Le soleil brille à Vintimille
8 april, Italië ⋅ ☀️ 14 °C
Le soleil pointe à peine sur les hauteurs de Menton quand je me réveille. Je le guette depuis la terrasse de chez Guillaume. J’adore ce moment qui porte toute le richesse d’une journée.
Et ce soleil levant m’annonce que cette journée commence bien.
Petit déjeuner sous la véranda (avec des tartines ultra grillées), discussions avec Guillaume qui m’offre un citron de son jardin, et c’est déjà l’heure de me mettre en route pour Vintimille où je prendrai un train pour Milan.
Hier soir, Guillaume m’avait conseillé de m’attarder sur les vieux quartiers de Menton et nous avions tracé un itinéraire qui longe la côte et évite les tunnels.
Je suis ses conseils et serpente dans les petites rues colorées de la ville. On a déjà l’impression d’être en Italie. La baie orientée à l’ouest est baignée de lumière et le paysage avec le campanile est vraiment magnifique. J’en profite… et m’aperçois qu’il est déjà 9h20. Je poursuis mon chemin sur la route qui commence à s’élever.
Guillaume m’avait prévenu : ça monte un peu au début. Effectivement, l’ancien poste-frontière n’est qu’au début d’une belle bosse ! Un bon coup de chaud qui met en forme de bon matin.
En redescendant, l’itinéraire un peu biscornu que nous avions fait me fait franchir la voie ferrée par un petit sentier dans lequel je dois décrocher mes sacoches pour monter les marches. Sport complet.
J’arrive à Vintimiglia et je m’exerce à prononcer mes premiers mots en italien « scuzzi, do’ve la stazzione ? »
Un ascenseur est disponible pour descendre au passage souterrain… mais pas pour remonter sur la voie 4 : redécrochage des sacoches.
Et pour finir, l’intercity italien n’étant pas très accessible, il me faut encore tout décharger pour monter dans la voiture avec espace vélo. Ouf 😅 on a bien mérité un peu de repos pendant les deux heures que vont durer ce trajet.
Bilan du jour :
🚴 14 km
↗️ 245 m
↘️ 266 mMeer informatie
La vie est beau à Milano
8–9 apr., Italië ⋅ ☀️ 24 °C
Mercredi 8 avril
San Remo, Genova, Pavia… cet intercity italien est une sorte de fil de vie entre les villes de la côte et la région de Milan. Il est assez bien fréquenté. À bord, les voyageurs parlent fort et leur tonalité confirme que je suis bien en Italie. La gare de Milan est immense et imposante, comme d’ailleurs beaucoup de bâtiments italiens.
Je prends quelques repères avec la carte que John (mon hôte du jour) m’avait envoyée et je vais me balader dans cette grande ville que je ne connais pas.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les grandes avenues rectilignes ne sont pas tout à fait adaptées à la circulation à vélo. Heureusement, il y a parfois des voies cyclables où il fait bon se réfugier pour échapper à la furie des « macchine » et la horde de deux roues. A Milan comme ailleurs en Italie, on joue du klaxon, ça n’est pas une légende.
J’arrive un peu par hasard devant la Scala. Je me perds dans les petites rues adjacentes et déboule devant le duomo, la splendeur du patrimoine milanais. Cette cathédrale gothique est vraiment impressionnante avec ses façades de marbre finement ouvragées. La belle lumière amplifie la blancheur de la pierre et renforce les ombres. Comme je suis à vélo je ne peux pas y pénétrer mais je reviendrai à pied demain.
Je continue ma découverte, repère l’appartement de John et prends une bière en terrasse. Je reviens à l’immeuble et attends dans la cour. John m’a indiqué que le mercredi il travaille à l’extérieur.
A 19h30, il n’est toujours pas là. Je lui laisse un message et me décide à aller manger à une pizzeria.
John m’appelle à 20h20 pour me dire qu’il est rentré.
Héléna et Fabian, deux jeunes cyclovoyageurs allemands qui rentrent d’un périple d’un an à Cuba, en Argentine et au Chili sont également accueillis chez John.
On discute ensemble, de vélo bien sûr mais aussi d’agencement d’espace car John est architecte. Son appartement est vraiment singulier : divisé en deux grandes pièces de 5 m de haut, il a conçu d’un côté un espace fonctionnel (cuisine, repas, salle de bains, chambre, dressing) et de l’autre un espace détente et travail. Ce qui est particulier c’est que tout communique, que l’espace chambre est suspendu au plafond (on y accède par une structure métallique à escalader) et les cloisons de la salle de bains sont en verre dépoli. Le dressing est suspendu dans le vide avec une sorte de crémaillère qui présente les vêtements comme dans un pressing.
Tandis qu’à 23h, John rejoint son « perchoir », Héléna, Fabian et moi, on s’installe sur deux grands canapé-lits dans l’autre pièce dans laquelle on a monté nos vélos. Bonne nuit Charlie !
Jeudi 9 avril
Pour cette journée de repos, j’ai choisi d’aller me balader dans Milano.
Dans le square d’à côté, deux femmes, un peu âgées, m’interpellent pour discuter.
L’une d’elle, Maria Gaete, est italienne. L’autre, Nilda, péruvienne
On discute un moment, de Milan, du temps qui passe et des voyages.
Nilda va remplir ses bouteilles à la fontaine. Avec une carte, les milanais peuvent remplir six bouteilles par jour d’eau, plate ou gazeuse, des distributeurs situés dans l’espace public. Il faut dire que le sous-sol de Milan est gorgé d’eau. Ce système a été mis en place pour réduire l’utilisation de bouteilles en plastique dans la vie quotidienne.
Pour changer, je vais poursuivre ma balade par un petit tour de vélo en faisant une infidélité à Charlie et en utilisant les vélos en libre-service.
Je retourne dans le quartier du Duomo et, pour mieux m’imprégner de l’ambiance, je parcours à pied les petites rues et les gallerias, sortes de grandes allées piétonnes, richement décorées et dans lesquelles les boutiques chic rivalisent de créativité dans leurs vitrines.
Le patrimoine architectural de Milan est vraiment phénoménal. Les milanais sont également très stylés. Souvent bien habillés, dans une démarche très fière, ils font partie de l’ambiance du centre-ville.
Ensuite, je me fais un petit plaisir en allant visiter le musée du théâtre La Scala. Instruments anciens, rétrospective des opéras qui ont marqué ce théâtre est, bien sûr, une petite incursion dans le théâtre lui-même. La salle est vraiment immense et impressionnante. Deux décors peuvent basculer entre la scène et le magasin de décor. Même s’il a été reconstruit après un incendie, son authenticité reste entière.
Je reprends un vélo en libre-service pour aller au château Sforzesco.
Milan n’est pas tout à fait la ville idéale pour circuler à vélo. C’est plutôt la cité des scooters et autres engins motorisés qui vrombissent dès que le feu passe au vert. On n’épiloguera pas sur le style de conduite des Italiens. J’ai réussi tant bien que mal à me rendre au château.
C’est une forteresse construite au XV siècle par Francesco Sforza, duc de Milan, sur les ruines d'une citadelle édifiée au même endroit par Galéas II Visconti. Je me suis contenté d’en faire le tour, ce qui prend déjà un petit moment. Situé dans un parc, c’est un chouette but de promenade pour tout milanais qui se respecte. Comme il fait beau, les gens sont installés sur les pelouse.
J’avance jusqu’à l’arc de triomphe édifié par Napoléon à l’extrémité de ce parc et je me décide à rentrer. En fait, voilà déjà presque six heures que je me balade dans la ville !
Tiens, je n’ai presque plus de batterie sur mon téléphone, et je suis à environ 50 minutes de chez John…
Je fais une halte dans un bar à Matcha qui propose des chargeurs de téléphone. Malheureusement, celui pour l’iPhone ne fonctionne pas. Tant pis, j’ai à peu près mémorisé mon itinéraire pour rentrer.
Je discute avec Jiling, une jeune étudiante chinoise en design de mode. C’est toujours aussi étonnant, quand on est étranger dans une ville, de se retrouver à discuter avec premier inconnu venu.
Je fais quelques courses pour le dîner que l’on partage avec Elena, Fabian et John.
Déjà 23 heures. Le temps passe vite en bonne compagnie et demain, on reprend la route.Meer informatie
Dolce vita à Bagnatica
10 april, Italië ⋅ ☁️ 18 °C
Voilà exactement quatre semaines que je suis parti de Mozé-sur-Louet et que je fais mon petit bonhomme de chemin en suivant à peu près les plans que j’avais imaginés.
Je profite de cette étape qui comporte un peu moins d’intérêt que les précédentes pour vous faire part de mon état d’esprit et de mes réflexions.
Je voyage seul, et quand on pédale seul, on voyage non seulement à travers le paysage, mais aussi intérieurement. Il ne se passe pas un jour sans que je pense à vous, vous que je connais depuis longtemps, vous, que j’ai croisé depuis le début de mon voyage.
Quand j’ai réfléchi à mon trajet, il y avait quelques repères que je ne voulais pas manquer, comme passer sur la Loire dans les monts d’Ardèche (j’aurais aimé aller à la source, mais les conditions climatiques en ont décidé autrement), me faire le plaisir de circuler à vélo sur la promenade des Anglais à Nice (je n’y suis jamais allé en voiture), revenir à Bergamo après y être passé en 2020, l’été qui suivait le COVID-19. Cette ville a été très fortement touchée par l’épidémie et quand on en parle avec les Italiens de cette région, il se remémorent les moments douloureux quand ils ne savaient plus où stocker leurs proches décédés.
