On mise sur Assise
3. kesäkuuta, Italia ⋅ ☀️ 21 °C
Après ce début de parcours entre Fabriano et Foligno en train, il ne nous reste plus qu’à pédaler jusqu’à Assisi, à une vingtaine de kilomètres.
Il fait bon de ce côté-ci des Apennino même si le ciel est couvert sur les hauteurs.
Rien de particulier sur ce parcours quasiment plat. On s’arrête toutefois un petit quart d’heure pour faire sécher la tente qui ne nous servira pas ce soir. On a déjà une belle vue sur la ville, assise sur le pied de la montagne.
On arrive à l’auberge de jeunesse, juste avant une grosse averse. Le temps de s’installer et de discuter avec un jeune brésilien (désolé, j’ai oublié son prénom), le beau temps est revenu.
À la réception, Ruku me propose de monter Charlie dans le dortoir. Vu que c’est au deuxième étage j’espère que ça ne gênera pas mes collègues de dortoir.
J’ai un peu de temps aujourd’hui, alors, je vais aller visiter la ville. Elodie, une voyageuse à vélo, rencontrée à Padova l’a beaucoup aimée durant son voyage.
C’est vrai que la ville est magnifique avec ses petites rues, ses dédales d’escaliers et ses très nombreux bâtiments religieux : basilique St François avec ses deux églises construites l’une sur l’autre, église San Pietro, cathédrale St Rufin, basilique Ste Claire, Église Ste Marie Majeure, couvents et petites chapelles… St François d’Assise est le saint patron de l’Italie et Assise le deuxième lieu de pèlerinage en Italie après Rome. La ville est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Et c’est vrai que c’est magnifique de s’y promener.
Parmi les échoppes, c’est assez drôle de voir des boutiques spécialisées dans les objets pour le culte (vêtements de cérémonies, calices, coiffes…).
J’ai pu accéder aux églises et au tombeau de St François juste avant la fermeture. Le versant était orienté ouest, donc tout ensoleillé. Les bus et leurs passagers avaient quitté les lieux. J’ai passé un très bon moment. Seul bémol : la plupart des magasins ferment tôt. Impossible donc de trouver du pain !
Je grimpe à un point haut pour contempler la vue. Là-haut aussi c’est magnifique : la plaine avec ses petits villages, un dôme par ci, un clocher par là. Et au fond les montagnes que je vais gravir demain.
Tiens oui demain ? Ne tarde pas trop Olivier si tu veux être en forme pour ton étape !
Bilan du jour (hors trajet en train) :
🚴 17 km
↗️ 107 m
↘️ 88 mLue lisää
Séance mécano avant Madonna del Porto
4. kesäkuuta, Italia ⋅ ☁️ 23 °C
Le soleil illumine le dortoir de très bonne heure. Le ciel est tout dégagé et la ville d’Assise se détache, toute blanche, de la montagne. Que c’est beau !
A l’auberge, au petit déjeuner, je rencontre Roberto qui habite Verona et qui vient régulièrement à Assise en pèlerinage. Il ne parle qu’italien alors on échange tant bien que mal dans cette langue. Il corrige certains mots mais finalement je suis assez fier de tenir (plus ou moins) une conversation du quotidien avec quelqu’un en italien. Arrive Angelo qui se joint à nous et la discussion se poursuit.
Et puis c’est avec Alice de Bologne qu’on discute voyage. Elle randonne dans le centre de l’Italie avec sa guitare. Elle aimerait un jour partir à vélo.
Quand on parle de mon voyage, j’ai parfois l’impression de toujours répéter les mêmes choses, les mêmes anecdotes, les mêmes ressentis. C’est probablement vrai de mon côté, mais tellement agréable de rencontrer tellement de gens, de tous les pays. Mon voyage est inspirant pour beaucoup et ça me rend heureux.
C’était bien parti pour un départ de bonne heure. Finalement je ne me mets en route qu’à 9h45 ! Un dernier regard au panorama d’Assise et je m’engage sur le circuit des Apennino à vélo. Tout y est calme et plat au début. Des promeneurs y déambulent avec ou sans chien, des joggers y font leur footing quotidien (j’adore voir certains reprendre leurs foulées quand ils me voient arriver), d’autres enfin, sont à vélo.
Je longe des canaux plus ou moins abrités. Dès que l’ombre paraît, il fait bon.
Cette topographie ne dure qu’une vingtaine de kilomètres car il faut quitter cette grande vallée pour passer de l’autre côté des montagnes. La montée vers le col était très douce au départ au milieu des futaies. Elle se termine par des pentes à 14% sur une petite route en plein soleil où j’ai dû pousser Charlie sur un bon kilomètre.
De là-haut le panorama sur les petits villages perchés est magnifique. L’Italie est un théâtre à ciel ouvert.
Midi vient de sonner et je commence à penser à ma pause déjeuner. Une deuxième grosse difficulté se présente avec une côte de 7 kilomètres.
Étonnant, il y a un terrain d’aviation au début de cette côte avec deux anciens appareils plantés là, en pleine campagne. Je décide de gravir cette bosse avant de m’arrêter manger. Charlie n’est probablement pas d’accord puisque, à mi-chemin de l’ascension, le câble du dérailleur arrière casse au niveau du shifter (levier de vitesse intégré à la poignée de frein). Pas de panique. On est juste dans un petit village. J’ai les outils et les pièces de rechange. On va simplement anticiper la pause et réparer cela.
Ce qui prend un peu de temps dans ce type de réparations, c’est que d’autres voyageurs à vélo s’arrêtent quand ils te voient en panne. C’est le cas de Rosa, Jemen et Rory, trois jeunes anglais qui font le parcours inverse du mien : de Civittavecchia à Ancôna. Ils me donnent des tuyaux pour la suite de mon parcours. Je leur échange mon parcours et les endroits litigieux comme la route barrée au niveau de Macine.
On repart vers 15h, bien rassasiés et avec un câble tout neuf. On laisse les derniers reliefs des Apennino derrière nous. Les anglais m’avaient prévenu : ça descend un bon moment puis ça regrimpe jusqu’à Todi et le long du Tibre. Les vues y sont splendides, surtout que la route emprunte des tunnels ajourés qui laissent le temps de voir le paysage. À vélo, c’est tellement simple de s’arrêter pour faire une photo ou simplement contempler.
Il fait chaud et je fais de fréquentes pauses pour m’hydrater. Sur un parking au milieu de nulle part, l’occupante d’un camping car qui fait office de « bureau mobile » me demande de déplacer mon vélo car « je travaille et mes clients aiment bien se garer sur cette place à l’ombre ». Étonnant !
Sur l’application Ioverlander, j’avais repéré un coin de bivouac au lac de Corbara mais je préférerais finalement prendre une bonne douche dans un camping. Ceux que je trouve sont hors de prix alors je me mets en quête d’un spot de camping sauvage.
Mon gps m’indique des toilettes à 200 m de la route. Ça tombe bien je voulais remplir mes bouteilles pour la soirée et la nuit. Ces sanitaires jouxtent un monastère. Avec un peu de verdure, l’endroit serait idéal pour bivouaquer. Je frappe à là porte. Un moine m’ouvre et, à la question « Pensez-vous que je puisse installer ma tente ici » il me répond (étonnamment pour un homme d’église) « je ne crois pas ». Il reviendra me voir quelques minutes plus tard, peut être en mauvaise conscience d’avoir été un peu sec. Il me donne sa bénédiction pour mon voyage.
En attendant, je ne sais toujours pas où dormir ce soir.
À Baschi, je croise Chantal et Éric, des français de Bayeux en vacances en camping car dans le coin et qui font un tour en vélo. Ils ne connaissent pas de camping par ici. On discute tout de même de voyage à vélo et je leur partage mon carnet. Je m’arrête finalement à Madonna del Porte, dans un parc public bien équipé (sanitaires, prise électrique, tables et bancs, espace vert pour la tente). Je commence par manger car la terrasse du café d’en face est bien remplie.
Je monte ma tente a l’abri des regards. Un bon brin de toilette et me voici confortablement installé pour la nuit.
La terrasse est toujours autant animée ce qui me laisse du temps pour pingouinner.
Les derniers clients partiront après minuit. Bonne nuit !
Bilan du jour :
🚴 64 km
↗️ 801 m
↘️ 831 mLue lisää

Matkaaja
Voilà pourquoi je suis restée à la maison ! Mais visiter toutes ces magnifiques villes, c’est quand tu veux !
Ciao Italia a Civittavecchia
5. kesäkuuta, Italia ⋅ ☀️ 23 °C
Finalement cet emplacement que je trouvais idyllique hier soir ne l’aura pas été tant que ça pendant la nuit. Il est situé entre la ligne ferroviaire et une route assez passagère. Le café d’en face a fermé à minuit et a ouvert dès 6h30. Enfin, un effaroucheur sonore à oiseaux a fonctionné toute la nuit. Heureusement qu’il n’était pas tout près. Vive les bouchons d’oreilles et le masque !
Le village de Madonna del Porte est une porte d’entrée sur le parc naturel du lac d’Alviano. L’humidité s’est déposée sur la tente qu’il va falloir faire sécher. C’est pas gagné vu le ciel très couvert. Je me demande même s’il ne va pas pleuvoir.
Je prends mon petit déjeuner sur les tables de pique-nique. Les clients du bar doivent se demander ce que je fais là, si j’ai dormi là…
Aujourd’hui doit être ma dernière étape en Italie puisque j’ai prévu d’arriver à Ciné… Citta… Civa… Civittavecchia (j’ai beaucoup de mal avec ce nom), grand port de commerce et de passagers sur le littoral méditerranéen. Anticipant mon arrivée à Barcelone, j’envoie des messages a une dizaine de WarmShowers susceptibles de m’accueillir.
Je termine le pliage de tout le matériel. La tente est bien humide : je tacherai de la faire sécher ce midi si le soleil est de retour.
Côté route, je suis toujours sur la Valle du Tibre, pas passionnante. Les choses s’améliorent quand je grimpe à Vitorchiano, un magnifique petit village construit sur un éperon rocheux. Dur dur ce début d’étape. Il va falloir gérer car j’ai prévu de faire plus de 100 km aujourd’hui. Je profite donc de ce charmant volage pour faire une petite pause et je laisse filer deux cyclovoyageurs que j’avais aperçus devant moi dans les lacets. La barre énergisante offerte par Simone est la bienvenue. Bienvenu également le message de Morvan de Barcelone qui est d’accord pour m’accueillir demain soir à mon arrivée. Ça met du baume au cœur !
La petite route sympa cède la place à une grande moins passionnante jusqu’à Viterbo, une jolie ville perchée et vallonnée. J’y fais une nouvelle pause en essayant de me détendre un peu, le début de cette étape avec un vent de 3/4 face étant assez éprouvant.
J’emprunte ensuite une portion de l’Eurovélo 5 (la Francigena) dans un décor assez surprenant puisque la route est taillée dans la roche. Ça donne l’impression de rouler dans des gorges et il faut klaxonner avant d’entrer dans certaines portions car deux véhicules ne peuvent s’y croiser. Ce chemin est aussi un itinéraire de pèlerinage jusqu’à Rome.
Les reliefs s’estompent et ce sont désormais dans de grands champs de tomates, pommes de terre, courgettes que nous roulons. A grand renfort d’arrosage, ces exploitations doivent être l’un des « greniers » à légumes de l’Italie.
J’en suis presque à 50 km et il n’est pas encore midi. Ouf, finalement je suis dans le timing que je m’étais donné même si j’ai l’impression de ne pas avancer.
Aléa du jour : la route que je devais emprunter a été privatisée depuis la construction de l’autoroute. Je dois revoir mon itinéraire. Deux autochtones s’arrêtent pour m’aider et me proposent une nouvelle route. Ça fait bien 7 kilomètres de détour, mais bon… Je fais ma pause déjeuner à Vetralla et profite du soleil pour faire sécher la tente en l’accrochant au portail d’un jardin.
Encore une toute petite côte et ce sera du tout-plat ensuite jusqu’à Civittavecchia. La descente se fait sur des petits sentiers Gravel (Strada Bianca) et on arrive ensuite sur une grande plaine exploitée principalement en céréales.
Les collines qui brodent cette plaine du Lazio sont assez époustouflantes au niveau des couleurs. Les couches minérales dessinent des motifs acérés de teintes variées.
J’aurais cru qu’à une cinquantaine de kilomètres de Rome, j’arriverais dans des zones urbanisées. Mais non, ce paysage est très rural. Un peu désertique même !
