• J337, Cap sur Montserrat

    Apr 18–20 in Montserrat ⋅ 🌬 27 °C

    Samedi, nous nous sommes réveillés aux aurores pour profiter d'une dernière plongée à Saba. Le long d’un mur sous-marin, de nombreux poissons se camouflent dans les failles, parmi des éponges orangées et violettes. De retour à bord, nous prenons la mer en direction de l’immigration. Une fois les démarches de sortie effectuées à terre, nous repartons.

    À présent, départ pour l’île de Montserrat, à plus de 70 miles de Saba. Après mûre réflexion, nous avons décidé de ne pas rejoindre nos amis du Blue Moana à Antigua. Le temps est venu de faire des choix entre les destinations. Nous préférons prendre le temps de découvrir Montserrat avant la Guadeloupe, plutôt que de nous dépêcher et d’enchaîner les escales. Un peu déçus de ne pas partager ce moment tous ensemble, mais ils arrivent bientôt en Guadeloupe et nous savons que nous les y retrouverons ! C’est aussi ça, le jeu de la navigation.

    Nous partons donc vers le sud, en navigation de nuit. Un vent soutenu nous accompagne, au près serré. Ce n’est pas toujours très confortable, mais nous atteignons Montserrat, accueillis par l’odeur caractéristique de soufre de cette île à l’histoire volcanique très active !

    Dimanche matin, nous atteignons notre zone de mouillage au moteur, à Rendezvous Bay. L’eau est magnifique et la végétation luxuriante. L’île est surnommée « île Émeraude » pour sa forêt dense et verdoyante. Elle est aussi connue, malheureusement, pour son volcan qui, depuis 1995, est entré en éruption avec plusieurs phases d’activité, causant la désertion de plus d’un tiers de sa population. Aujourd’hui, il y a environ 5 000 habitants sur l’île.

    Nous passons notre dimanche tranquillement à nous reposer de notre navigation nocturne. En fin de journée, nous partons faire du snorkeling et observons de superbes tortues dont un énorme male dans une eau translucide.

    Le lendemain, nous allons à terre pour faire l’immigration. Nous sommes bien accueillis et payons 18 € pour l’entrée. Celle-ci se fait au niveau du port, qui n’a rien de très joli. Nous décidons alors de partir explorer l’île par la terre. Nous faisons du stop et sommes rapidement pris par un monsieur haïtien mais venu ici pour chercher du travail. Nous lui demandons de nous déposer là où il va, sans objectif précis, si ce n’est trouver le départ d’un sentier de randonnée. Nous arrivons ainsi à Mongo Hill. Par hasard, nous trouvons le départ d’un sentier, et c’est parti. Vive le stop !

    Dans une superbe forêt humide, nous marchons sur un sol recouvert d’une épaisse couche d’humus et de feuilles séchées. Des manguiers sauvages, des lianes charnues se baladant de branche en branche, un champ d’héliconias orangés… De nombreux crapauds et même un petit serpent croisent notre route. Nous atteignons Baker Hill, qui nous offre une belle vue sur la mer. De là, nous redescendons vers le village et faisons du stop pour rentrer à Little Bay, là où est le bateau. Encore une fois, nous sommes très rapidement pris.

    C’est Ozie qui nous embarque. Né à Montserrat, il est rapidement parti vivre aux États-Unis, à New York. Suite à un accident du travail, il est revenu il y a quelques années avec sa femme. Nous discutons de nos vies et il nous dépose jusqu’à Little Bay. Comme nous n’avons pas encore mangé, il nous dépose à un restaurant. En arrivant, nous lui demandons s’il connaît quelqu’un qui pourrait nous emmener dans la zone d’exclusion du volcan et nous faire visiter les lieux de l’éruption. Bien sûr, il peut le faire lui-même : 40 $ par personne. Nous ne négocions pas, car, comparé aux autres guides, il est bien moins cher et le feeling passe bien. Nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain à 8 h.

    En arrivant au restaurant en bord de mer, Ozie salue tout le monde : on dirait une superstar locale ! Nous mangeons un bon roti, un plat traditionnel des Caraïbes composé de légumes ou de viande enveloppés dans une galette bien épicée. C’est délicieux. Après le repas, nous appelons Léa, Élise et Shaulane en visio pour une réunion de l’association. Nous avons pas mal d’événements prévus à notre retour en Guadeloupe : visite d’élèves à bord, atelier cyanotype, ciné-débat…

    Nous profitons ensuite de la plage de sable noir pour nous baigner avant de rentrer au bateau. Le mouillage est calme, nous profitons pleinement des lieux.

    Le soir, nous préparons un bon dîner en sirotant un verre de rhum de guayabita de Cuba. Nous nous remémorons le voyage et réalisons à peine que, dans quelques jours, nous serons de retour en Guadeloupe.
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