que nous nommons "gisants", c'est la sculpture à l'effigie du défunt qui recouvre ses restes. On sépare en trois parties le mort : son corps, son coeur et ses entrailles. Le corps est habituellement exposé à Saint-Denis pour l'éternité, alors que le coeur et les entrailles peuvent êtres déposés dans d'autres églises parisiennes. Les dépouilles de Louis XVI et Marie-Antoinette sont conservées ici. Je me demande si ça comprend la tête de la Reine...

    J'aime bien le concept de l'Atelier des lumières qui, cette fois, présente un spectacle sur le petit prince. L'histoire, simplifiée à outrance pour n'en garder que les phrases célèbres, est un prétexte pour donner vie en images aux différents personnages.

    Le restaurant Erso refuse du monde ce soir. On peut comprendre, tout est vraiment excellent! Dommage qu'on ne puisse pas goûter aux desserts, la tour Eiffel nous attend! En attendant de pouvoir entrer au musée d'Orsay ce matin, j'ai réservé deux entrées à la tour... À la dernière minute comme ça, il faudra y monter à pieds jusqu'à la plateforme du 2 étage. Quand on dépasse déjà les 28 000 pas, c'est quoi une petite grimpette! En 15 minutes, nous voilà en haut pour admirer la vue, et on traverse au Trocadéro ensuite pour voir la tour illuminée.
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  • Recette pour un petit désastre

    4 giugno 2025, Francia ⋅ ☁️ 15 °C

    La visite de la tour Eiffel nous a fait rentrer tard. Il nous manque au moins 1h de sommeil, et nous avons poussé la machine un peu fort hier. Visiter le Louvre est la dernière chose qui me viendrait en tête, mais c'est pourtant ce qui est à l'agenda. Et, quand on ne veut pas s'aider, on fait l'impasse sur le café du matin pour ne pas arriver trop tard. La recette parfaite pour un petit désastre!

    La file est impressionnante à 8h45, mais rien à comparer avec celle que nous devrons contourner à notre sortie. Je me sens préparé, je sais ce que nous devons voir. Direction le 3e étage pour enfin voir le portrait de Anne de Clèves, dont je viens de finir la biographie. Mais les obstacles commencent à se braquer devant nous. Une porte de fer nous empêche d'atteindre la section qui abrite l'oeuvre. On tente un autre chemin. Toujours une porte fermée. Je vérifie sur internet. La section entière est fermée aujourd'hui, sans raison apparente. Je ravale ma déception, et j'embarque sur le deuxième objectif : l'expo Louvre Couture. Quelques robes de grands designers sont dispersées à travers des antiquités, comme une chasse au trésor sans aucun indice. On se tanne rapidement, surtout qu'une porte fermée nous invite à voir la suite de l'exposition en gagnant le 1er ou le 3e étage. On semble si proche sur plan du portrait de Madame Pompadour qu'Éric veut voir. Mais on a beau monter, descendre, aller à gauche, aller à droite, la salle 614 semble inatteignable. Je me calme et je trouve enfin le chemin. Hum...1h de perdu pour voir 3 robes et un portrait. La grogne me pogne! Mais je tiens à voir l'exposition temporaire sur les Mamlouks. Le problème : on est pris au piège dans l'aile Sully! Plus précisément, nous sommes captifs d'une boucle temporelle qui se situe précisément à l'époque perse. Impossible d'en sortir, et quand j'aperçois une porte prometteuse, je vous jure, comme dans Indiana Jones, elle commence à baisser doucement pour se fermer. Pendant quelques secondes, j'ai envie de glisser sur le sol pour pouvoir enfin sortir. Ce que je n'ai pas dit, c'est que durant tout ce temps, nous croisons à peine quelques personnes probablement perdues comme nous. Une indication vers la Vénus de Milo nous ramène à la civilisation! Et nous retrouvons la foule presque avec soulagement. Le mot "foule" est un euphémisme. Nous étions seuls de l'autre côte de la porte et maintenant nous devons être des centaines. Au moins, nous pouvons demander notre chemin. Et nous voilà à l'expo Mamlouks qu'on traverse avec un intérêt mitigé jusqu'au Baptistère de Saint-Louis, magnifique objet d'art du 14e siècle, arrivé en France d'une façon inconnue, et qui a servi au baptème de Louis XIII. Avant de nous perdre à nouveau dans le labyrinthe du Louvre, nous préférons quitter et, enfin, aller prendre un bon café chez Baguett's.
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  • Moment magique