La haute cheminée que je vois à l’horizon depuis une dizaine de kilomètres semble être située à Civittavecchia. Gagné ! Plus j’avance, plus elle se rapproche. Une dernière petite pause avant l’ultime bosse du jour. J’essaie de m’accrocher à 3 cyclistes-route qui m’avaient nargué en me doublant. Ça me permet de penser à autre chose. Je les recolle dans la descente en arrivant à Civittavecchia. On discute quelques minutes avant de les lâcher (que eux me distancent 🤣).
Après cette grosse étape, je suis un peu HS mais tellement satisfait d’avoir terminé ma deuxième traversée de l’Italie.
Je réserve mon ferry, vais chercher mon bon d’embarquement au port (pas facile de circuler en vélo dans un grand port comme celui de Civittavecchia) et vais chez Bernardo, un Warmshowers qui avait accepté de m’accueillir pour quelques heures avant mon départ pour Barcelone.
Douche, repos, repas. Mais aussi discussions autour de l’accueil, jeu de société (et oui 😀) : encore une bonne soirée chez l’un des hôtes de ce formidable réseau.
Vers 23h, je me mets en route pour le port situé à une dizaine de kilomètres de chez Bernardo.
Je trouve tant bien que mal le bateau (l’hôtesse m’avait dit « vous verrez bien le bateau » sauf qu’elle ne m’avait pas dit qu’il était 2 kilomètres plus loin) et je poireaute pendant 1 heure 30 avant d’embarquer.
20 heures de voyage jusqu’à Barcelone. Je vais bientôt pourvoir dire que je suis sur le retour de mon voyage.
Bilan du jour :
🚴 110 km
↗️ 940 m
↘️ 8 mLue lisää
22 heures sonnent : nous voilà à Barcelone
6. kesäkuuta, Espanja ⋅ ☁️ 22 °C
Les ferries se succèdent mais ne se ressemblent pas. Si ma traversée entre Igoumenitsa et Ancôna avait plutôt été agréable avec une grandee banquette pour piquer un bon roupillon et des échanges intéressants avec d’autres passagers, le voyage au départ de Civittavecchia est plutôt mouvementé à l’embarquement et inconfortable.
L’embarquement a tardé et je suis monté en dernier avec les piétons (dont de nombreux groupes). J’ai casé vite fait Charlie entre deux palettes de matériaux. J’espère qu’il ne m’en voudra pas au débarquement à Barcelone.
Le Cruise Barcelona est énorme. 11 ponts, des couloirs de cabines à n’en plus finir et des espaces restaurants, bien-être, magasins, enfants, piscine… qui enchaînent les ouvertures/fermetures. Je me suis perdu une bonne dizaine de fois en les arpentant. La plupart des banquettes sont en travaux. Résultat : un peu moins d’une heure pour trouver les salons dans lesquels je vais pouvoir -tenter de- dormir un peu. La lumière bleutée qu’il est impossible d’éteindre est atroce, le thermostat a dû être bloqué à 15°C et les fauteuils sont inconfortables et pas réglables. Preuve de cet inadaptation au repos : nous sommes seulement quatre à avoir choisi ce salon pour nous y « reposer ». Seul atout, des sanitaires se trouvent juste à côté.
Dommage, mon duvet est resté dans mes sacoches. Je n’ai pris que mon sac de soie et mon oreiller pour couchage car sur le précédent ferry il faisait chaud.
Plutôt que de me contorsionner sur le fauteuil pour essayer de dormir un peu, je m’installe carrément par terre en ajoutant doudoune et caleçon long en guise de sur-pyjama. Je parviens toutefois à dormir comme-ci comme-ça. Même si je me réveille à 8h30, cette nuit ne sera pas mon meilleur souvenir de voyage.
Petit déjeuner à la frontale pour contrer les effets de la lumière bleue toujours allumée.
Toilette puis déambulation dans les couloirs du paquebot. Tiens il fait jour dehors ! Normal, il est quand même 10h… Le bateau est tellement vaste que je l’explore petit bout par petit bout en espérant retrouver facilement le salon où j’ai laissé mes affaires.
Je me laisse tenter par un café avec vue sur mer. À cette heure-ci, je pense que les reliefs que l’on aperçoit à l’horizon au sud sont ceux de la Sardaigne qu’on vient de doubler. J’ai raté la Corse et les bouches de Bonifacio. Une bonne occasion d’y revenir 😀
Je bricole un peu sur mon téléphone, écoute un podcast téléchargé et rédige quelques pingouins. Il est déjà 13h et je déjeune à la cafétéria. Ça fait du bien de s’asseoir à une vraie table et de manger avec de bons vieux couverts en métal !
Il n’y a pas foule dans le bateau. Où sont tous les gens présents au départ ? Dans leurs cabines ? Dans les espaces communs ? La sensation est toute différente du précédent ferry sur lequel j’avais pu nouer des liens avec d’autres passagers. Parfois, on peut se sentir un peu seul dans un espace pensé pour rassembler beaucoup de monde. La solitude dans la foule ? Un nouveau concept philosophique.
De retour au salon (pont 9), je fais une petite sieste avant de suivre la fin d’une étape du Giro féminin.
J’ai un peu hâte d’arriver à Barcelone. Encore cinq heures de navigation.
Un nouveau salon « spectacle » avec des banquettes vient d’ouvrir. J’y vais m’installer confortablement. Je m’allonge dans le petit coin d’un canapé. À peine en train de m’assoupir qu’un florilège des Bee Gees se fait entendre en musique d’ambiance. J’aime bien les Bee Gees, mais pas trop quand je fais la sieste. Un groupe de chanteurs prends la suite. Pas mieux.
Pour prendre l’air, je vais sur le pont supérieur. Plus ça va, moins il fait beau. J’ai des souvenirs de Barcelone avec de grosses averses. J’espère au moins qu’il n’en sera pas de même en arrivant.
22h, Charlie et moi on débarque les tout premiers du bateau. Le port est désert. Des pistes cyclables permettent d’y circuler correctement à vélo. Quel bel accueil !
Je me rends directement chez Morvan qui m’accueille ce soir en WarmShowers. Il habite dans le centre pas très loin de la Sagrada Familia. Malgré l’heure bien avancée, on discute de tout et de rien, de nos voyages respectifs et de notre passion pour le vélo. Morvan est d’ailleurs mécanicien vélo. Il a choisi de travailler à Barcelone après avoir pas mal bourlingué en Europe. Dans son quotidien, il remet aussi en état des vélos anciens qu’il vend à la boutique. Il se propose de me « promener » dans Barcelone demain et de m’accompagner sur les premiers kilomètres. Mon aventure espagnole commence vraiment bien 🤩Lue lisää

MatkaajaTu t'es trompé de bateau, Istanbul est de l'autre côté. Quelle santé quand même. Autant de km parcourus. Tu t'approches un peu de ton point de départ. Bonne route

MatkaajaMerci Fred 🤩 C’est vrai que je commence a dire que « je suis sur le retour ». Mais tellement excité à chaque fois d’arriver dans un nouveau pays ! Je vis l’instant présent. À peu près 4500 km parcourus à ce jour, c’est ce que j’avais estimé faire au total.
Un dimanche tout doux vers Cardedeu
7. kesäkuuta, Espanja ⋅ ☀️ 26 °C
Quelle bonne nuit j’ai passée chez Morvan. Pas de réveil nocturne comme souvent. Il faut dire qu’on s’était couchés tard et que le trajet en ferry n’avait pas été de tout repos non plus.
Petit dej classique « à la française » avec des tartines de pain et du beurre demi sel 🤩. Je ne me souviens plus de la dernière fois où j’en avais mangé.
Bonne nouvelle également, quelqu’un a accepté de m’accueillir ce soir a Carcadeu, un village un peu en retrait de la Costa Dorada. Quel succès les WarmShowers en Espagne !
Morvan a proposé de m’accompagner ce matin, en allant faire un tour dans les rues de Barcelone.
Mais avant, en checkant les rayons de Charlie, je m’aperçois une fois de plus que l’un d’eux est cassé. Je me doutais bien qu’il n’avait pas aimé la traversée en fond de cale avec tous les camions !
Morvan me propose de le changer sur le champ. Travail qu’il effectue en un tournemain : chapeau l’artiste !
Cette fois on est partis. Petit tour à la Sagrada Familia autour de laquelle se pressent les touristes ainsi que les cars de presse. Le pape sera présent cette semaine à l’occasion de la fin du chantier extérieur de la cathédrale. C’est le gros événement du moment en Catalogne. On ne parle que de ça.
On déambule ensuite sur les boulevards pour redescendre côté arc de triomphe et Porto Olimpico. Qu’est ce que j’aime me balader dans une grande ville à vélo. Il m’a semblé que Barcelone était bien adaptée aux cyclistes. Je n’en avais pas forcément le souvenir, mais avec ces grandes avenues doublées de pistes cyclables autonomes, un marquage cohérent et bien visible, je trouve que c’est très agréables de s’y balader.
On longe les plages du nord de la ville. C’est dimanche. Il fait beau. Beaucoup de gens font leur footing ou leur balade à vélo. C’est un super moment pour moi.
L’excitation de rouler dans un nouveau pays, d’avoir un guide, de regarder tout ce qui se passe autour de moi et de simplement vivre cet instant : c’est dans ces moments que je mesure que j’ai vraiment de la chance de pouvoir faire cela.
Un réglage de chaîne et une vingtaine de kilomètres plus loin, on fait une pause à une terrasse. C’est l’heure de se dire au revoir Morvan et moi. Encore merci l’ami de m’avoir accueilli, accompagné et aidé. C’est vraiment chouette de pouvoir compter sur cette communauté WarmShowers !
Je poursuis ma route, m’arrête un moment à l’ombre pour pique-niquer et, c’est trop tentant, je pique une tête dans cette jolie mer azur. L’eau est bonne. Même pas un frisson en plongeant !
Je m’autorise un peu de farniente au soleil et je rejoins Charlie qui nous surveillait de loin.
Je reprends la route qui s’éloigne de la côte et se dirige vers les petites montagnes de Catalogne. Il fait chaud et les sentiers ombragés sont les bienvenus. Rien de particulier jusqu’à Carcadeu si ce n’est la découverte de l’architecture locale et des villages catalans, souvent adossés aux montagnes.
J’arrive chez Bernat et Mireil qui m’accueillent à bras ouverts. Quand ils accueillent quelqu’un chez eux, c’est un peu comme si il faisait partie de la famille. J’avais mes petits quartiers à l’étage. Très sympa !
Avec Aniel et Oreil, leurs enfants, on finit d’installer une chaîne hi-fi. Puis on va se balader dans le village à vélo (ça tombe bien, ça faisait un moment que je n’avais pas pédalé), on improvise un match de basket avec leurs amis au gymnase et on fait un crochet au jardin gratouiller, arroser et planter quelques tomates.
On termine par un bon repas et des discussions sur nos travails respectifs, nos engagements… Bernat et Mireil vont déménager en août pour loger dans un immeuble partagé. Ils sont à l’origine de ce projet. Pour les avoir côtoyés aujourd’hui, ça ne m’étonne pas : tout le monde semblait les connaître dans les rues de Carcadeu.
Encore une belle et bonne journée en ce dimanche, premier jour pour moi en Espagne !
Bilan du jour :
🚴 53 km
↗️ 372 m
↘️ 187 mLue lisää

MatkaajaJe lis cette étape devant mon bol de céréales ET mes tartines de beurre demi-sel 😉 bonnes routes espagnoles Papou
On campa deux fois à Cassà de la Selva
8. kesäkuuta, Espanja ⋅ ☀️ 25 °C
Il fait toujours aussi chaud ce matin à Cardedeu. Bernat est déjà parti au travail. Mireil s’affaire à préparer le petit déjeuner des enfants. Bref, un lundi matin assez ordinaire qui commence. J’accompagne ce petit groupe en vélo à l’école (j’adore ça) et je me pose quelques instants à une terrasse histoire de fignoler mon parcours du jour. Un monsieur m’encourage dans mon voyage, une dame avec un vélo et une remorque vient me dire qu’elle fait souvent des vacances à vélo. C’est fou le pouvoir magnétique de la bicyclette !
Toujours un peu stressé par ces histoires de rayons qui cassent (la cause est bien identifiée : bagages trop lourds), je passe chez un vélociste pour en racheter quelques-uns vu que mon stock s’amenuise. Dans la petite boutique des cycles Ruaix, le gars est très intéressé par mon voyage. Tellement qu’au moment de payer, il commence à consulter son tarif puis me dit « c’est bon, je vous les offre ». Vraiment très sympa de sa part. Encore une semaine qui commence bien !
