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Moztanbul

Ça faisait longtemps que ça me trottait dans la tête. Partir à vélo, seul. Sur un long parcours. Partir longtemps sans se dire dès le départ que la date de retour est proche.
Alors voilà, le 13 mars, je mets le cap à l’Est. Objectif Istanbul 😎
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  • Inicio del viaje
    13 de marzo de 2026

    Bienvenue sur la ligne Mozé-Istanbul

    25 de febrero, Francia ⋅ ⛅ 8 °C

    Vous êtes nombreux·ses à m’avoir demandé à suivre mon périple. Bienvenue donc sur ce carnet de voyage interactif qui vous donnera une vision sur mon trajet, les conditions de mon voyage, les émerveillements et les galères, mais aussi quelques réflexions vélosophiques qui m’habiteront probablement durant ce voyage. J’ai décidé de baptiser mon vélo Charlie, parce que « mais où est Charlie ? ».
    Je ne vous promets pas un article par jour qui serait trop contraignant à gérer. Je vous partagerai mon quotidien tel que je le vis. Mon voyage n’est pas une performance, ou alors la performance de pouvoir s’évader. Et d’ailleurs, tant pis si je n’atteins pas la Turquie : j’aurai bien d’autres occasions d’y retourner. N’hésitez pas à commenter mes articles.
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  • Jour J comme Départ

    13 de marzo, Francia ⋅ 🌧 8 °C

    Ce jour tellement attendu est enfin arrivé ! Ce vendredi 13 mars marque le premier jour de mon grand voyage à vélo. J’aurais espéré une météo plus clémente, mais le ciel en a décidé autrement. Depuis plusieurs semaines, ce vendredi 13 est l’unique jour de pluie annoncé… tant pis, on fera avec.
    Les amis qui m’accompagneront sur les premiers kilomètres arrivent vers 8h30. Avec Bernard, François, Didier, Christian et Jacky, on a déjà parcouru le chemin de St Jacques de Compostelle et la GTMC. Avec Maguy, Justin et Nicolas, on fait des sorties Cyclo Camping.
    Des voisins et d’autres amis sont venus nous encourager au départ. C’est un moment très émouvant. Merci à vous tous.
    Après un petit café, on s’aligne devant la maison pour la photo souvenir sous une pluie fine.
    Dès les premiers kilomètres, la pluie redouble et on s’arrête pour mettre des tenues plus étanches.
    Alors qu’on a déjà bien pris l’eau, on passe au moulin de pied sec.
    Petite halte à Brigné pour faire coucou à Zoé et Louison et faire des pâtés sur le carrelage.
    Le midi, on s’arrête au Centre Social pour la pause déjeuner. Les collègues, les bénévoles et des habitants nous réservent un super accueil. On mange au sec et on prend le temps de souffler.
    On repart direction Saumur par des petits chemins qui doivent être bien agréables sous un beau soleil.
    À Saumur, on dit « au revoir » à Maguy, Justin et Nicolas qui rentrent en train vers Angers.
    On file avec le reste du groupe jusqu’à Varennes sur Loire, point final la cette première étape de Moztanbul. On s’installe bien confortablement. La nuit va être bonne. Nos affaires disposées de ça de là sur les radiateurs devraient sécher.
    Déjà 70 km effectués et autant d’émotions au fil de cette journée. La météo s’annonce clémente pour demain. Tant mieux !

    Bilan du jour :
    🚴 70 km
    ↗️ 361 m
    ↘️ 387 m
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  • Un petit tour à Tours

    14 de marzo, Francia ⋅ ⛅ 9 °C

    Après une bonne nuit dans le gîte de Régine et Pascal, on prend un bon petit déjeuner avant de reprendre la route.
    Le temps est magnifique ce matin. Un peu rageant tout de même.
    Tandis que le benjamin et l’aîné de la troupe rentrent à Mozé, les trois mousquetaires (qui sont en fait quatre) poursuivent l’itinéraire de la Loire à vélo jusqu’à Tours.
    Les premiers kilomètres sont un peu gras. On franchit la Loire au pont d’Avoine, au niveau de la centrale nucléaire de Chinon.
    Tout au long du parcours, on égrène les châteaux majestueux : Rigny-Ussé, Cheverny, Langeais, Villandry.
    On pique-nique au pied du château de Villandry, et on décide de prendre l’itinéraire des bardeaux de l’Indre, petite variante de la Loire à vélo.
    On rejoint Mathias à son jardin potager avant de regagner son appartement où l’on déguste une bonne bière en racontant nos deux jours de Moztanbul.
    Quelques images du match de rugby Irlande/Écosse plus tard, on file à la gare de Saint-Pierre-des-Corps pour que Bernard, Christian, et Didier prennent leur train qui les ramènera à Angers.
    Pendant ce temps, Marie est arrivée à l’appartement de Mathias, tout comme Salomé et Hector.
    Cette journée se poursuivra autour d’une bonne pizza maison et d’un jeu de cartes.
    Demain, on descend jusqu’à Loches en faisant le crochet chez Salomé.
    Bonne nuit

    Bilan du jour :
    🚴 xx km
    ↗️ xx m
    ↘️ xxx m
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  • Loches : une surprise au départ

    15 de marzo, Francia ⋅ ☀️ 10 °C

    Aujourd’hui, c’est jour de scrutin pour les élections municipales. Mathias m’accompagne sur l’étape du jour. Il a prévu d’aller voter avant le départ. Olivier accompagne Marie au point de rendez-vous de son covoiturage. On se fait des adieux pour deux mois.
    Surprise au détour de la place Beaujardin, Salomé, Pierre et Hector nous attendent sur des vélos qu’ils ont loués pour nous accompagner le plus loin possible. Quelle belle surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout !
    On se met en route par un temps ensoleillé, mais frisquet. Hector tiendra jusqu’au bois des Hâtes à Saint Avertin.
    Mathias et moi filons jusqu’à Cormery, point de rendez-vous avec papa et Marité.
    On prend le temps de flâner et de visiter, notamment l’éolienne bollée d’Esvres. Salomé, Pierre et Hector nous rejoignent au pique-nique pour faire une belle surprise à Papi et Minie.
    Cette fois, ça y est, j’abandonne tout ce monde pour poursuivre mon voyage. Seul Mathias m’accompagne jusqu’à la gare de Loches où il prendra un train pour rentrer à Tours.
    Je rejoins mes premiers hôtes WarmShowers dans le petit village de Pérusson pour passer une soirée inoubliable avec Marc et Christiane. Après une bonne douche et un peu de repos, on se retrouve pour discuter et échanger autour d’un délicieux repas.
    Quelle bonne première soirée « en solo » !
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  • Châteauroux, château roule

    16 de marzo, Francia ⋅ ☁️ 11 °C

    Après une excellente nuit, et une table de petit déjeuner bien fournie, je quitte Christiane et Marc et me remets en route, direction Châteauroux, dans l’Indre.
    Le petit problème, c’est que je me suis aperçu la veille que je n’avais pas réservé d’hébergement à Châteauroux. J’envoie donc des demandes à plusieurs hébergeurs possibles.
    Je continue de parccourir l’itinéraire « l’Indre à vélo » également dénommé « la cyclo bohème ».
    Dans ce secteur, la rivière fait plein de méandres et forme des boires. De jolis petits châteaux éclairent les coteaux de leurs murs blancs en tuffeau.
    La météo est idéale pour pédaler. Je prends mon temps et déambule avec Charlie dans les petites rues de Châtillon sur Indre. Cette ville fut la belle surprise du jour avec son donjon qui domine la ville et un magnifique ensemble de maisons Renaissance récemment restauré. Il y a même un musée numérique, malheureusement fermé, ce jour-là !
    Je poursuis ma route et trouve un coin de pique-nique sympa à proximité d’une petite chapelle qui domine la vallée de l’Indre.
    Quand ils ne sont pas vallonnés, les paysages sont ponctués de canaux. Devant l’un d’entre eux, je dois délester Charlie de tous ses bagages pour le franchir à pied sec.

    Enfin, après les coteaux du Buzançais, le magnifique village de Palluau et son château, j’arrive à Châteauroux. Les hébergeurs que j’avais sollicités ne m’ont pas répondu ou sont absents. Tant pis pour mon budget, je me résigne à prendre une chambre à l’hôtel de la gare. J’installe Charlie avec des potes dans le local vélo

    Demain, longue étape vers Montluçon.

    Bilan du jour :
    🚴 95 km
    ↗️ 728 m
    ↘️ 660 m
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  • Châteauroux - Boussac

    17 de marzo, Francia ⋅ 🌙 10 °C

    Et oui, moi aussi je pensais passer par Montluçon. Mais c’est étape a été riche en rebondissements.
    D’abord, après une très bonne nuit à l’hôtel de la gare, j’ai envoyé un message à mon hébergeur montluçonnais, Michael afin de connaître son adresse. Il me répond aussi sec qu’il habite à Châteauroux ! Mince, je suis pas encore tout à fait au point dans la gestion de mon agenda des hébergements.
    J’identifie d’autres hébergeurs potentiels sur Warmshowers et Vincent me fait rapidement savoir qu’il peut m’héberger pour une nuit.
    Je trace donc rapidement un itinéraire sur mon GPS et je me mets en route après avoir fait un petit tour dans la ville qui s’éveille.
    Le début du parcours est assez rectiligne entre des grands espaces boisés et des champs de culture de colza. Dans cette région de l’Indre, on est dans la France rurale, diagonale du vide avec partout, des maisons à vendre et des commerces fermés. C’est un peu désolant.
    On croise tout de même quelques habitants, occupés à entretenir leur jardin, à tondre ou à broyer des végétaux, printemps oblige.
    L’étape du jour annonce plus d’une centaine de kilomètres à parcourir pour rallier Montluçon. Pas de temps à perdre donc. J’achète un pique-nique chez Intermarché (le vrai Intermarché ;-) que j’ai déguste en plein soleil dans le petit village de Vic, après une côte de plusieurs kilomètres.
    Les paysages bucoliques défilent jusqu’à La Châtre. Petite pause à Sainte Sévère, le village qui avait servi de décor au film «Jour de fête» de Jacques Tati
    L’heure tourne et avec toutes mes micro pauses, je ne suis pas vraiment en avance. Le vent frais qui vient de l’Est ne nous facilite pas la tâche J’envoie un message à Vincent pour le prévenir que j’arriverai un peu plus tard que l’horaire prévu.
    Je me retrouve sur une route départementale toute droite sur laquelle les voitures roulent très vite. Je vérifie mon tracé et mon GPS m’indique qu’il me reste encore 25 km à parcourir (j’en avais déjà parcourus 100) alors que la nuit commence à tomber. Je mets tous mes éclairages en route et fonce jusqu’au village de Boussac pour essayer de trouver un hôtel en dépannage. Je préviens Vincent que je ne pourrai pas aller jusqu’à chez lui. Tant pis pour le Warmshowers à Montluçon et je m’en veux de lui avoir posé un lapin.
    Le seul hôtel de Boussac propose des chambres trop chères pour mon budget. Je décide donc de m’installer en bivouac à proximité du village. Sous un grand chêne, dans une prairie, retirée de la route, je plante la tente à la frontale m’installe bien au chaud dans mon duvet et me prépare un petit dîner avec ce qu’il me reste à grignoter. On va passer une bonne nuit ici, n’est-ce pas Charlie ?

