• Jenna Maury
Nov – Dec 2024

Voyage à Boffa !

Projet de Mobilité Internationale 2024 des jeunes de missions locales du 17 en Guinée. Read more
  • Trip start
    November 23, 2024
    La neige avant l'été !

    Jour J

    November 23, 2024 in France ⋅ ☁️ 11 °C

    Bonjour et bienvenue sur le journal de bord de ce voyage.
    Je suis Jenna, une des 6 jeunes qui partent à Boffa du 23 novembre au 1er décembre avec la mission locale de la Saintonge, de Jonzac, de La Rochelle, sous la coordination de la maison départementale de la mobilité internationale et la Charente-Maritime coopération.

    Ce journal de bord sera sûrement publié de façon fragmenté et en retard puisque je relate les faits généralement le lendemain de la veille, et quand j’ai internet (pas si souvent).

    Aujourd’hui donc, grand départ ! Un groupe part de Saintes, un de La Rochelle et on se retrouve tous à l’aéroport de Bordeaux vers 10h30. Notre embarquement est à 12h50, on est très large.

    On papote, chacun fait ses petites emplettes, se ravitaille en livre ou en nourriture. Puis direction la sécurité.

    Une bouteille d’eau et une brique de jus de pomme arrivent apparemment à passer entre les mailles du filet (sans faire exprès !), et tout le monde en ressort sain et sauf.
    Arrivée maintenant le gros morceau: le premier vol pour la plupart du groupe. On sent un stress palpable et une tension pour certains. Au moins leur premier vol est court (Bordeaux / Paris), il n’y a pas vraiment le temps de tomber malade.

    Tout le monde a finalement survécu jusqu’à la première escale à Paris, non sans une main broyée par son voisin de siège pour Quentin.
    Notre collègue Emmy témoigne:
    « j’avais l’impression de peser 180kg au décollage et 180kg à l’atterrissage dû au changement de pression et à la vitesse de l’avion »

    Escale d’ailleurs très courte, avec un changement de terminal et des pauses cigarettes/toilettes. On passe finalement au dernier appel, tout juste !

    Le deuxième avion est bien plus long, presque 6h + 1h de retard. On arrive enfin à Conakry, mais l’attente n’est pas finie, il nous manque encore les visas !
    Les gens ne sont pas stressés, on prend son temps et on me promet déjà un passeport guinéen pour que je puisse rester ici plus longtemps. Un bel accueil !!

    D’ailleurs ici tout le monde dit « bonne arrivée » plus que bienvenue, j’aime bien, c’est très très accueillant.
    On rencontre Mélanie, Saa Pierre, Jobe et quelques autres de l’organisation sur place avant de se dispatcher dans les voitures pour aller à l’hôtel.

    Et en 20 min de route, on observe déjà pleinnnnns de belles choses.
    Bon je pense qu’on a maintenant tous une confiance aveugle dans nos chauffeurs, étant donné que les règles n’ont rien à voir avec les nôtres. Ici on est 3 sur un scooter, pas un casque, pieds nu, et on téléphone en même temps, sans souci ! Ça double par la gauche, par la droite, y’a des gens à contre sens… bref, contente de pas avoir passé mon permis ici, même si c’est une question d’habitude.
    Il est environ 00h30 et TOUT est ouvert, les commerces, les stands en bord de rues. Tout le monde est dehors et la ville est on ne peut plus vivante.

    Arrivée à l’hôtel tranquille, où on se répartit par chambre filles/garçons/organisateurs.
    J’ai de la chance, il y a eu un problème de communication et je me retrouve avec une chambre double pour moi, grand luxe !
    On se reparti les cartes SIM (pour moi aussi, community manager 😋), informe les parents qu’on est vivants, fait le plein d’eau et hop, au dodo.

    Ici il y a l’eau au robinet, elle est potable mais n’est pas autant traitée et filtrée que chez nous. Si on restait assez longtemps, on pourrait la boire et s’y habituer, mais ici ça ne vaut pas le coup. Nous ne sommes là que pour 10 jours, ce qui nous laisserait juste le temps de tomber malade.

    Il est 02h00, il fait un ressenti de 27° dehors, et le lézard qui me tient compagnie dans ma chambre et moi vous disent à demain !
    Read more

  • Trajet conakry / boffa

    November 24, 2024 in Guinea ⋅ ☀️ 30 °C

    Réveil à 7h30 après bien peu de sommeil, et environ 5h de route (si tout va bien) à venir !

    On se regroupe tous pour prendre un petit dej. On découvre l’hôtel dans lequel on a dormi en plein jour et c’est juste à côté de la mer ! La lumière est magnifique et pointe du doigt tous les déchets qui s’y entasse.

