• Ronan Merlateau
  • Ronan Merlateau

Vers le Soleil de minuit

Voyage en tricycle couché de chez moi vers le Nord, pour voir la nuit la plus courte possible. Un mois à rouler vers le Nord, ça doit faire potentiellement 2500 km, si je n'ai pas trop de pluie et de mauvais temps. Ça peut être plus, ou moins.. Baca lagi
  • L'Elbe, mais je n'avance plus!

    30 Jun 2025, Jerman ⋅ ☀️ 24 °C

    J'en suis à mon deuxième jour, avec énormément d'énergie, pour faire ce que je faisais dans mes meilleures journées avant de changer mes pneus avant. Dès que je veux accélérer, j'ai l'impression de coller à la route. Dans les côtes, si je veux avancer, je dois faire le mouvement du marcheur dans la vase: autant, sinon plus, d'efforts pour tirer mon pied que pour appuyer sur l'autre. C'est efficace, mais épuisant. Une mamie tirant ces petits enfants dans une remorque m'a dépassé, sans aucune assistance électrique, même l'argument du vélo lourd ne marche pas. Demain 33° annoncés, je suis à 50 km de Hamburg, j'espère les faire dans la journée, et trouver des pneus qui collent moins!Baca lagi

  • Y'en a marre des faiblesses!

    1 Julai 2025, Jerman ⋅ ☀️ 32 °C

    Tout est dit. Je me repose, je fais une très bonne journée sans fatigue, puis le lendemain c'est un peu plus dur, et ainsi de suite, jusqu'à ce que j'atteigne une vitesse d'escargot, avec la sensation que j'ai laissé le frein bloqué. Je ne suis même pas essoufflé, j'ai juste très mal aux jambes, là où je pensais que l'entraînement allait me rendre les choses de plus en plus faciles.
    Mes nouveaux pneus s'arrangent rien, au moindre sous gonflage ils collent à la route, mais ils ont bon dos, ce sont mes jambes qui n'arrivent pas à fournir.
    Quand j'essaye de mouliner, ce sont les ischio-jambiers qui font mal, je ralentis très vite. Quand j'essaye de pousser plus fort, je m'appuie sur mon dossier à fond, et ce sont les quadriceps qui demandent grâce, là aussi je dois ralentir à une vitesse d'escargot. Aujourd'hui, j'ai eu du mal à suivre une mamie sur un vélo musculaire et un terrain plat!
    J'accuse mon vélo, et tous les trikes couchés, c'est bien commode...
    Je n'utilise plus du tout mes trois petits pignons sur mon grand plateau, même en légère descente je n'ai plus la force d'accélérer sur ces démultiplications.
    Autrement, aujourd'hui canicule à la mode Schleswig-Holstein, 32°! Je suis parti tôt, et jusqu'à 13 h00 la route était très agréable, d'autant plus que la plupart sont ombragées par des tilleuls en pleine floraison, c'est dommage, ils ne sentent presque rien à côté des nôtres, que ce soient des tilleuls à petites ou à grandes feuilles, quand aux argentés, ils ne sentent déjà rien chez nous...
    Hambourg est une ville très étendue, à vue de nez 16 km sur 20, pas facile de mesurer sur un écran de téléphone. J'ai un hébergement prévu chez Andreas, mais je ne veux pas le déranger trop tôt, aussi je me dirige vers le centre, en faisant attention à ne pas descendre trop bas, tellement les côtes me fond mal.
    La canicule du Land de Hamburg est marrante, le moindre carré de verdure est occupé par de jeunes filles en maillot de bain qui se font bronzer, je vois le port de commerce en face de moi, mais je m'endors.
    A 16h j'appelle Andreas, il habite à 8 km de là, en arrière. Le moindre repos me fait du bien, je suis décidément un sprinteur, pas du tout un marathonien.
    J'arrive chez lui, accueil très sympathique et réservé, il a aménagé un petit barnum avec eau, électricité, café. .. Il me donne aussi la clé de chez lui pour profiter de la salle de bain. Dernier détail : il y a un trike Scorpion dans sa véranda, j'espère qu'on pourra causer...
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  • Hamburg, jour 1

