• Lac artificiel d’Azat

    June 19 in Armenia ⋅ ☀️ 24 °C

    Deux jours de Sisian à Artachat pour nous rapprocher d’Erevan en longeons la frontière turque. Nous traversons de vastes paysages de montagnes aux pentes verdoyantes, entaillées de profondes vallées. Après Vayk, Malichka et Eghegnazor, les routes s’élèvent vers des alpages couverts de fleurs sauvages où résonne le chant des grillons. Au loin, des chevaux, troupeaux de moutons ou vaches broutent paisiblement sur les pentes, gardés par des bergers à cheval dont les voix portent dans l’air clair lorsqu’ils appellent leurs bêtes ou sifflent leurs chiens, avec comme rares distractions quelques vieilles Lada qui gravissent péniblement les pistes escarpées et boueuses par endroits après les orages des jours passés. Elles avancent lentement, peinent dans les montées, font parfois descendre leurs passagers lorsque la pente devient trop raide, puis les reprennent un peu plus haut. En passant, un signe de la main, un pouce levé ou un coup de klaxon.
    En ce mois de juin, les alpages offrent une sensation de paix profonde et presque intemporelle. Les herbes hautes et les fleurs sauvages ondulent sous la brise légère, tandis qu’autour de nous vole tout un monde d’insectes : abeilles affairées, papillons colorés, coléoptères bourdonnants et minuscules créatures dont le vrombissement se mêle au chant incessant des grillons. Les montagnes s’étendent à perte de vue, baignées d’une lumière douce jusqu’au soir. Puis, à la fin de la journée, au-delà des collines et des nuages qui se dissipent lentement, le majestueux Mont Ararat se dévoile enfin, silhouette imposante et presque irréelle à l’horizon.
    Dans cette immensité vivante mais paisible, Erevan nous paraît soudain très loin. Nous avons davantage envie de nous attarder ici, au milieu de cette nature simple et généreuse, que de retrouver l’agitation d’une grande ville, ses rues animées et sa foule pressée. Puis la nuit tombe lentement. Sous un ciel d’une beauté cristalline, Vénus rencontre la Lune, spectacle rare et émouvant, comme le point d’orgue de cette parenthèse de paix où le temps semble s’être arrêté.
    Avec les températures qui grimpent et approchent désormais les 30 degrés, nous prenons enfin le temps de vivre davantage dehors. La cuisine se fait en plein air, la douche devient un moment rafraîchissant et précieux, et nous nous laissons peu à peu gagner par le rythme lent des journées estivales, ralentissant naturellement à mesure que la chaleur s’installe.
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