    4 giugno 2025, Francia ⋅ ☁️ 16 °C

    On ne va pas se mentir. Paris est l'archétype de la ville envahie par le tourisme de masse. Il y a du monde partout, partout partout. Ça rend les visites pénibles (lire le texte sur le Louvre) et il est parfois difficile de se mettre dans le bon état d'esprit pour apprécier ce que l'on voit. Le retour à Notre-Dame après l'incendie et la reconstruction en est un bon exemple. J'ai dû surveiller les billets en ligne durant des jours pour arriver à mettre la main sur 2 tickets à 13h15. Ces billets coupe-file, gratuits, nous évite de faire la queue dehors durant des heures. Mais un flot incessant de monde pénètre dans l'église et on se suit serré les uns contre les autres durant toute la visite. On fait plus attention à ne pas piler sur le pied de notre voisin qu'à admirer les vitraux. Si quelqu'un a un truc pour se sentir seul dans une foule, je suis preneur!

    Et parfois, sans s'y attendre, malgré la cohue, malgré la fatigue la magie opère. La Fondation Louis Vuitton présente une rétrospective des oeuvres de David Hockney, un artiste anglais maintenant âgé de 87 ans. Quel coup de coeur! Ses oeuvres, hyper colorées, et inventives, donnent carrément le sourire aux lèvres. C'est beau, original, unique. Ma meilleure expo à vie après celle de Damien Hirst au Tate à Londres. Finale incroyable d'un opéra animé recréé dans une petite salle avec notamment un choeur de Turandot. Moment magique! Déception totale à la boutique qui n'offre aucun produit dérivé de l'expo, j'aurais tout acheté!

    Le soleil tente de percer pendant qu'on traverse le bois de Boulogne (en passant, c'est ici Rolland-Garos, Thomas, Claudie). Une ballade qui nous fait traverser le périphérique jusqu'au musée Marmottan-Monet. L'expo Eugène Boudin, précurseur de l'impressionnisme et maître de Monet, me laisse de glace. Les plages de Deauville ou de Trouville me semblent d'un intérêt limité pour en faire le sujet d'autant de croûtes. De beaux Monet cachés au sous-sol nous montrent que, bien souvent, l'élève dépasse le maître.

    Par nostalgie, on retourne au bar Chez nous qu'on avait visité en 2019, non sans faire un petit détour par Notre-Dame puisque le soleil se montre enfin le bout du nez. Souper réussi au P'tit bon, mais contrairement au Erso hier soir, que des touristes ici.
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  • Jeanne au bûcher

    5 giugno 2025, Francia ⋅ 🌧 16 °C

    Hier, j'avais l'impression que mes orthèses étaient des barres de fer que j'avais déposées dans mes souliers et que je transportais une tonne de briques dans mon sac à dos. Mais une bonne nuit de sommeil m'a remis sur pieds. Je suis comme neuf!

    Sans stress, on se dirige vers la gare Saint-Lazare en métro. Malgré les lourdes valises, nous sommes anormalement zen. Faut dire que les Parisiens sont frénétiques, même Éric a l'air d'un moine tibétain en comparaison. Carrément! Comme on dit ici. Personne ne nous laisse passer, on dirait qu'ils ont tous le cellulaire collé à leur main. Toujours en train de texter ou de parler au téléphone. Et pas du babillage, des conversations intenses dont on ne peut s'empêcher de capter des bribes comme des voyeurs. Assis dans mon petit siège, une valise à mes côtes et une autre entre les jambes, un homme corpulent me demande, sans aucune gêne et sans gants blancs, de lui faire de la place. Mes deux valises entre les jambes (je suis souple!), la porte du métro qui me ferme à chaque fois sur le genou, je ne peux m'empêcher de murmurer Franchement! Suis-je en train de devenir un peu parisien?

    Je pourrais passer ma vie à Saint-Lazare. Il y a une Maison du chocolat et ma nouvelle boutique coup de coeur, un Devred! Après un café filtre Starbucks à 4.50 euros, direction Rouen!