    Le plastique est un gros problème, qui n’est malheureusement pas prioritaire en Guinée pour l’instant. Il y a notamment beaucoup de bouteille d’eau ou de poche d’eau (dose unique) par terre.
    Les guinéens n’ayant pas pour habitude de payer de taxe (ex l’eau est disponible, même si pas très propre, pourquoi la payer ? C’est comme si on faisait payer l’air pour nous), il est difficile de mettre en place des services collectifs, comme le ramassage de déchets.
    Il n’y a de toute façon pas de traitement ultérieur des déchets, et on observera des petits tas qui brûlent partout au cœur des rues.

    Bref.

    On petit déjeune, échange nos euros en franc guinéen, et on prend tous la route.
    Boffa n’est « qu’à » 150km, mais la route est parfois dans un tel état qu’il nous faut plusieurs heures pour arriver jusque là, vidéo à l’appui.

    Beaucoup de gens vendent aussi le long des routes, et on s’arrête quelques fois avec Saa Pierre, notre chauffeur et employée de la base du CMC.
    On goûte alors à des beignets de bananes et des beignets de farine de riz, trop bon !

    On arrive finalement à la base vers 14h30, rencontre quelques collègues guinéens, avec qui on se met à table (il était temps!).

    On se pose tranquillement durant le reste de l’après-midi, le trajet ayant été éprouvant.
    Plus tard, Mélanie, notre coordinatrice et volontaire à la base, nous mène dans une promenade vers la mangrove de Boffa.
    La mangrove est MAGNIFIQUE, l’endroit est vraiment idyllique, on se croirait dans un décor de film. Entre le bord de la forêt de palmiers, l’étendue d’eau, les palétuviers, une pirogue sur le côté… tout est fou, et on reste là jusqu’au couché de soleil.

    Mélanie s’absente 20min pour rattraper Zohra et Jean-Michel, encadrants qui étaient derrière, et Emmy en profite pour partir dans la vase à la chasse au crabe, je vous laisse admirer les résultats…

    On croise quelqu’un qui récolte les fruits de palmiers sur le retour, c’est assez impressionnant de voir quelqu’un couper des fruits aussi haut sans vrai sécurité derrière !

    Retour dans le centre et rencontre avec nos familles. Car oui, nous dormons dans des familles de personnes qui travaille pour CMC. Mathis est avec Saa Pierre, Kévin et Manu avec Jobé, l’homme couteau suisse de la base, mais surtout mécanicien et chauffeur, et Eva, Emmy et moi sommes chez Rosalie, qui s’occupe de l’administratif et budget.
    Rencontre donc, douche (enfin!!!!!!), et repas.
    La douche est froide (dieu merci), et « à la main ». Nous avons un grand bac d’eau dans lequel on se sert, transvase dans un plus petit seau qu’on utilise au fur et à mesure. On se rend beaucoup plus compte de la quantité qu’on utilise, et pareil pour la chasse d’eau pour laquelle il faut mettre un seau d’eau !

    On passe ensuite à table. Rosalie nous a ensuite préparé du foufou (préparation de magnoc, plus épais qu’une purée, qu’on prend avec les doigts) avec une sauce gombo (piment, poivrons, crevettes, oignons…) et du poulet. La texture du foufou est inhabituelle et le gombo piquant, mais c’est franchement pas mal !

    On se pose ensuite dehors, il ne fait plus que 29°c, c’est frais ! On discute avec Rosalie et sa sœur, qui vit aussi ici, avant d’aller se coucher assez tôt (22h30), épuisées.
    Read more

  • Lundi 25

    November 25, 2024 in Guinea ⋅ ☀️ 27 °C

    Réveil vers 8h, pour un petit-dej tous ensemble à la base.

    On rencontre toute l’équipe du CMC, tous les salariés guinéens nous expliquent leur poste, et font un retour sur leur travail de la semaine passée, pour le débriefing hebdomadaire du lundi matin.
    On a eu une vision globale du travail de chacun, tant les missions sur le court terme que l’impact au long terme que cela a ensuite dans la commune.

    Mélanie nous présente ensuite le programme de la semaine, qui s’annonce super et chargé ! Beaucoup de missions de travail en lien avec le CMC et l’eau, comme aller visiter les points d’eau, voir le soufflage (nettoyage) des forages, refaire des digues sur les îles alentours… alternées avec des missions liées aux problématiques connexes et actuelles, comme le ramassage et gestion des déchets, la sensibilisation à l’importance de l’état civil, et plein d’autres choses très intéressantes. On ne va pas chômer !

    Nous devions rencontrer les représentants des autorités locales à la mairie et préfecture ce matin, mais tous deux sont finalement occupés.