Je file sur mon parcours sur des routes qui distribuent les zones artisanales le long de l’autoroute, pas très agréables mais pas non plus trop fréquentées. Le plus gênant c’est le bruit du trafic sur l’autoroute : pas très chouette comme bruit de fond quand on souhaite « être déconnecté du monde trépidant qui nous entoure ».
J’admire les jolies maisons, je fais des haltes dans les petits villages.
Lors d’une petite pause, je discute « méditation » avec Miguel, un promeneur qui est en train de changer de chaussures (c’est vrai qu’en partant avec deux paires, on use chacune deux fois moins). Une belle rencontre pas du tout pragmatique sur le voyage, mais beaucoup plus sur ce qu’il nous apporte dans la réflexion et notre voyage intérieur.
Sur les conseils de Morvan, je fais une pause à Hostalric, un village perché de la région avec une tour de guet qui culmine à 30 mètres et accessible via un ascenseur.
Pour remplir ma gourde, la bibliothécaire me confie carrément les clés d’un local à l’étage. C’est toujours une bonne chose de constater combien les gens ont confiance. C’est rassurant.
Il fait beau et déjà chaud, ça monte un peu dans des chemins ombragés et je prends mon temps.
En redescendant vers Massanet de la Selva, le paysage est un peu plus ouvert. Des tours carrées surgissent de temps à autre au détour d’un chemin. Des canaux irriguent les basses plaines. J’y rencontre Ian, voyageur a vélo allemand qui a quitté son poste de chef cuisinier pour partir pédaler jusqu’au Portugal. Bien installé dans sa petite chaise pliante, il se fait une pause goûter. Je l’accompagne, on discute, on partage nos itinéraires et bons plans respectifs. C’est cool 👍
J’ai repéré un camping à Cassà de la Selva à 70 kilomètres de mon point de départ.
Une dernière petite pause-provisions avant d’arriver à ce spot. Ce n’est pas vraiment un camping mais un lieu qui accueille des fêtes et qui dispose d’un espace pour planter des tentes. Il est équipé d’eau froide et chaude, d’un évier et d’une prise électrique. J’installe mon campement un peu en retrait dans le sous bois de pins. Comme j’ai eu très chaud aujourd’hui je remplis ma poche à eau d’eau chaude, la suspens à un arbre et me prends une bonne douche en pleine nature (je n’ai pas fait de photo). C’était tellement bien ce moment après une journée à pédaler !
Je commence à préparer mon repas. 3 personnes arrivent et m’interpellent en parlant fort. Sur le coup j’ai eu un peu peur car ils semblaient vouloir me mettre dehors. Ils m’expliquent que ce lieu est privé et qu’il faut un accord préalable pour s’y installer. Ils me passent quelqu’un au téléphone qui m’autorise à rester ici, à condition de déplacer ma tente dans le champ plutôt que sous les arbres. Ouf !
On continue à discuter avec Joachim, Inès et Edouardo, les trois personnes. Joachim est fan de vélo. Tous trois me questionnent sur mon périple, mes étapes, mon organisation. Je leur partage mon carnet de voyage et ils repartent comme des amis.
Je n’ai plus qu’à tout réinstaller mon campement et finir de préparer mon repas à la nuit tombante avant de profiter d’une bonne nuit
Bilan du jour :
🚴 77 km
↗️ 564 m
↘️ 606 mLue lisää
On allonge jusqu’à Calonge
9. kesäkuuta, Espanja ⋅ ☁️ 23 °C
Pour une fois que la tente était bien exposée, à l’est, le soleil n’était pas au rendez-vous. Il restait obstinément, caché derrière les nuages. Tant pis, j’attendrai plus longtemps pour que la tente soit sèche.
J’ai eu droit à la petite visite d’Inès, puis celle de Joachim qui m’a même proposé de m’accompagner en voiture pour que je ne me trompe pas de chemin.
Aujourd’hui, je me laisse descendre jusqu’à la Costa Brava. J’ai bien envie de me baigner et de m’installer de bonne heure dans un camping.
L’itinéraire suit une ancienne ligne de chemin de fer, très agréable et au faible dénivelé. Les paysages s’ouvrent parfois sur de petits villages. Le reste du temps, c’est un chemin bordée d’arbres.
A Llahostera, un groupe de cyclistes quitte ce qui ressemblait fort à un ravitaillement lorsque j’arrive. Je discute avec la personne qui range le matériel. En fait, Steve est organisateur de sorties à vélo pour des petits groupes. Sa société est américaine et le groupe est venu passer une semaine en Europe pour rouler sur des itinéraires Gravel. Très sympa, il me propose des barres de céréales et de remplir ma gourde.
La piste a vraiment tout l’aspect d’une voie ferrée. Elle est ponctuée de petites gares bucoliques, son tracé et parfois taillé dans la roche et toujours bordé d’arbres.
A Platja d’Aro, dans un espace dédié au vélo et au chemin de fer, il y a même une ancienne locomotive très bien restaurée. On peut y accéder et la manœuvrer. Avec Charlie, on ne s’est pas gênés !
Ça y est, on arrive sur la Costa Brava. Les belles maisons de vacances rythment notre balade. On fait la pause déjeuner dans un parc de St Feliu de Guíxols, juste à côté d’un hôpital arboré de polonias qui sont en pleine floraison. De nombreux patients plus ou moins mobiles discutent entre eux. Certains sont intrigués par cet étranger qui vient s’installer dans le square pour manger.
On revient vers Piaja d’Aro et on suit les plages jusqu’à en trouver une où l’on peut s’installer confortablement. Enfin, pour Charlie, ce sera à côté de la douche.
Pour Olivier, un petit bain de mer très agréable. Toujours aucune difficulté à se mettre à l’eau vu la température déjà très bonne pour la saison.
Notre choix de camping se porte sur le « Camping Costa Brava », excusez du peu ! Il s’agit en fait d’un petit camping très familial, super bien équipé et dont les gérants sont très accueillants. À 17,50 € la nuit, c’est vraiment une bonne adresse.
Vite, une tournée de lessive pendant que je monte la tente. Puis, un saut dans la piscine encore déserte.
À mon retour à la tente, je fais la connaissance de Lars, mon voisin, également cyclo randonneur. Pour une fois, nous avons quasiment le même âge et nos projets se ressemblent : Lars a pris un congé pour faire son voyage de Hanovre à Barcelone. On se retrouve bien sur ce que nous apportent nos voyages respectifs. Une belle rencontre, une de plus.
Bilan du jour :
🚴 41 km
↗️ 190 m
↘️ 293 mLue lisää
Du zef à Castelló d’Empúries
10. kesäkuuta, Espanja ⋅ ⛅ 22 °C
Soleil, sables dorés… la Costa Brava n’est pas à la hauteur de sa réputation puisqu’il a plu une bonne partie de la nuit et que ce matin le ciel est couvert. Lars, qui devait partir de bonne heure, en a profité pour faire la grasse matinée. Finalement j’étais levé avant lui.
Clara, la gérante du camping, m’avait dit que je pouvais prendre mon temps et ne quitter l’emplacement qu’à midi ou 13h. Je la prends à la lettre et pars à 11h45 en me donnant le petit objectif de parcourir 20 kilomètres avant de m’arrêter déjeuner.
Aujourd’hui, le ciel est divisé en deux : dégagé au sud et couvert au nord. Pas de bol, je vais au nord. Je suis toujours l’itinéraire Eurovélo 8, commun avec la Pirinexus. Cette trace est quasiment plate pour aujourd’hui. Pas passionnante donc, si ce n’est les petits villages du début, les paysages côtiers et les rencontres, bien sûr. Aujourd’hui, à la sortie d’un pont, j’ai croisé Eugenio et Anamarta de Valladolid, en vacances à vélo sur la boucle Pirinexus pour 7 jours. Partis d’Argeles, ils étaient très enjoués de leurs deux premiers jours avec notamment le passage des Pyrénées. On a échangé sur les revêtements et les endroits sympas sur le parcours avant de se séparer, eux vers le beau temps, moi vers le ciel gris.
Pas facile non plus de pédaler avec le vent de face. Et aujourd’hui c’est un peu le cas : vent de Nord/Nord-Est avec des rafales. Comme le terrain est dégagé, sans trop de haie, je n’ai pas trop possibilité de m’abriter. Alors je pédale, tant bien que mal. Je pense à autre chose. À mon retour en France et à la maison. Ça va me faire drôle de ne plus être en plein air 24 heures sur 24. Mais bon, j’ai encore un mois devant moi pour m’habituer à cette idée. Et un mois c’est le quart de mon voyage. Alors profitons-en !
Petites récompenses du jour : un groupe de cigognes dans un pré et un troupeau de chevaux qui rentrent à l’écurie.
Exploitations extensives de maïs, vergers, marais… pas facile de trouver un coin pour planter la tente. Et il n’y a pas de camping dans le coin où je me trouve. J’aimerais remplir mes bidons d’eau avant de bivouaquer. C’est chose faite à Castelló d’Empuriès, petit village en bordure de la Muga, où je m’installe dans un parc proche du fleuve. Avec ses graffitis et la route à proximité, ce n’est pas l’emplacement le plus glamour qui soit mais les grands arbres protègent bien du vent et les grandes herbes font un tapis moelleux pour la tente.
Si tout va bien, demain, on devrait passer les Pyrénées. Prenons donc une bonne nuit de repos !
Bilan du jour :
🚴 73 km
↗️ 256 m
↘️ 238 mLue lisää
Comme à la maison à Villelonge-dels-Monts
11.–12. kesäk., Ranska ⋅ ☁️ 26 °C
Jeudi 10 :
Le vent a enfin faibli pendant la nuit et c’est un ciel plutôt dégagé que je contemple au réveil. Pendant la nuit, j’ai pensé que j’aurais dû faire des demandes Warmshowers pour le soir. Il n’est pas trop tard. Comme je reviens en France, il y a aussi la possibilité de contacter les membres de l’association Cyclo Camping. Catherine me répond aussi sec qu’elle peut m’accueillir dans sa maison située dans un petit village au pied des Albères. Encore une journée qui commence bien.
Tout notre campement est rapidement démonté et nous sommes prêts à partir dès 8 heures. Je prends quand même le temps de prendre un café chaud dans le village. A l’horizon se dressent les Albères et le Canigou encore enneigé.
Dans quelques heures j’aurai franchi le col entre ces deux massifs. Oui mais où ? La vue est superbe, les sommets jouent à cache-cache et on en découvre à chaque virage de nouveaux.
Ce soir, je serai en France. Je ne réalise pas encore tout à fait. C’est une page qui se tourne dans mon voyage, comme à chaque fois que je passe une frontière. Sauf que celle-ci est la dernière… et qu’il me reste encore quatre semaines de congés et près de 900 kilomètres à parcourir. Un mois, c’est le quart de mon voyage. La page va se tourner. Le livre n’est pas encore terminé.
Pour l’instant le parcours est plat et roulant. On zigzague entre les petits canaux en passant dans de nombreux gués. L’occasion de se laver les pneus… et d’y tremper les chaussures.
Petite pause à 10 heures : on a déjà parcouru 20 kilomètres. C’est un peu un compte à rebours vu que la frontière se trouve à 35.
Au nord d’un étang, je croise Marco qui parcourt la Pirinexus sur un vélo Brompton (la classe). Il fait beau. Je lui demande de quelle nature est le parcours jusqu’au col. On prend le temps de discuter et il repart avec l’adresse du carnet de voyage en poche.
La Jonquera est la dernière ville de ce côté de la frontière. Elle a la particularité d’avoir d’énormes zones commerciales pour y vendre des produits détaxés comme l’alcool et le tabac. Je fais le plein de provisions (juste des bananes et du pain hein) et je commence à grimper.
Moi qui pensais que je monterai par une route, je déchante un peu quand je vois l’état du terrain. C’est un chemin, voire un sentier par moment qui s’ouvre devant Charlie et moi. Même si les pourcentages sont assez forts, on réussit tout de même à monter en ne poussant que 2 à 3 fois.
Heureusement d’ailleurs parce que le sol sablonneux est parfois glissant.
On passe sous le pont de l’autoroute et du TGV. Juste avant d’arriver, on croise des cyclistes de Clermont-Ferrand qui vont jusqu’à Barcelone et qui nous expliquent les dernières portions du sentier.
Voici enfin le col de Panissars, à la croisée du GR 10 et de la route qui mène au fort de Bellegarde. Les panneaux sont en français. La frontière n’est matérialisée que par une borne grise. Ça y est, je suis de retour en France 🇫🇷 !
On prend un bon moment à l’abri du vent pour déjeuner. Charlie regarde avec nostalgie vers l’Espagne. Allez, de ce côté-ci la route est bétonnée, ça va mieux rouler !