Aujourd’hui, je suis repassé à Bergamo et j’ai gravi les petites rues pour me rendre à la cittá Alta (ça grimpe vraiment fort !). Malgré les travaux de chaussée, les touristes sont nombreux et la vie touristique de la ville a repris comme avant.
Mes anecdotes de voyage sont nombreuses, mais les plus touchantes je trouve sont les échanges spontanés avec les passants ou avec mes hôtes. Le vélo a un pouvoir magnétique incroyable. Dès qu’on s’arrête, qu’on regarde un peu en l’air ou sur son smartphone, il y a toujours quelqu’un pour venir te demander si tu as besoin d’aide ou si tu es perdu. C’est un formidable vecteur de socialisation. Je vous invite à prendre votre vélo et y mettre des sacoches si vous voulez en juger par vous-même.
Le vélo est aussi un moyen positif de voir la vie car toutes les interactions que j’ai pu avoir avec des passants sont sur des sujets enthousiasmants et se termine par des « Bon voyage », « Allez », « Bravo » ou d’autres quelconques encouragements !
Seuls certains automobilistes ont cru bon devoir me donner quelques noms d’oiseaux sur des ronds-points ou à des carrefours dont j’ai oublié la localisation.
Toutes ces réflexions pour dire que finalement, je ne suis pas si seul que j’en ai l’air avec toutes ces personnes que je rencontre et toutes ces personnes qui lisent mon petit journal.
J’en reviens à mon cheminement du jour.
Ce fut difficile de partir avant 10 heures de chez John, tellement on avait encore de choses à partager avec lui et les deux autres voyageurs, Éléna et Fabian. Ces deux-là rentrent d’un périple de 15 mois en Amérique du Sud et rejoignent leur ville d’origine (Berlin) en vélo + train.
Pour sortir de Milano, j’ai d’abord repris les grandes avenues, assez hostiles aux cyclistes, puis, sur une suggestion de John, j’ai longé un sympathique petit canal sur une bonne vingtaine de kilomètres. Cet itinéraire fait partie de l’Alta Italia Da Attraversare (AIDA) que j’ai décidé de suivre jusqu’à Trieste.
Promenade sympa avec de jolies maisons et surtout une végétation en pleine floraison. Un bonheur multisensoriel.
L’écomusée à ciel ouvert des machines de Léonard de Vinci.
Pique-nique au bord d’un lac sur lequel les oiseaux s’en donnent à cœur joie.
Comme le parcours n’est pas très difficile, je décide de faire une infidélité à AIDA pour remonter à Bergamo. L’entrée dans la ville n’est vraiment pas très agréable avec des voix cyclables intermittentes et beaucoup de circulation pour cause de fin de semaine.
Après une rapide visite, je peux reprendre ma route, direction Brescia. Je suis désormais l’itinéraire « Ciclovia de la Cultura » qui doit me faire découvrir quelques sites sympas sur le trajet.
Il est déjà presque 18 heures. C’est le moment pour trouver un endroit sympa pour le bivouac
Je m’écarte du tracé dans le bourg de Bagnatica et je débouche sur le Casello San Marco, une sorte d’auberge ou des gens s’affairent à préparer une fête. Je leur demande si on peut manger ici, ou juste boire un coup, s’il connaissent un endroit où planter une tente. Sarah m’indique un endroit à proximité de l’aire de jeux, un peu retiré de l’auberge. Le spot est parfait avec table de pique-nique et fontaine à proximité.
Les enfants, intrigué par mon campement viennent avec leurs parents pour en savoir plus. Je leur parle, bien sûr de mon voyage. Ils sont épatés et reviennent m’offrir une bière et un sandwich de grillades.
La fête bat son plein mais cela ne m’empêche pas de m’endormir rapidement après cette encore belle journée de route.
Bilan du jour :
🚴 78 km
↗️ 374 m
↘️ 211 mMeer informatie
Sur les coteaux de Gussago
11 april, Italië ⋅ ☁️ 19 °C
Une belle journée s’annonce. Je prends mon temps et termine seulement à 10h de tout plier.
L’auberge accueille ce matin une animation jeu. Je m’y attarde et rencontre Mattéo, un cycliste qui est venu en Gravel depuis Brescia pour une réunion de son club de vélo. Il me parle de l’itinéraire « la via delle sorelle » à laquelle il a beaucoup contribué. Je préfère rester sur ma Ciclovia de la Cultura.
Et mon choix se révélera bon puisque la section du jour fut magnifique entre pistes cyclables non partagées, sentiers et chemins, passage au lac d’Iseo, traversées de petits village et points de vues remarquables depuis les coteaux plantés de vignes.
Le ciel bleu magnifique a rajouté un petit plus à cette magnifique journée de vélo.
Seul bémol, le spot de bivouac que m’avait donné Matteo s’est révélé interdit au camping. Dommage, pour y accéder j’ai dû gravir une colline avec des pentes à plus de 10%. Je me suis rabattu sur un petit coin entre une haie de pommiers et un rang de vigne, un peu plus bas. Bon choix également car j’avais une belle vue sur la vallée et la ville de Brescia entre deux collines.
Après deux jours sans pied à terre, il faudra que je trouve une solution les prochains jours pour prendre une bonne douche au lieu d’une simple toilette au gant.
Bilan du jour :
🚴 57 km
↗️ 497 m
↘️ 549 mMeer informatie

Toujours des beaux paysages mais on voit que tu campes d avantage et heureusement que le beau temps est au rendez vous. Bonne continuation. Amitiés [Marc et Christiane]
Sona per Lago de Garda
12 april, Italië ⋅ ☁️ 19 °C
La nuit s’est bien déroulée à part le bruit d’un rotofil thermique dès 5h30 le matin. Je suppose qu’ils mettaient au propre le site touristique de La Santissima juste à proximité vu que le bruit a cessé à 8h.
Mon étape du jour me fait traverser Brescia, une ville importante de la région que nous ne connaissons pas de l’autre côté des Alpes. Comme presque toutes les villes italiennes, Brescia dispose d’un patrimoine prestigieux avec des vestiges romains et de bâtiments plus exubérants les uns que les autres. Le cadran solaire sur la grand place est particulièrement impressionnant avec ses ornements et les deux figurines de bronze qui frappent la cloche.
Dans le centre, des bâtiments beaucoup plus récents côtoient les monuments historiques, avec plus ou moins de réussite.
Un marché aux plantes bat son plein : c’est vrai que cette région est le jardin de l’Italie avec une irrigation facilitée par la présence de nombreux fleuves et de lacs, et la situation de vallée dotée d’un sol fertile.
Je fais ma pause de midi au Streeat, un espace en plein air qui, comme chaque dimanche, rassemble une bonne cinquantaine de food truck. Poussiéreux mais ambiance sympa.
Je quitte Brescia et « ricoche » sur le lac de Garde encombré par les nuages. Aujourd’hui il resemble plus au Loch Ness qu’au Lago de Garda où nous avions séjourné Marie et moi en 2020.
J’arrive trop tard pour participer au festival de vélo du Lac avec de nombreux pros. Mais tant pis, je peux tout de même m’émerveiller devant leurs magnifiques vélos (dont celui de Pogačar).
Une petite glace à Sirmione (NDLR histoire de conjurer le sort à nos histoires de glaces de voiture en 2020) et j’arrive, quelques centaines de mètres plus haut chez Damiane, Lidia et leurs filles Anna et Marta. Ça ne s’appelle pas Montebello pour rien : depuis leur terrasse, la vue s’étale à l’est vers Verona et les montagnes. Je prends mes quartiers avec Charlie dans une grande pièce. Douche chaude bénéfique.
Dîner et discussion avec Damiane, sur des sujets aussi variés que l’actualité mondiale, les difficultés économiques de l’Italie, le voyage à vélo bien sûr. Damiane a fait en 2022 un périple de chez lui vers le Portugal duquel il garde un très bon souvenir. Le plus difficile avait été de savoir confier les rênes de son entreprise à quelqu’un pour deux mois. La confiance. Je m’essaie un peu à l’italien avec Lidia. Anna et Marta discutent en anglais.
Leur fille aînée Chiara est à Berlin et entame une visio.
Il est déjà 22h30 et demain chacun doit reprendre ses activités. Voilà une nuit de repos bien méritée.
Bilan du jour :
🚴 77 km
↗️ 455 m
↘️ 465 mMeer informatie
Un peu d’eau à Zevio
13 april, Italië ⋅ ☁️ 20 °C
Je quitte Sona sous un ciel gris après avoir traîné un peu à discuter avec Damiane.
La météo n’est pas fameuse avec notamment beaucoup de vent, venant de l’est et peut être quelques gouttes.
Comme par hasard, je file plein est. J’ai donc le vent de pleine face et le décor d’agriculture extensive sans haies ne me facilite pas la tâche.
J’arrive à Verona, la ville de Romeo et Juliette. Son centre est niché entre deux lacets du fleuve Adige. L’atmosphère qui y règne est très agréable. Beaucoup de touristes, dont pas mal de français, déambulent dans les petites rues.
J’essaie de trouver une place dans une auberge de jeunesse mais on m’annonce que c’est complet (peut-être n’ai-je plus l’âge ?). Tant pis, je continue ma balade et je filerai ensuite jusqu’à ce que je trouve un coin de bivouac sympa, à l’abri du vent.
J’adore l’ambiance qui règne à Verona : les petites rues qui s’entremêlent, les boutiques artisanales, les grands places aérées ou l’on imagine une vie intense quelle que soit la saison.
Et le fleuve donne un reflet particulier à la personnalité de Verona. Des airs de Firenze même si ici, on est fiers d’être en Vénétie !