    On mange donc tous ensemble, poisson, mélange de carotte / pommes de terre / petits pois, et salade de légumes.
    En dessert, des beignets de farine de riz à la coco (similaires à ceux de la veille), et des chauffeurs fakhé, sorte de sablés HYPER BON, nommés comme ça car très apprécié des chauffeurs.

    Un créneau se libère ensuite pour aller rencontrer le président de la délégation spéciale de Boffa (l’équivalent du maire) qui vient de finir une inauguration, on fonce !
    On se retrouve donc avec lui et deux des ses bras droits. On lui présente l’équipe, les missions et notre présence ici, tout en le remerciant de son accueil. Ils sont tous très sympathique et nous invite à un match de foot organisé plus tard, pour la Coupe de Président.

    On rentre faire une réunion/briefing sur l’importance de l’état civil, pourquoi ici ce n’est pas vraiment appliqué, et comment CMC et les communes alentours essaient de sensibiliser et convaincre les locaux de faire les actes de naissance, mariage et décès (à minima). La réunion met nos cerveaux en ébullition pendant plusieurs heures, suscite le débat, nous apprend l’histoire de la Guinée et le contexte de tout ça.

    Et puis soudain, il est 16h30, et c’est l’heure d’aller au match !! C’est un match très important, déjà parce que c’est la demi finale et que Boffa est qualifiée en final, il faut découvrir nos ennemis. Mais aussi parce que c’est une coupe politique, organisée par le président arrivé au pouvoir en 2021 par un coup d’état. Le stade est donc rempli de gens !! Ayant été invités personnellement par le maire, nous découvrons que nous avons des sièges réservés (à savoir que tout le monde est debout) à côté des officiels. C’est assez impressionnant et perturbant. On est traité comme des VIP alors que nous n’avons personnellement rien fait pour…
    Mais bon, le match est plein de suspens et Mankountan bat Koba 1-0 ! Tout le monde éclate de joie et envahit le terrain, l’ambiance est top !

    On rentre ensuite sur la base se poser un peu, puis prendre nos affaires pour aller se promener au vieux marché. Il commence à faire nuit donc le marché ne bat pas son plein, mais 70% des commerces sont quand même ouverts, on fait des repérages pour la prochaine fois, se balade, découvre les environs, la mosquée…
    Sur le chemin du retour, on redépose chacun chez sa famille au fur et à mesure, et on finit la soirée chaque groupe dans son coin.

    De notre côté, Emmy Eva et moi-même on discutons avec notre famille. On mange tous ensemble une salade de légumes, du riz avec la sauce feuille (de magnoc) et de la pastèque, trop bon !
    En totale immersion, la soirée est super cool, on apprend à se connaître les uns les autres et découvrir les habitudes et le mode de vie à la guinéenne, avant d’aller se coucher.
    Read more

  • Mardi 26

    November 26, 2024 in Guinea ⋅ ☁️ 25 °C

    Aujourd’hui c’est petit dej dans les familles. Emmy nous a ramené de la galette des rois (hors période, certes) pour faire goûter à la famille. Personne ne trouve la fève mais on se régale !

    Direction la base, qui est à 5 min à pied de chez nous, avec Rosalie qui embauche en même temps.
    Ce matin, nous avons pour mission d’aller nettoyer le marché moderne avec l’équipe de volontaire habituelle (majoritairement des femmes). Le but étant aussi de montrer l’importance de leur travail qui mérite salaire.
    On s’équipe donc avec des tenues magnifiques, bottes, gants, gilets fluo et masques, avant d’aller sur site.
    Nous sommes accueillis par le gérant de l’équipe et tout le groupe. Les femmes chantent en travaillant, et faute de connaître les paroles, cela nous encourage pour balayer, ratisser et ramasser sous cette chaleur.
    Le travail d’équipe est énorme et on sent une cohésion et entraide énorme, c’est hyper chouette !
    On se fait un retour à la base dans la benne, à prendre l’air, ça fait du bien!

    Arrivée, on n’échappe pas à un coup de tuyau d’arrosage, on est chaud et sale, c’est nécessaire !!
    On s’attable ensuite dans la maison des volontaires, puisque le maire, accompagné de Quentin et tous leurs collègues sont en pleines réunion dans la paillote, notre QG.
    Lucie et Bertrand, deux volontaire qui travaille à la base, comme Mélanie, reviennent entre temps de Conakry où ils ont été travailler quelques jours.

    Repas donc avec une salade pomme de terre concombre tomate, avec de la semoule de magnoc et du poulet sauce yassa (avec des petits oignons confits).
    On finit le repas avec un très bon gâteau au chocolat pour souffler les bougies de Manu, qui fête ses 20 ans aujourd’hui, et Lucie, qui a fêté son anniversaire hier !