    2 Julai 2025, Jerman ⋅ ☀️ 33 °C

    Aujourd'hui, visite de la ville. Andreas me recommande un vélociste spécialisé en vélos couchés à 800 m de chez lui. J'ai décidé de changer mon pédalier pour un triple plateau, et comme il est concessionnaire de la marque de Eia Bird, ça devrait simplifier les choses. C'est bête que je n'ai pas réussi à trouver un atelier d'auto réparation, j'aurais aimé faire ce boulot moi-même, mais même dans mon délire d'outillage je n'ai pas emmené d'extracteur ni de clé à douille de 14...
    Le hic, c'est qu'il n'ouvre que de 15 à 18 h, et qu'il est 10h. La météo prévoit des maximales de 35 ou 36°, il faut que je me trouve un musée climatisé.
    Je choisis l'Internationales Hamburg Maritimes Museum, une balade de 12 km à travers la ville, souvent le long des quais et des bassins.
    C'est bon de rouler à vide, je m'aperçois que je ne suis certes pas au mieux de ma forme, mais que j'arrive quand même à avancer, surtout si on tient compte de mes grosses godasses de 1,75" sur les trois roues.
    Ma route passe à côté d'un bateau à traits carrés. Je sais qu'il y a le Peking quelque part, mais celui-ci est vert et n'a que trois mâts. C'est le Rickmer Rickmers , un grand trois mâts barque. Je m'arrête pour quelques photos, je remarque que des vedettes à passagers très élégantes partent d'ici, mais je n'ai que faire d'une visite du port en touriste et la chaleur commence à monter... Rickmer, je viendrai te voir une autre fois...
    J'arrive au musée après un passage dans une ville traversée par de nombreux bassins et chenaux. Contrairement au Havre, ou Perret a tout comblé, ils ont ici été conservés. Il semble que ce quartier ait d'ailleurs été peu détruit par les bombardements, il y a beaucoup de bâtiments et d'entrepôts anciens. La ville est immense, je mesure à la louche 26 km d'est en ouest, et 20 km du nord au sud, même avec les bombardements massifs qu'elle a subi, il reste de vastes quartiers anciens.
    Musée de la Marine. C'est immense! 10 niveaux d'exposition. Je suis accueilli par une réplique ancienne du James Caird, pontée en bois, mais je crois comprendre dans mon baragouin pseudo germanique qu'elle a refait le voyage de Shackleton. Aux premiers étages, je suis un peu déçu par la qualité des maquettes, mon œil d'ayatollah décèle de nombreuses erreurs et des maladresses. Ces maquettes sont relativement récentes, les notices qui les accompagnent sont bien documentées, avec les caractéristiques principales du bateau, y compris l'échelle et le déplacement.
    Comme souvent, les maquettes de vapeurs ou de bateaux plus récents sont meilleures, sans doute des modèles d'armateurs, faits pour des marins par des marins.
    Je ne vais pas détailler toute la visite, mais on est souvent plus proche de l'à peu près français que de la rigueur de Roskilde, surtout dans les présentations des techniques: les voiles sont ralinguées à bâbord ou tribord, avec des finitions aléatoires, les différents types de bordages en bois ressemblent plus à des bardages. Je vois que dans un espace de repos pour les enfants une voile carrée, cousue main, dans un état de conservation exceptionnel, sert de pouf, ferlée avec de la ficelle en plastique.
    Avec tout ça, je n'ai pas vu l'heure, je file au magasin de vélos, et évidemment j'arrive trop tard... J'explique mon cas à Andreas, qui veut bien prolonger mon séjour, je vais essayer de lui faire un cadeau qui lui plaise...
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  • Clocher et ruines de Sant Niklaus

    2 Julai 2025, Jerman ⋅ ☀️ 35 °C

    En rentrant du Musée, je suis tombé sur ce clocher, survivant des bombardements. Émotion intense, même s'il y a un ascenseur pour profiter du point de vue, ce qui me semble absolument sacrilège.