    Bilan du jour :
    🚴 108 km
    ↗️ 1100 m
    ↘️ 829 m
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  • Boussac - St Priest des Champs

    18 de marzo, Francia ⋅ ☀️ 9 °C

    Après une bonne nuit de repos, malgré des températures un peu fraîches, la bonne surprise du lendemain matin fut la magnifique vue panoramique sur le village de Boussac et son château en premier plan.
    Le temps d’avaler un petit déjeuner de fruits secs et de riz au lait (merci Minie), je démonte la tente et recharge Charlie pour cette nouvelle étape.
    Cette fois, elle ne fait « que » 75 km et me mènera des départements de la Creuse à celui du Puy-de-Dôme.
    J’utilise une autre application pour créer mon trajet et je vérifie bien mon itinéraire pour éviter la déconvenue de la veille. Au programme, pas mal de dénivelé dès les premiers coups de pédales. Le réveil musculaire tarde un peu à se mettre en place.
    En haut de cette première ascension, au lieu-dit les Pierres Jaumâtres, apparaît un lieu improbable : un chalet restaurant panoramique, je m’installe en terrasse, pour prendre un café chaud et je profite de la gentillesse des propriétaires pour finir le reste de gâteau à l’ananas de la veille. Je commence à prendre pleinement mesure de la dimension de mon voyage. J’aime en parler avec les gens. J’aime rencontrer des personnes sur mon chemin et qu’ils. témoignent de leur vie.
    J’ai mis trois quarts d’heure à faire 6 km. Je ne suis pas au bout de mes peines !
    Les grandes plaines ont laissé la place à des espaces boisés et vallonnés. C’est vraiment agréable de rouler par ici, d’autant que la météo est vraiment très favorable, malgré un vent d’est (donc de pleine face) bien frais. Je découvre avec plaisir les gorges de la Voueise, les jolis villages de Chambon-sur-Voueize et d’Evaux-les-Bains. Depuis ses hauteurs, la belle récompense, c’est la vue splendide qui dessine la silhouette de la chaîne des Puys et du massif du Sancy sur l’horizon. Fantastique !
    Le relief se fait bien sentir et moi, je me sens bien avec Charlie dans ce paysage magnifique. Les sentiers alternent avec les petites routes où on ne croise presque personne. Un cycliste arrive à mon niveau et commence à discuter. Il est du coin et connaît tous les parcours à vélo environnants. Normal, il a fait partie de la fédération française de cyclotourisme et s’occupait des développements des circuits sur toute la région Rhône-Alpes. On fait une photo devant une 403 rallongée improbable. Je lui parle de mon étape du jour, et de mon voyage. Du coup, il m’invite à boire un verre chez lui et à discuter quelques minutes de ce projet. Il me laisse partir en criant à son voisin qui jardine « Hey Patrick, ça te dirait de partir en vélo avec Olivier ? Il va jusqu’à Istanbul ! » Trop drôle ! Merci Daniel pour ce bon moment.
    À Biollet, j’hésite à faire une halte au temple bouddhiste. Il paraît que c’est le deuxième plus important en France
    Mais l’heure avançant, je préfère filer jusqu’à St Priest des Champs, terminus de mon état du jour.
    La silhouette du Puy-de-Dôme me guide.
    Aaron et Guenaël m’ont laissé une clé. Je m’installe, je prends une bonne douche et profite de la magnifique vue sur la chaîne des Puys.
    Mes hôtes arrivent peu de temps après. On fait connaissance, on discute autour d’un apéro. Aaron et Guenaël adorent accueillir chez eux. Ils ont vécu à Marseille puis sept ans au Maroc. Ils se sont installés ici pour travailler à Clermont-Ferrand en revenant de Rabat.
    On parle de voyage, de philosophie de vie, de politique, de génération. Leur chat Nako (qui signifie chat en japonais) profite de cet apéro pour se faire une séance grattouille.
    En cuisine, Aaron nous a préparé une délicieuse tarte, épinards, œufs, champignons, ail qu’on déguste, arrosée vin auvergnat de cépage Syrah.
    Terroir oblige, on finit avec un joli plateau de fromage. Les conversations se poursuivent jusqu’à 23 heures. Quelle magnifique journée, et quelles formidables rencontres !
    Je me sens déjà tellement imprégné de ce qui me motive pour ce voyage…
    Demain, une étape de 40 km, m’attend vers Riom.

    Bilan du jour :
    🚴 75 km
    ↗️ 1227 m
    ↘️ 956 m
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  • Je vais à Riom 🎶

    19 de marzo, Francia ⋅ ☀️ 16 °C

    Une fois de plus, j’ai vraiment été reçu comme un roi chez mes hôtes. Quel plaisir ces soirées d’échanges entre nous, pas forcément autour du voyage à vélo…
    Ce matin, réveil de bonne heure pour encore passer un moment avec Aaron et Guenaël (et contempler le lever de soleil sur la chaîne des Puys). Ils m’ont proposé de « prendre mon temps » et de leur laisser la clé dans une cachette. Encore merci de votre confiance !
    Après un bon petit déjeuner, Charlie et moi nous mettons en route vers 9h45. Il fait déjà tellement beau, le tracé commence par de petites descentes : tout semble facile au démarrage de cette étape. Pour la première fois de mon voyage, je n’enfile pas mon gros coupe-vent.
    Au menu, une quarantaine de kilomètres pour rallier Riom, ville toute proche de Clermont-Ferrand dans laquelle j’ai déjà fait étape avec Bernard, Christian et Didier lors de la GTMC.
    Les paysages sont magnifiques. On descend à vive allure jusqu’a la retenue d’eau des Fades Besserve, un lac artificiel qui retient les eaux de la Sioule sur 400 hectares. L’ensemble est encaissé mais comme la végétation n’est pas encore fournie, on bénéficie d’in-croi-ya-bles (tu l’as Marie ?) vues en surplomb pendant toute la descente.
    Et comme on est descendus, il faut bien remonter ! Le gps annonce 4 kilomètres de côte et plus de 200 mètres à grimper. Ouf ! On fait quelques pauses photos, rafraîchissements, grignotage… et puis ça le fait. J’ai de bonnes sensations pour gravir cette première ascension de la journée.
    Ça redescend à nouveau pour regrimper à nouveau également, mais cette fois dans une piste. Toujours avec le Puy de Dôme en vue, je profite de ce type de chemin « gravel » que j’apprécie bien. Je n’avais jusqu’à maintenant principalement roulé que sur des routes.
    Cette piste doit me mener au point culminant de mon étape du jour et, comme il est déjà midi, j’ai décidé que je pique-niquerai au sommet.
    Quel hasard a fait qu’en haut de la côte, une dame sortait de sa voiture, un gâteau à la main et se dirigeait vers un petit resto-bar ? Quel hasard a fait que j’ai fait demi-tour pour lui demander si le café était ouvert et si je pouvais y pique-niquer ? Toujours est-il que Marc, le tenancier de ce lieu m’a proposé de m’installer en terrasse. Une dizaine de personnes se trouvaient là et s’affairaient à préparer un repas partagé entre amis. Ça n’a pas empêché Marc et Maï de m’inviter à discuter ensemble. J’ai pris une bière. Après avoir fait choisir une chaise à un grand gaillard chauve, Marc me glisse « tu l’as reconnu ? C’est Olivier Merle, rugbyman international qui jouait à l’ASM Clermont ». Et non, j’étais loin de m’imaginer une telle rencontre ici. Je lui demande de faire une photo ensemble pour envoyer à Bernard, fan de rugby. On discute, on discute, on discute. Jusqu’à ce que Maï me propose de rester déjeuner avec eux.
    Incroyable journée puisque je suis ressorti d’ici à 15h15, après avoir parlé de mon voyage, écouté les autres participants à ce banquet raconter leur vie en pays clermontois, leurs anecdotes, les histoires à refaire le monde, rire, trinquer et chanter.
    Ce lieu magique s’appelle l’Arthé Café et propose une programmation culturelle depuis 20 ans. Demain soir, il accueille Jean-Michel Piton, un artiste angevin.
    Sans repreneurs, Marc et Maï qui animent ce lieu ont choisi de le fermer cette année pour profiter d’une retraite bien méritée.
    Que d’émotions !

    Dans la descente vers Riom (heureusement que ça descendait), je savoure tous ces hasards que finalement on se crée pour que finalement, notre voyage ressemble à ce qu’on ait envie qu’il soit.

    Arrivé à Riom, je prends le temps de me balader dans la ville historique. Tout est calme et paisible. La bonne surprise. Une petite halte chez un vélociste pour resserrer la béquille de Charlie qui a tendance à bouger. Je m’installe sur un banc pour pingouinner. Un jeune homme joue de la guitare à son balcon. Je savoure.

