• Pamir Highway

    August 9 in Tajikistan ⋅ ☀️ 27 °C

    Par le corridor du Wakhan, sur la deuxième plus haute route carrossable du monde, et toujours le long de la frontière afghane, nous poursuivons en direction de Douchanbé. Entre nous et l’Afghanistan, le Panj, qui dessine la frontière sur plusieurs centaines de kilomètres avant de rejoindre l’Amou-Daria.
    Sur l’autre rive, un chemin nous accompagne tout le long. Au bord de l’eau à des moments, taillé dans une paroi presque verticale à d’autres. Quelques maisons, de rares champs coincés entre le fleuve et la montagne ou improbablement accrochés à la pente. Puis plus rien.
    De notre côté, quelques rares villages, des militaires tadjiks, fusil en bandoulière, surveillent la rive afghane. De nouvelles barrières sont en construction presque tout le long, rappel discret que cette frontière magnifique reste aussi un axe sensible du trafic de drogue.
    La route reste fidèle au Pamir: poussière, cailloux, tôle ondulée et quelques morceaux de goudron gardant le vague souvenir de temps meilleurs. Au bord de la route, à l’ombre des rares arbres, des femmes, des enfants et des hommes ou femmes âgés attendent un minibus, travaillent dans les champs ou font leur lessive dans les rivières.
    Le décor change à chaque virage: des montagnes immenses, presque nues, le Panj en contrebas et l’Afghanistan juste en face. Nous passons quelques nuits dans ce paysage, au bord d’une rivière ou sur un plateau où le silence est absolu. À plus de 3’000 mètres, nous remplissons notre réservoir d’eau directement depuis une rivière parfaitement limpide. Par contre, évitons les quelques stations d’essence qui ne nous semblent pas très fiables; pas envie de purger un réservoir, et nous avons de la marge.
    Après Khorog, à la sortie du Wakhan, les routes s’améliorent, des tunnels sont en construction, mais leur achèvement semble repoussé à une date incertaine. Nous continuons donc sur des pistes de montagne étroites, sinueuses et poussiéreuses. À un endroit, des dizaines de camions ouzbeks, tadjiks et chinois se retrouvent coincés, incapables d’avancer ou de reculer, et les discussions sont en cours, décousues, mais ils vont bien finir par trouver une solution 😄. Rétroviseurs rentrés, nous réussissons à nous faufiler à quelques centimètres de la tôle d’un côté et du précipice de l’autre.
    Peu à peu, nous perdons de l’altitude et les champs réapparaissent. Par contre, les températures prennent l’ascenseur et avoisinent à nouveau les 30 degrés. Nous trouvons une route qui fait un détour par la montagne et trouvons notre bivouac dans un champ fraîchement moissonné à 2’000 mètres. Le propriétaire nous explique fièrement l’étendue de ses terres avant de nous souhaiter la bienvenue. Au loin, dans la douce lumière de fin de journée, les moissonneuses-batteuses avancent à flanc de colline, enveloppées dans leur nuage de poussière qui dérive lentement à travers le paysage, poussé par le vent.
    Après les hauts plateaux du Pamir, le Wakhan et des jours de pistes, nous retrouvons doucement les cultures, les machines et les hommes. Douchanbé se rapproche. Le Pamir reste derrière nous, mais ses images, les regards et le bruit du vent, eux, restent gravés dans notre mémoire.
    Read more