  • Sleeping in the rain

    6 Julai 2025, Jerman ⋅ 🌧 20 °C

    Très peu de batterie et pas moyen de recharger. Visite ce matin du musée de Bremerhaven, mais j'ai dû me gourer de musée, pas de bateau médiéval. Ça ressemblait comme deux gouttes d'eau à l'écomusée de Saint Nazaire... Comme à chaque fois que j'en fait trop la veille, grosse fatigue . Je trouve un camping tenu par la réserve de Jadebusen. Un endroit splendide.Baca lagi

  • Wiesmoor

    8 Julai 2025, Jerman ⋅ ☁️ 17 °C

    Journée pas bien passionnante aujourd'hui. J'ai voulu couper la presqu'île de Wiesmoor, qui constitue la Frise Allemande. Au début j'ai suivi la côte, mais quand on est le long de la digue, on voit les moutons, mais pas la mer. Il y a bien souvent un chemin au sommet, mais le gravel en trike chargé ça lasse vite... Je ne peux pas tout faire en un voyage, surtout qu'il ne me reste que trois semaines de médicaments.
    Une fois de plus, les contacts Welcome To My Garden que je choisis sont des bons, ils sont en randonnée en Suède... Je me rabat sur le camping de Wiesmoor, capitale de la Frise Allemande, sans aucun affichage bilingue... Les langues régionales ont l'air aussi bien traitées qu'en France.
    Camping classe, et j'ai toujours de la chance avec ce genre d'endroit: une espèce de fête de la jeunesse, avec sono et micros, en face de mon emplacement.
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  • Hongerige Wolf

    9 Julai 2025, Belanda ⋅ ⛅ 20 °C

    Beaucoup de choses depuis Wiesmoor...
    Le matin, avant de charger, je vois un trou dans mon garde-boue arrière (de toute façon, je n'en ai qu'un). Je m'aperçois que mon pneu touché depuis un certain temps quand je suis chargé et que je suis sur le vélo. J'avais des doutes, mais aucun bruit, et ça ne touchait pas pas chargé, où chargé mais sans que soit sur le vélo. Ma garde est très faible du fait que je me suis gourré dans ma commande et que j'ai pris un pneu en 1.75" au lieu de 1.5". Ça faisait bien du bruit quand je roulais sur du sable ou du gravier, mais j'attribuais ça à la garde trop faible. Le garde-boue est tellement fin que je peux le couper au couteau, le plus étonnant est que le pneu est presque comme neuf! La solidité des pneus Schwalbe n'est pas une légende.
    Au bout de quelques km, le paysage devient beaucoup plus sympa. Des petits canaux, des maisons très modestes mais mignonnes, puis je vois un énorme panneau avec marqué dessus: Jésus notre sauveur, et plus bas barré, solitude péché et je ne sais quoi... C'est en levant la tête (dans le guidon, comme il se doit), que Je vois un moulin en activité. Il est tenu par un curé noir, qui m'invite, de façon presqu' autoritaire à visiter l'intérieur. Il est train de moudre grossièrement du maïs, et les clients ne manquent pas. C'est donc tout seul que je peux visiter l'intérieur.
    Toujours pas de nouvelles de mes hôtes potentiels. J'ai laissé un message à Peter, en Hollande, et il me rappelle. Ça m'oblige à faire 25 km de plus, mais mon vélo marche tellement mieux, et j'ai pris l'habitude de tellement m'économiser, que Je pousse un peu et roule à 15-20 km/h. Tout à coup, je vois au détour d'un virage un curieux bateau en bois, avec un homme qui travaille dessus. C'est Rob, qui a construit ce bateau sans aucun plan, juste en se laissant guider par le bois. Je lui donne rendez-vous pour le lendemain, et j'arrive chez Peter et sa femme. Ils sont en pleine préparation d'un festival, mais l'accueil est très sympathique. Montage de la tente et dodo.
    Ce matin, visite du garage de Peter, avec des motos et des vélos anciens, ainsi qu'une 2CV. Je passe ma matinée à réviser mon vélo, nettoyage de la chaîne, réglage final du garde-boue, reprise du mou des freins, et réglage des dérailleurs.
    Je pars ensuite en balade à vide, en pouvant utiliser au mieux mes nouveaux plateaux, sans mon frein permanent. Vitesse excellente, je peux mouliner sans fatigue.
    Retour chez Rob, grande discussions dans la limite de ce que l'anglais nous permet, mais entre marins on se comprend sans trop de difficultés.
    À mon retour au camp de base, idée curieuse, je me propose comme bénévole sur ce festival culturel. Très bon accueil dans l'équipe nombreuse et diverse, on verra ce que ça donnera demain, mais au fond, quel meilleur moyen de rencontrer ces étranges étrangers?
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  • Ah! Si t'avais travaillé à l'école!