On descend dans une forêt de chênes liéges magnifiques pour arriver au frais au pied du massif du Canigou.
Le vent nous aura accompagné tout au long de l’étape.
On arrive chez Catherine et Claude vers 16h30. J’y suis accueilli comme si je faisais partie de la famille et on prend beaucoup de plaisir à faire connaissance, à parler de nos voyages, de nos hobbies, de nos vies. Ça me fait drôle de parler à nouveau français, de ne pas chercher les mots. C’est toujours de bons moments, quels que soient les pays et les langues.
Au menu du soir, flan d’aubergines avec purée de poivrons, ratatouille maison et clafoutis aux cerises de Céret. Je sens que je vais aimer la cuisine française, moi 🤩
On termine la soirée en observant le coucher de soleil depuis la terrasse et on va prendre un repos bien mérité.
Bilan du jour :
🚴 61 km
↗️ 754 m
↘️ 672 m
Vendredi 11 :
Catherine et Claude m’ont proposé de rester deux nuits dans leur adorable maison. Ce que j’ai accepté bien volontiers.
On prend le temps « à la fraîche » de discuter à nouveau puis je pars visiter Céret, la petite ville d’à côté qui a accueilli bon nombre d’artistes de renom dans le courant du vingtième siècle. Le musée d’Art Moderne de Céret propose des collections assez impressionnantes avec notamment des œuvres de Picasso, Matisse, Auguste Herbin, Chaïm Soutine, Pierre Brune, Masson, Manolo, Pinkus, Krémègne, Juan, Gris, Marc Chagall, Raoul Dufy, Edouard Pignon, Léopold Survage…
À voir si vous passez dans le coin.
La balade à Céret c’était aussi pour moi l’occasion de me reconnecter à « la vie à la française » en allant au resto, flânant dans les rues… J’y ai passé un très bon moment, et Charlie était ravi de faire quelques kilomètres sans sacoches.
Au retour, on a bricolé un peu au jardin avec Catherine et dîné sur la terrasse.
Encore merci à Catherine et Claude pour leur bon accueil, leur gentillesse, le partage de leur maison tellement attachante, truffée de petits sujets artistiques. Un bon bol d’air et de fraîcheur, bien reposant pour mon arrivée en France.
Bilan du jour :
🚴 35 km
↗️ 261 m
↘️ 246 mLue lisää
En zigzagant jusqu’à Perpignan
13. kesäkuuta, Ranska ⋅ ⛅ 33 °C
Après la petite pause chez Catherine et Claude, c’est reparti pour Charlie et moi sur les routes de France.
Ce soir on devrait être à Perpignan, donc pas trop loin, mais on a prévu de passer à Argelès et de longer un peu la côte avant de bifurquer à l’ouest.
L’Eurovélo 8 est toujours aussi agréable, en site propre ou en voie partagée. Et en plus ça descend ! Après être allé à Céret hier, je réalise que ce département est truffé d’itinéraires vélo, dédiés à la fois au loisir mais aussi aux déplacements quotidiens. Qu’est ce que c’est agréable !
À Argelès, on va d’abord déposer 5 kg de matériel à un locker Mondial Relay. Il s’agit de matériel que je n’utilise pas ou que j’ai en double. Charlie est content, et moi j’espère que les épisodes de rayons qui cassent ne se renouvelleront pas avec un chargement plus léger.
C’est jour de marché. On se balade dans les petites rues du vieux centre. Pas si facile avec la foule. Alors on s’arrête sur un banc à l’ombre et on discute avec quelques personnes qui sont intriguées par mon vélo.
On quitte le centre pour la plage. Je stationne Charlie sous les pins et je file me baigner. Nous étions venus en vacances dans le coin avec les enfants et des amis. Le sable est toujours aussi chaud (on se brûle les pieds) mais il y a quand même beaucoup moins d’affluence qu’en plein été.
La température de l’eau est parfaite. Juste suffisamment fraîche pour y rentrer sans difficulté et idéale pour nager un peu. Rafraîchi, je retrouve Charlie pour pique-niquer sous les pins, au rythme des concurrents du Swim-Run qui passent depuis une bonne demi-heure.
En milieu d’après-midi, on continue de longer la côte. Les villages s’égrènent : Saint Cyprien, Canet en Roussillon, Port Barcarès. De longues plages de sable fin que j’imagine bondées l’été.
Je rejoins Perpignan vers 18 heures. C’est Sophie qui m’accueille en WarmShowers tandis qu’Armand, son conjoint, est parti traverser les Pyrénées à vélo. Drôle d’idée, non ?
Comme à chaque fois, on échange sur pas mal de sujets (pas que le vélo). Sophie me propose d’aller faire un tour en ville et d’assister au spectacle de la « fête de l’eau ». On mange rapidement et on déboule en centre ville sur nos vélos.
Le spectacle est une scénographie le long du Tet, la rivière qui traverse la ville, suivie par la déambulation d’une caravane aquatique. L’ensemble était très sympa et c’est tellement bien de participer à des animations locales dans les villes qu’on traverse. Merci de ton invitation Sophie !
On fait un petit tour du centre historique avant de rentrer pour prendre un repos bien mérité.
Bilan du jour :
🚴 60 km
↗️ 163 m
↘️ 174 mLue lisää

MatkaajaUne lecture à ton retour 'Sur la route de La Loire" d'Emmanuel Ruben ( durant 4 étés, il a remonté La Loire à vélo). Peut-être croiseras-tu, notre copain Philippe originaire de Doué qui fait un périple de Rion Des Landes à Montpellier ( de l'Atlantique à la Méditérranée). Reconnaissable à son vélo dragon 3 roues (handicapé).
Le thermomètre déconne à Narbonne
14. kesäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 34 °C
Départ dès 8 heures de chez Sophie puisqu’elle participe avec ses collègues à une course à pieds, avec la particularité qu’elle fait partie d’une équipe qui porte une Joëllette, sorte de chaise à porteurs qui permet aux personnes en situation de handicap de faire des courses à pieds.
J’en profite donc pour refaire un tour en ville, surtout avant que les températures ne soient trop élevées (36°C annoncés)
En plein jour et à cette heure-ci, Perpignan révèle de jolis atours avec un patrimoine riche et des monuments de toutes les époques. J’ai beaucoup aimé la façade « années 30 » du Ciné Castillet, aujourd’hui magasin de bricolage.
Le centre ville de Perpignan a la particularité d’être un quartier « gitan », contrairement à beaucoup de villes où les classes supérieures disposent des plus jolis appartements de l’hyper centre.
Et comme beaucoup de villes du sud, elle est administrée par le FN. Dans les échanges avec Sophie (et d’autres Warmshowers) on a pas mal parlé de cette situation et des difficultés à agir, à comprendre face à cette montée de l’extrême droite dans les communes.
Après ma balade en ville, direction plein est pour retrouver la grande bleue, y piquer une tête au Barcarès et grimper au nord vers Narbonne.
La toponymie de ce secteur est particulière puisque l’Eurovélo passe entre les étangs, parfois sur une toute fine langue de terre. La végétation rase, le vent, la luminosité… tout y est singulier. De temps à autre des pins parasols bordent le chemin. Leur ombre fait le plus grand bien. Je n’ai pas eu la chance de voir des flamants roses mais la faune est quand même bien présente et on a le temps de l’observer quand on circule à vélo.
Il fait de plus en plus chaud. On se retrouve pendant quelques kilomètres sur un sentier très empierré le long d’une voie ferrée. Pas agréable du tout ! Puis ensuite entre deux rangées de roseaux qui bouchent la vue. Pas mieux ! Avec cette chaleur je m’arrête souvent pour boire. Heureusement, les points d’eau sont nombreux et faciles à localiser grâce à l’application Osmand.
On suit désormais le Canal de la Robine qui relie Narbonne aux étangs.
J’arrive enfin au camping des Floralys que j’avais repéré juste avant Narbonne. Douche et piscine sont les bienvenues.
Le soir, autour des tables de pique-nique je rencontre Neil, un enseignant anglais qui termine son voyage à vélo le jour-même. Demain il doit prendre un train pour Paris puis regagner l’Angleterre par ferry. Il est déjà un peu nostalgique des quelques semaines qu’il vient de passer à pédaler. Il a beaucoup d’humour et on réussit à bien rigoler, aidés par de bonnes bières fraîches.
Ce soir, chasse aux moustiques avant une nuit bien méritée. Demain, je dois rejoindre le canal du midi et filer jusqu’à Carcassonne !
Bilan du jour :
🚴 79 km
↗️ 98 m
↘️ 102 mLue lisää
Le soleil donne sur la route de Carcassonne
15. kesäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 33 °C
Surprise le matin, il y a des poules dans le camping ! Elles tournent autour des tables du petit déjeuner. Et pourquoi pas ?
C’est l’occasion de discuter avec Guy et Pascale, originaires de Cluny et qui terminent des vacances à vélo sur le canal du Midi. Ils me donnent des petites infos notamment sur le revêtement et les villes étapes à privilégier. Merci à vous !
C’est parti ensuite direction Narbonne, cette sous-préfecture de l’Aude que je ne connaissais pas autrement que dans les chansons de Charles Trénet. Il y fait bon grâce au canal de la Robine et de la petite brise du littoral.
Quelques 10 kilomètres plus loin, on rejoint le canal du Midi que l’on ne quittera pas jusqu’après Toulouse. Sur cette section, les paysages varient entre de grands champs ouverts et des travées arborées. L’épidémie de chancre a fait des ravages sur les platanes alors les abords du canal sont désormais plantés de tilleuls et de peupliers. De temps en temps, des employés arrosent les jeunes plants. Et c’est bien normal puisque les températures sont bien élevées. La journée d’aujourd’hui est l’une des plus chaudes de la semaine. Alors quand il n’y a pas ou presque pas d’ombre, on multiplie les pauses.
Je pensais que le canal traversait de nombreux petits villages. Et bien non. Ses eaux vertes épousent au mieux les courbes de niveau et serpentent plutôt en campagne. Tant pis, on apprécie toutefois les écluses et le spectacle des péniches qui montent ou descendent. Sur cette partie du canal du Midi -qui relie la Méditerranée à l’océan Atlantique- on est dans la section montante. Le chemin de halage est en gravier et nous avons le vent de face ce qui ne nous permet pas de battre des records en termes de vitesse. Mais bon, on prend son mal en patience. Je retrouve souvent un espagnol et un couple de néerlandais qui vont dans le même sens que moi. A l’approche de Carcassonne, un panneau signale le pont-canal de Fresquel à 100 mètres d’altitude. J’arrive enfin dans la préfecture de l’Aude où Pascale et Hervé m’accueillent dans leur charmante petite maison. C’est l’heure du goûter qu’on partage ensemble. L’occasion aussi de faire connaissance et de parler de nos voyages respectifs. Comme à chaque fois, on partage des valeurs communes. Pascale et Hervé sont notamment bien engagés localement sur l’accueil de migrants et de familles ukrainiennes. Ils sont polyglottes et apprécient accueillir des cyclistes via la plate-forme Warmshowers et des voyageurs avec l’association Servas. Seule inquiétude : quelle va être l’approche politique de la mairie RN qui vient d’être élue à Carcassonne sur les problématiques de solidarité et d’accueil. C’est une question sur laquelle j’ai beaucoup échangée avec les personnes des villes du sud qui m’ont accueilli.
Un peu de repos et une douche plus tard, on se retrouve autour d’un copieux repas en terrasse. Il commence à faire moins chaud et c’est une bonne chose. Demain, étape un peu moins longue vers Castelnaudary. Bonne nuit
Bilan du jour :
🚴 84 km
↗️ 167 m
↘️ 53 mLue lisää
Un mardi vers Castelnaudary
16. kesäkuuta, Ranska ⋅ ☁️ 29 °C
Ma journée commence par une visite de la cité de Carcassonne sous un ciel couvert. Pascale et Hervé m’accompagnent jusqu’à la rivière puis je déambule seul entre les murailles d’abord (les lices) puis dans les petites rues de la vieille ville. C’est très calme. Les restos n’ont pas encore tous ouverts. C’est vraiment extraordinaire cette structure de ville juchée, protégée et conservée en l’état. Hervé, qui a grandi dans la cité, me disait qu’aujourd’hui seulement une trentaine de personnes vivaient ici. Le reste des logements sont des locatifs ou des bâtiments professionnels.
Je passe reprendre Charlie chez mes hôtes qui m’ont mis de côté du melon et une banane pour l’étape du jour. Quelle belle attention 😀
Je rejoins le canal et file vers Castelnaudary le but de mon étape du jour.