Après le pique-nique, je poursuis mon combat contre le vent. Les paysages me font parfois penser à la Loire à Vélo. Avec le vent, les champs cultivés agitent leurs plastiques de forçage dans un bruit parfois tonitruant. Je suis la piste cyclable Marco Pantani, un gars du coin qui devait avoir le vent dans le dos vu ses performances.
A 17h, je me décide à faire halte a Zevio, un gros village sympa au bord de l’Avige et à chercher un lieu de bivouac ou une auberge.
Une petite dizaine de kilomètres d’errance plus tard, je roule malencontreusement sur une épine : deuxième crevaison du périple !
Je répare et je vais au café. Davide et Daniele discutent avec moi. Davide parle français car il travaille de temps en temps avec une entreprise à côté de Rennes. Daniele dirige une entreprise de batteries automobiles qui emploie 500 personnes. Il tente de me trouver un resto et un bed and breakfast et m’offre des stylos de sa boîte.
Encore une belle rencontre. Je repars pour m’installer et m’arrête devant une boutique de vélo, encore ouverte à 19h45. Eusebio (qui a bien 70 ans) et Mattia, un jeune ami à lui, parlent un peu anglais. Ils m’amènent à un jardin public où je peux m’installer… sous le réverbère, mais à l’abri du vent.
Dîner froid et c’est déjà l’heure de dormir car j’aimerai partir demain avant la promenade des chiens dans le parc.
Bilan du jour :
🚴 55 km
↗️ 121 m
↘️ 218 mMeer informatie

ReizigerTu as presque traversé l'Italie en quelques jours...tu vas être à l'heure au RV de Split. 🥰

ReizigerC'est vraiment super de te suivre. A quelques jours près, tu aurais pu rencontrer notre fille Marine en Albanie. Elle est rentrée hier après un séjour d'une dizaine de jours. Elle a une adresse à communiquer si tu vas à Darezeze à coté de Fier. Au plaisir de découvrir la suite de ton voyage.
Un peu moins plat du côté de Castella
14 april, Italië ⋅ ☁️ 14 °C
Il ne pleut plus au réveil. Je me dépêche de plier le campement et je file au café de Zevio pour prendre un copieux petit déjeuner. Enfin, je prends un petit déjeuner en profitant du wifi pour charger les photos de mes précédents jours et faire des demandes de WarmShowers.
J’attends que la pluie cesse pour quitter les lieux. Il est presque midi.
La première partie de cette étape ne comporte pas trop de spécificités.
Je veux faire quelques courses au marché mais le fromager me dit que c’est fermé. Probablement fermé pour les non-italiens puisqu’il sert une dame après moi.
Le parcours est assez plat, assez ennuyeux de temps à autre.
Les pistes cyclables italiennes sont un vrai délice de créativité. Dès lors qu’on comprend qu’elles sont à double sens, tantôt à droite, tantôt à gauche de la chaussée ; qu’elles sont la plupart du temps partagées avec les piétons et qu’elles ne durent parfois que cinquante mètres ; qu’elles servent de lieu de stockage pour les poubelles de stationnement pour les voitures et de promenoir pour chien ; on réussit à les utiliser !
Je longe la rivière Adige jusqu’à Montebello Vincentino où je me pose dans un petit resto histoire d’être au sec.
Roberto, un client du resto discute avec moi avant d’aller payer son repas puis me dit « c’est bon, j’ai tout payé pour toi ». Encore une fois un incroyable moment dans mon voyage.
Une petite déviation plus tard (à cause de la construction d’une autoroute), j’arrive dans le massif du Berichi, une région de petites montagnes où habite Francesca qui m’accueille ce soir.
Le décor change et mes mollets le ressentent. Sur les 5 derniers kilomètres,
8 lacets (tornati) nous font grimper de plus de 200 mètres. Après les deux précédentes étapes de plat, j’appréhendais un peu ce moment mais finalement, en faisant le compte à rebours des lacets, l’ascension se passe bien.
J’arrive chez Francesca. Les chiens Zach et Zara m’accueillent gentiment pas des léchouilles. Je m’installe en suivant les consignes.
Francesca arrive un peu plus tard. C’est une femme ultra énergique et pleine de projets, championne de course d’orientation, passionnée de montagne. Elle est allée pédaler en Patagonie et adore les reliefs de la région où elle vit. Elle prépare un délicieux Risotto à l’ail des ours. Roberto son compagnon nous rejoint pour dîner puis sa fille Greta qui travaille dans une école.
On discute de choix de vie, de sens de l’engagement, mais aussi de cuisine, jardin… et voyage à vélo bien sûr.
Il est déjà 23h30, l’heure de regagner la véranda où je vais passer la nuit.
Demain, bricolage, visite de Vicenza et départ vers Padova. Bonne nuit
Bilan du jour :
🚴 50 km
↗️ 544 m
↘️ 337 mMeer informatie
De Vicenza à Padova
15 april, Italië ⋅ 🌙 18 °C
Levé de bon matin, je discute avec Greta de son travail et de ses précédentes expériences en Italie et au Sénégal.
Francesca m’en dit un peu plus sur son périple en Patagonie et me montre des articles de presse qui relatent ce voyage.
Avant de partir, on se met à fixer un miroir dans la salle de bain avec Roberto et Francesca.
Le ciel est presque dégagé ce matin. Ça donne envie de rouler. Francesca propose de m’accompagner sur les premiers kilomètres et nous voilà partis, toujours en montant, direction Vincenza.
Le col passé, c’est une longue descente sur cette ville méconnue qui recèle pourtant ds trésors architecturaux. Avec la pierre blanche spécifique de la région du Berichi, l’architecte Andrea Palladio a construit des bâtiments singulier qui valent aujourd’hui un classement à l’Unesco du centre historique de Vicenza.
Francesca m’accompagne dans une visite commentée de la ville. Il est déjà midi. On s’installe à une terrasse pour un déjeuner bien mérité puis on va visiter l’exposition de Guido Harari à la basilica Padalliana. Les clichés de ce photographe de stars s’accordent à merveille avec les grands espaces de cet édifice. On en ressort assez émus, comme si on venait de rencontrer chacune de ces vedettes.
Il est l’heure de se mettre en route vers Padova, à une trentaine de kilomètres de Vicenza.
Francesca regagne ses pénates quelques centaines de mètres plus haut, et je file sur un itinéraire toujours aussi plat, le long des canaux, tout juste rythmé par l’enchaînement de palaces qui se reflètent dans l’eau.
Une cyclo voyageuse est arrêtée au bord du chemin. Je prends le temps de discuter avec elle : Élodie est originaire de l’Ain et fait un tour d’Italie. Elle est partie, il y a deux semaines pour un voyage de deux mois.
J’arrive à Padova par le Prato Della Valle, une place circulaire de plus de 8 hectares, agrémentée d’un jardin central et d’une pièce d’eau en périphérie. Elle est décorée de statues sur tout le pourtour.
L’église Saint-Antoine de Padoue se distingue en arrière, plan avec ses toitures rebondies.
J’avais mal positionné mon point d’arrivée, et mon GPS m’emmène jusqu’au centre de la ville.
Je réajuste mon trajet pour aller chez Sara et Francesco en toute proche périphérie.
Le quartier est calme et arboré. Un panonceau « chat féroce » annonce la couleur.
Sara m’accueille chaleureusement et me présente Gregoire, un Warmshowers français qui, parti de Marseille il y a une semaine, se rend au Népal. C’est le rêve de sa vie qu’il a préféré faire à vélo plutôt qu’à pied (son projet initial) ou en voiture.
Encore une superbe soirée à discuter à trois générations différentes sur nos motivations à réaliser nos voyages, nos écoles de vie, nos préoccupations.
Il fait bon ces journées dans la maison de Sara et Francesco. Initialement construite dans les années 1925, ils l’ont entièrement rénovée il y a quelques années avec beaucoup d’originalité dans la distribution des espaces et un souci du détail très « italien ».
Gregoire et moi serons logés au deuxième étage, après avoir partagé un excellent risotto aux asperges.
Quel délice cette cuisine italienne ! Quel plaisir que ces repas partagés !
Bilan du jour :
🚴 69 km
↗️ 273 m
↘️ 498 mMeer informatie
Juste à l’entrée de Mestre
16 april, Italië ⋅ ☀️ 23 °C
Très bonne nuit chez Sara et Francesco que j’ai croisés seulement quelques minutes la veille au soir. On prend un peu plus le temps de discuter au petit déjeuner.
Sara et Francesco sont des personnes formidables qui voyagent de temps en temps à vélo. Ils sont déjà allés à Istanbul et en Croatie. Être sur Warmshowers leur permet de « voyager par procuration » et de les inspirer. Ils me donnent un tas de tips sur des itinéraires et des astuces de voyageurs. Ils me proposent de garder Charlie la matinée pendant que je visite Padova. Le choix est complexe : patrimoine architectural, jardin botanique, musée du pré cinéma…
Un coup de tramway, et me voilà a l’orto botanical, un magnifique jardin classé au patrimoine de l’Unesco. À cette saison, les arbustes en fleurs diffusent de doux parfums bien agréables dans les allées où il fait bon se perdre. Il est 10 heures et de nombreux groupes d’étudiants sont déjà présents, notamment ceux en art qui se sont dispersés dans les allées pour croquer à tout-va.
Musée botanique, spécimens rares, carrés potagers, variétés endémiques, serres chaudes… on pourrait y passer des heures.
Une fois sorti, je poursuis ma déambulation dans le centre de cette ville bien agréable puis je récupère Charlie. Au détour d’une rue, je recroise Élodie. On discute cinq minutes
Un dernier ciao à Sara, en télétravail, je file sur l’itinéraire qu’elle me propose de prendre.
