Ireland J6 - De Lahinch à Kilkee
August 14 in Ireland ⋅ ⛅ 22 °C
Et bien voilà, il fallait bien que ça nous arrive. On sait que cela peut se produire, lors d’un périple à vélo, qu’on n’est pas à l’abri. Et bien pour nous, c’était aujourd’hui : une étape qui s’est déroulée comme prévu, sans encombre. Incroyable ! Pas de crevaison, pas de garde-boue défectueux, pas d’erreur de trajet, rien ! Tout s’est passé comme sur des roues. Parce que des roulettes, ça fait une paie que ni moi ni Hélène n’en avons plus besoin.
Nous quittons notre hôte du jour, dans la banlieue de Lahinch, non sans lui demander conseil sur l’endroit où petit-déjeuner. En effet, sa cuisine n’est pas commune et pique-niquer sur une serviette Décath’, de surcroît des sardines (c’est tout ce qu’il nous reste et je ne suis pas Noah), très peu pour nous.
Nous prenons donc place chez Danny Mac’s où nous devons choisir entre le Legendary Breakfast, le Surfer Breakfast (Lahinch est un spot de surf) ou le Vegetarian Breakfast. Les deux premiers comportent des saucisses pour accompagner les traditionnels beans et œufs, soit brouillés, soit au plat, mais également des frites. Mais qui mange des frites au petit-déjeûner ? Nous optons donc tous deux pour le Vegeterian. Tant pis pour les saucisses et vivent les champignons !
La serveuse nous apporte notre commande… avec des frites qui baignent un tantinet dans la sauce tomate des beans. Tout un programme.
Nous ne touchons pas aux frites et je finis les beans d’une Hélène, traumatisée depuis des décennies par cette spécialité d’Outre-Manche. Je la laisserai vous raconter elle-même cette anecdote, explicative du trauma, que je qualifierais de sensass’ et tant pis pour ceux qui n’ont pas la référence.
Puis nous entamons notre étape vers Kilkee qui débouche très rapidement, alors que nous n’avons pas eu le temps de digérer, sur un énorme raidillon bien pentu. Comme la veille, et comme tous les autres jours finalement, ça grimpe sévère. Nous sommes vite en sueur, les jambes, déjà lourdes des efforts passés tirent, mais il est hors de question de lâcher. Question d’orgueil.
Ma digestion n’étant pas arrêtée et vues les réactions de mon corps, je suis finalement heureux de ne pas avoir pris de saucisses. On appelle ça la jurisprudence du kebab.
Les grosses côtes sont toujours pour moi l’occasion d’une introspection profonde où, entre deux râles, je fais l’inventaire des mes sacoches pour y déceler l’élément superflu, celui sans lequel vous pédaleriez de toute évidence, mieux. Le poids est un de nos soucis majeurs et nous nous délestons du moindre petit détail afin de faciliter nos efforts. Là, un opercule en plastique, ici l’emballage d’une barre protéinée que nous n’avons évidemment pas balancée dans la nature.
J’en profite pour dire que les bas-côtés irlandais ne sont pas très propres et que j’ai été choqué de trouver des gobelets ou autres paquets de cigarettes écrasés en plein Connemara en me demandant qui pouvait n’en avoir rien à carrer de la beauté d’un tel site et y balancer ses ordures. Un mystère !
J’ai vu récemment une vidéo d’un cycliste professionnel se plaindre de l’état des bords de route. Et lui de remarquer que les déchets retrouvés, emballages de Mac Do, paquets de cigarettes, etc… démontraient combien ceux qui n’en avaient rien à faire de leur santé n’en avaient non plus rien à faire de celle de la planète. C’est peut-être une lapalissade, mais j’ai trouvé ça très juste. Mais je digresse…
Me voilà donc à répertorier mes sacoches, traquant l’intrus en me remémorant les remarques de plusieurs cyclotouristes qui comparent leur matériel comme des masculinistes comparent leurs attributs : « ah bah dîtes-donc, vous êtes bien chargés ! »
J’ai déjà réduit mon paquetage au maximum et ne vois pas sur quoi je pourrais encore raboter.
Je ne me suis certes jamais servi de mes gants chauds mais ils sont indispensables. Il suffit d’une fois et ne pas les avoir pourrait devenir pénalisant.
J’ai bien mon pantalon du soir qui s’est coincé dans ma chaîne le premier jour et dont la jambe droite, arrachée est désormais inutilisable. D’ailleurs, Nadyne, prépare ta machine à coudre, il va falloir faire des miracles pour le récupérer, à notre retour.
Le reste me semble totalement indispensable. J’admire les gens qui réussissent à partir avec deux petits sacs fermement arrimés à leur bicyclette, mais je les soupçonne de puer plus que moi, ce qui, au bout d’une semaine et malgré des douches quotidiennes, n’est pas peu dire.
Arrivés donc sans encombre à Kilkee, nous posons nos bagages dans notre Bed And Breakfast (saucisses au menu demain matin, malgré une petite côte initiale, que voulez-vous, j’aime jouer), nous faisons un petit tour sur la plage avant de nous restaurer. Là, j’hésite longtemps avant de choisir entre un risotto aux champignons et un fish and chips. Le risotto pense l’avoir emporté et sa victoire est même annoncée au serveur, mais une ultime volte-face fait chavirer le résultat et c’est bien un fish and chips qui atterrit sur ma table. Mais le chowder pris en « starter » m’a déjà bien calé et je ne touche presque pas à mes frites, devenue décidément l’ennemi plublic numéro 1.
Kilomètres du jour : 49,6
Kilomètres cumulés : 387,3
Crevaisons : 2
Fish and chips : 1 fish et quelques chipsRead more












TravelerLa machine est prête !
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Cuillère en argent ?
Yes silver spoon ! On pédale en plein luxe ! [LN]