Cette portion est assez monotone, pas forcément ennuyeuse mais les paysages sont identiques tout au long du chemin. Le sol est caillouteux et poussiéreux. Charlie aura besoin d’un bon nettoyage à l’arrivée.
Je m’arrête de temps en temps aux écluses, discute avec les plaisanciers ou les autres cyclistes.
À l’arrivée à Castelnaudary, un couple de retraités me parle de numérique et de leur incapacité à maîtriser les technologies. Ça me ramène à mon travail. Je leur indique le conseiller numérique le plus proche.
Je m’installe au camping municipal et reviens dans le centre pour me balader. Tiens, Marie a des collègues de la FNAMS dans le coin ?
La soirée se terminera par un bon lavage de Charlie (oui, je sais, ce n’est pas bien de nettoyer son vélo au jet haute pression) puis au restaurant devant un bon cassoulet. Ben quoi, on est bien dans la capitale du cassoulet, non ?
Bilan du jour :
🚴 45 km
↗️ 101 m
↘️ 38 mLue lisää
Pas de blues à Toulouse
17.–18. kesäk., Ranska ⋅ ☀️ 30 °C
Mercredi 17 :
Mon voisin de camping, voyageur à vélo, m’avait dit qu’il voulait partir tôt. Je lui avais proposé la veille au soir de rouler ensemble quelques kilomètres, voire l’étape entière. Il n’était pas encore levé à 8h15, heure de mon départ, alors j’ai filé.
Le long du canal, le sentier est toujours un peu monotone, sans que cela soit pour autant ennuyeux. C’est l’occasion de s’évader par l’esprit, de penser aux étapes passées et celles à venir. Il y a seulement deux semaines et demies, j’étais en Albanie. Oui, je suis allé jusque dans le sud de l’Albanie à vélo : parfois je n’en reviens toujours pas. Ça me fait bizarre et, en même temps, c’est tellement accessible.
Je repense aussi à toutes les personnes que j’ai rencontrées. Je cherche des idées pour utiliser toutes les photos que j’ai faites, tous les souvenirs que je garde en mémoire, toutes les petites histoires au jour le jour.
Je suis aussi un peu « anxieux » de mon retour au quotidien. Retrouver sa routine du travail, de la vie entre quatre murs, des habitudes ça doit être quelque chose. Je m’y prépare même si, avec les fêtes de famille début juillet, je n’aurai pas beaucoup de temps à moi.
Tiens, un aviron sur le canal. C’est le premier que je vois depuis que je suis ce cours d’eau.
Tiens, un peu plus loin je passe au seuil de Naurouze. C’est le point haut du Canal du Midi, là où les eaux basculent vers la mer Méditerranée et l’océan Atlantique. Mine de rien, ce point est situé à 194 mètres au dessus du niveau de la mer. Désormais, les écluses vont être dans l’autre sens et la pente va être légèrement descendante. Ce n’est pas grand chose mais tant mieux ! D’autant plus qu’on quitte l’Aude pour passer en Haute-Garonne et le revêtement du chemin est désormais bitumé jusqu’à Toulouse. Les platanes sont de plus en plus nombreux et la jolie lumière tamisée rend le voyage bien agréable. J’adore ces couleurs et les petits spots lumineux qui dansent dans le canal.
Finalement cette étape se termine très rapidement puisque j’arrive à Toulouse à midi et demie. Ce sont Flore et Maxence qui m’y accueillent. Flore est une amie de ma fille Zoé et c’est aussi la fille d’amis de St Jean des Mauvrets. J’ai prévu de faire une pause de deux jours ici. Ça fait tout drôle d’aller chez eux dans ce cadre. D’habitude c’est plutôt eux qui venaient à la maison pour voir Zoé. C’est l’occasion de mieux les connaître, de vivre avec eux une page de mon voyage. Encore une expérience différente de rencontre.
Je rejoins Flore sur la place Olivier (je n’attendais pas autant d’honneur pour mon passage à Toulouse). On déjeune ensemble. Je me repose un peu avant d’aller faire un tour à pieds en ville. Il fait toujours aussi chaud, autour des 34°C. Flore m’a donné quelques adresses de lieux (frais) à visiter. Je me balade donc à la basilique de la Daurade, au couvent des Jacobins, à la chapelle des Carmélites, à la basilique St Sernin… et puis dans toutes les petites rues du centre de Toulouse. C’est vraiment une belle ville, vivante, dynamique et enthousiasmante.
Toute plate, elle se prête admirablement à la pratique du vélo et les toulousains sont nombreux à privilégier ce mode de transport.
On se retrouve en soirée avec Maxence sur la place de la Daurade, au frais (relatif) au bord de la Garonne. On échange, on parle de voyages, de tourisme en Occitanie, de nos vies et de notre quotidien. C’était un moment super chouette que de discuter avec eux, avec notre différence de génération. C’est également super de vous trouver sur ma route, épanouis dans votre vie de tous les jours. Merci encore de votre accueil 🤩.
Jeudi 18 :
Au programme de ce deuxième jour toulousain : repos, balade dans Toulouse et visite du musée des Augustins, musée des Beaux Arts récemment réouvert après 7 ans de travaux.
Je pensais aussi aller chez le coiffeur (j’adore discuter avec les coiffeurs lors de mes vacances, mais je crois que je l’ai déjà dit), mais les tarifs prohibitifs des salons toulousains m’en ont dissuadé. J’irai dans une ville un peu moins chère, sur mon parcours.
Le musée n’est ouvert que l’après-midi du jeudi. Pas grave, je me suis baladé une bonne partie de la matinée, en allant jusqu’à la Maison du Vélo (conseillée par Jocelyne) et en mangeant au petit restaurant « le vélo sentimental » qui fait partie de ce tiers lieu.
Petites emplettes également : j’ai racheté une boîte à savon (la précédente est restée à Assise) et j’ai retrouvé le même couteau-multifonctions que celui que j’avais oublié à Kotor. Le type du magasin m’a même offert un savon. Sympas ces toulousains !
J’ai consacré une bonne partie de l’après-midi au musée. Il est situé dans un splendide bâtiment avec des salles magnifiques et des escaliers grandioses, dessinés par Violet le Duc et ses élèves. La salle Romane rassemble une collection de bas-reliefs et de chapiteaux dont l’emplacement n’a pas pu être défini avec précision. La scénographie de cette collection, signée Jorge Prado est surprenante avec des couleurs vives et des lampes suspendues au dessus de chaque pièce. J’ai beaucoup aimé.
Les collections picturales sont également sympa, même si je préfère les œuvres plus contemporaines. L’éclairage de certaines toiles est parfois un peu limite et, compte tenu de la verrière, il faut se déplacer pour les admirer. Les murs rouges ont tout à fait leur place dans un décor toulousain. Ils sont devenus très classiques depuis la rénovation du Palais des Beaux Arts de Lille en 1997.
Les œuvres que j’ai les plus appréciées : jeune fille dans un parc de Berthe Morisot et les vitraux du grand escalier (je n’ai pas noté le nom de l’artiste)
Bref un chouette moment au frais et par 34°C à l’extérieur, ce n’était pas du luxe.
Bilan du jour :
🚴 63 km
↗️ 57 m
↘️ 94 mLue lisää
Poussé par le vent jusqu’à Montauban
19. kesäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 32 °C
Après deux journées excellentes dans la préfecture de la Haute Garonne, c’est l’heure de dire « au revoir » à Toulouse et de filer vers une autre préfecture, celle du Tarn-et-Garonne.
Sur le pas de sa porte, Flore fait quelques photos et c’est parti ! Enfin, pas tout à fait puisque j’avais oublié les œufs durs. Le deuxième départ est le bon. On sort assez facilement de la ville pour se retrouver le long du canal de Garonne, au fil de la voie vélo 80 (canal entre les 2 mers »).
Je ne m’éterniserai pas sur le trajet le long du canal, puisque, avec le vent dans le dos, les 70 kilomètres ont défilé à vitesse grand V. Cette étape fut la plus rapide de mon voyage (jusqu’à maintenant bien sûr).
J’ai quand même pris le temps de faire quelques pauses et discuté avec d’autres voyageurs à vélo, un peu plus nombreux sur cette portion puisqu’elle se double avec la V87 à partir de Montech.
Arrivé à Montauban je m’émerveille des bâtiments majestueux en briques. Le jardin des plantes étant fermé pour cause de festival, je m’installe dans un square pour pique-niquer.
A Montauban, le centre ville est strictement interdit aux vélos. Et d’ailleurs ce sont les panneaux d’interdiction qui se remarquent le plus. Je demande donc à l’office du Tourisme s’il existe des velo-box dans la ville. Et bien non. Ils me proposent tout de même un stationnement sous les caméras de surveillance et à portée de leurs yeux, sur le parking de l’office.
Je vais faire la petite balade patrimoniale dans le centre et je termine sur la place nationale, magnifique endroit avec double arcades sur toute la périphérie. Quelques enfants jouent dans le miroir d’eau. Les terrasses invitent à flemmarder ou à manger une glace.
En fin d’après-midi, je rejoins Marie Jo et Didier à leur domicile en proche périphérie du centre. Didier m’avait prévenu qu’ils habitaient en haut d’une côte : effectivement ce sera bien 90% du dénivelé de la journée 🥵
Mes hôtes contactés par la plateforme CAC de l’association Cyclo Camping sont, comme toujours, hyper accueillants. Très impliqués dans une association de mobilité sur Montauban, ils sont inscrits comme bénévoles au Festival du Voyage à Vélo d’Angers. Ça veut dire qu’on se reverra en octobre. C’est cool.
On discute de nos voyages et de la vie en général. Marie Jo et Didier sont de jeunes retraités. Ils ont désormais du temps pour aller explorer à proximité de chez eux ou même plus loin.
On a tellement bien discuté à la fraîche sur la terrasse au dessus de l’étang, qu’on a à peine vu que la lune s’était levée et qu’il était déjà 23h. Demain les températures seront encore élevées et je dois rallier Cahors. Je partirai tôt en faisant un crochet par le marché de Montauban. Didier s’est proposé de m’accompagner. C’est quand même super chouette ces réseaux d’accueil de voyageurs !
Bilan du jour :
🚴 73 km
↗️ 175 m
↘️ 158 mLue lisää
À Cahors, la musique sort dehors
20. kesäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 35 °C
La maison de Marie Jo et Didier était assez fraîche et j’ai pu bien me reposer malgré les hautes températures de la nuit.
Didier m’accompagne sur quelques kilomètres et on fait un crochet au marché avant de se quitter sur la voie verte. Enfin un peu de relief avant d’atteindre la rivière Aveyron. Il fait bon pédaler, pas encore trop chaud. Je croise deux promeneurs à pieds qui commentent mon vélo au passage. Je m’arrête, je fais demi-tour pour leur parler. Louisa et Grégory ont le projet d’acheter des vélos Gravel pour voyager. On échange un bon moment à l’ombre d’un beau chêne. Ils s’intéressent au vélo, aux applications de navigation/cartographie, aux influenceurs… bref, encore une belle rencontre. J’ai eu l’impression de faire deux heureux en leur parlant de mon « expérience ».
Le paysage plus vallonné ressemble de plus en plus à ce que je connais du Lot, avec ses petites collines, ses grands champs de blé, ses villages perchés. Depuis le belvédère de La Française, on domine la vallée de l’Aveyron et les cultures fruitières. On voit même jusqu’aux Pyrénées par temps clair.
Je pique-nique à Castelneau-Montratier à mis parcours.
Ensuite c’est un peu plus difficile car on grimpe sur les causses du Quercy Blanc. La végétation y est plus rare et, quand il y a des arbres, ils sont trop petits pour faire de l’ombre sur la route.
C’est toujours aussi beau de changer de style de paysage en si peu de kilomètres. Ici les coteaux blancs rayonnent le soleil plombant. Il fait chaud, mais c’est tellement beau !
Je roule avec la chemise ouverte en guise d’éventail. Dès que je peux, je mouille ma casquette pour climatiser la tête. Je m’arrête tous les 10 kilomètres, en m’abritant parfois dans les cabanes de bergers. J’arrive à Cahors vers 16h en finissant mon étape par une grande descente rafraîchissante depuis Labastide Marnac.
Clément m’attend dans son appartement atypique, tout en longueur et au bord du Lot. Après une bonne douche et une sieste bien méritée, je vais faire un tour dans le centre ville pour goûter aux bons souvenirs de notre passage ici avec Bernard, François et Christian dans notre chemin de St Jacques à vélo. On avait porté les vélos pour se hisser du pont Valentré. D’excellents moments qui me ramènent 10 ans auparavant !