Pas de surprise sur cet itinéraire d’une trentaine de kilomètres jusqu’à l’entrée de Mestre, à côté de Venise, si ce n’est les magnifiques palazzi qui bordent le canal.
C’est Massimo qui m’accueille ce soir au-dessus de son atelier de réparation de vélos. Son local est situé entre l’accès à l’autoroute de Venise, la voie ferrée et le chantier naval. C’est un environnement assez hostile et difficile d’accès (le but étant d’éviter de rouler sur les quatre voies) mais l’accueil est formidable : une petite dizaine de personnes sont en train de bricoler et de réparer leurs vélos ou simplement de discuter devant une bière.
Une sorte de tiers lieux ressourçant dans cette friche industrielle.
Massimo m’installe à l’étage. Deux autres cyclo voyageurs dormiront également ici cette nuit, mais ont profité de la journée pour aller faire du tourisme.
Je décide finalement de rester deux nuits ici, je vais aller faire un tour à Venise demain.
Petit resto bien mérité sur les conseils de Davide avec qui j’ai discuté au tiers-lieu.
Je jette un œil au Polarsteps de mes amis et m’aperçois que Samuel, le fils d’un collègue de Marie, en voyage depuis 11 mois et 13 000 km se trouve également à Mestre. Une formidable occasion de se rencontrer et d’échanger de vive voix.
Repos bien mérité avant mon venerdì qui sera consacrée à la sérénissime.
Bilan du jour :
🚴 45 km
↗️ 33 m
↘️ 32 mMeer informatie
Venezia de piazza en piazza
17 april, Italië ⋅ ☀️ 18 °C
Aujourd’hui j’ai laissé Charlie au local des WarmShowers, j’ai pris un bus et 10 minutes plus tard, j’étais à Venise.
Ville toujours aussi magique, même avec plus de monde qu’en 2020, date à laquelle nous y étions venus. Et beaucoup moins romantique également quand on la parcourt seul 🥰
J’ai fait quelques photos « classiques » des canaux, des palazzi et des ponts mais j’ai aussi essayé de m’attarder sur des sujets différents avec un autre regard. Dites-moi ce que vous en pensez.
Ciao 👋Meer informatie
Les caves de San Donà di Piave
18 april, Italië ⋅ ⛅ 20 °C
Aujourd’hui, c’est une étape de liaison vers l’est de l’Italie. Je mets à profit l’environnement complètement plat pour aller jusqu’à Trévise, et ensuite trouver un coin de bivouac dans la plaine vénétienne.
Une fois sorti de ma zone industrielle, je traverse Mestre dans de longues rues bien adaptées à la circulation à vélo. Il fait bon, mais ça n’empêche pas certains italiens de se promener en doudoune. Je traverse le marché et je craque une fois de plus devant le salame.
Je me perds un peu dans le dédale de routes et arrive finalement à rejoindre la longue, très longue route toute droite qui va m’emmener jusqu’à Trévise. La circulation y est assez dense, mais il y a de quoi circuler à vélo.
Entre les Dolomites et la mer, Trévise est une ville d’influence, assez intéressante à parcourir. Comme on est samedi, il y a beaucoup d’animation. Entrecoupée de nombreux ruisseaux et canaux, il n’est pas rare d’y voir des petits moulins à eau entre deux immeubles. Il y a même un parcours de pêche à la truite en plein centre-ville !
Je récupère une carte touristique au syndicat d’initiative et suis l’itinéraire proposé qui me fait découvrir les églises et autres magnifiques monuments de cette sympathique ville.
Pique-nique au calme dans un parc.
Trévise est la ville qui a vu naître le tiramisu. Je ne pouvais pas faire autrement que de vérifier par moi-même qu’ils sont excellents.
Un crochet à la fameuse fontaine pour remplir ma gourde et me voici reparti.
Sur cette route un peu plate et monotone, Charlie et moi on prend le temps de s’amuser avec le décor en faisant des photos déjantées.
La région vénitienne est principalement viticole. Pas facile de trouver un endroit pour bivouaquer car les parcelles sont closes et il y a très peu d’arbres ou de parcs dans le coin. Pas le temps non plus d’aller faire une dégustation dans les caves de San Donà du Piave.
Je jette mon dévolu sur un petit bosquet assez sympa, même si il est un peu près de la route. Une fois la tente plantée, le chien du voisin nous fera savoir aboyant pendant une bonne heure que ce n’est pas un camping ici.
Je déguste mes premières pâtes au pesto de bivouac et planifie l’itinéraire des prochains jours.
Demain, dimanche, on ira peut-être se baigner.
Le chien s’est tu. De moins en moins de voitures circulent. Extinction des feux.
Bilan du jour :
🚴 70 km
↗️ 72 m
↘️ 57 mMeer informatie
Pas d’anticyclone à Bibione
19 april, Italië ⋅ ☁️ 17 °C
Je quitte mon bivouac avant que le chien du voisin ne se réveille. Une petite pause au pied de l’église à l’heure de la messe (pas l’endroit le plus calme du village), et me voici reparti dans ce décor un peu tristounet de grandes parcelles extensives entrecoupées de canaux. Pas passionnant de pédaler ici d’autant que le ciel est bien couvert. Le temps de le dire, une belle averse m’oblige à m’arrêter… sous les arbres du seul bosquet quelques kilomètres à la ronde.
Dans ces paysages, mon esprit vagabonde. Je réalise par exemple que depuis cinq semaines je n’ai utilisé la voiture que deux fois, à Yssingeaux avec Jean-Luc et à Sénas avec Vitou. Je pense aussi à mes futures étapes et aux prochains pays. Samuel a beaucoup apprécié l’intérieur de la Slovénie. Vais-je m’y aventurer ?
Pas trop d’évolution dans le décor, ni le dénivelé. Tout est plat. La seule chose positive est que je roule désormais souvent sur des chemins en graviers blancs, c’est toujours mieux qu’à côté des voitures.
Le truc qui manque ce sont vraiment les arbres. Cette région est essentiellement agricole mais les italiens ont rasé toutes les haies. Ne subsistent que quelques arbres de ça de là dans les propriétés privées.
Quelques détails originaux attirent toutefois mon regard (et mon appareil photo) comme ce filet au dessus de la rivière ou encore le décor d’une femme et de son chat au balcon de leur maison.
J’arrive dans un secteur moins cultivé, un espace de marais un peu comme ce qu’on connaît en Brière. La pointe de Bibione se trouve à l’extrême sud de cette zone marécageuse où l’on peut observer de nombreux oiseaux (ça vous plairait David et Anne).
Le ciel est toujours gris mais moins menaçant. Sur une portion tutta dretta de 15 à 20 km, je ne croise personne, ni piéton, ni vélo, ni voiture. J’arrive dans la ville. Bibione est une station balnéaire familiale avec de grandes rues parallèles sur lesquelles résidences secondaires et immeubles de plus ou moins mauvais goût coexistent. À cette saison, peu de personnes la fréquentent et presque tous les commerces sont fermés. Je vais faire un tour à la plage mais, sans anticyclone, pas de baignade possible.
Les plages de Bibione sont de vastes plages de sable fin qui donnent sur la mer Adriatique. Au sud on voit la silhouette de Venise et, par beau temps, on doit apercevoir la presqu’île de Pula en face, en Croatie.
Mais aujourd’hui, on voit simplement les centaines (milliers) de parasols qui attendent déjà les estivants comme presque partout en Italie, ces plages sont privées et nécessitent un droit d’accès pour se faire rôtir au soleil. Et pour se baigner, les vacanciers doivent préférer la piscine vu le nombre d’hôtels équipés sur le front de mer.
Je rejoins Davide dans sa maison de vacances familiale. On poursuit les échanges entamés à Mestre lors de notre rencontre. Davide a un master en biologie mais il hésite toujours à travailler dans cette discipline ou autour du vélo. Il commence bientôt un job au rayon cycles de Decathlon.
On bricole un peu et on va faire des courses (oui oui, en voiture).
On se prend un apéro (mon premier spritz). Trace de l’itinéraire du lendemain puis dodo tôt.
Buona notte
Bilan du jour :
🚴 70 km
↗️ 53 m
↘️ 42 mMeer informatie

ReizigerSalut Olivier, Je suis admiratif ....je ne sais pas comment tu fais pour prendre les photos, écrire les commentaires,discuter, échanger, avec tout le monde, et bien sûr de temps en temps pédaler. En tout cas on se régale, c'est comme si on était à tes côtés. Merci, bonne route 👍🚴

ReizigerMais ce sont tous vos commentaires enthousiastes qui me motivent pour faire tout ça. Et bien sûr l’envie de partager un peu de mon voyage avec vous…
Halte de Pili à Cervignano dei Fruili
20 april, Italië ⋅ ☁️ 18 °C
Ciel encore couvert ce matin au réveil à Bibione. Petit déjeuner avec Davide et conseils de route de sa part pour l’étape d’aujourd’hui.
L’objectif sera Monfalcone en passant par Palmanova, une ville fortifiée en forme d’étoile à 9 branches.
Ce soir, pas de WarmShowers : ce sera bivouac que je vais essayer d’anticiper au maximum.
En quittant Bibione, je longe à nouveau le front de mer. Enfin, le front de parasols sur la plage 😂. C’est une certaine idée du tourisme qui s’expose ici : les vacances tout près de la mer, éventuellement en appartement ou hôtel, en famille, au même endroit que tout le monde. Le tourisme de masse comme ça se faisait dans les années 60. Davide me disait hier que la station avait moins la cote aujourd’hui et qu’elle était plus fréquentée par les allemands, les autrichiens et les néerlandais que par les italiens. Pour le prix d’un séjour à Bibione, ceux ci préfèrent prendre un avion et partir loin afin d’être vraiment dépaysés.