    Rouen, c'est la ville où Jeanne d'Arc a été brûlée sur le bûcher, condamnée pour hérésie et plusieurs autres chefs d'accusation. Née à Domrémy en Lorraine, elle entend les voix de Sainte-Catherine et Sainte-Marguerite qui lui disent de couronner le roi Charles VII pour libérer la France des Anglais et des rois de Bourgogne. Grâce à la libération d'Orléans, elle réussit sa mission, mais le désenchantement la rattrape. Elle est enfermée au donjon de Rouen, et brûlée vive après un procès tout sauf juste. Si on était dans l'émission Empathie, on aurait pu éviter tout ça avec le bon diagnostic et un peu de médication. Mais c'était en 1431. En 1456, vive la modernité, un second procès posthume, pas plus équitable que le premier, la déclare innocente et elle devient une légende, puis une Sainte en 1920. Tout ça est longuement raconté dans une expo numérique dans l'historial.

    Si Jeanne d'Arc avait été condamnée aujourd'hui, la pluie aurait éteint son bûcher! À notre sortie du train, le temps est aux nuages, mais rapidement on sent tomber quelques gouttes de pluie. On s'accroche les pieds à la braderie rue du gros horloge avant de trouver refuge au musée des beaux-arts.

    La Cathédrale de Rouen est la la plus haute église de France et la 3e plus haute du monde. Elle est connue car elle a figuré sur de nombreuses peintures de Monet (28 tableaux pour être exact). Il n'est certainement pas passé devant lors d'une journée grise comme aujourd'hui. Impressionnante de l'extérieur, elle est plutôt sobre à l'intérieur. La flèche est en pleine rénovation. Elle a été terminée en 1506.

    En fin de journée, la pluie forte et drue nous oblige à profiter de notre bel hôtel historique. Piscine, sauna et hammam. Un petit verre de champagne avant le souper nous donne le courage d'affronter la pluie pour aller au resto Tandem à 10 minutes. On est trempés. La petite table bucolique au bord de la fenêtre est vite gâchée par l'arrivée d'un groupe d'américains bruyant. On demande d'être déplacés dans le fond du resto où le calme règne.

    Au petit matin, le soleil inespéré nous fait la surprise de sa timide présence. Il ne nous en faut pas plus pour arpenter à nouveau le vieux Rouen pour prendre en photo, sous une meilleure lumière, les maisons à colombages et les lieux historiques. Un flat white et une éclaircie prometteuse nous donne le courage de faire la grimpette tout en haut de la côte Sainte-Catherine pour finir en beauté notre séjour rouennais.
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  • Où est Charlie...version flamande!

    6 giugno 2025, Francia ⋅ ⛅ 19 °C

    Trois heures de train séparent Rouen de Lille (en train régional), mais si proche de la Belgique, la France se fait différente. Elle est déjà un peu ailleurs.

    Sitôt les valises déposées, les éclaircies nous poussent à gravir le Beffroi de l'hôtel de ville de Lille, le plus haut d'Europe. Mais le soleil refuse de se montrer, rendant le panorama plutôt morne.

    À 30 minutes de métro, on atteint la banlieue de Lille, Roubaix, et son fameux musée d'art et d'industrie. Construit dans une ancienne piscine art déco des années 20, l'agencement des sculptures et du bassin d'eau est saisissant. Les oeuvres, elles, le sont un peu moins. En se forçant un peu, on trouve un Camille Claudel. Le trajet pour visiter La piscine est plus long que la visite en elle-même, mais l'endroit vaut le détour.

    Nord de la France oblige, on délaisse le vin pour une bière à La capsule, dans le Vieux-Lille. On s'empiffre de croustilles au poivre, le mince sandwich grapillé ce midi étant déjà un lointain souvenir. Il règne une belle ambiance dans cette ville jeune et festive qui semble avoir troqué la chaleur pour la joie de vivre.

    Le temps gris persiste le lendemain matin. Rien de mieux dans ces circonstances que de visiter le palais des beaux-arts. Malgré mon intention de prendre bien mon temps, je réalise qu'il y a des limites à regarder des oeuvres secondaires de peintres inconnus des Flandres. Par chance, une sympathique expo temporaire nommée Fêtes et célébrations flamandes nous invite dans les nombreuses cérémonies, dances et kermesses à travers la peinture de plusieurs maîtres flamands, dont Brueghel ou Reubens. La vie rude du 16e et 17e siècle, et les guerres qui sévissaient dans la région, rendaient essentielles ces festivités pour relâcher les tensions et créer des liens avec les autres. Regarder un Brueghel, c'est comme ouvrir un album de Où est Charlie en version flamande. Toi, Éric, tu les trouves les deux moines qui demandent leur chemin vers le bordel le plus proche? Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ces tableaux ne sont pas des représentations tout à fait exactes de la réalité de l'époque. Je lis qu'il faut souvent les voir comme des leçons moralisatrices des actes à ne pas faire.