    11 Julai 2025, Belanda ⋅ ⛅ 21 °C

    Mon idée de me proposer comme bénévole n'était pas super fine... j'aurais pu être utile hier ou avant, pour mettre en place du matériel, mais avec la barrière du langage et face à un public, c'était trop difficile pour les responsables de me confier quoi que que ce soit, et pour moi d'agir ou de proposer avant d'avoir compris de quoi on parlait (en Néerlandais, avec l'accent frison pour simplifier, mais cette partie de la Frise ne parle pas Frison).
    Ma réflexion de si t'avais travaillé à l'école est idiote, je pense que la façon dont on apprenait les langues était absurde, en une année on apprenait les tournures correctes, les déclinaisons le cas échéant, mais le but ne semblait pas d'apprendre à exprimer ses désirs et besoins, où d'élaborer des concepts... Je ne sais pas si ça a changé, mais en 15 jours dans un pays on en apprend plus qu'en une année scolaire, au moins pour les élèves comme moi, qui préféraient mal parler que de ne pas parler en sachant de jolies phrases qui n'étaient pas les miennes.
    Quand j'ai fait de l'allemand, j'imaginais les bébés allemands apprenant les déclinaisons avant de pouvoir dire maman, pipi, ca ca, où papa...
    Donc journée un peu triste, même si j'ai fait le pitre, pu faire essayer mon vélo ou parler de mon voyage.
    Chose curieuse depuis toujours dans mon Anglais autodidacte, je peux lire des livres techniques avec des descriptions assez compliquées, comme la description des carènes de clippers de David McGregor, avec un vocabulaire qui me semble beaucoup plus riche que celui qu'on a en Français, mais je suis incapable de traduire directement en Français! Dire que je pense en Anglais ou que je comprend exactement tout ce que je lis serait présomptueux, mais je suis obligé de me faire des images en Anglais pour les d'écrire en Français. ..
    Quand je lis en Anglais, j'ai le souvenir de mes lectures de jeune ado quand je lisais des bouquins "pas de mon âge": je ne comprend pas vraiment tout, mais ce que je comprends m'aide à comprendre au moins les deux tiers de ce qui est obscur.
    Bref.
    Cette barrière du langage a vraiment été mon impréparation numéro 1. J'ai fait semblant d'étudier en écoutant des radios classiques anglaises et allemandes, un peu de travail avec des applis genre Babbel ou autres aurait enrichi mon voyage.
    Restons positifs, j'ai malgré tout passe une journée agréable, j'ai renoué avec mon vélo avec une moyenne de 22km/h sur 15 km, discuté avec ces Bataves du Nord, tellement moins psycho rigides que leurs compatriotes du Sud.. .
    Le festival est marrant et varié, beaucoup de groupes amateurs le vendredi, une nana chantait en Arabe magnifiquement. Ça fait plus de 10 ans que ce festival existe et fait le plein, en restant tout à fait amateur.
    Demain départ en direction de la Frise "frisonne", je devrais m'arrêter pour visiter Groningen, prononcer le G comme la jota espagnole, suivie d'un r très roulé.
    La prononciation c'est rigolo à apprendre aussi!
    PS: j'ai rajouté des images et vidéos qui viennent de ma Go Pro à 3 francs...
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  • Accueil royal à Leek