    On se dépêche, et partons ensuite tous vers Tamita, commune proche de Boffa, pour aller sensibiliser les populations à l’importance de l’état civil sur lequel on a été briefé hier.
    On rencontre le maire et ses adjoints, avant de se dispatcher en binôme de deux jeunes + un encadrant de chez eux + un représentation de relais communauté de Tamita + un chauffeur.
    Je me retrouve avec Mathys, Zohra, Saa Pierre, Korka et Alassan, notre relais communauté.
    Nous sommes accueillis par l’assemblée du village de Keleya, ses vieux sages, hommes, femmes et enfants. C’est assez impressionnant, et même si on en a déjà discuté au préalable, je suis assez dubitative sur mon rôle à jouer ici. Ces gens vivent en communauté depuis des générations sans moi et mon témoignage, je n’ai pas l’impression qu’il ai besoin de moi.
    Mais en discutant avec Alassan, et à mesure d’exemple type « si vous ne vous recensez pas, on ne peut pas mesurer la population, et savoir s’il faut ouvrir une nouvelle école, nouvel hôpital, nouveau forage… dont vous auriez besoin », ou « sans acte de mariage, tout le processus d’héritage pour votre conjoint.e n’est pas assuré ».
    Voir même un exemple vrai et coup de point de Korka, traduit en Sousou par Saa Pierre: « on homme paraissait mort, il ne bougeait plus. On l’a mis dans un linceul, creusé sa tombe, et au moment de le mettre en terre, il s’est mis à tousser. » les gens tombent parfois dans le coma, ou se font mordre par un serpent et sont paralysés. Mais ici entre le temps de « mort » et l’enterrement, il peut parfois se passer à peine quelques heures. Hors dans acte de décès, sans reconnaissance de la mort véritable par un médecin, qui sait combien de gens ont été enterré sans être mort ?
    Les vieux sages se sont exclamés mais l’exemple et expérience de Korka a porté ses fruits, et Alassan nous traduisait au fur et à mesure que les hommes posaient des questions, qu’ils se sentait maintenant concernés, qu’ils veulent régler tout ces problèmes. Et chacun de l’assemblée y allait de son exemple personnel « comment faire si mon acte de naissance dit « né vers l’année 1950 » plutôt qu’une date précise ? ». C’était très émouvant de voir l’impact à court-terme que nos peu de mots ont portés. Saa Pierre a finalement parlé une bonne partie du temps, il avait des arguments coup de poings qu’il portait très bien en orateur hors pair qu’il est, et puisqu’il parle Sousou, on ne perdait pas d’impact et de d’importance des mots à travers une traduction.

    En bref, une après-midi très forte et intéressante. Jusqu’à ce qu’on essaie de partir et que la voiture ne démarre plus… merci au monsieur qui est venu nous dépanner en connecter sa batterie à la nôtre avec 2 clés à molette.

    Des retours que j’ai pu avoir des autres groupes, il semblerait que tout le monde ait eu des conversations très intéressantes, et des échanges animés et formateurs avec leur village assigné. Pour certains les femmes posaient plus de questions, ou les hommes, mais c’est aussi un travail de bouche à oreille. En convaincant les sages du village, on espère que chacun prendre ensuite exemple. Ils nous l’ont d’ailleurs dit « vendredi, après la prière, nous irons à la mairie nous recenser » !

    Le moteur réparé, il est temps de filer à Boffa, pour aller jouer au foot avec les jeunes du coin. Toutes ses aventures nous ont un peu mis en retard, donc on fonce.

    Arrivée sur le même terrain de foot que celui où nous étions VIP, une bonne cinquantaine de jeunes nous attendent. Nous sommes 6 jeunes, c’est assez impressionnant ! On commence donc le match 11 contre 11, dont une équipe avec Jean-Phillipe, Mathys, moi et Manu dans les buts. Emmy et Kevin sont parti chercher des chaussures, et Eva fait observatrice avec Quentin, et Mélanie qui fait photographe.
    Le match bat son plein, ils sont biennn plus fort que nous, et on perdra finalement 3-2. Mais pas avant que Manu n’arrête quelques buts, que j’en mette un (que peu ont essayé d’empêcher) et que Mathys et Jean-Philippe ne donnent tout ce qu’ils ont en tant que grand fan.
    C’est un grand moment d’équipe, de cohésion, de partage. Le foot est universel est on le sent vraiment à ce moment là, c’est un très beau moment qu’on passe tous ensemble.

