• Mont Yala, entre ciel et terre

    October 13 in China ☀️ 13 °C

    Nous quittons Danba en direction de Bamei et Tagong, toujours au cœur du pays tibétain. Après une longue montée, les vallées s’ouvrent progressivement sur d’immenses pâturages, les villages se font plus rares et les montagnes prennent de la hauteur. Nous aussi, d’ailleurs.
    À Tagong, nous visitons le monastère de Lhagang, fondé selon la tradition au VIIe siècle, à l’époque du roi tibétain Songtsen Gampo. La légende raconte que la princesse chinoise Wencheng, en route vers Lhassa pour épouser le souverain, y aurait laissé une réplique d’une statue sacrée du Bouddha. C’est pourquoi le monastère est parfois surnommé le «petit Jokhang», en référence au célèbre temple de Lhassa. Un lieu de pèlerinage important, où la ferveur des fidèles nous impressionne toujours autant.
    Un peu au hasard, nous empruntons ensuite une petite route en suivant deux autres 4x4 et grimpons jusqu’à près de 4’700 mètres. Là-haut, le spectacle est saisissant. Les sommets enneigés du mont Yala, montagne sacrée des Tibétains culminant à quelque 5’820 mètres, et du mont Yamu se découpent sur l’horizon. On raconte que tout Tibétain devrait contempler au moins une fois dans sa vie ces montagnes sacrées. Légende ou simple expression d’admiration, nous comprenons assez bien l’idée en observant des aigles royaux à la recherche des courants ascendants.
    Non loin de là, nous trouvons un petit coin abrité vers 4’500 mètres pour passer la nuit. Difficile d’imaginer plus bel emplacement. Nous nous installons au milieu de ce décor grandiose, avec le sentiment d’être seuls au monde. Vers 21 heures, la température descend autour de 4 °C et nous décidons de fermer les hublots. Le chauffage, même à cette altitude, fonctionne toujours à merveille et la nuit se passe plutôt bien, du moins pour Roland. Margrit, elle, compte les yaks🐂🐂🐂 pendant une bonne partie de la nuit et attend le premier café avec une certaine impatience 👀.
    Au petit matin, le soleil vient embraser les sommets enneigés. Un spectacle dont nous avons le privilège de profiter dans un silence absolu. Finalement, même Margrit semble trouver que la nuit en valait la peine.
    Nous redescendons vers la vallée et découvrons, presque par hasard, le grand monastère de Muya (Muya Dasi), posé au milieu d’une immense prairie, au pied du mont Yala. Un ensemble impressionnant de temples aux toitures dorées, de bâtiments monastiques et de vastes enceintes, appartenant à l’école Nyingma du bouddhisme tibétain. Son nom rappelle celui des Muya, une population tibétaine du Kham qui a conservé sa propre langue et ses traditions. L’architecture évoque les grands monastères du Tibet, mais c’est surtout le contraste entre la monumentalité des bâtiments, l’immensité du paysage et la tranquillité des lieux qui nous impressionne.
    Nous poursuivons vers Kangding, avec un passage par les hauteurs du col de Zheduo, dont la plateforme panoramique culmine à près de 4’300 mètres. La dernière centaine de mètres se gravit par des escaliers qui, à cette altitude, représentent un réel défi 😫. Les paysages restent grandioses, mais nous retrouvons une circulation dense, surtout des camions, là où nous ne l’attendions pas forcément. À cette altitude, les moteurs peinent, mais ne pas doubler n’est pas envisageable. Alors on y va, le karma est avec nous et tout finit par s’arranger.
    Kangding ne nous inspire pas particulièrement pour y terminer la journée. Nous poursuivons donc jusqu’à Xinduqiao, à quelque 3’500 mètres d’altitude, où nous retrouvons un peu de calme et un lit plus conventionnel. Le luxe est parfois une notion toute relative.
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