    12 Julai 2025, Belanda ⋅ ⛅ 22 °C

    Ce matin,réveil difficile après une nuit de festival, l'Afro-beat néerlandais est très efficace pour vous empêcher de dormir...
    La soirée a été très agréable, avec la rencontre d'un couple ayant travaillé toute sa carrière en milieu hospitalier psychiatrique, ils m'ont encouragé énormément dans ma démarche.
    Je m'aperçois que j'intéresse beaucoup de monde sur le camping des bénévoles, on m'offre un café et on vient discuter avec moi, c'est toujours très bon pour l'égo. Une fois de plus, parler de mon handicap psychique donne de la valeur à ma "performance", au lieu de m'exclure.
    J'ai reçu un très gentil mail de mes hôtes du soir: "...You're more than Welcome To our Garden..." Ça aussi ça fait beaucoup de bien. Je crois que c'est une des premières fois que je sais dès le matin où je vais m'arrêter le soir... 65 km, altitude entre -3 et 15 m, ça devrait être facile, j'en profite pour appuyer un peu pour retrouver le plaisir d'un vélo qui marche; j'aurai d'autant plus de temps pour jeter un oeil à Groningen.
    Terrain très plat, mais beau paysage sur cette véloroute européenne du Dollard, le nom de la baie que je longe, entre Allemagne et Pays-Bas.
    Groningen est une très belle ville, très touristique, comme toute la Frise "frisonnante", on me l'a dit hier soir.
    Je joue à me perdre un peu, c'est très rigolo de visiter une ville en fauteuil à roulettes.je m'arrête tout de même pour boire un verre dans un énorme bar du centre, ça me rappelle un peu Bruxelles.
    Pour aller à Leek, la route est aussi très jolie, avec une curieuse impression de circuler entre des canaux et des marais, les maisons semblant posées sur les seuls endroits à peu près secs.
    Jee me retrouve devant une grande maison moderne, une petite fille m'ouvre, suivie de près par Alice, puis Janjaap.
    Quand je dis que je dois aller m'acheter à manger, Janjaap m'invite, me propose de faire une lessive (je refuse, faut pas exagérer, où alors pas trop), et me mets salle de bain et serviette à disposition.
    Avant tout, il me prête un vélo hollandais et m'accompagne jusqu'aux magasins pour faire mes courses. Ça nous permet de discuter en même temps que j'apprends à faire du vélo sans poignées de frein ni de dérailleur.
    Au retour je monte ma tente, pendant que l'aînée des deux filles joue du Satie au piano, la classe Douglas!
    Je finis d'écrire ce journal sur la terrasse, puis je vais rattraper ma mauvaise nuit d'hier...
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  • 's Heerenbeeg

    17 Julai 2025, Belanda ⋅ ⛅ 23 °C

    Que c'est dur de s'y remettre! J'ai un peu perdu le fil... J'ai été accueilli par tellement de gens , tous se sont tellement décarcassés pour m'être agréable que j'en oublie une bonne partie du voyage...
    Quand j'ai quitté la réserve naturelle et les marais de Frise, je suis passé à travers une autre réserve, ne me demandez pas laquelle, je tenterai de mettre ça au clair quand je mettrai en forme ces notes. J'ai roulé sous la pluie, et surtout la piste passait à un moment à travers champ, j'ai eu un doute devant un terrain très boueux dans un pré avec des vaches. Je suis descendu de vélo pour voir, et je suis tombé dans une mare de purin! Les vaches s'enfonçaient de 40 cm dans cette merde, mais je ne l'ai vu qu'après. Malgré mon pantalon de KWay et ma veste Gore tex tout était rempli de merde jusqu'au milieu du t shirt. Pour aggraver la situation, il pleut mais pas assez pour me rincer, et les étangs voisins sont clôturés par des grillages infranchissables. La merde des vaches hollandaises de l'agriculture intensive pue la pisse et la merde presque humaine... Je dois traverser une petite ville pour trouver un canal navigable, où je sais qu'il y a souvent des pontons déserts... J'erre sur des routes et des chemins fréquentés, avec des gens qui me regardent vraiment de travers: ici, quand tu pisses sur le bord de la route tu te fais klaxonner. Se dire que ça pourrait être pire, j'aurais pu couler dans cette merde avec mon vélo et tous mes bagages...
    Le temps s'éclaircit, et je trouve enfin un petit bout de quai un peu caché. Baignade pour moi qui n'arrive pas à mettre un orteil dans l'eau en Bretagne, lavage intensif de mes fringues, toute ma bouteille de shampoing presque neuve y passe. Heureusement j'ai réussi la veille à faire sécher une partie de ma lessive.
    J'étends tout ce qui peut l'être, mon vélo ressemble à une grosse panière de linge qui ne sèche pas, toute la journée est entrecoupée d'averses orageuses.
    Je passe la nuit chez Edwin et sa femme, qui font partie de ces hôtes discrets, ça tombe bien, je ne suis pas trop d'humeur à bavarder.
    Pour la journée du 17, j'avais prévu un bel itinéraire sur des petites routes, mais ma mésaventure de la veille me calme, je pique droit au sud, et comme pour conjurer les péripéties, j'ai contacté dès la veille au soir Shana, qui propose "a small and sadly paved garden so your tent has to stand up without pegs, but as long as that's not a problem you are welcome. (:
    " Ça me va très bien, mon iglou minuscule tient debout toute seule. Je roule sur une route pas drôle, alors que j'apprendrai le soir que je suis passé à côté de très jolis coins.
    Shana m'annonce que je suis invité à dîner, et me demande mon ETA (estimated time arrival), je lui annonce 17 h 56 sur le ton de la plaisanterie, j'arrive en avance de 4 minutes... Dans le minuscule jardin qui est en fait une courette pavée, il y a déjà deux vélos chargés, un coin salon avec deux canapés et une table basse, et sur les canapés Emma et xxx, deux Flamandes en route vers le nord, ainsi que xx, appelons le Peter, un copain de Shana qui s'est construit un vélo couché deux roues en alu sans soudure. Il avait envie de me rencontrer pour parler cyclisme couché. Arrive ensuite xxxxx qui a envie de parler Français. Par politesse, tout ce petit monde néerlandophone fait l'effort de parler anglais je suis assez touché.
    Après le dîner nous allons faire un tour en ville. Heerenberg possède un château que je pense du XVe s., et un quartier très ancien qui s'arrête brutalement pour faire place à des maisons plus récentes. Je me demande si cette petite ville n'a pas subi des bombardements importants, nous sommes à 3 km de la frontière. Je dors dans le jardinet pendant que Emma et sa copine dorment dans le salon.
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  • Panningen, Ine et Mark