Bref, je rejoins mon tracé du jour et je longe à nouveau le prolongement des marais que j’avais suivis à l’arrivée.
C’est sympa le matin car il y a plein d’oiseaux de toutes sortes. La piste cyclable est déviée pour cause de travaux. Tant pis, je préfère y rester pour être connecté aux marais et je roule sur une bande de bitume toute neuve.
J’ai été un peu cassant sur les pistes cyclables italiennes. Il faut reconnaître qu’elles sont assez nombreuses et qu’on en trouve à peu près partout : en ville bien sûr, mais aussi dans les villages et au milieu de nulle part. Les itinéraires Cyclo touristiques ne manquent pas et sont souvent bien indiqués. C’est bien agréable !
Petite pause café dans un café : 3,50 € l’américano avec un croissant, c’est pas cher.
Dans ce secteur agricole, il y a pas mal de sites d’agroturismo, des tables et chambres d’hôtes chez les agriculteurs locaux. Double petit clin d’œil à Zoé avec les photos de la ferme viticole requalifiée en auberge et les arums en pleine forme (tu m’enverras la photo de ceux de Bonnezaux quand tu y passeras).
J’arrive à Monfalcone, cette fameuse ville que j’avais découverte dans les vidéos de Fiona et Bryan (voir « le bruit du gravier » sur YouTube), deux jeunes suisses à vélo qui m’ont fortement inspiré pour l’itinéraire italien et des Balkans.
Il est vrai que cette structure d’étoile a 9 branches est assez étonnante. Construite au XVII° siècle, cette ville a servi de modèle à bon nombre d’autres fortifications vu que chacune des pointes permet de surveiller, et éventuellement de porter secours aux autres. Elle est dotée d’un aqueduc et une rivière alimente les douves.
La place centrale accueillait le marché ce lundi matin. Je m’y suis installé pour pique-niquer puis je me suis amusé à faire un graphique de la ville sur Strava en parcourant les rues et le pourtour de la ville. Comme vous le voyez, je m’amuse toujours autant !
En faisant ce circuit original, j’ai rencontré mes premières tortues d’eau, en train de se faire dorer la pilule dans les douves.
Suite du parcours assez rectiligne avec toujours peu de dénivelé.
À Cervignano dei Fruili, je décide de chercher un spot de bivouac. Je trouve un parc un peu à l’écart de la ville avec un petit ruisseau, des sources jaillissantes et quelques constructions en béton qui ont du être créatives il y a quelques années. Elles servent désormais de base pour les graffeurs du coin.
Je décide de m’y installer mais, comme il n’est pas encore 17h, je vais faire un tour au village et m’installe a une terrasse, recharge mon alimentation et mes batteries avec une bonne birra 🍺. 3,50 € la bière avec chips et mini sandwich apéro : le café/croissant n’a qu’à bien se tenir.
Je retourne au parc et m’installe au pied d’un beau chêne. Bon, des avions passent régulièrement au dessus mais ça me parait bien être un super endroit. Je vais m’endormir au son de la faune du coin 🦆
Dîner de bivouac : crackers, risotto, fromage et yaourt (à la myrtille).
Tutto bene
Bilan du jour :
🚴 77 km
↗️ 86 m
↘️ 66 mMeer informatie

ReizigerBah ça bouge quand on roule ou on marche dessus. rt je n'aime pas trop ca 😰
Tout à l’est, il y a Trieste
21 april, Italië ⋅ ⛅ 17 °C
Une des étapes les plus courtes que j’ai faites depuis mon départ puisque je n’ai parcouru « que » 53 kilomètres aujourd’hui.
Le spot de bivouac de Cervignano s’était révélé un très bon endroit, malgré quelques passages d’avions. Seul l’orage est venu quelque peu perturber cette bonne nuit.
Le temps de tout laisser sécher le matin, je ne suis reparti que vers 10 heures et sous un beau soleil.
Rapidement le décor change : nous sommes toujours principalement sur du plat, mais les montagnes apparaissent au nord. Pas de gros reliefs, mais c’est quand même beaucoup plus agréable sur la ligne d’horizon.
Petite pause du midi à Monfalcone, une assez grosse ville qui a été reconstruite suite à son bombardement pendant la seconde guerre mondiale.
Cristina, une passante, m’interpelle pour discuter avec moi. Elle essaie l’italien, l’anglais, le français. Elle est originaire du Monténégro et vit en Italie depuis 64 ans.
Je n’ai pas de WarmShowers pour ce soir, et pas trop envie de replanter ma tente (et aussi je prendrai bien une douche 🚿). Je le décide donc à rechercher un hôtel ou une auberge. Mon choix s’arrête pour celle située en plein centre de Trieste. Pour 24€, petit déjeuner compris, je vais avoir droit à un lit dans un dortoir, des draps, un espace commun, une cuisine et la wifi. Charlie aura même droit au local vélo sécurisé (entendez « fermant à clé »).
Je quitte Monfalcone par les chantiers navals. Pas très agréable comme parcours car très industriel.
Sur la route, ça commence à monter un peu. Je n’ose pas dire que ça me plaît bien. La route est taillée dans la montagne. À ma droite c’est assez vertigineux jusqu’à la mer. Je fais plusieurs petites pauses pour immortaliser le panorama.
Sur une aire, je discute respectivement avec Mauricio, un cycliste de Trieste, et Kate, une anglaise qui vit à Paris et qui est venue en train jusqu’à Venise pour faire Venise-Trieste à vélo et des boucles ensuite en Slovénie. On parle de nos voyages à vélo. Elle aimerait beaucoup aller à Istanbul mais elle n’a pas possibilité de prendre autant de congés. Je mesure ma chance.
J’arrive à Trieste par les anciens docks en plein restructuration. Tout est en travaux, routes et bâtiments, et je réussis tant bien que mal à suivre mon itinéraire.
J’arrive à mon auberge et j’ai l’impression que les 3 étages sans ascenseurs me font plus mal aux jambes que les 50 km que je viens de faire. Douche, chill et balade dans Trieste. La ville n’est pas là plus accueillante des villes italiennes que j’ai traversées avec ses grands bâtiments austères et ses avenues où les italiens conduisent… à l’italienne.
Les petites rues austères à l’arrière sont un peu plus animées et il fait bon y flâner malgré un vent un peu frisquet.
Un petit resto pour conclure cette bonne dernière journée italienne.
Demain, la Slovénie. Gare aux ours !
Bilan du jour :
🚴 53 km
↗️ 126 m
↘️ 113 mMeer informatie
Hyper enjoué à Grad Buje
22 april, Slovenië ⋅ ☀️ 15 °C
Quelle belle étape que celle d’aujourd’hui.
D’abord parce que j’ai changé de pays et c’est toujours aussi exhaltant.
Ensuite parce que c’est tellement excitant de passer une frontière que je m’en suis fait deux dans la même journée.
Enfin parce que j’ai renoué avec un itinéraire beaucoup moins stressant que les pistes italiennes, avec un grand bol de verdure… et aussi de dénivelé.
Belle météo annoncée au départ avec un bon coup de vent dans le dos. Petit déjeuner copieux à l’auberge de jeunesse. Discussions avec d’autres hôtes de passage, respectivement chercheur en informatique quantique, étudiante, vacancier. Polonais, néerlandais, espagnol, italien, tout ce petit monde s’exprime dans un globish assez facile à suivre. Vive l’espéranto !
Cette semaine et demie en Italie depuis Milan a été extraordinaire pour moi et m’a conforté dans l’idée que je me faisais de mon voyage. Sans cause ou objectif précis, je l’imagine comme une balade au rythme lent du vélo, un bol d’air positif dans une actualité et un monde anxiogène et aussi l’envie de rencontrer des gens juste pour discuter avec eux. J’aime à dire -avec le peu de recul que j’ai- que « c’est le voyage de ma vie » et je mesure la chance que j’ai de vivre ça.
Quelques trucs bien que je retiens de l’Italie :
- Les grandes villes comme Milan, Venise, Vérona, Padova, Trieste (que j’ai un peu moins apprécié mais qui a une sacré personnalité, un hôte de l’auberge disait hier « Trieste c’est Vienne en bord de mer »)
- Le formidable accueil des hôtes WarmShowers (et la force de ce réseau).
- La cuisine.
- Les italiens quand ils discutent, soit on a l’impression qu’ils se font des déclarations d’amour, soit ils ont l’air de se déclarer la guerre.
- L’air toujours toujours enjoué des italiens. J’aime dire que ce sont « des français optimistes ».
- Les équipements domestiques de plomberie (douche, sanitaire, lavabo… ) et d’électricité (appareillage) que je trouve très stylés
Quelques trucs moins bien :
- Les pistes cyclables aléatoirement à droite ou à gauche, ou encore sur la chaussée
- Les propriétés privées avec des grillages et des panneaux, partout, en ville et à la campagne
- Le secteur plat de la Vénétie et du Frioul
- L’automobile-reine
- Le faible taux de réponse de WarmShowers dans certains coins.
Revenons en à l’étape du jour.
Aujourd’hui la mer adriatique a revêtu ses habits azur et turquoise pour mon plus grand plaisir. Sortir de Trieste est plus ou moins facile mais l’itinéraire est bien indiqué.