    Déjà 18h30 : Élisabeth (qui m’accueille à Riom) ne devrait pas trop tarder à rentrer. Je me mets en route. Quelqu’un m’interpelle « vous êtes bien Olivier Bomard ? ». Quelle surprise ! C’est bien elle, Elisabeth qui rentre du travail à vélo. Encore un hasard qui nous a mis au même moment dans la même rue.

    Après une bonne douche, on prend l’apéro, on discute, on dîne. Élisabeth est membre de Cyclo Camping International depuis 25 ans. Elle a parcouru l’Irlande, le Danemark, le Portugal, l’Espagne qu’elle aime particulièrement. Bientôt à la retraite, elle prépare un nouveau voyage pour cet été mais hésite encore sur plusieurs destinations. Dommage pour elle, elle va louper le festival du voyage à vélo à Angers les 24 et 25 octobre [ca y est, je l’ai placé]

    Demain, petite étape vers Clermont-Ferrand où je séjournerai 2 jours

    Bilan du jour :
    🚴 40 km
    ↗️ 537 m
    ↘️ 837 m
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  • Pause à Clermont-Ferrand

    20–21 mar., Francia ⋅ ☀️ 16 °C

    Au départ de Riom ce matin, je suis les conseils d’Elisabeth et prend un peu de temps pour visiter l’abbaye de Mozac, à quelques centaines de mètres de chez elle. C’est une belle construction Romane du XII siècle avec une zone de vestiges à visiter. Même si l’endroit est paisible, il y a plein de monde qui s’affaire, printemps oblige, pour gratter les parterres, nettoyer les pieds de murs, désherber les allées du parc.
    Sur place, et en voyant les balisages GTMC, je me remémore être déjà passé ici en 2023 avec Bernard, Christian et Didier.

    Je rentre à la maison, je charge mes bagages et me mets en route pour l’étape du jour. Ce sera court : j’ai prévu de rallier Clermont-Ferrand à quelques dizaines de kilomètres d’ici. Mais avant, j’aimerais m’arrêter chez un vélociste pour remplacer la cassette de Charlie par un modèle mieux adapté. Actuellement monté en 11/38, je sens qu’au delà de 8 à 9% de pente, mon développement est beaucoup trop long et je me fatigue car je ne mouline pas assez. J’aimerais trouver une cassette en 11/42 (comme me l’avaient suggéré Bryan et Fiona www.lebruitdugravier.ch).
    Le vélociste qui avait resserré la béquille de Charlie hier est spécialisé dans la remise en état de vieux vélos. Il me conseille plutôt d’aller chez Volcanic Cycles, à Mozac, la commune d’à côté.
    Nous sommes très bien reçus avec un petit café à la clé. Tout en discutant voyage à vélo, la mécanicienne de service nous trouve une 11/42, installe Charlie sur le pied d’atelier, remplace la cassette, dégraisse la chaîne puis la lubrifie, fait quelques réglages du dérailleur. On essaie tout cela sur le parking : woaw, ça devrait donner un bien meilleur rendement !
    Super sympa, Juju la mécanicienne ne compte pas la main d’œuvre sur la facture. Merci beaucoup pour ce geste.

    On reprend notre trace vers Clermont-Ferrand en se faisant parfois insulter sur les ronds points : pas facile la vie de cyclistes sur les grands axes. Je fais quelques courses histoire de pique-niquer en route.
    Les paysages ont un peu changé par rapport aux étapes précédentes puisque nous traversons désormais des paysages de vignes au pied des Puys. Ça permet au moins de tester les nouveaux développements de Charlie, et de confirmer qu’ils sont bien adaptés au relief.
    La météo est toujours aussi magnifique. On se trouve un petit coin entre deux cerisiers pour faire une bonne pause déjeuner. Dommage, les arbres sont trop éloignés l’un de l’autre, sinon j’aurais pu installer le hamac !

    On repart une petite heure plus tard. Les abords de la ville sont assez bien adaptés à la circulation à vélo avec de grands secteurs en voie cyclable séparée du flux automobile. C’est cool !
    Jean-Sébastien et Maud qui m’accueillent ce soir ne sont pas chez eux avant 18h. Ça me laisse quelques heures pour aller me promener dans le centre. Les rues étroites sont calmes, exclusivement piétonnes et cyclistes. Même si ça monte pas mal, j’en profite pour visiter la cathédrale, la collégiale Notre-Dame du Port, découvrir quelques belles façades ouvragées dans le dédale de rues. J’aime beaucoup circuler à vélo en ville : on découvre plein de choses, on peut faire demi-tour, on s’arrête facilement…
    Du coup je me pose à une terrasse et discute avec des voisins de table.
    Je redescends chez Jean-Sébastien et Maud, à côté du stade de rugby. L’immeuble tout neuf qu’ils habitent est construit sur un ancien site Michelin. Les architectes ont gardé quelques-unes des structures métalliques initiales. Le résultat est assez réussi, je trouve.
    On fait connaissance, on discute tout en préparant une truffade. Jean-Sébastien est ingénieur chez Michelin et Maud, médecin généraliste dans trois structures.
    C’est toujours aussi chouette de discuter de nos univers professionnels respectifs, de nos petites histoires de boulot, de philosophie de vie.
    C’est aussi l’occasion pour Jean-Sébastien de se changer les idées vu qu’il venait d’apprendre que l’état de santé de son papa s’était récemment dégradé.
    Pour finir, ce délicieux repas-partage, on fait rapidement un gâteau au chocolat « micro-ondes » et on ne traîne pas pour aller se coucher.

    Le lendemain, le ciel est toujours aussi bleu. Enfin, avant de le voir bleuir, on admire le lever de soleil depuis le 10e étage de l’immeuble : magnifique !
    Aujourd’hui samedi, je reste à Clermont-Ferrand. Je laisse Charlie et les bagages au garage et je retourne en tramway (gratuit, le week-end) me balader dans le centre-ville.
    Ça me fait drôle parce que je ne suis plus habillé en « cycliste ». Déjà plus d’une semaine que j’ai quitté Mozé !
    Je redescends vers le stade en fin de matinée pour visiter « l’aventure Michelin », un musée qui retrace l’histoire de l’entreprise, mais aussi tous ses impacts sociaux, territoriaux, économiques. Au-delà du pneumatique, Michelin s’est impliqué dans la construction automobile, le ferroviaire, l’aviation, le tourisme, etc.

    En sortant, il y a de l’ambiance dans les rues puisque le club de l’ASM Clermont Auvergne joue cet après-midi. Les maillots et les casquettes jaunes et bleus sont de sortie.
    Je mange à une terrasse en profitant du soleil et en consultant une carte des véloroutes. Quatre jeunes s’installent à côté de moi. Ils se mettent à parler voyage à vélo. Ils ont prévu quelques jours d’itinérance dans le sud de la France la semaine prochaine.

    Je récupère Charlie au garage et je vais rejoindre Alexandre dans le centre-ville puisque je passe la nuit chez lui.
    Il habite lui aussi un immeuble récent. Il vient de s’installer dans cet appartement
    On échange toujours sur le vélo, mais aussi d’autres sujets dans l’univers professionnel, les tiers lieux et les logiciels graphiques.
    Alexandre est développeurs de matière pour les jeux vidéo. Il aime beaucoup le vélo, mais suite à des problèmes de santé, il a un peu mis de côté ses projets, à moyen ou long terme. Il me propose toutefois de m’accompagner demain au début de mon étape. Chouette, c’est la première fois qu’on me propose cela. Ça me fait chaud au cœur et ça me motive de pédaler avec quelqu’un.

    On peaufine un itinéraire.
    Je recherche des personnes pouvant m’accueillir sur le parcours demain et après-demain soir.
    Même si la météo s’annonce un peu moins fameuse que les jours précédents, tout semble prêt pour continuer cette belle aventure dans de bonnes conditions.

    Bilan du jour :
    🚴 36 km
    ↗️ 266 m
    ↘️ 249 m
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  • La belle Issoire

    22 de marzo, Francia ⋅ ☁️ 10 °C

    Au réveil ce dimanche, le ciel est un peu plus voilé que les jours précédents.
    Petit dej partagé avec Alexandre, finalisation de mon itinéraire et bla-bla… c’est déjà l’heure de se mettre en route.
    Alexandre m’accompagne pour sortir de Clermont : c’est chouette d’avoir un guide qui connaît bien la ville !
    Il est 9h30 et il y a déjà pas mal de monde dans les rues. On réalise que c’est le deuxième tour des élections municipales.
    Alexandre me laisse un peu avant Cournon d’Auvergne.
    Je poursuis seul. Je fais quelques courses pour mon pique-nique. Il fait bon pédaler.
    À Cournon d’Auvergne, je rejoins celle qui sera mon guide pendant plusieurs jours : la Via Allier. Déjà bien large, la rivière est aussi bordée d’étangs et de bras sauvages où la faune est dense. Je circule sur des pistes un peu sablonneuses au rythme des chants d’oiseaux et des joggers, dimanche oblige.
    J’avais oublié que nous étions dans une région montagneuse. L’ascension de 4 km jusqu’à Vic-le-Comte me le rappelle. Une petite place avec des outils spécifiques pour le vélo m’accueille pour manger. On discute avec un jeune homme qui fait jouer son chien.
    Je poursuis la route vers Issoire, toujours en montant. J’atteins le col de la Croix des Gardes, premier col balisé depuis mon départ. Les paysages sont assez somptueux avec les petits villages perchés, les silhouettes des montagnes et la végétation printanière.
    Tiens, les gabarits à neige sont encore présents de ça de là en bord de route !
    Je me pose quelques minutes pour observer le ballet de quelques rapaces. Ils semblent intrigués par ma présence.
    Puis, après une longue et rapide redescente vers la rivière, j’arrive à Issoire. Guillaume et Louise ne m’attendent qu’en fin d’après-midi. J’en profite pour visiter la vielle ville, ses maisons colorées, les églises romanes (dont l’abbatiale St Austremoine avec ses ornements), la tour de l’Horloge et une exposition textile au centre d’art contemporain.
    De vraiment belles découvertes insoupçonnées à cet endroit pour qui ne fait que passer sur l’A75.
    Il commence à faire frais. Je me prends une petite pause en terrasse avec une bière à la myrtille. Et je file chez Guillaume et Louise qui m’accueillent ce soir.
    Ils arrivent quelques minutes plus tard, chacun avec une de leurs filles sur leur porte-bagages. C’est le sprint final pour qui arrivera le premier !
    On fait rapidement les présentations, on profite de la douche chaude et on se retrouve autour d’une bonne table et un verre de Vouvray.
    Originaire du Cantal pour Guillaume et de l’ouest de la France pour Louise, ils ont choisi de s’installer à Issoire pour être, à l’époque, à mi-chemin entre leur deux familles. Aujourd’hui, il travaillent tous deux dans une ressourcerie qu’ils ont développée sur ce territoire. Louise fait également un mi-temps dans la production de sarrasin. Les deux filles, Solène et Juliette, ont de l’énergie à revendre et participent bien à nos échanges. J’ai même droit un joli dessin au compas de la part de Juliette.
    C’est soirée d’élection, et on scrute les tendances : aïe, Clermont-Ferrand passe à droite mais la gauche se maintient dans d’autres grandes villes dont Paris, Lyon et Marseille.
    C’est parfois difficile de se tenir au courant quand on est en itinérance. Cette soirée m’a permis de reprendre pied dans l’actualité politique du moment.
    Ce n’est pas le tout, il y a école demain. Je propose d’accompagner Guillaume et les enfants sur le chemin de l’école à vélo (mon rêve) et on file se coucher pour profiter d’une bonne nuit.
    Demain, encore une petite étape jusqu’à Brioude.