    Mais ce n’est pas fini ! Retour à la base et nouveau départ pour (presque) tout le monde pour aller voir le match de ligue des champions PSG / Bayern. Arrivée dans un p’tit hangar avec une tv pour tout le monde. Les guinéens regardent plutôt Brest/Barca, et zappent entre les deux matchs. Jean-Philippe fait bien savoir à tout le monde l’équipe qu’il supporte, et fait rire tout le monde.
    On passe une super soirée à essayer de se fondre avec les locaux. Encore une fois, le foot met tout le monde d’accord.

    Retour ensuite chez nos familles où on passe des supers soirées. Finale d’une tv réalité locale très attendue, ça rapproche aussi il faut croire !
    Encore une fois, on s’écroule de fatigue, les journées sont bien remplies !
    Read more

  • Mercredi 27

    November 27, 2024 in Guinea ⋅ ☀️ 30 °C

    Aujourd’hui p’tit dej avec de l’omelette très bonne faite par Rosalie.
    Un poil en retard, nous fonçons à la base, finalement à l’heure.

    Chaque groupe se dispatche, aujourd’hui tout le monde ne fait pas la même chose, puisque certaines activités requièrent des plus petits groupes. Mais les deux groupes feront la même chose au final en alternance sur deux jours.

    Le premier « groupe sel », composé de Zohra, Emmy, Eva, Mathys et Bertrand partent sur l’île de Dari en pirogue, pour réparer des digues de marais salais, pour faire le sel solaire. Le chemin est assez long, ils partent donc pour la journée et mangent là-bas.

    L’autre groupe, composé de Manu, Kévin, Jean-Philippe et Lucie/Mélanie en alternance se subdivise !
    Kévin et Manu partent faire une annonce à la radio locale pour faire un coup de pub à notre atelier de projection ciné-débat de ce soir. Pendant ce temps là, je commence la cuisine avec Mamaïssata pour préparer une riz sauce arachide (beurre de cacahuète) et boulettes de banane. Délicieux !!

    Le réalisateur et la sondière de la projection de ce soir arrivent d’ores et déjà, et j’en profite pour m’entretenir avec eux et avoir plus d’informations sur la projection de ce soir. Compliqué de poser des questions sur un film que je ne connais pas et n’ai pas vu.

    Pendant ce temps là, Manu, Kévin et Jean-Philippe font des mini interview pour pouvoir participer à la comm de CMC, histoire d’avoir un retour sur expérience des jeunes.

    On mange à 4 pendant que les autres finissent une réunion, avant de faire un bout de route pour aller voir un soufflage sur un forage. Il est finalement assez loin, et on fait BEAUCOUP de piste, qui nous oblige à rouler très lentement.
    On arrive finalement, pressés par le temps puisque l’heure de la projection n’est pas loin.
    On reste donc une petite heure sur place, découvre le forage, tout le processus de soufflage, qui consiste avec un gros moteur à souffler hors du puit toutes les branches, sables, saletés qui ont pu s’y mettre au fil du temps.
    À titre d’idée, il y a 1 forage pour 350 personnes.
    Le soufflage prend 4h, il est à faire tous les 3 ans environ, voir plus si, comme ici, on est en zone littoral, donc beaucoup de sable s’enlise dans le tuyau.
    À la fin du soufflage, ils insèrent du chlore dans le tuyau pour décaper, et les gens ne sont pas supposer boire pendant 72h après.

    On rentre ensuite bien vite direction le centre culturel de Boffa.
    On arrive et finit direct la mise en place du film et de la salle. Il n’y a pas grand monde malgré notre annonce à la radio du matin. On décide donc d’aller chercher les gens des alentours nous-même, ce qui marche finalement plutôt bien ! On finit (petit à petit) avec une salle pleine.
    Il fait très très chaud, et on voit bien que la culture du cinéma en Guinée est bien différente. Les gens vont et viennent, font du bruit, n’éteignent pas leur téléphone…
    C’est plus compliqué. Mais le film est quand même très intéressant, et l’échange avec l’équipe très enrichissante. Le public se prend au jeu et pose pas mal de questions, et on finit la soirée en beauté !

    La fin de la journée s’annonce, et on rentre tous petit à petit chez nos familles.
    Au menu ce soir pour nous: poisson entier, aloco (banane fris) et petits oignons !
    Read more

  • Jeudi 28

    November 29, 2024 in Guinea ⋅ 🌙 25 °C

    Aujourd’hui est apparemment la journée la plus dure et physique. C’était donc le cas hier pour l’autre groupe.

    Mission du jour au pôle sel, reconstruire et renforcer les digues des marais salants sur des îles alentours.