En soirée, je traîne en ville, dans la parc botanique et à la fête de la musique qui a investi le centre. Je retrouve Clément chez lui un peu plus tard et on veille un peu en discutant. Dommage que je n’aie pas eu l’occasion de rencontrer Gaelle, sa compagne fan de voyage à vélo. En tout cas, comme à chaque fois, une bonne soirée d’échanges.
Avec la hausse prévue des températures jusqu’à 42°C, j’ai décidé de raccourcir un peu mes prochaines étapes. Un peu frustrant pour la fin de mon voyage mais il vaut mieux préserver sa santé par ces fortes chaleurs. Seule consolation : vous aurez plus de pingouins les jours à venir !
Bilan du jour :
🚴 80 km
↗️ 645 m
↘️ 681 mLue lisää
Qu’il fait bon arriver à Gourdon
21. kesäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 38 °C
Dès le matin les températures sont élevées en partant de Cahors. Clément dort encore alors je m’éclipse discrètement. La ville est encore endormie. Même les commerces censés ouvrir à 8h restent clos. Tant pis, j’achèterai mon pique-nique plus loin.
Je m’amuse d’un homme en train de filmer l’eau d’un bassin dans lequel il est « défendu de rien laver ». Je fais quelques photos des remparts et je file sur une route pas très agréable. Une dizaine de kilomètres plus loin, après une longue côte du côté d’Espère, ça change du tout au tout. La grande route se transforme en voie bucolique et ombragée, très agréable à parcourir. Le lac vert de Catus que j’avais repéré sur le tracé est en vue : ça tombe bien je commençais à avoir chaud. Cette pause avec deux petites baignades dans le lac ont été très rafraîchissantes. Du bonheur avant d’attaquer les dernières côtes de la journée. Dommage pour moi, elles sont en plein soleil ! Et même dans ces conditions de canicule les paysages du Lot sont tellement magnifiques. On se retrouve parfois dans le silence le plus total. Silence juste émaillé du bruit du vent, d’oiseaux ou du clapotis d’une rivière.
Je fais ma pause déjeuner dans un sentier ombragé, toujours à côté d’un ruisseau. J’y reste une bonne heure puisque mes enfants m’ont appelé un par un pour me souhaiter le fête des pères 😘.
J’ai réduit les distances de mes étapes à 40 kilomètres environ. Je repars pour ma destination finale, à moins d’une dizaine de kilomètres.
Un chevreuil qui faisait la sieste prend peur à mon passage. Je lui dit que je ne lui veut rien de mal et, comme si il avait compris, il stoppe sa course et me regarde passer.
Ric m’attendait, au frais dans sa maison aux volets clos. Fatima et Ric, originaires des Pays Bas on vécu en Italie et au Brésil. Ils avaient une société de location de vélos et de randos mais elle n’a pas résisté au Covid. Ils sont installés ici, à la campagne. Leur jardin est magnifique et leur serre semi enterrée produit des légumes et des plantes du sud (avocats, citrons verts…). Ils ont aménagé une douche solaire à l’extérieure. C’est la deuxième fois que j’expérimente la douche en plein air et c’est vraiment très plaisant. Je pense que je vais en installer une à la maison à mon retour.
Fatima vient de rentrer du plan d’eau où elle avait passé l’après midi.
C’est un plaisir de discuter avec eux. De leurs voyages, de leurs rencontres ici à Gourdon où ils habitent depuis peu, mais aussi dans le monde entier.
On termine cette journée la plus longue de l’année (mais probablement pas la plus chaude) en regardant le soleil se coucher derrière les collines. Resté veillé dans son hamac, Ric me dira par la suite qu’il a vu un renard venir s’abreuver à quelques mètres de lui dans son jardin. Une façon, malgré la chaleur accablante, de conclure cette belle journée.
Bilan du jour :
🚴 46 km
↗️ 574 m
↘️ 487 mLue lisää
Le cul dans l’eau à Montignac-Lascaux
22. kesäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 41 °C
Compte tenu des températures très élevées, j’ai décidé de raccourcir mes étapes et de partir tôt. Au petit déjeuner avec Rik et Fatima, on parle de mon itinéraire du jour qui devrait m’amener à Sarlat la Canéda à une bonne trentaine de kilomètres de Gourdon.
Ce qu’il y a d’intéressant aussi -en plus des échanges- avec les hôtes WarmShowers c’est qu’on ne passe pas de temps le matin à plier la tente. On prend le temps de discuter au petit-déjeuner pour entretenir la relation qui s’est nouée la veille. Et c’est super 👍
Rik et Fatima sont levés avant moi et sont installés à table avant d’aller s’occuper du jardin.
Je pars vers 7h45 (j’aurais aimé plus tôt mais c’est compliqué quand on est en bonne compagnie). Un petit chemin empierré serpente entre les champs qui sentent bon la moisson. La campagne est calme. Quelques animaux commencent à s’agiter dans les fourrés.
Le petit air frais fait du bien à tout le corps car, derrière l’ombre, on sent que le soleil donne déjà bien.
La trace est en pente douce jusqu’à la Dordogne où j’attrape une voie verte qui me conduit jusqu’à Sarlat. Déjà ? Et oui, cette ville n’était qu’à 21 kilomètres de Gourdon. Il n’est même pas 8h30. Que faire ? Rester là et être frustré toute la journée ? Aménager mon parcours ?
Je m’installe à une terrasse, je regarde la carte et me rend compte que Montignac n’est qu’à 30 kilomètres. Je prends contact avec Denis qui devait m’héberger demain pour savoir si ce serait possible dès aujourd’hui. Il me répond aussi sec par l’affirmative.
Ni une, ni deux, je file vers ce nouvel objectif du jour. J’ai la chance d’être dans le Périgord, département ô combien boisé et donc relativement frais sous les frondaisons. Il fait toujours aussi bon pédaler. Les vues surplombantes sont toujours aussi belles. Les descentes en vallées bien rafraîchissantes et les côtes… parfois éprouvantes (notamment celle du km 36 en plein soleil).
Il est juste midi quand j’arrive au petit village de Thonac où Denis m’a dit qu’il y avait un spot de baignade. Je m’installe à la base de canoë et j’y reste jusqu’à 16 heures.
Une bonne après midi de baignade détente dans la rivière, de discussion avec les autres personnes qui s’y relaxent et du personnel de la société de canoë.
J’ai notamment discuté avec Jacob et Sabine, un couple de hollandais en vacances dans le coin qui attendent la navette du canoë.
En fin d’après-midi, je remonte la Vezère jusqu’à Montignac. Sur la route, je rencontre un couple de jeunes voyageurs à vélo de Libourne, accablés par la chaleur qu’ils viennent de subir en descendant des crêtes.
Après une bonne petite bière (il paraît qu’il faut beaucoup boire en ce moment) je rejoins Denis chez lui en m’autorisant même un petit surplus de dénivelé (sacré GPS !).
Denis est natif de Montignac et vit dans la maison de famille. Il est saxophoniste jazz professionnel, en plein travail lorsque j’arrive.
La soirée est super sympa, comme d’habitude. Fin cuisinier, Denis a préparé du poulet en sauce avec du riz. Sûr qu’il connaît les besoins des voyageurs à vélo puisqu’il a lui-même parcouru le littoral nord de la France, de la côte d’Opale jusqu’à Ouessant. On évoque ses bons souvenirs notamment la baie du Mont St Michel et les criques des côtes d’Armor.
On a aussi des sujets de discussion beaucoup plus personnels. C’est cette alchimie que j’apprécie beaucoup avec ce réseau, on peut même dire cette communauté.
Au fait, il paraît que l’équipe de France de foot jouait ce soir.
C’est déjà commencé la coupe du Monde ?
Bilan du jour :
🚴 59 km
↗️ 773 m
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Combien de chevreuils sur la route vers Nantheuil
23. kesäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 37 °C
Avec de telles températures, il vaut mieux se réveiller tôt. Aujourd’hui c’est debout à 6h30. Ma tenue lavée hier soir a séché dans la nuit. Je dérange un chevreuil en allant la chercher au fil à linge.
Charlie n’a pas bougé, installé sur la terrasse à regarder les étoiles.
Départ ce matin à 7h30 pile. Je suis content d’avoir gagné un petit quart d’heure de roule avec des températures correctes. J’aime toujours autant cette petite brise qui rafraîchit plus que l’air ambiant.
Pour quitter Montignac, je prends une grande descente vers mon itinéraire initial. Au lieu dit « le Sablou » une stèle a été érigée en mémoire d’un camp d'internement pour « indésirables français » en Dordogne. Histoire méconnue. Histoire tabou ? Vous retrouverez tous les détails de ce camp sur Wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Château_du_…).
La petite route suit un ruisseau. Elle est paisible et encore à l’ombre. C’est très plaisant d’y rouler. Quand elle longe les parcelles moissonnées, ça sent bon la paille encore humide de rosée. Quand elle se niche en forêt, c’est l’humus tiède qui embaume. Tiens, voilà un chevreuil qui se sauve en m’entendant arriver…
Déjà 25 kilomètres parcourus depuis mon départ. Je choisi le petit village de Brouchaud pour faire ma pause. Étonnant, un canon est exposé devant la mairie, en souvenir de l’époque où ce village était expert dans la fabrication des boulets de canon.
Aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma chérie et je suis tout content de l’avoir au bout du fil. Bon anniversaire Ma-ché-rie ❤️. Depuis la semaine dernière elle est au Maroc avec ses sœurs pour faire un trek. Elles viennent de rentrer à Marrakech où elles passent quelques jours avant de rentrer en France. C’est plus facile de s’appeler que les jours précédents.
Dans la suite de cette étape les paysages défilent, parfois en plein soleil, souvent en forêt. On mesure la performance des arbres pour faire de l’ombre. Ça m’épate toujours autant.
Les châteaux sont eux aussi nombreux dans le coin. Certains en bon état, d’autres complètement délabrés.
Je traverse Coulaur, le deuxième village de ma matinée… après 40 kilomètres. Il y a un café restaurant qui fait un peu d’épicerie, mais pas suffisamment pour achalander la table du soir.
J’y fais une bonne pause et me remets en route. J’ai l’impression de déjà connaître ce village, et pour cause : en vacances à Thiviers l’été dernier nous avions fait une balade à vélo dans ce coin. Je suis donc le même itinéraire que l’an passé. Je me souvenais que le village suivant, Cornac-sur-l’Isle, avait une supérette. Manque de chance elle est fermée cette semaine pour congés. Tant pis, je viendrai les mains vides chez mon WarmShowers du soir.
En passant le pont sur l’Isle je fais la même photo que l’année dernière.
Plus qu’une bonne côte, particulièrement difficile parce qu’exposée en plein soleil, et j’arrive à Nantheuil. Je vais directement au plan d’eau, m’y installe à une table de pique-nique bien à l’ombre avant d’aller prendre une petite baignade bien méritée. Il n’y a pas encore trop de monde. Je déjeune et m’offre une bonne glace à la guinguette.
Je profite de ce parc de verdure pour lire, écrire un peu de pingouins et, bien sûr, me baigner plusieurs fois.
Quand j’installe mon petit fauteuil pliant, un couple de cyclistes à côté de moi, s’exclame : « vous n’en n’êtes pas à votre premier voyage à vélo ! » Toujours aussi magnétique ce moyen de déplacement.
C’est l’occasion de discuter ensemble. Aline et Rémi habitent à proximité et sont venus faire une pause fraîcheur au bord du lac. Ils sont fan du vélo et ont déjà fait de petits voyages en proximité.
Tanguy qui m’accueille ce soir dans sa coloc m’envoie un message pour me prévenir qu’il est parti faire du canoë. J’arrive à sa maison quelques minutes plus tard. Abel, un autre coloc est seul dans la maison. Ils sont six à habiter ici : Léa, Zoé, Katinka, Jeanne, Abel et Tanguy. C’est une grande maison avec des pièces communes et de petites cabanes, disséminées sur les 5000 m² alentours. Je passerai la nuit dans une chambre à l’étage. Tanguy, rentre de son canoë sur la rivière l’Isle.
Comme à chaque fois, c’est parti en discussions diverses et variées. Tanguy est maraîcher et vend ses légumes à la maison des producteurs de Thiviers. Il tient beaucoup à sa liberté de faire les choses comme il aime. Nos discussions étaient une fois de plus très intéressantes, particulièrement tout ce qui tourne autour de la vie collective. C’est vrai qu’avec une telle équipe, dans cette maison « pas banale », il doit falloir de temps à autre se triturer les méninges pour que tout le monde se sente bien dans le groupe.