    Pas de table à la pâtisserie L'ogre de Carrousselberg. On mange donc nos petits desserts dans la rue, sur du mobilier qui est fort probablement plus destiné à la vente qu'au pique-nique.

    Lille est une destination shopping incroyable. Ville compacte, il est facile d'arpenter les artères commerciales qui semblent toutes converger vers la magnifique Grande place, le coeur de Lille. C'est la peur que ça ne rentre pas dans les valises qui finit par nous arrêter. Un rare repos à l'hôtel est de mise pour reprendre nos énergies.

    Le souper au restaurant de l'hôtel, Jane (comme dans Tarzan) est assez exceptionnel. Je mange du pigeonneau exquis, et Éric un magnifique cabillaud (morue) et du veau. Le tout se termine dans mon cas par un soufflé chocolat, le meilleur jamais mangé. Pour la fantaisie, la serveuse coupe le top et dépose à l'intérieur une boule de crème glacée.

    Il pleut des cordes, mais je m'arme de mon parapluie pour aller prendre quelques photos de la Grande Place la nuit tombée. L'eau sur les pavés reflètent la lumière des beaux édifices dans un spectacle coloré.
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  • Pivoines, fraises et djellabas

    8 giugno 2025, Francia ⋅ ⛅ 12 °C

    Au son des cloches des églises, on marche jusqu'au marché de Wazemmes, quartier populaire de Lille, qui est particulièrement animé le dimanche matin. Avec ses allures de souk maghrébin, la chaleur en moins, les pivoines côtoient les fraises et les artichauts se font caresser par les djellabas. Un amoncellement de cochonneries vendu à la criée, français et arabe confondus.

    La citadelle de Lille est un ouvrage militaire datant de Vauban, maréchal sous Louis XIV, construit en 1667. Aménagé sur des marécages, la citadelle a encore de nos jours des activités militaires, on ne peut donc qu'en faire le tour en ne devinant que sa forme en étoile.

    La pâtisserie à Lille est un art. Nous retournons au Café Bloom, les appétissantes brioches aperçues hier nous réclament. Elles sont aussi bonnes que belles.

    Adieu, Lille, la Belgique nous appelle!
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  • Plus est en vous

    8 giugno 2025, Belgio ⋅ ⛅ 16 °C

    Tout est calme au petit matin alors que Bruges est encore assoupi. Nous marchons doucement dans les petites ruelles. Cellulaire à la main, je m'apprête à prendre une photo quand je me mets à hurler. Un poisson a sauté bruyamment, troublant la quiétude du canal et me faisant sursauter. J'ai bien failli faire mourir une dame qui promenait tranquillement son chien.

    En journée, Bruges est pourtant tout sauf sereine. À notre arrivée, dimanche après-midi, il devenait presque difficile de marcher dans les rues tellement il y avait du monde. Je ne voudrais pas être ici en plein été alors qu'un bateau de croisière est au port. Mais tôt le matin ou à la brunante, la ville est désertée et dévoile son charme. Nous profiterons de ces petits moments d'accalmie touristique chaque matin.

    Ce n'est pas d'hier que Bruges est une ville qui grouille d'action. Au 12e siècle, un raz-de-marée a ouvert l'accès à la mer du nord et la ville est devenue un port de grande importance en Europe. Florissante, elle est une plaque tournante pour le commerce jusqu'à la fin du 15e siècle, quand la baie s'ensable. C'est même ici que la bourse a été créée. La famille Van der Beurse, des hôteliers, utilisaient leurs auberges comme entrepôts et proposaient aux clients de servir d'intermédiaires entre les marchands et les acheteurs. À son apogée, les Ducs de Bourgogne venaient ici régulièrement faire l'étalage de leur richesse, ce qui inspira les habitants à faire de même en construisant de magnifiques demeures. Louis de Gruuthuse est l'un d'entre eux et nous visitons aujourd'hui son omptueux palais. Sa devise, Plus est en vous, signifie qu'il y a plus de richesse en nous qu'on ne pourrait le croire. Devise qui sied également merveilleusement bien à cette petite bourgade belge qu'est Bruges, un joyau splendide qui n'en finit pas d'éblouir, à condition qu'on se lève tôt ou qu'on se couche tard.