    On démarre donc tôt après un petit déjeuner original: bouillie de riz avec du sucre et du jus de citron vert. Et c’est hyper bon ?! Certains rajoutent du fromage, de la margarine, du lait. C’est vraiment une base neutre qu’on peut mettre à sa sauce, ça ressemble parfois un peu à du riz au lait.

    Trajet donc jusqu’au port. On fait bien une heure de route de piste pour aller jusque là, ça secoue pas mal, mais le paysage vaut le coup. On s’arrête en cours pour dire bonjour à l’adjoint du maire de Douprou, avec qui CMC travaille.

    On arrive enfin et on réalise avec Mélanie qu’on a oublié de prendre un pagne (grand bout de tissu qu’on coince et porte en jupe ou robe en général). Ici il est vu comme plus provocateur de porter un pantalon qu’une robe en tant que femme, tout l’inverse de la France finalement !
    Je m’improvise donc un pagne avec la serviette de Jean-Philippe, et Mélanie reste le plus possible dans la voiture jusqu’à la pirogue.
    En tant que blanc, on nous en tiendrais moins rigueur, mais on tient tout de même à respecter les règles de la culture qu’on découvre.

    On s’enfonce dans la vase en marchant jusqu’à la pirogue, et navigue 5/10min jusqu’à la rive en face. On marche ensuite jusqu’aux marais salants de l’île, où on est accueilli par les femmes du village qui nous chantent des chants magnifiques.

    On se met ensuite au travail, il est temps!
    On utilise des pelles-bêche, allongée et coupante au bout pour passer à travers les racines des mangroves ou autres.
    Le travail est physique ! On est sous le soleil, le sable est lourd, et c’est un travail très répétitif. Je me fais assez rapidement une ampoule, jumelle de celles fais pendant la collecte des déchets du marché ! Mais on a la chance de voir le travail avancé concrètement et à vu d’œil ! On déplace tous le sable venu s’étaler dans le marais pour le remonter sur la digue à reconstruire. Ce site là n’a pas été utilisé depuis 5 ans, mais avec cette digue en état, la population sera en mesure de récolter à nouveau du sel pour aller le vendre ensuite.

    Après pas mal de travail, on se pose à l’ombre et dégustons un riz sauce poisson, assez piquant, mais très bon, fait par les femmes du village qui nous accueille.

    On repart ensuite sur un autre site, en activité, et à un bon 20/25 min de pirogue.
    Ici, il est question de creuser à travers la digue pour passer des tuyaux d’évacuation et de trajectoire pour l’eau. L’argile que nous creusons est beaucoup plus malléable que celle de ce matin, mais donc beaucoup plus dense et lourde ! On arrive à poser deux tuyaux et refaire la digue par dessus, avant de terminer notre journée !
    Le travail main dans la main avec les équipes locales à porter ses fruits, et c’est très impressionnant de voir le travail que ces gens accomplissent chaque jour !

    On se laisse ensuite aller à une baignade bien méritée, l’eau est TRÈS chaude (type 27/28°), c’est un pur bonheur. On profite et rentre en pirogue, en séchant au soleil et dans le vent frais.

    On se remet en route retour, il est 18h30 et il y a bien une heure de route, on arrivera donc « de nuit ». On salue le président du comptoir du sel solaire sur le retour. La route est pleine de boxite et en roulant fenêtres ouvertes, on finit plein de sable rouge. Je peux vous assurer que l’eau était bien rouge quand je me suis lavée !

    On rentre donc manger et se doucher, pour enchaîner sur une soirée jeu à la base. On invite Rosalie et Fatou, sa sœur, à nous rejoindre, et enchaîne les parties endiablées de Uno et autres jeux. C’est très drôle entre les acharnés, ceux qui ne connaissent pas les règles, ceux qui trichent… la soirée est endiablée !

    On finit donc la journée sur une bonne note !
    Read more

  • Vendredi 29

    November 29, 2024 in Guinea ⋅ ☀️ 32 °C

    Ce matin, Emmy se réveille sans ses claquettes ? Claquettes nouvellement achetée à 30 000 franc guinéen (3€) la veille. Bizarre puisque nous avons tous laissé nos chaussures dehors, comme tous les soirs. Bon, elles devaient être trop fashion…

    Direction la base pour la dernière journée à Boffa. Le programme est plus léger est hormis une visite au lycée, tout se passe à la base.

    On fait donc différent groupe selon les intérêts et préférence de chacun. Eva passe la matinée à parler avec Rosalie de son travail de comptable, moi avec Lucie de la gestion de projet, et Mathys avec les deux. On a pu en apprendre plus sur leur poste et leur parcours, c’était hyper intéressant,

    Pendant ce temps, Manu, Kévin, Emmy, Zohra, Jean-Philippe et Mélanie vont au lycée de Boffa.