Tandis que Tanguy va arroser ses plantations, je file me coucher de bonne heure. Demain, j’ai prévu une longue étape jusqu’à Angoulême, malgré la canicule. L’itinéraire Flow vélo qui doit m’y conduire emprunte une ancienne voie ferrée, arborée sur toute sa longueur et très roulante. En partant de très bonne heure, j’espère être à Angoulême à midi.
Bilan du jour :
🚴 61 km
↗️ 742 m
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La voie verte de rêve vers Angoulême
24. kesäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 36 °C
Ce matin, je suis levé avant le soleil. Pas de bruit dans la maison et les colocataires dorment chacun dans leur cabane.
Je m’éclipse discrètement en croisant Abel. J’adore cette heure on ne sait pas encore dire si c’est encore la nuit ou déjà le jour. J’arrive à Thiviers, point de démarrage de la flow vélo, c’est itinéraire qui va jusqu’à l’Ile d’Aix. L’an passé, nous étions en vacances Marie et moi et nous avions fait une boucle à vélo qui emprunté une partie de cette véloroute. Je connais donc un peu le terrain.
Sur les 20 premiers kilomètres, le revêtement est en gravillons, mais vraiment bien roulant, puisqu’il emprunte une ancienne voie ferrée. Bordée d’arbres, cette portion est vraiment très agréable à parcourir, surtout en début de matinée comme cela.
La bonne surprise, c’est que cet environnement se poursuit après Saint Pardoux la Rivière. La seule différence c’est que le sol en gravillon a disparu et laissé la place à un bitume encore plus roulant.
Les villages s’enchaînent et je me sens très bien sur cette étape. J’ai pourtant longuement hésité à la fractionner avec la situation de canicule et les mises en garde. Pas évident de faire la part des choses entre aller loin, ne pas se mettre en danger, adapter son rythme et son itinéraire. J’avoue que cette séquence est un peu anxiogène pour terminer au mieux mon voyage. J’aurais aussi pu prendre un train pour rentrer à Angers ou à Poitiers, mais rien que de penser à cette idée, terminer ma boucle autrement que sur un vélo, ça me faisait déprimer. Alors j’ai fait le choix de rouler. Oui, cette étape, c’est plus de 70 kilomètres. Je suis parti à 6h30. Je sais qu’une grande partie va être roulante et à l’ombre. Et en plus, un Warmshowers à Angoulême me laisse la clé de chez lui pour que je m’y installe et m’y repose en arrivant. Encore une fois, quelle force que ce réseau !
Les paysages ressemblent de plus en plus à ce que je connais de la Charente, avec des champs de tournesols à profusion, de grosses maisons, avec des petits moulins…
À 11h20, j’arrive chez Salmi. Je prends une bonne douche, je déjeune et je fais une bonne sieste, au frais dans la maison.
Il y a plein de jouets et de livres pour enfants : je vais probablement passer une soirée en famille !
Je reste finalement tout l’après-midi dans la maison à préparer mes dernières étapes, à lire, à glandouiller. Ça fait tout de même drôle de se dire que cette aventure est presque finie. Encore un peu plus d’une semaine et je serai rentré à la maison. Je suis à la fois content et nostalgique de ce voyage qui s’achève. Il y en aura d’autres, probablement différents, mais toujours extraordinaires. J’ai beaucoup appris dans celui, notamment dans mon rapport aux autres. J’ai aimé écouter les histoires de chacun, entendre ou deviner des choses, expérimenter, adapter, me tromper, réessayer… Je ne pensais pas que le voyage pouvait apporter tout cela.
Vers 19h, Dominique et Salmi arrivent. Je suis d’abord surpris : ce ne sont pas des jeunes parents mais des jeunes grands-parents qui accueillent souvent leurs petits-enfants à la maison. D’ailleurs ils étaient aujourd’hui même au plan d’eau d’Angoulême puis à la piscine avec eux, pour profiter de la fraîcheur tandis que les écoles sont fermées l’après-midi.
On fait connaissance autour d’une bière et d’un délicieux houmous maison (j’ai retenu la recette aux zestes de citron). Ils aiment beaucoup le voyage à vélo et ont découvert WarmShowers lors d’une boucle en Belgique où habite l’un de leurs enfants.
Vu qu’ils sont proches de la Flow vélo et de la Scanibérique, ils reçoivent de temps en temps des voyageurs.
Ils sont également passionnés de plongée sous-marine, passion pour laquelle ils ont effectué la plupart de leurs derniers voyages.
Comme toujours, on discute de voyage à vélo, mais aussi d’associations, de la coopérative de producteurs à laquelle ils participent activement, d’environnement… L’occasion de voir qu’une fois de plus, les valeurs des personnes présentes sur Warmshowers est bien commune à la plupart d’entre nous.
Après un dîner en terrasse, je file au lit, un peu plus fatigué que d’autres fois. Probablement la chaleur conjuguée à l’effort. Il fait frais à l’intérieur, ça devrait faciliter le sommeil.
Bonne nuit !
Bilan du jour :
🚴 76 km
↗️ 443 m
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Au milieu des champs de blé à Nanteuil-en-Vallée
25. kesäkuuta, Ranska ⋅ ⛅ 36 °C
Vous vous impatientiez peut être de recevoir de mes nouvelles. En voici, en voilà mais, je vous préviens, elles ne sont pas toutes fraîches. J’ai volontairement attendu pour vous en donner car je ne voulais pas diffuser mon trajet à mes proches afin de leur faire la surprise d’être présent aux fêtes de familles ce week-end.
—————
L’orage qui menaçait Angoulême hier soir n’a finalement pas donné de pluie. La nuit a été chaude mais j’ai pu bien dormir pour me préparer à cette avant dernière étape en solo (avec Charlie j’entends).
On prend un petit-déjeuner avec Dominique et Salmi en terrasse. C’est une journée qui commence bien : il fait bon et le chat a décidé de revenir à la maison après quelques jours de disparition.
Je pars un peu avant 8 heures. Le début de la trace m’emmène complètement à l’ouest d’Angoulême pour ensuite remonter au nord. C’est très agréable de suivre tous ces ruisseaux et rivières, de les enjamber sur des ponts communs avec les voitures ou dédiés aux vélos. La Charente, c’est avant tout une histoire de ponts. Comme elle n’a pas qu’un lit, quand on la traverse on franchit plein de petits ponts. Il y a plein d’itinéraires vélos qui passent dans ce secteur : la Flow Vélo, la Scanibérique, un chemin de St Jacques de Compostelle à vélo et plein de voies de circulation autour de la ville.
Mon GPS est un peu moins dense en couleur « vert foncé », ce qui signifie qu’il y aura moins de forêts que les jours précédents. Tant pis pour moi, je n’avais qu’à partir plus tôt !
L’étape se poursuit sur des petites routes dans la France de « Pierre Bonte ». On traverse de nombreux petits hameaux et villages avec des châteaux, de belles maisons cachées ou exubérantes.
Tiens, il y a une baignade publique à Vindelles. Dommage, il es à peine 9 heures. C’est bien trop tôt pour piquer une tête !
Ma première pause à 20 kilomètres est l’occasion de chercher un coiffeur. A Vars, il y en a 2. Le premier est fermé et le second n’a pas de créneau avant 17h. Tant pis, je verrai dans les prochains villages.
Je m’installe à grignoter sur les marches de la mairie. Un homme vient me poser des questions sur mon vélo, sur mon voyage. C’est le président de la chasse qui essaie de « sauver » le repas avec sanglier rôti à la braise prévu le week-end prochain. Les barbecues étant interdits par arrêté préfectoral, il espère pouvoir maintenir sa manifestation en argumentant sur le type de barbecue qu’ils utilisent (je peux donner les détails si ça intéresse certains lecteurs).
Un peu plus loin, alors que la température commence à bien chauffer, je me délecte en me faufilant sous un arrosage de tournesols qui empiétait sur la route. Seul le pain attaché sur le porte-bagage n’a pas apprécié !
Toujours pas de coiffeurs dispos à Montignac, St Amant, Masle. C’est vraiment un métier qui ne connaît pas la crise !
J’atteins finalement Nantheuil en Vallée, étape prévue pour ce dernier jour en solo. Je m’installe au camping municipal que j’avais repéré. Un super endroit au bord de la rivière Argentor. C’est vraiment bien que des communes maintiennent ce genre de campings ouverts car tout le monde ne cherche pas un camping avec piscine et animations et ça permet vraiment de faire de belles étapes.
Douche, déjeuner, sieste et visite du charmant petit village (parcours des jardins de l’Argentor et Abbaye). Le patron du café à la terrasse duquel j’ai pris une bière s’intéresse à mon vélo tout comme Barry, un gallois qui habite dans le coin et est fan de vélo.
Et pour finir, un petit tour chez le coiffeur. Yes !
Bilan du jour :
🚴 61 km
↗️ 447 m
↘️ 454 mLue lisää
Quelques jours de repos à Celle Levescault
26. kesäk.–5. heinäk., Ranska ⋅ ☀️ 28 °C
L’orage s’est fait entendre dans la nuit mais n’a donné que quelques gouttes à Nanteuil. Dommage pour la terre, tant mieux pour mon démontage car je n’aurai pas à faire sécher. Le ciel est encore un peu nuageux ce qui magnifie le lever de soleil.
Pour cette dernière matinée en solo, je suis content de me réveiller en toile de tente car j’aime beaucoup profiter du chant des oiseaux et de l’atmosphère particulière du camping.
Les voisins anglais sont en train de « bricoler » dans leur camping car. Sympa, ils avaient arrêté la clim bruyante pendant la nuit.
Comme d’habitude je prends le temps d’un bon petit-déjeuner et je démonte la tente.
Voilà, c’est parti pour une cinquantaine de kilomètres vers Comblé, le petit hameau où habitent Papa et Marité. Ce sera une surprise pour eux de débarquer comme ça.
Je traverse Nanteuil avec ses belles maisons à colombages avant d’attaquer la difficulté du jour, une côte d’environ 1 kilomètres. Facile !
Il fait bon rouler sur le plateau ensuite, dans un paysage ouvert. Probablement qu’il va faire un peu moins chaud que les jours précédents et c’est tant mieux.
Je traverse un champ d’une trentaine d’éoliennes. Je me sens tout petit au milieu de ces géantes. Dans l’ensemble de mon voyage, je n’en ai pas vu beaucoup.
Au petit village de Lizant, un voyageur à vélo est en train de plier son bivouac. Je m’arrête pour discuter. Désiré est originaire de l’Aisne et il va à Arcachon. Son équipement est assez rudimentaire et il a connu pas mal de galères et de pannes depuis son départ. Sa tige de selle est rafistolée avec du fil de fer et une planche. A l’arrache, mais ça ne semble pas trop le gêner. Par contre il a beaucoup de mal à gérer son itinéraire avec les applications. Je prends une petite demi-heure pour l’aider à utiliser Komoot et lui éviter les grandes routes et les petits chemins caillouteux. En plus de nos échanges et de la satisfaction d’avoir été utile à Desiré, cette rencontre m’aura permis de remettre un pied dans mon champ professionnel, la médiation numérique. C’est aussi le cas à Civray, le village d’après qui annonce haut et fort la présence d’une Micro Folie en plein centre ville (il s’agit d’un espace culturel numérique qui propose également des activités complémentaires, comme un FabLab, un espace de Réalité Virtuelle, une scène ou un Café Folie). C’est quand même un signe que la reprise du travail n’est pas loin !
Pas loupée non plus l’église St Nicolas en plein cœur du village et sa façade imposante face à la grand place du marché qui se tient justement ce samedi. J’y fais une pause « pain aux raisins ». Un vieux monsieur me conseille de « me dépêcher de rouler avant qu’il ne fasse trop chaud ». Je m’exécute et reprends la route. Je ne suis désormais qu’à une trentaine de kilomètres de Comblé. Je savoure le plaisir de rouler. J’ai à la fois hâte d’arriver et voir la tête de mes parents, et envie de ralentir pour profiter le plus possible de ces bons moments.
Il fait de plus en plus chaud et les haies qui permettent de rouler à l’ombre ne sont pas nombreuses. Heureusement que ce n’était pas le cas sur les étapes précédentes.
Une nouvelle pause à Couhé pour appeler Marie. Tiens, Marité m’envoie un message « Bonjour Olivier, tu n'es pas cuit ? si tu as besoin tu le dis on n'est pas loin d'Angoulême..bisous »
Effectivement ce n’est pas si loin que ça, seulement à deux jours de vélo 😂. Même la traversée de la RN10 se fait sans encombre.
J’arrive à Comblé. Papa et Marité sont un peu surpris de me voir. Un peu seulement car ils m’avaient noté avec un point d’interrogation dans leur agenda.
