• Rotterdam R10 - de Oss à Arkel

    August 10, 2025 in the Netherlands ⋅ 🌙 19 °C

    Ce devait être une étape plus courte. Puisqu’on ne partait plus de Lith, qu’on arrivait plus là où on avait prévu d’arriver, tous les itinéraires s’en trouvaient désormais obsolètes. Nos corps fatigués poussaient également à un peu de retenue. L’arrivée de cette étape courte tombait donc à point nommé.
    Google Maps indiquait donc 55 kilomètres. Mais je dois vous l’avouer, je n’aime pas Google.
    Mon appli d’accès à Internet, c’est Brave, qui bloque les publicités. Son moteur de recherche est peut-être moins performant que celui de Google mais il me satisfait. Et puis je n’aime pas ce qui règne en quasi hégémonie. Google, Microsoft, vous le voyez, je ne suis pas trop GAFAM. Je bosse depuis près de trente ans sur des ordinateurs avec une pomme dessinée dessus. Primo, je déteste l’ordinateur, je lui préfère le fait-main, mais j’ai été obligé d’apprendre à m’en servir, deuxio, je déteste le snobisme lié à Apple et ses produits soit-disant au top de la technologie. Cela dit, j’ai un Mac Book Pro, un IPhone et des AirPods (que j’adore, soit dit en passant, mais le monde n’est-il pas paradoxe, hein, je vous le demande ?).
    Mais je digresse. Revenons-en à l’estimation kilométrique de Google, assez différente de celle de Strava. Strava, c’est l’appli des sportifs qui mettent en lumière leurs propres performances et peuvent les comparer à celles des autres. C’est grâce à Strava que j’ai eu la confirmation de ce que je savais déjà : je suis un sportif très moyen, pas hyper rapide mais pas non plus le plus nul. Génial, merci l’appli.
    Mais Strava permet de préparer ses itinéraires, et surtout en fonction des utilisateurs qui l’ont déjà emprunté.
    Bon, je digresse une fois de plus. Nous avions prévu de suivre la Meuse et Google, lui, il s’en fout de la Meuse, il envoie au plus direct. Strava, lui, me proposait donc un parcours un poil plus long, mais fidèle à l’esprit de nos vacances : suivre le grand, le beau, le majestueux fleuve.
    C’est décidé, nous choisirons le second itinéraire, un, parce que ce n’est pas Google, deux, parce que je baigne dans l’illusion d’être un sportif dans le coup, trois, parce que je veux voir de jolis paysages et quatre, bah, parce qu’avec cet itinéraire, on emprunte des bacs et ça m’amuse beaucoup de monter mon vélo sur un objet flottant, même si ce n’est que pour quelques mètres et même si ça coûte 1,30 euro par personne à chaque fois.

    Nous roulons donc à un assez bon rythme, toujours dans la campagne néerlandaise. Sur les digues, comme la veille, mais cette fois, elles sont également empruntées par les voitures.
    Comparaison n’est pas raison, mais ça ressemble de plus en plus au Danemark : petites maisons d’un seul niveau, au toit de chaume, blotti derrière la digue, de sorte qu’on n’aperçoit que le toit, petites échoppes esseulées où on peut acheter des fruits ou des légumes On n’est pas complètement au Danemark, qui n’a d’ailleurs aucune frontière commune avec les Pays-Bas, puisque les caisses sont cadenassées.

    Nous rencontrons beaucoup de vélos, sous toutes formes. Pas mal de jeunes, casqués, qui font du vélo de route, beaucoup de gens plus tranquilles, qui montent de grands vélos confortables. On voit également des vélos où le conducteur est couché, un qui ressemble à un suppositoire, des tandems, etc.. Pour la plupart, ceux-ci ne portent pas le casque. Il faut dire, et je l’ai déjà dit, tout est incroyablement bien organisé pour les deux-roues et il n’y a aucun danger. Les cyclistes ont leurs propres routes, leurs propres ponts, leurs propres sens giratoires. Du coup, le vélo y est incroyablement développé. Un néerlandais roule 909 km par an à vélo. Contre 87 pour les français. Malgré nos efforts pour remonter la moyenne.

    Après une salade, nous reprenons notre digue pour rallier un nouveau bac. Le vent, tel un ado boutonneux, n’était pas ou peu présent le matin. Mais il s’est réveillé, comme la veille, pour le repas et il souffle assez fort désormais. Bien évidemment, il arrive de face. Mais ça n’est pas que négatif… le mercure affiche 31 degrés (elle est un peu con, cette expression, qui a encore un thermomètre au mercure ? ) et le vent nous rafraîchit un peu. Moins qu’il ne nous ralentit, mais c’est toujours bon à prendre.

    Nous arrivons au deuxième débarcadère et là, stupeur, personne. Les bacs enchaînent pendant toute la journée des traversées. Et il y a toujours des usagers. Mais là, un panneau nous donne les horaires d’ouverture. C’est fermé le Zontag. Zontag, ça ressemble à s’y méprendre à Sontag qui en allemand signifie dimanche. Ça tombe mal : nous sommes dimanche. Pas de bac.

    Nous resterons donc sur cette berge pour finir l’étape, mais ça rallonge pas mal le trajet. Nous ne perdons pas de temps, rebroussons chemin et pédalons assez fort pour récupérer le temps perdu, sous le cagnard batave. Je prends un bon coup de chaud et on s’arrête, fait exceptionnel, chez un glacier. Une fois ma température corporelle redescendue, nous finissons l’étape pour arriver à Arkel. Fait étonnant, Hélène m’a juste donné un nom de rue. Je cherche, je cherche puis elle me donne, en arrivant dans le village concerné, le numéro de la rue. Ce qui rallonge le trajet de 1,9 km. « Mais qui fait ça ? », me dis-je en mon for intérieur. Puis je change de sujet et parce que je viens de remarquer un joli petit moulin dans le patelin.

    Et ben ceux qui font, ça, banane, ce sont ceux qui font des surprises et qui ne veulent pas l’éventer. La surprise, c’est que notre piaule du soir est dans le moulin. L’endroit est génial, même si la montée des escaliers est un peu raide pour celui dont le genou reste encore fragile ! Mais merci, Hélène, c’est top !

    Finalement, cette étape, l’avant-dernière, aurait pu être longue de 55 km. Nous en aurons fait 78, c’est à dire plus que les jours précédents. Mais vu où nous dormons, le jeu en valait largement la chandelle.
    Demain, nous prévoyons une étape courte pour arriver à Rotterdam. Mais allez savoir ce qui peut se passer…

    Jours sans chute : 4
    Kilomètres du jour : 78,35
    Kilomêtres cumulés : 748
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