    Emmy me raconte le déroulé des événements:
    Après avoir visité et salué plusieurs classes du lycée, le groupe s’arrête dans une classe de 16 élèves, qui ont commencé une correspondance avec les élèves de Jean-Philippe, au lycée de Rochefort. Après échanges de cadeaux de la part des deux lycées, Emmy, Kévin et Manu discute chacun avec un groupe de 4/5 filles et garçons du lycée.

    Chacun discute de sujets variés, répondant aux questions des uns et des autres, comparant les systèmes.
    Les sujets abordés vont du système scolaires (exams, devoirs, appréciation des cours), des relations sociales (et du fait que personne ne dit bonjour en France), de l’économie actuelle, du coût de la vie, du mariage (et mariage pour tous), de ses intérêts en France, du harcèlement, de l’uniforme, et tout autres sujets intéressants pour les uns ou les autres.

    Emmy se sent star quand on lui demande de signer des billets guinéens, à juste titre, elle échange aussi des bracelets avec les filles et en garde de très bons souvenirs.

    Retour de tous à la base. On mange ensemble avant de refaire des groupes différents. Mathys fait des beignets, Eva des crêpes, accompagnés de Mamaïssata, pendant que Manu se repose.
    Le reste du groupe (Mélanie, Kévin, Emmy, Jean-Philippe, Zohra et moi-même) allons faire un tour au port de Boffa, que nous n’avions toujours pas vu pour certains.
    Il n’est toujours pas autorisé pour les femmes de porter de pantalon (photo en atteste), on jette donc un pagne par dessus les nôtres avec Mélanie et Emmy.
    On voit tout l’embarcadère, lieu de création des filets, et fumoir du poisson qui date de 2022, tout financé par CMC. Les pirogues ne pouvaient pas débarquer tout le temps avant ça, selon les marées.
    On passe ensuite faire un tour au marché, que nous avion seulement survolé pour certains.
    On y trouve tous notre bonheur, fleur d’hibiscus (pour faire du bissap !), pagnes, bijoux, nouvelles claquettes pour certains…

    Retour ensuite à la base, avec intention d’aller se baigner à la mangrove du premier jour. Le timing des choses fait qu’il aurait fallu courir, pas se baigner longtemps pour ne pas rentrer dans la nuit, bref, on abandonne le plan, pas grave.
    Tranquille donc à la base, on déguste les préparation d’Eva, Mathys et Mamaïssata en discutant avec tout le monde. La fin du séjour commence à se faire sentir…

    On rentre chez nos familles se doucher et dîner, avant de rentrer à la base pour une dernière soirée festive avec tout le monde. La soirée est super sympa, tout le monde partage ses histoires et un bon moment, que ce soit les jeunes, les encadrants, tous nos accompagnateurs de la semaine et gens avec qui on a pas travaillé tout au long du séjour. Vraiment une belle fin de séjour!
    Read more

  • Au revoir avec Rosalie et FatouPassage à DubrekaL'atelier danse !Nos chauffeurs nous attendentRetour 🥲Dernière photo de groupe avec tout le mondeQuoi ? C'est bientôt Noël ?Magnifique photo de Conakry par EmmyPas contents d'être rentréLevé de soleil de ce matin

    Samedi 30, fin du voyage

    November 30, 2024 in Guinea ⋅ 🌙 20 °C

    Dernière journée à Boffa, à Conakry, et en Guinée tout court. La journée commence avec un teint triste, et après 3h pauvre petite heure de sommeil (et encore, je crois que nous sommes le groupe qui a le plus dormi…).
    On se réveille donc TÔT (5h30), enfile nos vêtements et attend Jobé qui vient nous chercher en voiture. On a fait les aller retour base/chez Rosalie à pieds toute la semaine, mais le trajet n’est pas le même avec valises et sac à dos sur de la piste.

    Viens le temps déchirant des adieux à Rosalie, Fatou et Marie-Noël. Pas un bon moment, mais on partage avec elles à quel point c’était un plaisir de les rencontrer, de partager tous ces moments, repas, discussions et soirées avec elles. Fatou doit venir faire ses études en France l’année prochaine, elle a bien notre contact pour qu’on se revoit à ce moment !
    J’aime pas les au revoir, et j’imagine que chacun dans sa famille vit un certain moment de nostalgie et tristesse. Mais les bons, les deux autres hôtes sont Jobé et Saa Pierre, et ce sont eux qui nous conduisent à Conakry, on passe donc encore toute la journée avec eux.

    Gros au revoir à Rosalie & co. donc 🥲 trop mignonnes, elles nous ont offert un trop beau pagne à chacune et des cacahuètes (hyper bonne ici, les partenaires déjà venu en réclame depuis la France).

