Rotterdam R5 de Givet à Huy
August 5, 2025 in Belgium ⋅ 🌙 15 °C
Je me souviens parfaitement de la réflexion que je me suis faite ce matin, en imaginant ce que j’allais écrire ce soir : il n’y aura peut-être pas grand chose à dire.
En effet, pas ou peu de dénivelé, à priori, un parcours, comme celui de la veille qui suit parfaitement le lit du fleuve. Je me suis clairement dit que le post de ce soir risquait d’être ennuyeux.
Comme je le disais, philosophe, à notre voisine de camping qui se plaignait de la pluie et me demandait comment nous gérions notre « mal aux fesses » : « si tout se passait bien, on n’aurait rien à raconter ».
Ça tombe bien, parce qu’Hèlène se lève avec sa tête des mauvaises nuits. « Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit », me dit-elle. Certes, certe, mais dans la trop longue fenêtre où j’étais éveillé, il me semble bien l’avoir entendu un peu ronfler. Mais ne jouons pas sur les mots, ni sur les maux, elle manque clairement de sommeil.
Nous partons donc dans le centre de Givet pour trouver un café réparateur puis nous prenons la route, direction la Belgique, distante de 4 kilomètres à peine.
Passés la frontière, une première évidence s’impose : l’entretien des voies vertes n’est pas la priorité du belge. Le macadam est parfois défoncé, parfois remplacé par du pavé, celui-là même qui assassine les avant-bras ; c’est un vrai gymkhana. Et quand on a le fondement sensible, cela peut s’apparenter à une torture. Puis la voie cyclable disparaît et nous rejoignons Dinant, et son Abbaye de Leffe, par une grande route et ses voitures menaçantes. Elle est assez roulante et ça tombe plutôt bien, l’étape est longue, nous sommes finalement partis assez tard et nous ne devons pas perdre trop de temps.
Petite précision, si Hélène, qui pour l’heure, s’accroche pour rouler, fait face à d’énormes fringales, mon talon d’Achille, mon point faible dans l’armure, c’est mon addiction habituelle… l’eau gazeuse. J’en bois des hectolitres depuis le départ. Tentant un sevrage (et surtout parce que nous n’avons pas trouvé de magasin depuis la veille), je voyage, depuis le matin avec de la bête eau plate, morne, sans saveu, recueillie dans les sanitaires du camping du plan d’eau de Givet, un camping vachement bien parce que sans moustique dans les waters, dixit ma belle. C’est peut-être aussi parce que ça caille sévère.
En plein manque d’eau pétillante, je propose à Hélène de faire une pause au Casino que nous venons de dépasser, pour en acheter. Le bâtiment est situé au dessus de la voie cyclable et nous empruntons une rampe d’accès pour rejoindre l’entrée. La rampe s’arrête direct sur la route, et une voiture arrive. Je freine, déclipse très rapidement, mais pas assez. Je m’étale côté droit dans un immense fracas, non sans me rattraper au mur de la rampe d’accès, ce qui atténue la chute. Le genou en sang, mais emporté par ma trop lourde addiction, je m’approche de la porte du Casino. Et croise un des employés qui en sort. À sa tenue, je vois qu’il n’est pas caissier et que ce Casino, même si sa police de caractère ressemble à s’y méprendre à celle de l’enseigne française, n’est pas un supermarché mais un vrai casino. Avec mon cuissard, mon casque et mes mitaines, aucun risque que je puisse y rentrer.
Subséquemment à ma chute, mon garde-boue, à qui il manquait déjà deux vis, frotte contre le pneu. En face du casino, Hélène avise un réparateur de vélo. Mais il est midi trente et il n’ouvre qu’à 13h. Nous décidons de manger notre pan bagnat poulet acheté le matin assis sur des plots, à côté d’un maton qui empile les sacs d’ordure des détenus de la prison située entre le casino et le magasin de vélo.
À 13h pétantes, je saute sur le mécano, un grand maigre tout mou qui trie toutes ses vis pour choisir la bonne. Il y a deux vis manquantes sur le garde-boue : il les trie donc… deux fois. Un petit coup de graisse sur la chaîne et je retrouve Hélène qui somnole sur son plot. Nous partons donc à la recherche d’un café pour elle et d’une eau gazeuse pour moi, puisque je vous rappelle que c’est la raison pour laquelle je me suis ramassé une nouvelle fois.
Bref, nous avons pris pas mal de retard : il est 14h passés et il nous reste encore 55 kilomètres à parcourir.
Nous reprenons la route assez pressés et nous augmentons la cadence. Et on avale les kilomètres.
La Meuse est jolie et il y a visiblement plus de pognon ici que dans les Ardennes françaises. Bien calé sur ma selle, la chaîne graissée, les sensations reviennent bien et nous filons, filons. Nous avons même de belles séquences où nous roulons à 21-22 km/h. Rien à voir avec les 14-15 de la veille. Pour le coup, ce sont de super sensations. Mais nous nous épuisons et à l’approche de Huy, les jambes se font lourdes. Un regard pour situer le Bed and Breakfast où nous logeons et nous découvrons qu’il est hors de la ville et qu’il y a une grosse pente raide pour y arriver. Nous n’avons plus que deux sachets de semoule et une boîte de sardine et il est clair que nous ne ressortirons pas manger en ville. De plus, j’en ai plein les pattes. Nous changeons donc de plan et avisons le premier hôtel de Huy. Hélène me semble dubitative. Nous essayons d’en appeler un autre mais il est fermé. Ou ils sont trop chers. Je reste donc sur mon premier choix : l’hôtel du fort. La façade ne paie pas de mine mais le proprio est très sympa : même si son hôtel est resté coincé dans les années 70, nous dormirons là, les vélos prudemment rangés dans un garage.
Une fois douché, nous rejoignons un restaurant du centre-ville (sur le chemin, j’aperçois une silhouette menaçante déjà aperçue la veille - à croire qu’on fait le tour d’Europe des centrales nucléaires, beurk !) où je prends des boulettes à la sauce lapin, en souvenir d’un voyage à Bruxelles. Mon ogre de femme reconnaît qu’elle a pas mal abusé ces derniers temps et raisonnablement prend une salade. C’est tout de même mieux que deux sachets de semoule…
Et dire que j’avais peur de n’avoir rien à dire. Ça sera peut-être pour demain et une étape beaucoup plus courte.Read more










TravelerJ’attendais le résumé du jour pour aller me coucher. Comme on dit jamais 2 sans 3, au compteur des chutes j’espère que c’est terminé et que tu reviendras entier. j'espère qu'LN retrouvera un sommeil réparateur. et A demain pour le prochain résumé bisous à vous
TravelerJe n’en suis pas à 4 ?
Traveler
C’est un musée ?