• Désert de Gobi

    Yesterday in China ⋅ ☀️ 15 °C

    À l’entrée du Gobi, nous avions parcouru le Dahaidao, ces anciens «fonds marins» aux portes de Hami. Le vent et le sable y ont sculpté la roche durant des millénaires, créant un monde improbable de tours, de murailles, de silhouettes et d’animaux pétrifiés. Un paysage de yardangs où l’imagination finit par donner à ces étranges sculptures des formes qui nous sont familières. Une boucle longue de 200 km, avec une première partie sur un goudron citadin bien lisse et la seconde transformée en terrain de jeu pour 4x4, où chacun tente d’éviter la tôle ondulée à sa manière.
    Après une nuit à Hami et quelques visites qui nous sont chères: temples et marchés ouïgours, nous prenons les S245 puis S240, deux routes secondaires, et entrons véritablement dans l’immensité du Gobi. Au bout d’une centaine de kilomètres sur la S245, l’après-midi touche à sa fin. Nous quittons la route et enfonçons de quelques kilomètres dans le sable pour établir notre bivouac pour la nuit, seuls parmi les dunes ocre, parfois presque brunes, saupoudrées de gravillons blancs comme du sucre glace.
    Nous y laissons nos traces sans savoir combien de temps elles resteront lisibles. Malgré nos pas prudents, chaque foulée soulève son petit nuage de poussière.
    Le soir, luxe un peu surréaliste au milieu de nulle part: tagliatelles aux morilles et un verre de vin rouge chinois, assez bon pour le coup 😋. À l’ouest, le soleil disparaît derrière les dunes tandis qu’à l’est, la lune presque pleine est déjà bien visible.
    Nous sommes seuls au milieu de cette immensité. Tout semble immobile, ancien, presque intact. Les caravanes de la Route de la soie ont traversé ces terres bien avant nous, et l’on imagine facilement le vent effacer nos empreintes comme il a effacé les leurs.
    Reste cette étrange impression que le décor, lui, n’a guère changé depuis des siècles.
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