    Bilan du jour :
    🚴 56 km
    ↗️ 499 m
    ↘️ 509 m
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  • Je ne boude pas Brioude

    23 de marzo, Francia ⋅ ☀️ 14 °C

    Ce matin, en accompagnant Solène et Juliette à l’école en vélo avec Guillaume, j’ai un peu réalisé un rêve. Et oui, à Mozé l’école était « trop près » pour y aller à vélo.
    En partant, je propose à Solène qui doit faire un exposé sur l’Italie de lui envoyer une photo quand j’y serai en avril.
    Je peaufine mon itinéraire et je quitte la jolie ville d’Issoire.
    Je retrouve l’Allier, toujours aussi gonflé d’eaux que l’on devine puissantes.
    Je m’arrête photographier un petit pont. Pschtttt. C’est la crevaison, à même pas 2 kilomètres de mon point de départ. Je prends la panne avec flegme : après tout, j’ai du temps pour réparer. Je m’installe. Un cycliste s’arrête. On discute vélo (bien sûr) et voyage. Christian est artiste jongleur - patineur à vélo. Il va bientôt à Nantes en résidence dans une compagnie.
    Il file un bon quart d’heure plus tard.
    Un homme s’approche. Depuis la crevaison, il était installé à faire du bois un peu plus loin. « Vous êtes là depuis un moment. Vous avez besoin d’aide ? » me lance-t’il. « Ça va, je viens de réparer » lui dis-je. Et on se met à discuter. Denis est vététiste et marcheur. Il fait pas mal de randos autour d’Issoire et ailleurs. Il a récemment parcouru la Haute route pyrénéenne. Quand je lui parle de mon voyage, il considère que mon vélo n’est pas du tout adapté à mon projet. Il fallait prendre un vtt !
    On se salue. Je poursuis ma route entre de petites montagnes souvent coiffées de villages ou de tours.
    Mes emplettes à Combelle sont l’occasion de discuter avec Pascal, Solene et Jérôme devant la supérette. Ils me conseillent une aire de pique-nique… tout en haut d’une colline. C’est vrai que le paysage est splendide vu d’ici. Les montagnes, les villages et dans le fond, une vie sur tous les massifs du secteur : Cézallier, Margeride, chaine des Puys, monts d’Ardèche…
    La région de Brassac fut autrefois un secteur minier et des chevalements sont encore présents dans le paysage.

    Je quitte le Puy de Dôme pour la Haute-Loire. Un homme rentre tant bien que mal son troupeau éclectique de chèvres, bouc et moutons.
    Je retrouve l’Allier au milieu de grandes zones de cultures dans lesquelles il doit s’étendre en période de crue.
    Le tracé de la Via Allier passe sans cesse d’une rive à l’autre. Je profite à plein du soleil printanier.
    Peu avant Brioude, une centrale électrique désaffectée : on se croirait à Tchernobyl !
    Encore une jolie découverte que cette ville et son quartier historique. Je me promène dans les petites rues pavées de galets fins. Tout comme à Issoire, il semble y avoir une belle dynamique culturelle. Même si elle est en travaux, la basilique Saint Julien vaut le détour avec les 36 vitraux contemporains de Kim En Joong.
    Je pends une bière en terrasse et rejoins Marius, WarmShowers qui m’accueille ce soir (quand Marius rencontre Charlie, c’est rigolo).
    Marius a beaucoup voyagé à vélo et à pied. Il a notamment traversé le Canada d’est en ouest (c’est-à-dire vent de face).
    Sa maison finement décorée donne en surplomb sur des montagnes. J’ai la chance d’avoir une « chambre avec vue ».
    Récemment Marius a participé a l’Appalaches Trail, un parcours sur l’intégralité de la chaîne des Appalaches aux États Unis.
    On échange, on parle voyage à vélo. Il me donne plein de précieux conseils et on déguste un dal de lentilles arrosé d’un bon vin de Pezenas.
    Dans les semaines à venir, Marius devrait prendre un nouveau poste. Il m’avoue que ce carnet de voyage sera un peu un voyage par procuration pour lui.
    Ça fait toujours plaisir et j’espère procurer le même plaisir à chacun et chacune des lecteurs de ce blog.

    Demain direction Saint Vidal à côté du Puy-en-Velay : grosse étape de 80 km et 1200 m de dénivelé puisqu’il faudra s’extraire des gorges de l’Allier. Prêt Charlie ?

    Bilan du jour :
    🚴 55 km
    ↗️ 331 m
    ↘️ 280 m
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  • Saint Vidal à la force de la pédale 😮‍💨

    24 de marzo, Francia ⋅ ☁️ 13 °C

    Il a fait -2°C cette nuit et les pare-brise des voitures garées sur la place sont encore givrés. Je quitte Brioude vers 9h et retrouve l’Allier quelques kilomètres plus loin à Vieille Brioude.

    Je grimpe sur le versant opposé avant de m’apercevoir qu’il fallait suivre une petite route. Tant pis, ça réchauffe !
    A St Ilpize, je croise des bergères qui conduisent leur troupeau. Les patous restent calmes.
    Les paysages vallonnés sont somptueux et sauvages. Je passe d’une rive à l’autre, parfois sur des ponts métalliques que je n’apprécie pas particulièrement. À Villeneuve d’Allier, on annonce la couleur : bienvenue là où il fait bon pédaler !
    Plus loin, un verger conservatoire des cépages est planté en chantier d’insertion comme une sorte de musée en plein air qui se visite.
    Les villages ont souvent une partie juchée sur les rochers qui émergent de la rivière ou sur les montagnes qui le bordent. Le patrimoine amplifie la beauté naturelle des lieux. Je me sens bien sur mon vélo, je profite de ce spectacle naturel qui défile sous un ciel splendide.
    A Lavoûte-Chilhac, l’Allier fait une boucle. J’en profite pour faire une pause et quelques courses dans une épicerie associative où les bénévoles ont visiblement du mal à bien s’entendre.
    Les villages défilent au rythme de côtes bien senties. Je pique-nique au pied de l’église du petit village de Chilhac, perché à quelques dizaines de mètres au dessus de la rivière. Il fait bien 18°C. Super !
    En quête d’eau à Reilhac, je discute avec quatre cyclistes stationnés à côté du cimetière.

    Le spectacle est aussi sur les rives. Certaines parois sont constituées de basaltes et de concressions volcaniques qui rendent le décor grandiose. Saint Arçon d’Allier, Chanteuges, Prades… les petits villages défilent et m’amènent au pied du col de Peyra Taillade qui me fera bifurquer vers le Puy-en-Velay et la Haute-Loire.
    Grosse épreuve puisque cette ascension de plus de 8 km va me faire grimper à 1190 m sur des pentes à parfois plus de 15% ! Avec le chargement, je dois pousser Charlie sur un bon kilomètres. Je fais des pauses régulières, je profite des paysages vertigineux et je finis par arriver au sommet… deux heures plus tard ! Ce n’est pas aujourd’hui que je détrônerai Romain Bardet de son KOM.

    Maintenant c’est descente jusqu’à St Vidal ou j’arrive vers 18h18. Marie No et Marc m’accueillent dans leur magnifique maison ancienne, rénovée avec beaucoup de soin et de goût. Ils sont tous deux originaires des environs du Puy-en-Velay. Ils voyagent un peu avec leurs vélos. Marc, en retraite depuis quelques années, prévoit prochainement un itinéraire vélo depuis Clermont-Ferrand avec des amis. Ils sollicitera les hôtes WarmShowers pour ses étapes.
    Une douche, un apéro, un bon dîner. On discute de vélosophie, philosophie de vie et parcours. On file se coucher pas trop tard
    Demain Marc m’accompagnera jusqu’au début de l’itinéraire le long de la Loire en me faisant découvrir le Puy-en-Velay auparavant.

