• Ouzbékistan day 1

    August 13 in Uzbekistan ⋅ ☀️ 40 °C

    Le passage en Ouzbékistan nous rappelle vite que nous changeons de pays. À la frontière, fouille minutieuse. Un maître-chien prend un malin plaisir à faire passer plusieurs fois son toutou dans la cabine à la recherche d’une quelconque substance illicite. Il ne trouve rien, mais laisse consciencieusement ses empreintes sur les sièges 🐾.
    Notre drone ayant déjà été confisqué à la frontière tadjike, ce problème-là est réglé 😎. Et à notre souvenir, nous n’avons aucune antenne satellite avec nous, équipement totalement interdit en Ouzbékistan…
    Malgré l’ambiance sérieuse, une complicité retenue s’installe avec les douaniers. Ils font leur travail sans vraiment chercher à nous compliquer la vie et finissent par nous prendre presque par la main, de bureau en bureau, jusqu’à l’assurance RC. Deux heures plus tard, nous repartons. On commence à avoir l’habitude.
    Côté ouzbek, le paysage s’ouvre. Les montagnes s’éloignent, les terres irriguées alternent avec des étendues brûlées par le soleil. Après le Pamir, l’horizon s’écarte et la chaleur prend ses aises: 44 °C le jour et plus de 30 °C la nuit. Trop chaud pour nos petites santés 🥵. Nous troquons donc les bivouacs contre des hôtels climatisés, parfois improbables mais toujours accueillants et surpris de découvrir des voyageurs suisses dans une maison ambulante. L’occasion aussi de découvrir avec bonheur et délectation nos premiers chachliks ouzbeks.
    La circulation devient plus créative. Le dépassement aléatoire semble être la règle, mais personne ne s’énerve. Nous gardons notre trajectoire, les autres inventent la leur et, curieusement, tout fonctionne.
    À Termez, angle sud-est du pays, notre hôtel se trouve dans une zone franche. Ça, nous ne l’avions pas vu venir. Nouveau contrôle à l’entrée, mais les gardes s’intéressent finalement davantage à notre drôle de vie qu’à nos bagages.
    Visite sous une chaleur étouffante du Sultan Saodat, ensemble de mausolées construits entre les Xe et XVIIe siècles, puis de Fayaz Tepe et Kara Tepe, vestiges de monastères bouddhiques remontant aux premiers siècles de notre ère. Sous les Kouchans, Termez était un important carrefour entre l’Inde et l’Asie centrale. Aujourd’hui, il reste des stupas, des murs de terre et beaucoup de silence. Des lieux étonnamment ressourçants 🧘🏼.
    Vers Qarshi, le paysage se dépouille encore: terres sèches, villages espacés, montagnes arides autour de Baysun et Derbent, puis une immense plaine où la route disparaît sous une lumière blanche. Après le Pamir, le contraste est saisissant: ici, le vide n’est plus vertical, il est horizontal.
    Dernière adaptation: l’argent. À la frontière, nous sommes devenus millionnaires. Il faut malheureusement multiplier les sommes affichées par environ 0,0007 pour revenir aux francs suisses. À 44 °C, notre cerveau déclare rapidement forfait 🥵.
    Alors on roule, on mange des chachliks, on cherche la climatisation et on se délecte du paysage. C’est déjà pas mal.
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