    On se met en route pour Conakry vers 6h45, la route n’est pas si longue (150km), mais les bouchons, et surtout l’état de la route, n’aident pas. On finit par arriver vers 12h devant un centre culturel.

    Mélanie nous a préparé des activités surprises pour aujourd’hui, dont celles-ci. Personne ne sait pourquoi on est là jusqu’à ce qu’elle nous révèle avoir réservé pour un cours et spectacle avec un groupe de danse professionnel avec des percussionnistes.
    On fait quelques pas de danse, guidés par le professeur. C’est super intéressant, et même si tout le monde n’est pas à l’aisée je pense qu’on passe tous un bon moment !
    Les danseurs ont des costumes magnifiques, qu’ont me dit ici fait avec des pagnes traditionnels. C’est magnifique.
    Et la danse, avec les percussions très fortes (djembé et sorte de xylophone dont j’ai oublié le nom…) était très intense. Ça a bien duré 30min et ils étaient à fond du début à la fin, ça a l’air épuisant, mais très fort !

    On refait quelques pas de danse avec eux, avant d’aller essayer les percussions en groupe. C’est hyper bien ! Je suis très concentré sur mon xylophone, tout les autres font du djembé pendant un bout de temps, Manu s’en fait même des cloques au doigts.

    On remercie tout le monde et continue l’après-midi en allant manger au resto ! Et là, on voit des blancs ! Chose rare qui n’était arrivée qu’une fois à Boffa, en croisant un chinois (il y a un partenariat, la Chine a financé toutes les carrières de Boxite qu’elle exploite, très mal vu par pas mal de locaux, puisqu’ils détruisent l’environnement, et n’emploient pas forcément les locaux).
    Bref, on mange très bien, tout le monde est repu à la fin, et on part direction le marché, dépense nos derniers francs guinéens et trouver les derniers souvenirs qu’on veut ramener.
    On recroise par hasard Bertrand et Lucie qu’on a déposé de matin, et cela nous donne l’opportunité de leur dire au revoir convenablement, c’est cool.

    On passe donc par le jardin du 02 octobre (jour d’indépendance) pour passer prendre des portes clés, bijoux en tout genre, voire statuettes.
    On est plusieurs à aussi vouloir un maillot de foot de la Guinée, donc on va trouver ça et négocie pendant un p’tit moment avec le monsieur qui veut pas baisser ses prix, merci à Mélanie qui, en bonne locale, à toutes les bonnes formules pour les convaincre.
    On repart donc avec nos achats, direction l’aéroport. Dernière étape.

    Vient encore (et finalement) les derniers au revoir, avec le départ de Mélanie, Jobé et Saa Pierre. Je n’aime toujours pas les au revoir, et j’ai l’air de ne pas être la seule. C’est dur et personne n’a envie de partir de ce si beau pays, qui nous a accueilli les bras ouvert et appris tant de choses.

    Les adieux se font donc, ils resteront tous les 3 dormir à Conakry ce soir, la route serait trop longue et terrible de nuit, et puis Jobé et Saa Pierre ont passé la journée (et la semaine) à conduire, ils méritent bien du repos. Tout comme toute l’équipe de la base et les encadrants qui ont passé un super moment, mais sont tout autant épuisés que nous.

    Bon, la chaleur ambiante fait qu’on est plusieurs à oublier de garder un pull avec nous pour l’arrivée à Paris et Bordeaux, mettant tout en soute. Merci à Air France et leurs couvertures bien chaude ! On dort tous plus ou moins dans l’avion, mais rien de comparable à nos lits.

    Ça y est, on est rentré donc.

    Ce fut un voyage hors norme, premier voyage pour beaucoup, mais sûrement pas le dernier. On a hâte de debriefer tout ça avec vous en vrai, et merci encore à tous ceux qui ont fait de ce projet la belle expérience qu’il était.

    Merci merci merci

    Petits mots de l’équipe:

    Merci à toutes l’équipe pour se voyage et aux familles (Kevin)

    Merci à tous ! (L’homme au chapeau de paille)

    J’ai vraiment adoré et j’aurais aimé rester plus longtemps (Eva)

    On a qu’une vie il faut en profiter (Emmy l’aventurière)

    Une jeunesse engagée et solidaire à Boffa !!! (Zohra)

    Bon débarras c’était l'enfer on ne refera jamais (Quentin)

    C’était une expérience riche et intense et on souhaiterait renouveler l’expérience avec un groupe aussi motivé (Quentin, pour de vrai)

    Boffa c’est plus fort que toi (Jean-Philippe)

    Et à vous, merci de nous avoir lu.
    Read more

    Trip end
    December 1, 2024