    Bilan du jour :
    🚴 83 km
    ↗️ 1340 m
    ↘️ 1024 m
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  • Yssingeaux le vent dans le dos

    25 de marzo, Francia ⋅ 🌬 8 °C

    La nuit a été bénéfique pour récupérer des efforts de la veille.
    Mais le col de Peyra Taillade m’a fait reconsidérer mon itinéraire. Plutôt que de passer au Mont Gerbier de Jonc, je vais descendre les gorges de la Loire et rejoindre la vallée du Rhône par la Via Fluvia, un itinéraire vélo qui occupe le tracé d’une ancienne voie ferrée. Le choix est d’autant plus pertinent que les prévisions météo ne sont pas fameuses pour les prochains jours.
    Avec Marc, on se met en route pour le début de l’étape. Cool, ça descend jusqu’au Puy-en-Velay.
    On passe dans les petits sentiers cyclables aménagés dans la ville, au pied de l’église Saint-Michel d'Aiguilhe sur son promontoire. J’adore traverser les villes à vélo. Prof de parapente, Marc s’était élancé du haut de cette butte il y a quelques années pour une opération commerciale. Chapeau !
    On franchit la Loire par le pont de la Chartreuse quelques centaines de mètres plus loin. Je suis assez ému de penser que c’est bien cette même Loire que j’ai suivie au début du voyage à Saumur et à Tours.
    Marc me laisse au début de la route des gorges que je descend à bonne allure. Plutôt routière, cette portion est moins intéressante.
    À la sortie de Lavoûte-sur-Loire, je fais une photo d’un dancing surranné. Michel, un cycliste s’arrête et me raconte que Johnny Hallyday s’est produit ici. On discute vélo. Il voyage également de temps en temps. L’an dernier au mont St Michel. Il me vante les mérites de la Via Fluvia que je m’apprête à emprunter. Cette voie cyclable relie la Loire au Rhône et se place dans le tracé de La Galoche, une ancienne ligne de chemin de fer démantelée.
    Effectivement cet itinéraire est vraiment sympa. En pente douce sur tout le trajet, il serpente entre espaces boisés, petits villages et sites grandioses comme les ravins de Corbeuf. Il est jalonné de nombreux ouvrages d’art viaducs, secteurs en surplombs maçonnés. Vertigineux !

    J’arrive sur les hauteurs d’Yssingeaux alors que le temps se gâte et que les averses de pluie/grêle se mélangent à un fort vent de nord-ouest (heureusement, je l’ai dans le dos). Jean-Luc m’attend en bricolant. Ce passionné de vélo (il en a 2 dans son séjour) est un fêlé du voyage à vélo. Il a pédalé sur presque tous les continents. Dernier périple en 2025 : rallier la Terre de Feu depuis la Colombie. Avec Anne-Marie, qu’il ne connaissait pas avant ce voyage, ils ont collectionné des tas d’aventures partagées. C’est aussi ça le voyage à vélo !
    Jean-Luc vit seul depuis le décès de Marie, son épouse en 2022. C’est aussi un sujet d’échanges et de discussion entre nous. Le partage lors de ces soirées WarmShowers est tellement chouette. Une fois de plus, je savoure chacun des aspects de mon voyage.
    La météo prévue demain n’est pas fameuse. Jean-Luc propose de m’accompagner jusqu’au col du Tracol si le temps le permet.

    Bilan du jour :
    🚴 51 km
    ↗️ 554 m
    ↘️ 451 m
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  • Temps neigeux jusqu’à Roiffieux

    26 de marzo, Francia ⋅ ☁️ 5 °C

    En ouvrant le volet au petit matin, une surprise nous attend. La ville en contrebas, les reliefs et les routes sont couverts de neige. Il est tombé 4 à 5 cm de fine poudreuse dans la nuit.
    Partira, partira pas ? J’hésite, d’autant que les prévisions ne sont pas optimistes.
    Jean-Luc propose de m’amener en voiture avec le vélo dans le coffre jusqu’au col du Tracol pour se rendre compte de l’état des routes. Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, je découvre que les WarmShowers chez qui je devais séjourner à Annonay ont annulé la réservation.
    Je me prépare chaudement et on se met en route. Le réseau principal est bien dégagé. En contrebas de la route, la Via Fluvia ne retient pas la neige, peut être parce que le bitume est trop récent.
    Jean-Luc me laisse quelques kilomètres avant le col (histoire de dire que je l’ai gravi 😀).
    L’atmosphère est particulière : engoncé dans mes 5 couches de vêtements et les gros gants, je suis un peu malhabile avec Charlie et pourtant je progresse facilement sur la piste qui s’élève doucement. J’avance dans un univers silencieux tout juste troublé par le crissement des pneus dans les quelques plaques de neige qui ont tenu. Des traces de pas nous indiquent que nous ne sommes pas les premiers à nous être engagés ici. Les averses reprennent de temps à autre.
    La neige devient plus marquée sur la route jusqu’à la recouvrir complètement.
    Comme l’avait dit Jean-Luc, la via Fluvia s’interrompt à la gare de Riotord et je dois rejoindre la route départementale par un sentier caillouteux. Quelques voitures et camions circulent et soulèvent des gerbes d’eau glacée : heureusement que je n’ai pas dû emprunter la route depuis le début.
    Dans l’ascension, me vient l’idée de contacter Yannick, un ami angevin originaire d’Annonay pour savoir s’il n’aurait pas un point de chute pour moi le soir même.
    J’atteins le col du Tracol à 1030 m d’altitude. Le vent de nord-ouest est sec et froid. On fait une photo souvenir et on ne traîne pas d’autant que la neige redouble.
    Les premiers kilomètres de descente se font sur la route. Surprise désagréable : avec le froid, le câble du frein arrière a un peu gelé dans la gaine ce qui fait qu’il n’est pas très efficace. Pas grave, je descends prudemment à petite vitesse.
    On retrouve la piste plus ou moins enneigée. Je commence à avoir froid aux mains et aux pieds pourtant bien couverts. On s’arrête grignoter à la gare-bibliothèque de St Sauveur-en-Rue puis déjeuner dans un petit resto de spécialités belges - ça ne s’invente pas - à Bourg-Argental. Yannick me met en relation avec ses parents qui habitent Roiffieux à côté d’Annonay et qui sont prêts à m’accueillir.
    On arrive sans efforts à Annonay.
    On remonte un peu plus difficilement à Roiffieux (côte longue et raide) jusqu’à chez Evelyne et Jean-Phi qui sont ravis de m’accueillir.
    Je me réchauffe, prends une douche et un thé. Les discussions vont bon train jusqu’à l’heure du dîner. Encore une belle soirée, riche d’échanges entre des personnes qui ne se connaissaient pas la veille. C’est la magie de la rencontre !
    Pour demain, le programme n’est pas encore établi. Il dépendra de la météo.
    On met le chat dehors et on va se coucher. La nuit porte conseil.

    Bilan du jour :
    🚴 53 km
    ↗️ 662 m
    ↘️ 1020 m
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  • En mode drone à Tournon-sur-Rhône

    27 de marzo, Francia ⋅ ⛅ 6 °C

    Le temps est redevenu clément ce matin, même si le vent est toujours fort. Comme il souffle de nord-ouest, ce sera un bon moteur pour descendre dans la vallée du Rhône. J’ai décidé de prendre mon temps aujourd’hui après ces deux jours un peu éprouvants.
    On s’attarde à discuter avec Evelyne et Jean-Phi pendant le petit déjeuner.
    Avec leur aide, je trace mon parcours du jour jusqu’à Tournon-sur-Rhône. Ils me conseillent de suivre la vallée de la Gance qui rejoint la Via Rhôna au niveau de Sarras.
    Je les quitte vers 11 h en les remerciant infiniment de cet accueil spontané et de leur générosité. Je décide de passer par le centre ville d’Annonay où je prévois de faire un peu de tourisme. Je laisse Charlie dans un box-vélo en libre-service et je me balade dans les petites rues escarpées. Quelques jolis promontoires, beaucoup d’escaliers, du charme et un dynamisme qui semble bien actif. Ça fait plaisir de découvrir de petites villes comme celles-ci.
    Je pique-nique à l’abri du vent sur une petite place, avec un chien un peu agressif comme voisin. Je ne m’attarde pas et je me remets en route en suivant l’itinéraire conçu avec Jean-Phi. Quel bon conseil. Cette vallée sauvage et méconnue est magnifique à cette saison où les arbres commencent à se parer de leurs couleurs printanières. Le vert-tendre contraste avec les teintes sombres du fond de vallée. Le relief est parfois escarpé. De ça de là, des rochers qui ont résisté à l’érosion se dressent comme autant de repères pour le voyageurs. Une famille caprine fait la curieuse autour de Charlie lors d’une halte. Sur cette route d’une quinzaine de kilomètres, j’ai croisé en tout et pour tout 4 cyclistes, une automobile et un véhicule de service. Quelle chance nous avons en France de receler autant de beautés sur notre territoire !
    J’arrive déjà sur la Via Rhôna. Avec le vent portant, j’ai l’impression que ce tronçon n’a duré qu’un quart d’heure, que j’ai survolé cette vallée en mode « drone » (voilà enfin la jonction capillotractée avec le titre de cet article).
    Je fleuve est impressionnant de force et de beauté. Je n’en reviens pas d’être déjà là après quinze jours de voyage.
    Je poursuis jusqu’à Tournon-sur-Rhône où je suis accueilli par Anne-Marie. Son appartement est presque sur le quai. La vue s’ouvre au nord-ouest sur le fleuve et la ville de Tain l’Hermitage en face (Drôme) et au sud-est sur le Vercors. Magnifique !
    Anne-Marie a beaucoup voyagé en France, notamment depuis qu’elle est à la retraite. Tandis que Charlie est à la cave avec le vélo Histoire Bike d’Anne-Marie, on passe la soirée à se raconter nos histoires de vélo et nos histoires tout court. Pour mon plus grand plaisir, j’ai l’honneur de goûter aux excellentes ravioles épinard, spécialité du Vercors, concoctées par Anne Marie.
    On se couche tôt car elle a une représentation théâtrale demain et elle doit aller préparer la salle dès 8 h.
    Je pingouinne un peu et je trace un itinéraire jusqu’à Valence pour demain, ville où j’aimerais y rester deux jours histoire de me reposer un peu.