    Alors, oui!, on a mangé des gaufres (Ouf! Toquant!), des moules (délicieuses!), des frites (j'en fais des meilleurs au air fryer), visité une brasserie (je rapporte le chandail et deux verres) et bu de la bière locale (la meilleure est la Brugse Zot), mangé beaucoup de chocolats (coup de coeur pour la boutique Chocolate Line pour ses magnifiques emballages), vu le seul Michelange ayant quitté l'Italie durant la vie de l'artiste (un groupe de touristes asiatiques prend la pause en prière devant, si le ridicule tuait, ça aurait été un carnage), fait un tour du canal en bateau (jamais eu autant de photos croches, je préfère largement marcher)

    Oh, et je suis tombé en amour avec Simba! Voir la dernière photos de la publication suivante pour comprendre.
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  • Pleure avec moi de Bruges à Gand

    10 giugno 2025, Belgio ⋅ ☁️ 18 °C

    L'expérience des trains en Autriche et en Allemagne nous a laissé de bien mauvais souvenirs. Mais, franchement, rien à redire sur nos trajets jusqu'à maintenant. L'horaire est respecté à la minute près. C'est encore le cas ce matin alors que nous voyageons de Bruges à Gand pour une excursion d'une journée.

    Les alentours de la gare sont miteux et ça ne changera pas jusqu'à notre arrivée dans la vieille ville. Même là, dans les coins touristiques, Gand a quelque chose de déglingué qui ne me plaît pas trop. Après Bruges, la marche est haute pour impressionner. Le ciel gris n'aide en rien à donner le petit éclat additionnel dont la ville aurait grandement besoin.

    Ce n'est certes pas l'arrêt au musée des beaux-arts qui réussit à nous emballer. La restauration de 3 panneaux d'une oeuvre attire notre attention, on se demande bien de quoi il s'agit... Nous comprendrons plus tard!

    Et si la beauté de Gand se trouvait finalement à l'intérieur des bâtiments? La cathédrale Saint-Bavon est pleine de trésors, en particulier le retable des frères Van Eyck, l'Adoration de l'agneau mystique. On nomme les frères comme artistes du chef-d'oeuvre puisque c'est l'aîné Hubert qui a débuté la peinture et, à sa mort, son jeune frère Jan l'a complété en 1432. Un spectacle 3D immersif nous rappelle l'histoire de la cathédrale et de l'oeuvre des Van Eyck, avant qu'on nous laisse entrer dans la chapelle qui abrite cette splendeur. L'ampleur du retable laisse sans voix. C'est magnifique, c'est beau à en pleurer. Et...voyons...les 3 panneaux qu'on a vus au musée ce matin...ce sont Adam, Ève et les anges chanteurs qui font partie de l'immense ensemble! Je lis par la suite que chaque panneau subit une restauration qui a debuté en 2012 et sera complété en 2026.

    On improvise un dîner dans un petit bouiboui qui sert la meilleure crème de champignons à l'ouest de Bruxelles.

    Au moyen-âge, ce sont les comptes de Flandres qui construisirent la forteresse que nous visitons cet après-midi. Nous montons jusqu'au toit pour un aperçu sur la ville. Le soleil fait une valse à mille temps avec les nuages. Un petit rayon sort, aussitôt étouffé par la masse nuageuse. Je profite d'une éclaircie pour remonter tout en haut prendre quelques photos mieux éclairées.

    Si le bar à vin Parole existait à Québec, j'y serais tous les soirs. Déco recherchée, service attentif. Qui savait que la Belgique produit du mousseux rosé? Nous en rapportons une bouteille! Les éclaircies attendues depuis le matin ne sont restées que des promesses non réalisée, nous reprenons le train vers Bruges. Le ciel flamand pesait-il trop de Bruges à Gand.
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  • Monuments Men

    11 giugno 2025, Belgio ⋅ ☀️ 22 °C

    Tellement sous le charme de l'agneau mystique que j'en ai oublié mon moment d'histoire! Les Nazis avaient l'intention de bâtir un musée avec les plus beaux chefs-d'oeuvre de l'Europe. Toutes les oeuvres volées devaient trouver une place au Führermuseum de Hitler. L'adoration de l'agneau mystique était l'une d'entre elles! Sa défaite étant imminente, Hitler a donné ordre de déplacer les tableaux dans une mine de sel en Autriche dans le but de tout faire exploser pour ne pas que les alliés s'en emparent. Heureusement, les Américains ont mis en place une équipe composée d'experts des beaux-arts pour retracer ces joyaux inestimables. Surnommés les Monuments men, c'est grâce à eux qu'on peut aujourd'hui voir le tableaux des frères Van Eyck ramené intact à Gand.