Je longe le port, monte dans les quartiers, suis un grand axe. Après une dizaine de kilomètres, la trace abandonne le côté de la route et devient un itinéraire 100% vélo et marche. Les panneaux indiquent de plus en plus souvent « Slovénie ». On commence à monter et paf ! Nous voilà à la frontière. Un joli petit panneau, tout simple, à partager entre cyclistes et marcheurs. Séance photo en solo et avec un petit groupe de voyageurs à vélo allemands.
Ça s’élève toujours. Panoramas superbes avec l’Italie au nord et la Slovénie au sud.
On descend sur Koper / Capodistria, première ville traversée dans ce pays.
Ce secteur est également une région de vignes et de vin.
Par rapport à l’Italie, l’atmosphère semble apaisée et les automobiles sont plus cool avec les cyclistes. D’ailleurs, depuis l’entrée en Slovénie, on circule uniquement sur des voies cyclables bien balisées. Il y a même des ronds-points spécifiquement aménagés pour les vélos sur les voies cyclables. Ce n’est peut-être pas pour rien qu’un champion comme Tadej Pogačar est slovène !
En sortant de Koper, ce qui auparavant a dû être une route est devenu un long itinéraire de 4/5 kilomètres partagé entre les piétons et les cyclistes.
Cela m’amène à Isola, petite station balnéaire où je fais une pause pique-nique sur la plage. Enfin, sur un bain de soleil, face à la mer cristalline. J’en profite pour faire une petite sieste, la première, je crois depuis le début de mon voyage. Quel bonheur !
Passer une frontière en soi, ça ne change pas grand-chose. Sauf qu’il faut réapprendre toutes les petites choses du quotidien : savoir dire bonjour, merci, au revoir dans la langue du pays ; se familiariser avec les panneaux routier ; reconnaître les enseignes des magasins…
J’ai voulu aller acheter du pain au supermarché, mais en y entrant, j’ai été surpris de ne voir que des produits de beauté et d’hygiène. Il s’agissait en fait d’une sorte de parapharmacie et non d’un supermarché.
Depuis l’arrivée, en Slovénie, l’Eurovélo 8 est bien balisée et se confond avec « La Parenzana » un itinéraire qui emprunte une ancienne voie ferrée. Pente légère, tunnels, trace en pleine nature… cette trace a tout pour séduire.
Aux salines de Sečovlje, je discute avec Peter et Silke, un couple d’allemands partis de chez eux la semaine dernière. Comme moi, ils ont de grosses sacoches et s’étonnent de voir peu de voyageurs à vélo sur l’itinéraire
Les salines sont un espace assez singulier, entre l’exploitation du sel et l’observation des animaux. Cette réserve marque la frontière entre la Slovénie et la Croatie.
Petite photo au poste. frontière un peu moins glamour que la précédente.
Et tout de suite, on grimpe sur le coteau bénéficier d’une magnifique vue sur la saline et la ville de Bosamarino en arrière plan.
L’ascension terminée, mon GPS m’indique de tourner à gauche pour suivre l’Eurovélo 8. Au carrefour, un panneau présente les sentiers VTT dans le coin et le tracé de la Parenzana. Je décide de faire une petite infidélité à mon itinéraire d’origine et de m’enfoncer dans l’intérieur des terres de la Croatie en suivant la Parenzana jusqu’à Poreč, un peu plus au sud sur la côte.
Comme pour m’indiquer que j’ai fait le bon choix, un couple de huppes fasciées décolle devant moi sur le sentier à mon arrivée.
Petite halte dans une auberge pour un copieux dîner de poisson et de crudités. Je profite du wi-fi pour charger quelques photos et faire une visio avec la famille.
Bivouac un peu plus loin.
Quel bonheur que cette journée.
Vivement demain !
Bilan du jour :
🚴 67 km
↗️ 524 m
↘️ 414 mMeer informatie
Toujours ravi à Dvori
23 april, Kroatië ⋅ ☀️ 17 °C
Cette journée avait commencé bien fraîchement puisqu’au petit jour, quelle ne fut pas ma surprise de voir du givre sur les pneus de Charlie et sur la végétation autour de la tente !
C’est vrai que pendant la nuit, j’avais eu froid et j’avais dû mieux me vêtir et me blottir dans mon duvet.
Je reste bien au chaud jusqu’à 8h30, déjeune, plie tout mon bardas et nous sommes prêts à partir vers 10 heures.
Que dire de la Parenzana sinon que cet itinéraire m’a permis de prendre un grand bol d’air de nature sur cette étape.
Cette ancienne voie ferrée est aujourd’hui requalifiée en itinéraire de randonnée à pied ou en vélo. J’ai eu le bonheur de la parcourir pendant toute journée. On se croirait parfois en Ardèche, parfois dans le Périgord, parfois à deux pas de chez nous en Anjou. Je vous laisse contempler les photos de cette magnifique immersion. Elles parlent d’elles-mêmes.
Petite halte le midi à Livade, au bord de la rivière, capitale internationale de la truffe, aussi réputée pour ses activités forestières.
L’après-midi, il faut à nouveau remonter, pour redescendre sur Poreč où, je comptais finir ma journée.
Malheureusement, une quatrième crevaison est venue perturber mes plans. J’ai donc posé à nouveau mon bivouac dans un petit espace boisé à environ 10 km de la ville.
Cette crevaison s’est doublée d’un autre pépin mécanique, puisque, en nettoyant, Charlie le soir, je me suis aperçu que la jante arrière avait une fêlure. Je prévois donc d’aller chez un vélociste demain à Poreč et peut-être d’y passer le week-end.
Bien emmitouflé dans mon duvet et mon pyjama, multicouches, j’espère que la nuit qui s’annonce ne sera pas aussi fraîche que la précédente.
Bilan du jour :
🚴 58 km
↗️ 492 m
↘️ 440 mMeer informatie
Funtana et sa plaia Valkanela
24–25 apr., Kroatië ⋅ ☀️ 19 °C
Vendredi 23 avril
——
Pas de givre ce matin malgré une température bien frisquette. La doudoune est la bienvenue. Je n’ai pas encore l’expérience pour que ma tente soit au soleil à la première heure. Je prends bien mon temps pour qu’elle soit au soleil et qu’elle sèche. Les étranges cris d’animaux que j’avais entendus hier soir retentissent à nouveau. On dirait un chien plaintif. Je réussis à l’enregistrer. J’essaierai de savoir de quoi il s’agit quand je serai connecté au Wifi.
Un rapide coup d’œil aux roues de Charlie me fait réaliser que la panne est plus grave que ce que je pensais. Au total, 8 faiblesses détectées au niveau de la jante arrière. Rien à l’avant. Bryan (le bruit du gravier dont j’ai parlé précédemment) m’avait dit que « la faiblesse dans les Kona Sutra ce sont peut être les jantes ». Comme il avait raison !
Je me décide à trouver un réparateur, mais comme on est vendredi, ce sera aujourd’hui à Poreč ou début de semaine prochaine à Pula, 70 km plus au sud.
Je pars vers midi en suivant toujours la Parenzana qui s’est adoucie. Je sonne à une porte pour quémander de l’eau. Les quelques mois que j’ai passés sur Duolingo me sont bien utiles pour échanger avec cette brave dame qui ne comprend ni l’anglais, ni le français.
Dobrav dan, hvala, tsao… quelques mots de croate qu’il va me falloir connaître pour échanger a minima avec les habitants de ce magnifique pays.
J’arrive à Poreč, une petite ville côtière où tout est propre et calme. Enfin, calme pour l’instant car se prépare le Rallye Automobile de Poreč dont le podium est assez proche du centre.
La ville semble dans l’attente d’accueillir le flot de touristes pour la saison estivale qui débute à peine.
Seuls les restaurants et les vendeurs de croisières « dolphin tour » s’essaient à rabattre dans leur établissement tout ce qui a l’aspect d’un touriste.
On s’installe sur le front de mer pour pique-niquer. Les mouettes me surveillent et se précipitent sur la moindre miette qui tombe.
Je discute avec Gerd et Silvia, des cyclistes allemands de Munich en vacances dans le coin.
Des français parlent fort sur la plage pendant probablement que personne ne comprend leur langue.
Je regarde les réparateurs vélos à proximité : beaucoup sont des loueurs sauf Bikebox qui fait aussi de la réparation. Je m’y rends avant la fermeture (15h wtf 😬) et, après m’avoir proposé une roue complète mais avec un montage de disque supposant qu’il faudra aussi le changer), il me propose de garder le moyeu de Charlie et de ne changer que la jante. 130€ la nouvelle jante, c’est mieux que les 220 pour l’autre solution, d’autant que, vu le nombre de jantes qu’il a en stock, il a l’air d’avoir l’habitude de ce genre de réparation, au moins sur son parc de locations.
On se met d’accord pour revenir demain.
Ouf, un problème -presque- résolu.
Je cherche un camping à proximité (enfin, pas trop près du rallye) et jette mon dévolu (le moins cher en fait) sur le Maistra Camping Valkanela, à Funtana, à une dizaine de kilomètres au sud de Poreč.
Le trajet pour y aller est assez sympa, entre bord de mer, petites criques, resorts et voies cyclables distinctes de la route. On pourrait se croire en Bretagne ou sur la Vélodyssée le long de la côte atlantique. Ce qui est sûr c’est que, au moins sur la côte, la Croatie est bien équipée pour la circulation des vélos et que les croates sont respectueux des cyclistes. Espérons que ça durera sur toute l’Eurovélo 8 ! 🤞
Je me présente à la réception (dobar dan 👋). Le camping dispose de 1500 emplacements mais est encore tout vide. Ouf. Normal, il ouvre ce week-end et j’apprendrai plus tard que le tarif de 26€ l’emplacement pour 1 nuit était une promo pour l’ouverture. L’hôtesse me demande le numéro d’immatriculation de mon véhicule. Je lui dis que c’est un vélo et qu’il s’appelle Charlie ce qui la laisse dubitative (pas trop le sens de l’humour).