    Bilan du jour :
    🚴 43 km
    ↗️ 143 m
    ↘️ 447 m
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  • On se relance à Valence

    28–29 mar., Francia ⋅ 🌬 11 °C

    Pour mieux avancer, rien de tel qu’une bonne petite pause pendant deux jours : c’est ce que j’avais décidé ce samedi matin en quittant Tournon-sur-Rhône.
    La courte étape jusqu’à Valence est assez monotone, au rythme des kilomètres qui s’égrènent le long de la Via Rhôna. Elle me permet tout de même de quitter l’Ardèche pour passer dans la Drôme.
    À la confluence du Rhône et de l’Isère, je discute avec un ornithologue qui s’est posté bien à l’abri du vent bonjour pour observer la fin des migrations. Il y a quelques semaines, il a pu voir défiler ici même un ballet d’oies et de grues.
    J’ai le vent dans le dos, et le faible dénivelé me permet de parcourir rapidement la quarantaine de kilomètres de l’étape du jour.

    A mon arrivée à Valence, je me balade dans les parcs et les petites rues. La ville prépare le défilé des étudiants dans des chars plus loufoques les uns que les autres. Les étudiants costumés parcourent les rues du centre-ville. Je déjeune et m’en vais poser mes sacoches chez Magali qui propose une chambre d’hôtes en Airbnb. La pièce est finement décorée et invite à la sieste : je n’ai pas pu résister !
    Le samedi après-midi, je découvre le centre-ville à pied en suivant un parcours touristique. Valence est une jolie ville avec un patrimoine varié, de grandes avenues, bordées de jolis immeubles, des parcs et un centre-ville animé.
    Malheureusement, la météo n’est pas terrible : ciel gris et un vent fort. Mais bon, j’ai bien fait de choisir ce week-end pour faire cette pause.
    En fin d’après-midi, j’assiste au ciné à la séance de 18h15 de « la maison des femmes », avec 25 personnes environ, dont 50% d’hommes. Je trouve que ce film pourrait (devrait ?) être projeté aux classes de collégiens.
    Retour dans ma petite chambre d’hôtes pour un dîner sur le pouce et une bonne nuit réparatrice.

    Dimanche matin, nous sommes à l’heure d’été. Ça se voit à la couleur du ciel.
    Je prends mon temps, fais mes bagages et charge Charlie pour me rendre chez Marc qui m’accueille pour la journée.
    Sa maison est une ancienne ferme divisée en plusieurs logements. Il a aménagé l’ancienne grange dans un style hétéroclite très sympa. Il adore les objets anciens, un peu désuets. Sa fille Alix est très agile en bricolage et a réalisé pas mal de mobilier à partir de métaux et… de pièces de vélo.
    Toute la famille est passionnée de vélo. Marc a pas mal voyagé notamment en France et en Italie où il est allé jusqu’à Rome. Sa fille, elle, s’est transportée en Amérique du Sud où elle a rallié en vélo Ushuaia (sud de l’Argentine) à La Paz (Bolivie).
    On échange autour d’un bon repas de ravioles. On parle voyage, mobilité, politique, nature, famille… Marc révise ses partitions car il se produit l’après-midi avec sa chorale Dindirindi. Chouette, une sortie pour cet après-midi. Sa chorale propose un répertoire varié de chants populaires, un peu de variété et de pop internationale. J’ai beaucoup apprécié l’arrangement de Because des Beatles.
    S’en suit une prestation d’un autre groupe : les Badasses, une chorale féministe et autogérée (sans cheffe de chœur). Joli répertoire également avec, par définition, des textes fortement engagés sur les femmes mais aussi la guerre et la liberté.
    Un chouette moment.

    Retour à la maison (avec le vent portant) et dîner avec Momo, le coloc de Marc. Encore une bonne soirée d’échanges avec de belles personnes.

    Demain, toujours cap au sud. Si tout se passe bien, le vent devrait nous mener de Valence à Montélimar.

    Bilan du jour :
    🚴 41 km
    ↗️ 167 m
    ↘️ 146 m
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  • Rendez-vous ce soir à Montélimar

    30 de marzo, Francia ⋅ ☁️ 8 °C

    Je quitte Valence par le port de plaisance sous un ciel encombré avec toutefois quelques taches de ciel bleu.
    Le vent me pousse toujours vers le sud, vers Montélimar où je ferai étape ce soir.
    Le Rhône semble toujours aussi puissant, au rythme des ponts et des écluses dans ce paysage.
    Je m’arrête pour photographier une colonie de cormorans sur des troncs. Je m’aperçois qu’un cygne est collé au premier plan. Et en zoomant, je découvre son nid juste devant sur la berge. Heureux hasard de m’être arrêté pile à cet endroit.
    Plus loin, au milieu de nulle part, un groupe de véliplanchistes s’essaie à tirer des bords sur le fleuve. Chacun son hobby, moi je pédale.
    D’ailleurs, je ne suis pas le seul : je rencontre de plus en plus de cyclo voyageurs sur cet itinéraire assez fréquenté.
    Lors d’une pause, je discute avec Thomas qui est part il y a deux jours de Saint-Étienne et qui descend jusqu’au mont Ventoux en espérant le gravir s’il n’y a pas trop de vent. Mais, comme il dit, l’important n’est pas la destination mais le voyage. Je le rejoins bien sur ce point.
    Le vent nous porte sans forcer. Sans avoir l’air de pédaler, nous voulons facilement à 30 km/h. Je m’interromps pour faire quelques photos de la centrale nucléaire (qui fait également partie du paysage de bord de Rhône), Thomas file vers son objectif du jour : bivouaquer aux environs de Bollène.
    La passerelle qui permet de franchir la Drôme est en travaux. La via Rhôna est déviée sur quelques kilomètres. Ça permet de goûter au vent de face ! Et on apprécie d’autant plus le retour, le vent de dos !
    Je me retrouve à rouler avec deux anglais Helen et Richard qui pédalent depuis Lyon pour aller à Toulon. J’aime beaucoup discuter et partager les points communs et les différences de chacun de nos voyages. Ils sont tous uniques, mais on en ressort tous les mêmes impressions de liberté, de lenteur, propice à la contemplation, et surtout, de communication avec les autres.
    On fait quelques kilomètres ensemble, toujours sous le vent portant.
    Dernier passage particulier de cet épisode : la passerelle himalayenne de Rochemaure, un passage de 1,50 m de large et 340 m de long qui surplombe le Rhône en lieu et place d’un ancien pont.
    Chacun connaît ma sensation vis-à-vis du vertige et mon appréhension à être au-dessus du vide. Malgré quelques balancements et croisements de joggers, j’ai vaincu la passerelle de Rochelaure, sans trop de difficulté. Mais bon, c’est à cet endroit que j’ai eu le plus chaud de la journée !
    À Montélimar, je fais la connaissance de Chantal et Gilbert, de charmants hôtes WarmShowers qui m’accueillent avec délice et complicité. Montélimar étant située sur la Via Rhôna, ils ont beaucoup de demandes pour de l’hébergement, jusqu’à 103, l’an passé !
    Tous deux instituteurs en retraite, ils sont très impliqués dans le vélo et la mobilité. Ils sont actifs dans les associations, construisent, bricolent, jardinent, recousent… mais aussi, accueillent, enfants et petits-enfants, voyagent…
    Encore une bonne soirée à discuter et à échanger sur notre philosophie de vie, sur ce qui nous fait aimer le contact et le lien avec les autres.
    Merci également à Chantal et Gilbert pour tous les petits gestes lors de cette étape à Montélimar, notamment les bonnes recettes pour soigner mon rhume.

    Bilan du jour :
    🚴 93 km
    ↗️ 234 m
    ↘️ 237 m
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  • Aubignan sous le vent

    31 de marzo, Francia ⋅ 🌬 8 °C

    On aimerait encore passer du temps à discuter avec Chantal et Gilbert, mais il nous faut nous séparer après un bon petit déjeuner. Ils préparent leurs trikes pour filer chez le magasin de producteurs. Moi je rejoins la Via Rhôna un peu plus bas.
    Certaines portions sont un peu plus sauvages, d’autres très rectilignes. Les villages s’égrènent : Chateauneuf du Rhône avec son barrage hydroélectrique mais aussi sa vieille ville pittoresque, Bourg Saint Andéol où je fais quelques courses…
    Ces noms de villes sonnent étrangement à mes oreilles quand je les vois sur les panneaux : je suis bel et bien dans le sud. Je n’en reviens pas d’être venu jusqu’ici à la force de mes jambes avec Charlie (c’est le nom que j’ai donné a mon vélo pour celles et ceux qui prennent la lecture en cours).
    Je retrouve Helen et Richard qui ont, eux aussi, passé la soirée à Montélimar. On parcourt une dizaine de kilomètres ensemble, jusqu’à ce que je quitte la Via Rhôna du côté de Mornas. Ouf, fini le franchissement de ponts venteux sur les quels ton oreille interne essaie tant bien que mal de garder un équilibre précaire tandis que tu tentes de maintenir un cap rectiligne en dépit des automobilistes qui s’impatientent derrière toi 😰
    Voici Orange, la belle porte du sud et ses monuments antiques magnifiés. J’arrive par l’arc de Triomphe. Le selfie est difficile à faire à cause du vent (impossible de tenir le vélo à une seule main), je demande à une passante de me photographier.
    Je poursuis par une petite visite du centre ville. Orange dévoile des charmes insoupçonnés pour quiconque ne fait que passer sur l’A7 à proximité. Je me cogne littéralement sur l’imposant fond de scène du théâtre antique, seul vestige de ce type conservé au niveau européen. Il est un peu tard pour faire une visite. Dommage !
    Je traîne un peu dans les petites rues abritées du vent. Tout y est paisible, avec de grandes places et des cafés qu’on imagine animés pendant la belle saison.
    Je quitte la ville pour désormais suivre la Via Veneissia, une piste cyclable qui relie Orange (et même Caderousse) à Robion, sur l’Eurovélo 8.
    Sur cette portion, mon compagnon est le Mont Ventoux, splendide silhouette qui se profile à l’horizon.
    L’itinéraire me le fait découvrir dans plusieurs situations : villages, champs d’oliviers, prairies…
    La via Venessia est rectiligne et le vent, toujours présent, est un heureux soutien pour achever les derniers kilomètres de cette étape.
    J’arrive à Aubignan chez Hugo, Debora, Gianni et Luca. Hugo est le frère d’un de mes amis. C’est super sympa qu’ils acceptent de m’héberger car on ne se connaît pas.
    Les enfants ont des tas de questions sur mon voyage. Quel tonus, quelle énergie !
    On se retrouve autour d’un bon repas, magnifié par les talents culinaires d’Hugo (restaurateur au Vin Ensèm à Caromb, petit village proche d’Aubignan) et de bonnes bouteilles.
    On partage des expériences de voyages, notamment avec Debora qui a parcouru la moitié du GR10 dans les Pyrénées l’été dernier. Encore une belle soirée !
    Demain c’est mercredi. Hugo et les enfants m’accompagneront peut être si le vent le permet.