    Vous pouvez voir le film avec Matt Damon!
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  • Strangers on a Train

    12 giugno 2025, Belgio ⋅ ⛅ 19 °C

    Pour une dernière fois, je m'aventure dans la sublime Bruges léchée par la lumière du matin. Il n'est pas encore 7h, et je suis en mission. Je veux voir le Béguinage dont Anne a parlé dans un commentaire et qui fête cette année ses 800 ans (pas Anne, le couvent). Un couvent de nonnes où le silence est d'or. Je dois être de retour à l'hôtel à 7h30 et on dispose de 15 minutes pour déjeuner. Notre train part à 8h25, et la gare est pas proche avec tous nos bagages. Pendant une demi seconde, devant la frénésie qui m'attend, je considère faire voeu de silence et me prendre une chambrette. Manque de chance, c'est réservé aux femmes. C'est donc au pas de course que je visite les lieux. Et ma montre indique 7h27 quand j'arrive au Duke's Palace. Je mange si vite qu'un moment donné je cherche mon air. Bien sûr, on est sur le quai numéro 9 à 8h05, 20 minutes à l'avance. C'est pour ces petits moments intenses et survoltés que Gervais nous déteste profondément l'espace d'une milliseconde...ou plus!

    Un intrus dort sur un siège de la première classe. Le contrôleur de billets le renvoie en seconde classe, mais il revient s'installer. Mon flamand n'est plus ce qu'il était, mais je crois comprendre que deux amendes lui ont été données. Je tente de l'ignorer, écrivant mon petit texte, mais soudain il se met à crier en me disant de ne pas prendre de photos (!). Comme si! Il sera expulsé à la gare suivante, en racontant au contrôleur que je l'ai pris en photo et que suis fou (petit geste de main secouée du coté de la tête pis toute). Celui qui le dit c'est celui qui l'est.

    Direction Anvers!
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  • Anvers et contre tous

    12 giugno 2025, Belgio ⋅ ☀️ 23 °C

    Anvers est l'antithèse de Gand. Alors que Gand est sale et rebelle, Anvers est dynamique et rutilante, comme si on venait de passer un p'tit linge pour la faire briller de mille feux.

    Dans la ville qui a vu grandir le peintre Reubens, il est de bon ton de débuter par les endroits abritant quelques-unes de ses peintures. La cathédrale Notre-Dame-d'Anvers, achevée en 1520, compte 4 magnifiques Reubens. Puis, au musée des beaux-arts, encore plusieurs toiles de Reubens. Mais ce qui capte surtout mon attention est l'extraordinaire La vierge et l'enfant entourés d'anges de Jean Fouquet. Je connaissais cette oeuvre, car elle a été utilisée comme couverture du livre Le grand coeur de Jean-Christophe Rufin que je vais m'empresser de lire. La vierge prend ici les traits de la maîtresse du roi français Charles VII, Agnès Sorel, dont on avait entendu parler lors de notre visite au château de Loches. Les anges, bleus et rouges, donnent un effet étonnamment moderne pour une oeuvre du 15e siècle.

    Deuxième plus le grand port d'Europe après celui de Rotterdam, Anvers est traversée par la rivière l'Escaut qui débouche sur la mer du Nord. Ses berges sont aménagées pour s'y promener, ce que nous faisons du musée jusqu'à la vieille ville. Visite express au musée de l'imprimeur Christophe Plantin avant de poursuivre jusqu'aux abords du port de Anvers où une étonnante construction nous attend, le musée MAS. Superbe écrin à l'extérieur, dépourvu d'intérêt à l'intérieur, qui demande de gravir 10 étages pour le réaliser. Je compatis avec tous les visiteurs qui se tapperont l'expo Com Passion tout l'été...

    Bien que les activités portuaires soient aujourd'hui centrées sur le transport de marchandises, Anvers a servi longtemps de point de départ pour des millions de gens qui ne rêvaient que d'une chose : une vie meilleure en Amérique. La Red Star Line faisait la traversée vers New York (Ellis Island) ou Philadelphie une fois par semaine. Le musée Red Star Line permet de se mettre dans la peau des passagers de 3e classe qui, avec toutes leurs économies, font le voyage de 10 jours à partir de Anvers. On vit à travers eux l'enregistrement, les examens médicaux, les conditions de vie à bord jusqu'à leur arrivée, espérant être acceptés à destination. Une vie pleine de promesses qui finalement, bien souvent, était aussi rude que celle en Europe. Anvers et contre tous (ou Envers et contre tous!) ces migrants faisaient le voyage motivés par l'espoir du fameux rêve américain.

