• Karakul

    August 4 in Tajikistan ⋅ ☁️ 6 °C

    Entre Sary-Tash et le Tadjikistan, les postes frontières kirghiz et tadjik sont séparés par 17 kilomètres. Étonnamment loin, mais le temps de franchir une frontière bien plus grande que celle dessinée sur une carte. Au milieu, un poste de contrôle dont la principale mission semblait être de nous taxer une bière et deux cigarettes 🫩.
    À l’entrée au Tadjikistan, les formalités suivent leur propre logique, parfois un peu décousue, mais toujours dans une ambiance détendue. Les sourires et les échanges cordiaux étaient bien plus nombreux que les tampons sur les passeports. En attendant, notre drone est confisqué. Nous pourrons le récupérer si nous repassons un jour par cette frontière 😳. Avant de nous laisser partir, les douaniers découpent une pastèque que nous partageons. Une manière plutôt sympathique de nous souhaiter la bienvenue au Tadjikistan.
    Quelques mètres après le poste frontière commence réellement le Pamir Highway.
    Une partie de ces paysages nous est familière. Pourtant, les retrouver procure toujours la même émotion. Ici, tout semble plus vaste, plus brut. Les montagnes se parent de teintes ocre, cuivrées, violacées ou gris ardoise, tandis que la lumière, incroyablement limpide, transforme chaque vallée au fil des heures. Il suffit d’un rayon de soleil ou d’un nuage pour que le décor change complètement.
    Les arrêts photo ou respiration se succèdent. À plus de 4’000 mètres, quelques pas suffisent à rappeler que l’air se fait rare.
    La route est exigeante et impose son rythme. Les nids-de-poule alternent avec les profondes ornières, les passages à gué et les longues sections de tôle ondulée, que nous essayons de contourner par des pistes de sable en bien meilleur état. Nomade encaisse, encore une fois, sans broncher. À ne pas oublier: dégonfler les pneus et décompresser impérativement les réservoirs après chaque montée importante.
    Nous trouvons notre premier bivouac au bord du lac Karakul, à 4’200 mètres d’altitude. L’arrivée est magique. L’eau reflète les montagnes, la lumière devient presque irréelle et le silence semble absorber tout le reste. Quelques heures plus tard, le décor change complètement: une pluie constante s’installe pour la nuit.
    Réveil par 6 degrés, nous l’avions bien cherché... Au chaud, au sec, un café à la main, nous commençons la planification de la prochaine étape: Murghab, probablement l’une des dernières occasions de refaire le plein d’eau, d’essence et de quelques victuailles avant de poursuivre plus loin.
    Le Pamir nous rappelle qu’ici, l’itinéraire compte autant que la destination.
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