    18–20 Jul 2025, Belanda ⋅ ☀️ 27 °C

    Ce matin, encore des discussions sympas avec les filles, je fais bien rire tout le monde en montrant les inepties que j'ai embarqué, dont un magnifique marteau, qui en fait m'a bien servi.
    Après une journée bien planifiée, je décide de me remettre en mode chien en vadrouille, direction la vallée de la Meuse, mais en suivant ma truffe.
    Je démarre très bien, mon vélo semble rouler tout seul, tant et si bien que je force un peu pour le plaisir, au lieu de bien mouliner pour m'échauffer.
    Du coup, je force un peu dans une côte, pour épater une bande de retraités allemands en goguette, et comme d'habitude ça tire un petit peu sur le genou droit: devant quand je pousse trop fort, derrière quand je pédale trop vite. Ça passe, n'en parlons plus.
    Passage du Rhin sur le même pont qu'à l'aller, alors que j'ai tout fait pour varier mon itinéraire. Qu'importe! Ce fleuve est vraiment majestueux.
    Je prends vraiment les petites routes autour de Clèves, la Rhénanie-Westphalie est plutôt jolie, avec des maisons plus coquettes et mieux dessinées que dans l'Allemagne du nord.
    Mais, quelle surprise! Depuis bientôt un mois et demi que je suis dans le Nord, chaque fois que j'ai croisé quelqu'un, ça a toujours été d'abord des 'Morgen, Hello, Hey ou 'Tag en Flandre et en Hollande, des Alo en Allemagne, puis ce délicieux Moin de la Mer du Nord à la Baltique, dans toutes les langues, pour finir au Danemark avec ce Hej! Que j'adore.
    En Rhénanie, à peine un hochement de tête...
    Il fait de plus en plus chaud, et mon genou me fait de plus en plus mal surtout sur l'arrière.
    Marc, mon kiné préféré sur Facebook, me conseille le froid et les pommades anti inflammatoires.
    Je n'avance plus... J'envoie un message via Welcome To My Garden à des gens qui ne sont pas trop loin, puis je crève ! Je les préviens, par chance mon vélo est très pratique en cas de crevaison, il suffit de le coucher pour avoir le pneu à hauteur de travail.
    Bizarrement, j'ai dû faire un bon mouvement en réparant ma roue, j'ai beaucoup moins mal au genou.
    J'arrive chez Ine et Mark, ils me font visiter un petit pavillon avec garage à vélos, toilettes et douche, un grenier habitable, un frigo rempli de boissons EN LIBRE SERVICE, et une charmante véranda à l'arrière du bâtiment. J'ai fini mon pain pendant la journée, Ine m'en donne, j'ai les mains dégueulasses, Mark m'apporte de l'eau chaude... Ils ont aussi des poches de glace pour mon genou... Ils s'excusent, ils sont invités chez des voisins, et le chauffe-eau de la douche est cassé...
    Vu la température ce n'est vraiment pas un problème, et je choisis de dormir sur le tapis sous la véranda. Un hérisson vient me voir, mais à chaque fois que j'essaye de le photographier il se carapate.
    Cette véranda me semble parfaite pour écrire, comme ils me l'ont proposé, je reste un jour de plus. Durant toute la journée je fais juste des courses et ma lessive, et c'est finalement ce samedi soir, le 19, que je commence à écrire.
    Comme si leur sollicitude ne suffisait pas, ils m'ont invité à dîner...
    Il est 21 h, demain je repars, j'hésite entre la vallée de la Meuse pour découvrir la Wallonie, ou couper vers le sud-ouest pour continuer à parler un peu anglais avec des Flamands.
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  • De Maastricht à Seraing