    Bilan du jour :
    🚴 92 km
    ↗️ 535 m
    ↘️ 489 m
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  • On passe par Sénas

    1–2 abr., Francia ⋅ 🌬 16 °C

    Le vent semble être tombé ce matin. Hélas, ce n’est qu’une impression. Le sud de la France est une tellement jolie région qu’on a du mal à imaginer des conditions climatiques parfois difficiles.
    Le petit déjeuner est un repas à part entière qu’Hugo magnifie avec des préparations comme ses divins œufs brouillés. Je me suis régalé !
    Tandis qu’Hugo joue aux legos, Gianni et Hugo m’accompagnent jusqu’au bout du chemin. Je regagne la Via Venessia qui va m’amener jusqu’à Sénas, prochaine étape de mon voyage.
    Bye bye Ventoux, hello Vitou (merci Marie).
    Première petite halte à Carpentras, charmante ville méridionale avec ses passages couverts, ses échoppes de primeurs qui débordent sous les porches, ses places animées et ses vestiges romains. Je profite du soleil quelques minutes à l’abri du vent dans la vieille ville, tandis que des enfants jouent au toboggan sur la place ou attendent leur cours de musique, mercredi oblige.
    Nonchalamment, la via Veneissia traverse ensuite de charmants petits villages comme Pernes-les-Fontaine, Velleron…
    Mention spéciale à L’Ile-sur-la-Sorgue traversée d’une multitude de petits canaux à l’eau claire. C’est d’ailleurs dans toute la région que l’on peut suivre des canaux d’irrigation le long des petites routes.
    Je me pose à Cavaillon, ville qui me semble un peu endormie sous un soleil qui commence à chauffer un peu. Le vieux centre-ville, les vestiges romains au pied de la montagne lui donnent un charme un peu désuet mais tellement particulier. Je prends mon temps avant de laisser la via Veneissia et bifurquer vers Sénas. Ça y est, je suis dans les Bouches du Rhône, entre les massifs du Lubéron et des Alpilles.
    Je remplis mon bidon à Orgon, je m’attarde autour du lac de Lavau, je contemple les hauteurs des massifs tout en roulant à bonne allure (et oui, le vent est toujours bien présent).
    J’arrive chez Didier et Sylvie au bout d’une impasse au dessus de Sénas. En leur absence pour cause de voyage à vélo, Vitou, leur fils, m’y accueille admirablement. J’ai prévu de rester deux nuits ici. On fait connaissance, on partage un verre. J’en profite pour faire une lessive et un bon nettoyage / check-up à Charlie.
    Quelques courses en soirée pour le repas du soir. On accueille Nastia qui habite juste à côté et je ne tarde pas trop pour me coucher.

    Le lendemain matin, je me lève tôt mais je prends le temps de faire mon itinéraire jusqu’à l’Italie, en ayant à la fois envie de passer du temps dans cette belle région du sud et en étant tellement impatient d’y être déjà.
    Je prépare un pique-nique car, si je laisse Charlie au garage, j’ai tout de même prévu d’aller me balader à pied dans les (petites) montagnes du coin.
    Avec le printemps la végétation explose. Ça sent bon dans les hauteurs avec le thym, les romarins, les pins en fleurs.
    Je croise un promeneur qui profite lui aussi de ces beautés.
    La vue au sud dévoile les sommets caractéristiques des Alpilles tandis que le Luberon surgit quand on se retourne au nord. Finalement cette situation permet de profiter de ces deux massifs.
    Et à l’est tout la bas, ne serait ce pas le Mercantour, le Queyras ou les Écrins ?
    Je trouve un endroit protégé du vent et bien exposé au pied d’une falaise pour déjeuner. Une petite sieste loin de tout et je regagne la maison.
    Pas encore de retours de WarmShowers. Pas grave, s’il le faut, je suis bien décidé à planter ma tente pour les jours à venir.

    Bilan du jour :
    🚴 59 km
    ↗️ 235 m
    ↘️ 201 m
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  • Pas dég la Tour d’Aigues

    3 de abril, Francia ⋅ ☀️ 9 °C

    Bien ressourcé par cette pause de deux jours, je me lève tôt pour bien profiter de cette journée. Je laisse un mot à Vitou, dit au revoir à Django et Kima, je charge Charlie et je prends la route.
    Mon itinéraire suit désormais la vallée de la Durance sur le circuit « autour du Luberon ». Le matin est calme, le ciel azur, les montagnes à la fois grandioses et paisibles.
    Je fais une première halte à Lauris, jolie petite ville provençale du sud-Luberon. Ça monte fort pour accéder au village mais ça vaut le coup : façades colorées, volets peints, petites rues pour préserver la fraîcheur l’été. Tout invite à flâner.
    Attiré par de la musique dans une cour, je m’avance. L’école de musique est installée dans le magnifique château et un groupe au répertoire plutôt rock y travaille. Sympa.
    Depuis le rempart, je contemple le superbe jardin à la française de Lauris, la vallée de la Durance et au loin les massifs qui s’étalent de la montagne Sainte Victoire aux Alpilles.
    Je prends mon temps, poursuis ma flânerie sur la petite rue en balcon avant de regagner le centre ville.
    J’y apprends que c’est à Lauris que Tino Rossi s’est produit pour la première fois en public et que ce village est la capitale de l’asperge verte (dite asperge de Lauris) introduite ici vers 1850.
    Les villages du sud Luberon ont vraiement du charme. Des bastides avec pièces d’eau et grands espaces de détente m’inviteraient presque à faire plus fréquemment des pauses. Mais je dois avancer.
    Je m’arrête déjeuner auprès de la fontaine de Puyvert, je me perds dans les petites rues animées de Lourmarin où le marché vient de se terminer, je me pose à Vaugines, joli village perché idéalement exposé. C’est dans ce village que Claude Berri a tourné « Jean de Florette » et « Manon des sources ». Je prends une citronnade au café de la place et discute avec le patron. Il n’en revient pas qu’on puisse voyager à vélo.
    Puis Cucuron avec son bassin gigantesque et ses vestiges de fortification.
    Depuis Sénas, les vignes ont fait leur apparition au bord des routes et sur les coteaux. Si certaines étapes étaient marquées par les paysages, ici c’est la main de l’homme qui l’a façonné avec une harmonie entre les cultures et les petits villages.
    J’arrive enfin à La Tour d’Aigues où Anne me reçoit dans le petit appartement cosy qu’elle a aménagé à l’étage d’une maison. Son entrée donne sur le jardin en terrasse ce qui lui permet d’assumer une de ses passions : l’observation des oiseaux.
    Son chat Tchika (pas sûr que ce soit exactement ça) est d’ailleurs équipé d’un collier bigarré et sonore pour que les oiseaux le voient ou l’entendent arriver.
    Avant la douche, on tente de réparer, en vain, le vélo d’Anne : les différentes rustines testées sont récalcitrantes.
    Dans l’appartement baigné de soleil, l’ambiance invite au lâcher-prise et à la détente. Comme à chaque étape Warmshowers, on discute vélo, bien sûr mais aussi théâtre, lectures, philosophie de vie… Une très belle rencontre pour une très bonne soirée.
    Demain c’est le week-end de Pâques et la météo sera clémente.

    Bilan du jour :
    🚴 59 km
    ↗️ 850 m
    ↘️ 689 m
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  • Cotignac avant Pâques

    4 de abril, Francia ⋅ ☀️ 23 °C

    Autant certaines étapes sont réglées bien à l’avance en ce qui concerne le kilométrage et le lieu d’accueil, autant celle-ci a été improvisée tout en roulant.
    Sur les conseil d’Anne, je fais un petit crochet par le centre du village de la Tour d’Aigues pour découvrir les petites boutiques et l’impressionnant château Renaissance dont il ne subsiste malheureusement pas toutes les pièces.
    À la lecture du panneau touristique, on imagine la splendeur de la construction.
    La boutique de producteurs locaux n’est pas encore ouverte. Dommage.
    Je poursuis ma route par une longue côte de 7 kilomètres (oui oui Anne, ça monte par ici) jusqu’à rejoindre plus bas la vallée de la Durance que je franchis à Jouques.
    La route à grande vitesse n’est pas du tout accueillante pour les cyclistes mais permet de rouler bon train. J’espère que Charlie ne m’en voudra pas.
    A Peyrolles-en-Provence, je rejoins le tracé provisoire de l’Eurovélo 8 que je devrais suivre la plupart du temps jusqu’au bout de mon voyage.
    Petites courses au soleil dans le village de Jouques et je rejoins l’itinéraire « officiel » à Rians.
    Les paysages ont changé, ils sont plus secs et teintés d’ocres et d’orange. Les paysages de cette région sont vraiment magnifiques.
    Pour pique-niquer, je jette mon dévolu sur le petit village de Rians et son église perchée qui me nargue du haut de sa colline. Un couple est en plein ménage à l’intérieur pour que l’église soit belle et propre pour la messe de Pâques. On discute.
    Petite pause sieste et c’est l’heure de repartir.
    Vers Barbols je rejoins une famille qui profite de ce grand week-end pour découvrir à vélo les charmes de leur région. Amélie et Fanny, les deux sœurs enseignantes, ont préparé ce mini périple.
    Elles me donnent des tuyaux sur les trucs à visiter, les campings ouverts, les fortes côtes à éviter…
    Leur groupe de 3 adultes et 4 enfants (ados) est tellement sympa que je décide de rouler avec eux jusqu’au camping de Cotignac où je plante ma tente sur le même emplacement qu’eux.
    Douche et apéro. On poursuit en discussions autour du voyage à vélo -of course- et de fréquentation touristique dans leur région. L’été, ils préfèrent rouler sur la côte atlantique et vont venir cette année, poursuivre la Velodyssée qu’ils ont laissée du côté de La Rochelle.
    Une veille de Pâques un peu particulière, au milieu des pins, au calme dans le sud.
    La nuit tombe, demain on doit rejoindre la Méditerranée. Pas le temps de s’attarder à regarder les étoiles (dommage Denis) mais j’en photographie tout de même une, juste à l’aplomb de ma tente. Une bonne étoile je présume !