    L'exposition fait réfléchir sur les migrations de l'homme. On peut penser aux homo sapiens qui, il y a 100 000 ans, entreprennent des voyages qui les amènent sur d'autres continents, les premiers navigateurs. Ou encore les croisades qui ont déplacé des populations au nom de la foi. Ou aux Juifs qui, ostracisés, ont choisi de quitter vers l'Amérique. Le génie Albert Einstein, le compositeur Irving Berlin ont tous deux voyagé sur la Red State Line. Et, dans une moindre mesure, Éric et moi entreprenons notre propre petite migration de Montréal vers Québec.
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  • Diamants sur canapé

    12 giugno 2025, Belgio ⋅ ☀️ 21 °C

    Depuis le 15e siècle, grâce à sa localisation géographique, Anvers est une plaque tournante pour les diamantaires. 70% des diamants vendus dans le monde proviennent de Anvers. C'est la capitale du diamant depuis 500 ans.

    Déjà en 1447, une loi visait à punir sévèrement le commerce de fausses pierres précieuses. À la même époque, un procédé révolutionnaire permet de tailler les diamants à facettes, à l'image de ce que nous connaissons aujourd'hui. En 1477, Maximilien 1er offre une bague à diamants à sa future épouse Marie de Bourgone, une tradition, qui persiste encore de nos jours, venait de naître. À la fin du 15e siècle, la découverte de la route des Indes facilite l'approvisionnement des pierres précieuses et consolide la position de Anvers comme pôle incontournable du commerce. Il y a même un quartier du diamant qui fait 2.5 km² et rapporte 50 milliards de dollars par année.

    Tout ça, vous ne l'apprendrez pas au musée du diamant DIVA. Il faut le faire : dédier un musée sur aux diamants et n'en présenter pratiquement aucun!
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  • Le blues du businessman

    12 giugno 2025, Olanda ⋅ ⛅ 29 °C

    Si on m'avait dit qu'il allait faire 33 degrés à Rotterdam, j'aurais hurlé de rire. Semble-t-il que tout peut arriver, même l'impossible. Notre séjour est marqué par des températures anormalement élevées pour la Hollande.

    Après les villes belges de Bruges, Gand et Anvers où je pouvais encore imaginer les femmes déambuler en coiffe d'époque et en épaisses jupes de coton, Rotterdam est un saut brutal vers la modernité. Disons-le d'emblée, ce n'est pas une belle ville. Le béton est roi, et les quelques canaux semblent se moquer des touristes. Par chance, il y a le delta du Rhin qu'on appelle ici le fleuve la Meuse qui ajoute un peu de beauté dans le décor. Grâce au pont Érasmus, les deux rives de Rotterdam sont connectées et les bateaux de croisières ancrés au port se donnent en spectacle.

    Comme le dit la chanson Le blues du businessman, on dirait que nous avons une " résidence secondaire dans tous les Hilton de la terre". Comme à Anvers la veille, nous sommes surclassés en chambre exécutive, ce qui permet d'accéder au lounge, toujours sympa.

    Les blues du businessman ne s'arrêtent pas à la chambre. Alors que nous marchons sur le bord de l'eau, Éric se fait demander un 30 minutes pour une rencontre Teams. Comme nous sommes en plein milieu d'un parc, il me laisse en plan et court vers l'hôtel. Je visite le Art Depot Museum Boijmans Van Beuningen, un musée où on entrepose des oeuvres en attendant la rénovation du musée du même nom. Aucun intérêt, j'aurais dû prendre 20 euros et le jeter dans la Meuse. Le lendemain, alors que nous revenons de Delft en train, encore une demande d'entretien sur Teams. La retraite du businessman n'est pas pour toute suite, il a accepté un poste de directeur du contentieux à l'AMF à Québec. Une position en or!

    Nous terminons la journée dans la haute tour Euromast pour un magnifique point de vue sur Rotterdam.
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  • La fille la plus connue du monde

    13 giugno 2025, Olanda ⋅ ☁️ 24 °C

    Personne ne va m'empêcher d'aller au musée Mauristhuis, pas même une grève des trains néerlandais, j'ai rendez-vous avec la jeune fille à la perle!