    21 Julai 2025, Belgium ⋅ 🌧 18 °C

    Le matin, après une excellente nuit malgré mon matelas crevé, je décide de filer à Liège, où il y a un Decathlon. Je connais leurs matelas, et si je tombe sur un vendeur compétent, ça va me simplifier la vie de pouvoir parler en français. Liège n'est qu'à 35 km, j'y serai normalement en début d'après-midi.
    Un mot sur Bart et sa femme (j'ignore son prénom). Ils semblent musiciens, j'ai vu un piano et un violoncelle dans la maison, ainsi que des accessoires adaptés au handicap, Elle est atteinte de sclérose en plaque. Jolies conversations: elle aime beaucoup mon vélo, ils ont un tandem avec le siège avant couché, elle adore ce vélo. Elle est en fauteuil, mais semble encore capable de pédaler. Nous avons un peu parlé musique, Bart partage ma défiance envers Bach. Je remarque aussi ce matin les affiches des films de Jacques Tati aux murs, c'est amusant de parler de nos gags préférés, Tati est international. La femme de Bart manifeste aussi beaucoup d'intérêt pour mon parcours de handicap psychique, alors qu'elle semble avoir une santé mentale d'enfer.
    Je fête aujourd'hui les deux mois jour pour jour de mon départ. Je me mets en route, la traversée des grandes villes est interminable. Petit à petit j'arrive quand même à sortir de la ville, mais c'est encore un jour où je n'avance pas. J'arrive à un tout petit bac, mon GPS ne m'a pas encore engueulé pour consulter la carte, et je me retrouve en Wallonie d'un coup!
    Je cherche une supérette, je n'ai plus rien à manger, à part des graines qui me ramonent un peu trop les intestins et une boîte de maquereaux à l'huile. Je trouve enfin un magasin, fermé! C'est aujourd'hui un jour férié, en l'honneur de mon retour en Francophonie? C'est trop gentil... Que nenni ! C'est la fête nationale !
    Mon plan Decathlon s'effondre, et je passe devant deux friteries également fermées. Je trouve enfin un kebab, mais ils doivent fermer dans 10 minutes, et ils ne peuvent faire que de la bouffe à emporter, les fériés en Belgique ça n'a pas l'air de plaisanter. Ils ont la gentillesse de me donner mon casdalle dans une assiette, sur la terrasse. Je mange tout seul sur cette terrasse devant un magasin fermé.
    Je cherche des jardins aux alentours de Liège, via Welcome To My Garden, le pays entier semble dormir, aucune réponse...
    Les bords de Meuse sont magnifiques, ou pas, le fleuve est très varié, je ne m'ennuie pas comme sur l'autoroute à vélos des bords de Loire, il paraît que suivre le Danube est aussi très ennuyeux.
    Liège me fait penser à d'autres villes typiquement belges, avec un mélange de beautés, de trucs affreux, et d'autres sales ou abandonnés.
    Toujours aucune réponse sur WTMG, je multiplie les demandes, ça commence à devenir urgent. En attendant, je continue ma route vers Namur (je connais pas, j'ai envie de voir).
    Je trouve une station service avec un mini market, le problème bouffe est résolu pour ce soir.
    Mme Comoute, mon navigateur, me fait passer par les faubourgs, à la limite des coteaux qui entourent Liège.
    Dans le centre de Seraing, une bande de jeunes bénévoles qui distribuent des sacs repas pour la fête nationale me pose plein de questions, je leur parle évidemment du Danemark, qui à mon avis ne peut que plaire à des jeunes investis comme eux.
    Quand je leur parle du fait que je vais vraisemblablement bivouaquer sur les bords de Meuse, l'idée leur semble excellente. En principe, depuis le début de mon voyage, j'évite de faire des trucs illégaux dans des pays qui ne sont pas le mien...
    Je continue à avancer, quand je reçois une réponse de Myriam ! Elle est à 4 km à vol d'oiseau, mais 200 m plus haut ; ça va être le premier vrai test de mon nouveau triple plateau, avec 55 km dans les jambes, contre un vent violent.
    Je vois une belle pancarte qui dit que le Tour De France est passé par là, ça m'inquiète un peu...
    Je mets 50 minutes à faire ces 4,8 km, mon GPS ne m'indique pas la pente, il se coupe en dessous de 5 km/h, et à un moment je roule à 2,8 km/h, sur une pente que j'estime à 20-25 %: 5 briques de différence de hauteur tous les 2 m, sur un parapet de clôture de jardin. Mon nouveau pédalier fait très bien le job, je n'arrive pas frais et rose, mais quand même en bon état.
    J'arrive chez Myriam, première conversation en français depuis longtemps, elle me fait un somptueux croque-monsieur format XXXL, accompagné d'une salade du jardin. Elle adore la Bretagne, qu'elle connaît très bien.
    Ce matin 22 juillet, elle a dû partir tôt, mais elle m'a laissé un thermos de café.
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  • Namur Franière