Mon emplacement est vraiment bien, sous les pins, à quelques pas de la plage et pas trop loin des sanitaires. Ma petite tente va être bien seule au milieu de tous ces camping cars et caravanes.
Une douche et une tentative de lessive plus tard, je vais voir le coucher de soleil et je partage avec la famille dans une visio à 5. Quel chouette moment ! Que c’est bon de ne pas être complètement seul, d’avoir possibilité de communiquer comme ça avec ses proches, d’autant que cette visio tombe le jour même de l’anniversaire de Louison, la petite dernière de la famille.
Et finalement, le camping ⭐️⭐️⭐️⭐️ avec douches chaudes, boutiques, bars, plage et… wifi, ça a du bon.
J’admire les voyageurs à vélo qui font leur périple sans numérique.
Samedi 24 avril
——
Lessive réussie ce matin, ils avaient ouvert l’eau. La journée s’annonce bonne.
Je descends à Poreč pour y déposer Charlie. Dolorès me prête un vélo pour la matinée ce qui me permettra de visiter la vielle ville.
Je me pose à une terrasse le temps de rédiger mon pingouin quotidien 🐧 puis je glandouille à pieds dans les petites rues. Il y a pas mal de monde, week-end oblige, mais l’attention des touristes semble plus tournée vers les boutiques que vers le patrimoine. Cette ville est un carrefour d’influence romaine, vénitienne, austro-hongroise et ottomane. J’airais aimé visiter la basilique Euphrasius mais, en short, l’entrée n’était pas autorisée. Je m’en souviendrai pour de futurs sites.
Je récupère Charlie vers 13h avec une jante DT Swiss flambant neuve. Petit bonus : Goran et Dolorès ont dégraissé chaîne et cassette et nettoyé le vélo. En plus de lui faire une belle jante, ça lui donne un aspect rutilant pour affronter les prochaines étapes croates.
Pour rentrer à Funtana, je choisis de longer la côte au plus près. Composés d’une succession de petites criques, de plages et de lagunes, les paysages sont sublimés par les reflets du soleil.
En arrivant au camping, je vais piquer une tête. L’eau est environ à 18/19°C et pourtant, je suis seul dans l’eau. Les croates et slovènes ont probablement l’habitude de températures plus élevées pour se baigner.
Petit resto en bord de mer pour admirer une nouvelle fois le coucher de soleil et pour conclure cette bonne journée de pause. Demain, dimanche, je pense aller jusqu’à Pula, une grande ville 70 km au sud avec de beaux vestiges romains à visiter.
Bilan du jour :
🚴 54 km
↗️ 417 m
↘️ 535 mMeer informatie

ReizigerLa Croatie est magnifique et les gens sont accueillants. Tu as de la chance de te baigner, l'atlantique est à 14°
Wohaw ! Pula
26–27 apr., Kroatië ⋅ ☀️ 19 °C
Dimanche 26 avril :
Nuit quelque peu agitée compte tenu du karaoké que mes voisins slovène avaient organisé juste à côté de ma tante. À 23h, je suis allé leur demander d’aller chanter sur la plage.
C’est dimanche. La matinée commence bien, puisque la boulangerie du camping a même des baguettes !
Je plie tout mon barda, zappe le check-out vu la queue à la réception et file plein sud, direction Pula.
Encore une superbe étape sur des pistes en forêt, de petites routes de campagne, des bords de mer ensoleillés et, clou de la journée, la baie de Lim.
La baie de Lim (du latin limes - frontière) est une vallée de canyon engloutie de la rivière Pazinčica, longue de 10,3 km et large de 600 m. Les 882 hectares de paysages sont protégés depuis 1964, la réserve marine spéciale de 430 hectares depuis 1980. C’est magnifique de se faufiler sur ses coteaux parfois en forêt, parfois dans des espaces plus dégagés, superbe d’admirer le paysage depuis le mirador du point culminant, grisant de se laisser descendre sur une belle route dans la vallée du Pazinčica puis remonter sur le versant opposé. Une fois ces dénivelé passés, le plus dur était fait pour la journée.
Une belle épreuve pour la nouvelle jante de Charlie et du baume au cœur pour Olivier après ces deux jours de pause.
À midi, nous sommes à Rovinj, jolie petite ville qui émerge des flots.
On poursuit sur un circuit bucolique qui me fait beaucoup, penser à l’Ardèche ou au littoral Atlantique (Brétignolles et ses forêts de pins). L’Istrie est une région de production d’huile d’olives. Les champs d’oliviers alternent avec les vignes.
Enfin Pula ! Et son magnifique amphithéâtre romain en plein cœur de la ville. Construit au 1er siècle, ce colosse (6e plus grand au monde) de 130 mètres de long et 32 de haut accueille toujours aujourd’hui des spectacles, le festival cinématographique de Pula et des concerts. C’est par exemple ici que se produira le groupe Kraftwerk en juillet prochain (tu as tes places Alain ?).
Je rejoins la non moins magnifique auberge de jeunesse au sud de la ville.
Un peu rustique, mais dans un cadre exceptionnel puisqu’elle donne directement sur la plage. Andrea, le chargé d’accueil me souhaite la bienvenue. J’ai pris un lit dans le dortoir. Finalement, je serai seul dans cette partie de l’auberge.
Je profite de la proximité de la mer pour aller me baigner puis me prendre une bonne douche chaude.
Pique-nique devant le coucher de soleil. Je me couche également de bonne heure pour vous rédiger ce petit récit et profiter du bon lit de l’auberge de jeunesse.
Je décide de rester ici deux nuits afin de visiter Pula et d’avoir des infos sur les déplacements en ferry.
Lundi 27 avril :
Petite balade matinale à pied pour regagner le centre de Pula. Dans les belles choses vues :
- Les petites rues piétonnes au frais
- Le temple de Diane
- Le palais communal
- Le forum romain
Et, bien sûr, je suis allé visiter l’amphithéâtre romain. Je me suis même amusé à le croquer de l’intérieur, pendant une demi-heure en plein soleil.
L’office du tourisme n’a pas su me répondre concernant les ferries. Je vais patienter jusqu’à Rijeka pour planifier ces étapes.
Bilan du jour :
🚴 77 km
↗️ 660 m
↘️ 656 mMeer informatie

ReizigerPourquoi aller si loin pour retrouver les pins maritimes, les lpetits charme d l’Anjou ou l’Ardèche ? Mais n’est-ce pas normal de voyager avec son cœur?
Un fil d’Ariane jusqu’à Barban
28 april, Kroatië ⋅ ☁️ 17 °C
Aujourd’hui je quitte Pula, l’auberge de jeunesse et la bien jolie plage Valsaline. J’en aurai bien profité pendant ces deux jours.
Petit souci de carte Sim avant mon départ. Je fais un crochet chez Decathlon pour acheter du gaz et des bricoles : chouette, un magasin où tous les produits sont étiquetés en français !
J’espère rejoindre Rijeka en trois jours, afin d’y prendre un ferry qui me mènera dans les îles et jusqu’à Split.
Il fait toujours aussi beau, et les cyclistes sont nombreux sur les routes. Souvent en groupe ou en couple, parfois tout seuls. L’itinéraire emprunte beaucoup de petites routes agréables mais aussi des pistes poussiéreuses qu’il est convenu d’appeler « réseau secondaire ».
Le profil de mon étape comporte beaucoup de dénivelé, particulièrement une longue côte à mi-parcours.
Quand je pense à ma pause déjeuner, j’aperçois une aire de pique-nique. Je crois bien que c’est la seule aire de pique-nique que j’ai jamais vue depuis que je suis en Croatie ! Un convoyeur de fonds trépigne à côté de son camion. Je comprendrai en m’approchant des tables, qu’il attendait sa collègue, partie satisfaire un besoin pressant dans les fourrés. Oups !
Au moment de mon départ, un cycliste avec de grosses sacoches passe. Je le rattrape et on discute. José est espagnol. Mon italien et mon espagnol se télescopent un peu mais on arrive à se comprendre. Il est parti de Galice le 1er février et a traversé le nord de l’Espagne, le sud de la France, est passé par le centre de l’Italie, la Slovénie et le voilà en Croatie. Il pense faire 25000 km pendant son périple européen.
Je trouve que son vélo est très chargé. Et pour cause, il m’explique que sa sacoche a l’avant renferme son précieux compagnon : un accordéon 🪗. Et le plus surprenant c’est qu’au dessus de cette sacoche trône une boîte à œufs, pleine ! Il m’explique que c’est le moyen le plus sûr qu’il a trouvé pour les transporter. Pourquoi pas ?
On partage de quoi rester en contact et on se quitte au bord de la route, lui avec son accordéon et la photocopie de son passeport bien en évidence sur sa sacoche de guidon (on n’est jamais trop prudent), moi avec Charlie et mon « petit » chargement. Vous pouvez suivre le périple de José sur Facebook (compte tonono bike). José est le premier voyageur à vélo que je rencontre et qui parcoure l’Eurovélo 8. Je ne suis pas seul, c’est rassurant.
J’en suis à 50 kilomètres environ et je sens une douleur au genou gauche. Peut être liée à la marche dans Pula la veille ? Ça ressemble à une tendinite. J’ai déjà ressenti ça en Italie vers Milan et les lacs quand les étapes sont un peu longues. Je m’arrête, me relaxe et repars. La douleur n’est plus là. Il faut que je boive un peu plus que ce que je fais.