    Bilan du jour :
    🚴 79 km
    ↗️ 714 m
    ↘️ 634 m
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  • Fréjus en plus

    5 de abril, Francia ⋅ ☀️ 24 °C

    Aujourd’hui je dois rallier Cagnes sur Mer, à proximité de Nice. Hier j’avais comptabilisé 125 km pour cette étape. Un peu long, un peu dur également car les 800 de dénivelé sont principalement concentrés dans l’Estérel, un peu avant l’arrivée.
    Pour ne pas trop faciliter cette étape , je discute avec les voisins et je pars tard.
    Je suis dans un secteur qu’on appelle la Dracenie, fait de petits mont et de cours d’eau.
    Une halte à Salernes pour profiter du marché, et je file toujours sur l’Eurovélo 8 qui serpente en empruntant une ancienne voie ferrée. Décors pas très variés. Discussions avec d’autres cyclistes venus en nombre profiter du soleil bien présent ce dimanche de Pâques.
    À Lorgues ma route bifurque vers « La vigne à vélo » et suit une route départementale pas très agréable. L’heure avance et je ne suis pas en avance sur le nombre de kilomètres parcourus. L’idée me vient de descendre jusqu’à Fréjus et de prendre un train jusqu’à Cagnes sur Mer.
    Petite pause pique-nique au Muy, dans un décor idyllique bien que proche de l’autoroute.
    Paysages somptueux sous les montagnes de Roquebrune et de l’Argens, j’atteins Fréjus par « la France moche » des zones commerciales.
    Un petit tour touristique dans les arènes. J’arrive à la gare. C’est la fin de mon étape du jour à vélo.

    Bilan du jour :
    🚴 71 km
    ↗️ 373 m
    ↘️ 691 m
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  • Cagnes sans passer par la montagne

    5 de abril, Francia ⋅ ☀️ 17 °C

    Petite portion en train, pour éviter de gravir le petit col de l’Estérel.
    À la gare de Fréjus je discute avec Hazzan Abdelaziz de retour de Tunisie qui rentre chez lui à Grasse. C’est le baptême de train pour Charlie qui voyage avec les vélos de Telma et Julie, deux jeunes niçoises venues déjeuner chez des amis pour Pâques.
    Elles sont passionnées de vélo, version route, et m’avouent prendre de temps en temps la roue de pros comme Pauline Ferrand Prévot, Roglič ou même Pogačar (pas trop longtemps tout de même, ça va très très vite !)
    J’arrive à Cagnes chez Sabrina qui n’est pas encore rentrée. Je vais jusqu’à Nice « histoire de dire » et revient à l’appartement.
    On s’installe et on dîne avec Sabrina. C’est une femme pleine de passions : musique, vélo, nage, mais aussi des champs professionnels variés. Encore une bonne soirée de partage qui a toute bonne place dans ce carnet.
    Demain c’est repos et farniente. Enfin, pas tout à fait, Sabrina m’a proposé d’aller à vélo jusqu’à la pointe d’Antibes !
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  • Antibes, presque les Caraïbes

    6 de abril, Francia ⋅ ☁️ 16 °C

    Journée de pause au soleil à Cagnes sur Mer en compagnie de Sabrina qui m’accueille pour ces deux nuits.
    Lundi (de Pâques) matin, sur les conseils de Sabrina, je prends le temps de me balader dans le quartier du Cros de Cagnes, ancien port de la ville. Le temps est beau, l’air est doux et l’avenue des oliviers se réveille doucement. Des maisons coquettes côtoient des immeubles pas toujours très réussis, mais les effluves des fleurs d’oranger dans les petites rues adjacentes rattrapent l’ambiance méridionale.
    Je me pose sur la plage de galets et prends des nouvelles de la famille. Les enfants fêtaient Pâques à la maison, Papa et Marité sont calmement chez eux.
    On est à la fois proches et loin. Ce numérique qu’on exècre parfois est tout de même bien pratique au jour le jour.
    Je me lance et pique une tête dans la grande bleue, un peu froide en cette avant saison. Je n’y reste que quelques minutes.
    Je fais quelques allers-venues sur la promenade et dans le Cros de Cagnes le temps de choisir la terrasse à laquelle je déjeunerai. Le temps s’égrène en discutant avec un couple de niçois et une famille italienne installée sur la table d’à côté.

    Je rentre à l’appartement rejoindre Sabrina qui m’a proposé d’aller explorer les alentours à vélo l’après-midi.
    Auparavant, je lui donne un coup de main pour débloquer la porte du lave-linge, et déboucher l’évier.
    On se met en route direction le Cap d’Antibes à quelques kilomètres, par une belle piste cyclable qui longe la côte sauf quand quelques énormes immeubles viennent s’interposer.

    Dans le port d’Antibes, les yachts rivalisent en taille et en puissance. Ils ont tous ou presque des ports d’attache à l’étranger (Doha, Abou Dabi…). Pas de doute, on est bien dans un secteur où l’exposition ostentatoire des richesses est la règle, règle provocante pour beaucoup dans le monde d’aujourd’hui.
    On grimpe sur la butte d’Antibes en passant devant les grands palaces dont l’Eden Roc (fermé jusqu’au 20 avril, bon à savoir si vous vouliez réserver une suite).
    On redescend avec une vue splendide sur la baie de Cannes au loin. Ce n’est pas la mer Caraïbes mais les reflets azur et cristallins nous invitent à faire une pause. Deuxième baignade de la journée sur une petite plage de sable abritée.
    Sabrina fait un aller retour jusqu’à une bouée située à bien 500 m (selon moi, 232 m selon la montre de Sabrina). Impressionnant ! Moi je reste à nager au bord en observant les nombreux poissons pas encore trop effrayés par le nombre de touristes barbotant à cette saison.
    On rentre rapidement en s’accrochant à la roue d’un couple de cyclistes puis on partage en dînant autour d’une bonne pizza 3 fromages et d’une tarte aux fruits rouges.
    Encore un peu de bricolage (nettoyage filtre VMC et attaches de la dragonne du casque), des discussions et un itinéraire pour demain.
    Marie m’appelle pour me dire que papa est hospitalisé. Rien de trop grave mais ça me rassure de le savoir en de bonnes mains.
    Je file au lit vers 21h30.
    Encore une belle journée, remplie de bons moments. Merci Sabrina pour ta générosité et l’itinéraire découverte que tu m’as fait parcourir.
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  • Il fait bon arriver à Menton

    7 de abril, Francia ⋅ 🌙 13 °C

    Et oui, dernière étape en France aujourd’hui. Demain je passe la frontière italienne à Vintimille. Toute la journée je me suis étonné moi même d’être arrivé jusqu’ici. Et ce n’est pas fini !
    Cette journée je l’ai commencée tout doucement, par un petit déjeuner avec une délicieuse brioche et une tarte aux fruits rouge chez Sabrina.
    Ensuite j’ai rassemblé quelques objets dont, je pense, je n’aurai plus besoin et j’ai fait un paquet à renvoyer à la maison. Malheureusement le locker de la gare de Cagnes était complet.
    Enfin, j’ai fait un brin d’entretien sur Charlie dont le remplacement des plaquettes de frein arrière.

    Top départ de cette dernière étape française aux environs de midi.
    Je me mets en quête d’un autre locker Mondial Relay… ce qui m’amène tout de suite à 13h30 !
    Coup de fil des copains. Pause dej sur la promenade des Anglais (trop la classe). Je me mets vraiment en route à 14h30.
    La trace suit d’abord la côte. Je m’arrête souvent pour photographier palaces et villas toutes plus belles les unes que les autres. Je passe dans un joli port aux façades colorées puis le tracé s’élève sur les hauteurs de Nice avec des vues magnifiques. La longue côte sur un axe très fréquenté bifurque sur la gauche sur une rue avec des pourcentages élevés. Je suis obligé d’alterner poussage et pédalage sur un bon kilomètre. Je termine la montée du col d’Eze en plutôt bonne forme malgré ce gros effort. Une petite photo avec l’aide d’un autre cycliste et hop, je redescends. La récompense est là avec de magnifiques surplombs au dessus des villages et la mer en arrière plan.
    Sur son rocher, Monaco est minuscule vu d’aussi haut. C’est l’heure de la sortie, la circulation s’intensifie à l’arrivée à Menton.
    Je trouve que cette ville a beaucoup de charme et une authenticité propre avec ses maisons colorées, ses grilles un peu rouillées à la peinture écaillée et ses allées plantées d’orangers en fruits.
    Guillaume qui m’accueille m’avait laissé quelques explications pour arriver chez lui. Les derniers 100 m sont des marches. Je décroche les sacoches de Charlie et je les grimpe une par une jusqu’à la maison.
    Un magnifique citronnier trône sur la terrasse. La vue sur Menton est magnifique et la maison de Guillaume reflète l’hospitalité qu’il me dévoilera à son arrivée.
    Il enseigne la flûte traversière au conservatoire de Menton. Il accueille très fréquemment des voyageurs à vélo, des demandeurs d’asile pour lesquels il a même réservé une pièce.
    On dîne avec Christophe, un de ses amis, on trace l’itinéraire du lendemain, puis on file se coucher.

    Demain, l’Italie.
    Je n’en reviens toujours pas.

    Bilan du jour :
    🚴 44 km
    ↗️ 614 m
    ↘️ 582 m
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