    23 Julai 2025, Belgium ⋅ ☁️ 20 °C

    Journée courses à Namur. Je descend d'abord à la gare, par la "rue qui fait peur" dont m'avait parlé Sandrine. Comme j'ai oublié deux batteries chez elle, je m'en tape un petit bout à la remontée, en 22/36 ça passe, c'est moins dur que la côte d'hier, à Seraing.
    À la gare, il y a un atelier associatif, discussion sympa, et j'achète un câble de dérailleur, le mien a un gendarme depuis hier.
    Balade et déjeuner dans un petit bistrot, la ville n'est pas extraordinairement belle, mais vraiment sympa .
    Après, je vais au Decathlon pour changer de matelas. Depuis mon départ j'ai crevé un matelas pneumatique Lidl, vraiment très bien mais trop fragile, remplacé par un autogonflant trouvé en Hollande, lourd et encombrant. Sur ces deux matelas j'ai posé des rustines, mais ça tient mal sur le tissu polyester. J'achète ce coup ci un matelas mousse de polyéthylène, sans doute moins confortable, mais qui ne crèvera pas. Comme c'est les soldes, et que ce genre de magasin sait y faire, je repars avec pas mal de bricoles. J'ai un nouvel étui pour mon téléphone, plus solide et j'espère plus étanche...
    Je dois aussi trouver des câbles USB, les prises se corrodent très vite. Il y a un Action sur ma route, là aussi autres achats, aquarelles et carnet, et une petite enceinte bluetooth. Depuis hier je ne regrette pas cet achat, pédaler en écoutant de la baroque ou autre, c'est vraiment sympa, je n'aime pas les écouteurs, qui te coupent du monde.
    Presque arrivé à Franière, une mini étape de 25 km, je reçois un coup de fil Belge : j'ai perdu mon portefeuille à la sortie du magasin, heureusement que j'ai eu la bonne idée de marquer mon numéro de téléphone dedans ! Demi tour, 10 km en arrière au final j'aurai fait 45 km dans l'après-midi.
    Arrivé chez Chloé et Gaëtan, dire que je suis bien accueilli devient monotone... Gaëtan insiste pour que je monte ma tente sous l'appentis, il a bien raison, un orage éclate peu après. Première soirée avec l'électricité directement dans l'iglou, c'est vraiment chouette de pouvoir mettre la lumière et la musique sans compter.
    J'en profite pour étudier mon trajet retour. Il faut que je commence à accélérer. L'option Lille n'est pas la plus rapide, c'est dommage, j'aurais revu Marc et Françoise avec plaisir. Je peux aussi passer par les environs d'Alençon, et rendre visite à mon ami Jérôme...
    Les nouveaux matelas en mousse sont ondulés bien plus confortables que ceux de mes croisières à l'époque de l'École de Mer du Tregor.
    Changement du câble de dérailleur ce matin, il ne restait que 4 fils sur 19, ça va très vite.
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  • Seneffe

    24 Julai 2025, Belgium ⋅ ☀️ 21 °C

    Peu de km, mais je suis parti à 14 h 00... Passé au nord de Charleroi, pour retrouver la Sambre plus haut. À peine parti, de la pluie... Des routes vraiment dégueulasses, quand on voit un tronçon correct, on a envie de le photographier.
    Qui dit pluie dit aussi très peu de photos...
    Au lit!
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  • Rœulx

    25 Julai 2025, Perancis ⋅ ☀️ 23 °C

    J'écrirai un autre jour...