    Au déjeuner, j'installe l'appli Bolt (un genre de Uber utilisé ici) pour être prêt à tout. Par chance l'aller se fait en métro jusqu'à La Haye. Bien sûr, nous arrivons beaucoup trop tôt, et le cappuccino dégusté au beau soleil constitue pratiquement un crime contre l'humanité! Mettre autant de lait pour si peu de café. Le tribunal est pas loin justement!

    30 minutes à l'avance, la plus chaude journée de 2025, nous jasons avec le gardien de sécurité du Mauristhuis qui est certainement le plus gentil agent du monde. Il n'y a pas foule à cause de la chaleur, alors nous arrivons devant La jeune fille à la perle les premiers. La quiétude permet d'apprécier ce chef-d'oeuvre de Vermeer, hommage à la beauté et la lumière. Une chance incroyable de pouvoir admirer ce tableau en vrai, certainement l'un des plus connus. Peut-être doit-il sa notoriété au fait qu'on en sait au final très peu de choses. D'abord, est-ce véritablement une perle que la jeune fille du portrait arbore? Le bijou semble bien gros pour en être une. Et la coiffe qu'elle porte n'a absolument rien de hollandais, mais origine plutôt de Turquie. Il faut donc y voir quelque chose d'exotique, et une idéalisation du modèle. Ce genre de portrait au 17e siècle était nommé "tronie" (visage en néerlandais) caractérisé par une vision exagérée ou excentrique, voire grotesque, d'un personnage. Finalement, le portrait est réalisé sans ligne droite, dans le but de suggérer plutôt que de reproduire la réalité. Même la perle semble pendre dans le vide, sans attache. Le flou laisse notre imagination combler le vide, et notre esprit ne peut faire autrement que d'être fasciné par la fille la plus connue du monde.

    Dans la pièce juste à côte, le très beau Chardonneret de Carel Fabritius. Je remarque pour la première fois que le pauvre petit oiseau est enchaîné, donnant une nouvelle profondeur à la peinture. À défaut d'avoir vu le portrait de Anne de Clèves au Louvre, Éric me pointe celui de Jane Seymour par Hans Holbein. Je me contenterai donc de la 3e épouse de Henry VIII, celle pour qui il a fait couper la tête à Anne Boleyn.
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  • Bleu de Delft

    13 giugno 2025, Olanda ⋅ ☀️ 29 °C

    Grève des trains oblige, on prend un taxi pour se déplacer à Delft, la ville qui a vu naître le peintre Vermeer. Pour rester dans le ton, on visite le centre Vermeer où ses 37 peintures (bien entendu, toutes des copies) sont exposées et expliquées. Bien que des messages plus évidents ressortent de certaines oeuvres comme l'amour interdit, l'adultère ou la prostitution, tout n'est pas limpide dans ses peintures. Une part de mystère subsiste dans ses compositions, sublimé par des jeux de lumière captivants.

    À 33 degrés, rien de mieux que de dîner sur un bateau transformé en terrasse ancré dans l'un des nombreux canaux de Delft. Les pancakes delftoises sont bien bonnes et nous donnent l'énergie pour marcher jusqu'à la fabrique de porcelaine Royal Delft.

    C'est la capture d'un bateau portugais qui contenait de la porcelaine chinoise qui a donné l'idée aux Hollandais de copier le produit de plus en plus populaire. Ne connaissant rien aux matériaux et à la technique nécessaires, c'est à coup d'essais et d'erreurs qu'ils sont parvenus à réaliser la fameuse porcelaine blanche aux motifs bleus. À la fin du 17e siècle, c'est l'âge d'or de la poterie et Delft compte 32 manufactures. Mais au début du 18e siècle, l'industrie est en déclin, plombée par la concurrence anglaise et les techniques plus modernes mises de l'avant ailleurs. Royal Delft délaisse la fine porcelaine pour produire de la brique, mais les années passent et la compagnie réussit à redevenir l'une des images les plus symboliques de la Hollande. Les pièces sont peintes à la main, ce qui explique leur coût élevé. On ramène une boule de Noël qui, vu son prix, doit avoir été faite en Chine 🤣 Sur le bateau de croisière Holland America, on prend d'ailleurs notre café dans de la Royal Delft.
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