Jocelyne (qui était dans le secret) vient nous rejoindre après son cours de Yoga.
Une fois les retrouvailles scellées, on déjeune et ils me posent des tas de questions sur le voyage. L’après midi est consacré à du repos. David et Laurence arrivent en soirée, aussi surpris de me voir ici. Demain, ma fille Zoé fête son anniversaire à Brigné. Je vais débarquer et y retrouver Marie, dans le secret de mon retour, les enfants et les petits-enfants qui eux, ne sont pas au courant. Dimanche, l’anniversaire de Marie-Jo qui ne doit pas penser que je serai présent à sa fête. Je sens que toutes ces retrouvailles vont être de bons moments.
Je me donne une petite dizaine de jours de pause à Comblé avant de reprendre la route accompagné de Marie début juillet. Donc, -ça va être dur pour vous- vous n’aurez pas de pingouins avant le 6 juillet.
Bilan du jour :
🚴 55 km
↗️ 344 m
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Presque terminé à Gourgé
6. heinäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 35 °C
Ça y est, après plus d’une semaine à me reposer sans pédaler, je repars pour les trois derniers jours de mon fantastique voyage à vélo. Et je pense que vous allez être contents de retrouver vos pingouins quotidiens.
Cette petite dizaine de jours a aussi été l’occasion de revoir toute la famille et de faire la surprise de mon retour à quelques personnes de mon entourage (même si, planqué chez elle en attendant sa fête d’anniversaire, je me suis fait débusquer par ma fille Zoé).
Le petit changement pour ces trois derniers jours, c’est que je ne suis pas seul. Marie, ma chérie, était d’accord pour m’accompagner à vélo. Bon, d’accord, cette partie du parcours est rendue plus difficile avec cette nouvelle canicule qui s’annonce. Mais bon, on a décidé de rouler tout de même en partant un peu plus tôt.
Départ donc… à 8h (euh, c’est pas si tôt que ça quand même :)) pour une première étape qui nous mènera du hameau de Comblé à Celle Lévescault au village de Gourgé le long du Thouet.
Petit plaisir au départ : Papa, Marité, Patricia et Pascal nous font faire une séance photos.
On devait passer par Lusignan, mais finalement ce sera Celle Lévescault puis Colombiers, le gps tenant visiblement à éviter Lusignan.
Encore un petit plaisir du voyage lorsqu’un martin pêcheur décolle devant nous au plan d’eau de Celle Lévescault.
Petite pause des 10 kilomètres à La Ferrière.
On apprécie les passages à l’ombre, encore nombreux à cette heure de la journée.
Mine de rien, on a déjà parcouru plus de 30 kilomètres alors on fait une pause bien méritée à Vasles pour le ravitaillement du midi.
Il commence à faire bien chaud. Notre étape du soir est encore loin. On repère des étangs à 10 kilomètres de Gourgé et on décide d’y pique-niquer. En fait d’étangs ce ne sont que des réserves d’eau agricoles pas plus agréables que ça. Tant pis, on y fait une longue pause déjeuner/sieste avant de retrouver l’itinéraire « la Vélofrancette » sur une dizaine de kilomètres jusqu’à chez François.
Celui-ci arrive quelques minutes après nous et nous accueille à bras ouverts avec sa petite chienne Biscouette et ses deux chats Zambla et Loupiotte.
On discute, on se désaltère, on reste au frais dans la vieille maison pleine de charme. François et sa compagne Isabelle ont déjà fait pas mal de voyages à vélo, principalement en France. François a un vélo couché qui lui donne des sensations de glisse et permet de réduire le frein aérodynamique lié à la position sur la selle.
Leur prochain voyage sera le tour de la Bourgogne à l’automne prochain.
Après les douches, on se fait une petite séquence « Tour de France » et on dîne avec de délicieux produits locaux (François et Isabelle sont impliqués dans une épicerie solidaire à Airvault) et des glaces un peu moins locales mais tout aussi délicieuses.
On pourrait passer la soirée à se raconter nos voyages et les valeurs qui nous animent mais il faut penser à se coucher car demain la température devrait monter à 39°C ce qui nous a décidé à partir entre 7h et 8h.
Pas besoin de couette cette nuit !
Bonne nuit
Bilan du jour :
🚴 60 km
↗️ 448 m
↘️ 420 mLue lisää
Thouars en plein cagnard
7. heinäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 37 °C
Grosses chaleurs attendues en ce 7 juillet. On ne parvient pas à partir avant 8 heures. Tant pis, Thouars n’est qu’à environ 50 kilomètres et on espère y être en tout début d’après-midi.
On poursuit notre route en suivant la Vélofrancette. On rencontre de plus en plus de voyageurs à vélo mais on ne s’arrête pas forcément pour discuter avec eux. Premier spot sympa : le lac de Cébron et ses espaces naturels (observatoire ornithologique, plaine de jeux, camping).
Les paysages sont un peu plus vallonnés qu’en Vienne ce qui n’est pas pour nous déplaire. On fait notre pause-viennoiserie à Airvault, une jolie petite ville avec de belles rues piétonnes.
On pense s’être trompés d’itinéraire en arrivant à Argentine : serait-on allés trop loin ?
Ça grimpe à St Généroux mais on ne faiblit pas pour autant. Lors d’une dernière pause à Maulais, Olivier démontre à Marie par la pratique combien il est facile d’oublier son téléphone sur une table. Tant pis pour lui, il devra ajouter 6 kilomètres à l’étape pour venir le rechercher.
Il fait plus de 37°C à l’arrivée à Thouars. On s’offre le plaisir d’une bonne terrasse avant d’aller planter notre tente et de faire une petite visite touristique de la ville.
Dommage, le spectacle à la maison de la musique et de la danse était complet.
Au camping le soir, on discute avec nos voisins nordistes, en voyage à vélo depuis une douzaine de jours. Avec la chaleur, ils ont du mal à recharger les batteries de leurs vélos qui se mettent en sécurité.
Demain, ils doivent aller jusqu’à Saumur. Pour nous ce sera retour au bercail. J’avoue que j’aurais bien encore pédalé un petit mois ou deux 😎
Bilan du jour :
🚴 60 km
↗️ 462 m
↘️ 538 mLue lisää

MatkaajaBonne arrivée dans ton bercail qui n’a pas changé au fil de ces 4 mois.

MatkaajaPlus que qq kilomètres !! Bravo !! Protégez vous bien… et dire que nous t avons accompagné le 13 mars toute la journée sous la pluie… je rêvais d une douche bien chaude 🤷♀️

MatkaajaAh ah oui ! Tout a changé depuis. Seulement 8/10 jours de « mauvais » temps au cours du voyage. C’était exceptionnel
La boucle est bouclée à Mozé-sur-Louet
8. heinäkuuta, Ranska ⋅ ☀️ 34 °C
Ce matin du 8 juillet pourrait ressembler à de nombreux autres matins. Or aujourd’hui est un jour exceptionnel : c’est le dernier jour de mon périple que j’appelle de temps en temps « le voyage de ma vie ». Il est encore un peu tôt pour que j’en digère tous les moments vécus durant ces 117 jours à vélo en solitaire. En solitaire mais pas seul pour autant puisque toutes ces rencontres auront été pour moi la plus formidable des expériences.
Chaque instant me viennent à l’esprit des petites anecdotes que je garde précieusement en mémoire.
Dès ce soir je vais retrouver la maison, mon lit confortable, le jardin et les animaux. Dans quelques jours je vais reprendre le travail, retrouver un rythme plus « routinier », être entre les quatre murs d’un bureau.
A la fois je m’en réjouis et j’aimerais prolonger ce temps de voyage. Quatre mois ça passe tellement vite ! Et c’est tellement peu de temps comparé à l’année entière passée à préparer ce voyage !
Au départ de Thouars, je savoure le bonheur du début de cette dernière étape : réveil matinal mais en douceur avec le chant des oiseaux et les bruits de la rivière. Marie m’accompagne et ça c’est tellement plaisant. Petit déjeuner tranquille alors que les autres voyageurs à vélo sont presque prêts à quitter le camping.
Charlie proteste à sa manière en tombant lors du chargement des sacoches.
On avait décidé de partir entre 7 et 8 heures. On ne fera pas mieux que les autres jours en se mettant en route à 8h08.
On suit la Vélofrancette sur une dizaine de kilomètres puis on bifurque à l’ouest. L’abbatiale du Puy-Notre-Dame nous fait de l’œil à l’horizon. Les vignes sont de plus en plus denses dans le paysage. Une halte à la boulangerie de Bouillé-Loretz histoire d’avoir de la matière à grignoter pour notre pause.
Ça y est, on est dans le Maine-et-Loire. La vallée du Layon est notre guide des Verchers jusqu’à Thouarcé. On connaît bien ce terrain des coteaux entre Martigné, Tigné, Faye d’Anjou. Ça nous semble facile de pédaler ici même si nous approchons déjà les 50 kilomètres parcourus. Petite pause technique pour resserrer la vis d’un garde-boue de Charlie qui ne veut vraiment pas terminer ce voyage de si tôt. Pour pique-niquer le midi, on vise « à l’ombre de l’obélisque », une œuvre d’art du fil paysager ligérien située le long de la boucle cyclable « Anjou Vignobles et Villages » (variante sud de la Loire à Vélo) à Vauchrétien.
« A l'ombre de l'obélisque est une installation praticable, qui incite à s'introduire, s'abriter ou se reposer, méditer ou se retrouver entre amis. Imaginée par les artistes Nicolas Barreau et Jules Charbonnet, cette œuvre invite à découvrir sa matérialité boisée et traversante, et à embrasser le paysage alentour, entre vignes et forêts et plonger au sommet, son regard dans la lumière. »
Cette définition cadre bien mon état d’esprit du jour avec toutes les pensées et le plaisir de partager les derniers kilomètres avec Marie.
Je sais aussi que vous êtes très nombreux·ses à lire les résumés quotidiens (finalement j’ai écrit tous les jours). Vos petits mots ont été une aide précieuse, une stimulation indispensable et parfois un réconfort lors de ce voyage. Qu’on se connaisse depuis longtemps ou qu’on se soit rencontrés même furtivement sur ce tracé, je tenais à vous remercier chaleureusement pour toutes vos interactions.
Peut-être ai-je éveillé des envies de voyage à vélo chez certains d’entre vous ? Si c’est le cas, partagez-moi vos carnets !
Peut être qu’un jour je poursuivrai Moztanbul jusqu’au terme initialement prévu… d’ici là j’aurai probablement fait d’autres voyages, un peu moins au long cours que je serai heureux de partager avec vous.
😘 🚲 🌍
Bilan du jour :
🚴 66 km
↗️ 209 m
↘️ 186 m
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J’espère avoir le plaisir de vous croiser dans les jours, les mois ou les années à venir. Et pourquoi pas au festival du voyage à Vélo à Angers les 24 et 25 octobre ?
https://festival.cyclo-camping.international/2026/Lue lisää

Matkaaja
Trop contente d’avoir fait ces derniers jours avec toi ! Bienvenue à la maison 🏠

MatkaajaQuelle belle aventure, remplie de rencontres et de partages! J’ai été ravie de te suivre tout au long du parcours ! Merci Olivier.

MatkaajaMerci Carole et Bruno. Maintenant c’est à votre tour de voyager. Bonnes vacances de l’autre côté du globe 😍












































































































































































































































































































































































































































































































Matkaaja
Dessous non ? 👀