Arrive la grosse difficulté du jour : une descente au niveau de la mer pour remonter de l’autre côté de la baie. La descente se fait par une « route » qui est plutôt une piste forestière. Bien abritée, c’est plutôt agréable sauf quand on croise des camions qui soulèvent de la poussière et qui sont venus remplir leur remorque de poissons élevés dans la baie.
Autre désagrément : le revêtement est issus de fragments de bitume ce qui parfume bien désagréablement cette descente.
La côte resemble à la descente. Bien protégés par le rideau d’arbres, on monte à l’ombre, doucement mais sûrement, « en prenant son mal en patience » (c’est mon expression paraît-il).
En haut, dans le petit village de Krnican (prononcer Karnican, à propos d’arnican ma douleur s’est calmée), je quémande de l’eau à Chris and Lepa attablés à leur terrasse. On discute dans un mélange d’anglais, d’italien et de croate.
Toute la journée, le soleil nous a gratifié de sa chaleur. Notre trajet du jour était ponctué des parfums d’acacias, de lilas, de petites fleurs rases.
Je croise Otto, mon deuxième voyageur à vélo de la journée. Il est autrichien et, après être descendu à Split en train + ferry à Ancône depuis chez lui, il regagne son domicile à vélo (étonnant quand on s’appelle Otto) via l’Eurovélo 8 et les dolomites.
On s’échange pas mal d’astuces de parcours, notamment les ferries qu’il a pris pour passer d’île en île depuis Split et éviter Rijeka et tout un secteur très encombré de circulation automobile entre Zadar et Rijeka. J’adhère complètement à ce trajet et, c’est décidé, demain je vais jusqu’au port de Brestova pour prendre un ferry.
Je poursuis ma route en espérant trouver rapidement un coin pour bivouaquer. Je me pose à la terrasse bien sympa de Roberto à Barban puis je bifurque vers le cimetière. Une allée avec tribune qui fait penser à un champ de course m’intrigue. Des chèvres broutent à proximité : oh là, ce n’est pas un coin à bivouac ici. D’ailleurs il y a un stand de ball trap juste à côté. Vite, on file se trouver un autre petit coin calme, bien exposé à l’est pour avoir le soleil des les premières lueurs. L’herbe y est dense. On va être bien là, n’est ce pas Charlie ?
Bilan du jour :
🚴 63 km
↗️ 715 m
↘️ 479 mMeer informatie
Pas de stress à Cres
29 april, Kroatië ⋅ 🌬 15 °C
Après une pause-pingouin dans un café de Barban, la journée-vélo commence, pour notre plus grand bonheur, par une descente de plus de 5 km jusqu’à la vallée.
Charlie est tellement impressionné par la vitesse qu’il a tendance à guidonner. Je freine un peu l’allure par prudence.
Un cortège de vieilles Traban, Lada, Zastava et autres voitures de l’ex bloc de l’Est nous klaxonne au passage. Des nostalgiques ?
Notre trace abandonne la route principale pour suivre le cours du fleuve jusqu’à son embouchure. Ce site, aujourd’hui délaissé, a du connaître une activité économique importante si l’on en croit les bâtiments industriels abandonnés. Seul un gros terminal bois est encore en activité.
Car oui, l’embouchure de ce cours d’eau est un port de commerce. Il y a même un poste de douane pour tout ce qui entre en Europe par là.
Le vraquier Freedom fait le plein de paille tandis que des routiers lavent leurs camions. Un docker m’encourage au passage. Sympa !
Mais voilà, après celle belle descente et ce plateau confortable, il va nous falloir remonter. Et quelle côte ! Pendant 6 kilomètres, les pourcentages varient entre 7 et 15%. Plus je monte, plus je mesure la dimension de la baie qui accueille le port auprès duquel je viens de passer. En fait elle est immense et je contemple les bateaux depuis mon promontoire.
Côté côte, ça va le faire, sans même mettre le pied à terre. Ouf 😮💨
Première petite ville traversée : Labin (non, il ne s’agit pas de l’animal à grandes oreilles qui aurait attrapé un rhume).
Ville de mineurs, avec une place centrale comme on n’en fait plus.
Je m’arrête au pied levé chez le coiffeur en me disant que ça fera une petite pause douceur après les efforts de la matinée. Editha s’empresse de me couper les cheveux, sans même faire un shampoing. Tant pis pour la pause douceur et merci pour la nouvelle tête ! (NDLR mes proches savent que j’adore aller chez le coiffeur dans des lieux improbables ou sur les lieux de vacances).
Je m’installe pour manger à une table de pique-nique au pied d’un immeuble. Un groupe d’ados rentre du collège. Ils s’arrêtent et on commence à discuter. Certains me posent plein de questions sur mon voyage, sur mon vélo, sur l’objectif d’un tel projet. D’autres parlent de la France. Mateo est déjà allé à Paris et il a visité le Parc des Princes, le Louvre et la Tour Eiffel. J’ai l’impression que je vais passer l’après-midi avec eux. C’est un chouette moment que cet échange, le tout avec un niveau d’anglais assez impressionnant pour des jeunes de 12 ans. Aurait-on un problème avec l’apprentissage des langues étrangères en France ?
Je reprends la route, et ça continue à monter. Halte au petit village de Plomin qui pourrait être charmant… si sa baie n’abritait pas une énorme centrale électrique au charbon. Il y a des paradoxes comme cela. Il faut bien de l’énergie pour faire fonctionner Internet. Mais cette centrale à charbon me questionne sur les préoccupations éco environnementales de ce pays. Depuis une semaine, j’ai vu très peu de sensibilisation à l’environnement et de messages incitant à l’économie d’eau par exemple.
Après toutes ces côtes, une belle descente m’amène à Brestova, le port dans lequel un ferry nous transportera sur l’île de Cres. Ce qui est pratique quand tu prends le ferry en vélo, c’est que tu peux passer devant tout le monde.
Une vingtaine de minutes plus tard, je suis sur cette île de 80 km de long que je vais traverser du nord au sud.
Je comprends vite que tout y est rare. La bière a pris 0,50 € et la barmaid refuse de remplir ma gourde d’eau du robinet. Je lui achète une bouteille (3€ 😤).
Au-dessus du comptoir est écrit cette maxime « no stress on Cres ». Tu m’étonnes !
Pour changer, ça grimpe fort aussi sur l’île. Par contre, la circulation se résume à une cinquantaine de voitures qui me doublent dès qu’un ferry arrive. Entre-temps, j’ai la route pour moi tout seul, ou presque. Pour vous faire une idée de la sensation que ça fait, imaginez que vous circulez seul sur l’axe Angers-Cholet par exemple. Après 6 km, je me trouve un coin de bivouac en retrait de la route, en sous-bois.
Je m’installe et j’ai l’impression d’être seul au monde : seuls le vent et les champs des oiseaux me tiennent compagnie. Ça fait vraiment un drôle d’effet, de se sentir isolé de tout, détaché même du continent, sans possibilité de communiquer, sans éclairage, sans eau courante. Tiens, d’ailleurs, le message que j’ai envoyé à ma famille refuse de partir.
Ça va donc être une soirée déconnectée.
Bonne nuit
Bilan du jour :
🚴 63 km
↗️ 943 m
↘️ 916 mMeer informatie
Cres, Krk, Rab
30 april, Kroatië ⋅ 🌬 14 °C
Pas d’éclairage public, pas de bruits si ce n’est celui du vent, pas de réseau téléphonique ni internet… cette nuit a été un peu agitée dans ma tête, d’autant qu’il s’est mis à pleuvoir vers minuit.
L’idée de se savoir ainsi isolé est vraiment particulier. Un sentiment que je n’avais jamais éprouvé précédemment. Je pensais aux premières pages de Plouhéran (oui je me suis inspiré d’elle pour le nom de mon voyage) l’excellente bande dessinée d’Isabelle Del Real dans lesquelles l’autrice cauchemarde dans sa tente en plein milieu du Monténégro ou de l’Albanie.
Au matin, la pluie a cessé et ma tente a presque séché. Le soleil est de retour et le vent est toujours là, histoire de rafraîchir l’atmosphère. C’est vrai qu’il ne fait pas chaud et la doudoune est bienvenue.
Je le prends un bon dej avec un bon -vrai- café, des tartines de fromage frais, un yaourt avec des céréales, des fruits secs et une banane (ça c’était pour vous dire que je ne me laisse pas abattre). Je plie tout le matériel et m’occupe de Charlie : nettoyage et lubrification de la chaîne, contrôle serrage des vis et tension des rayons, changement plaquettes de frein arrière (c’est la deuxième fois).
Nous sommes fin prêts à partir vers 10h et la côte que nous avions laissé en plan la veille nous attend. La bonne nouvelle c’est qu’on a toujours le vent dans le dos. Ça aide !
Les ferries continuent à livrer des voitures par vagues de 50. Entre temps, on est tranquille pour pédaler avec une vue extraordinaire sur le littoral, les autres îles et le continent.
L’île de Cres est une des plus à l’est de l’archipel croate et toute en longueur. Elle est connue pour l’élevage des moutons. En fait, comme il n’y a que des cailloux et de la végétation rase, on ne peut guère y faire autre chose que de l’élevage.
Je croise Greet, un suisse parti de Split et qui remonte jusqu’à Trieste. On échange des conseils, moi sur l’Istrie et la Parenzana, lui sur les ferries qu’il a pris depuis Split. Il a fait des sauts de puce d’île en île car tous les ferries n’acceptent pas d’embarquer les vélos. Je note son itinéraire et décide de l’adopter.
Il y a toujours beaucoup de vent sur mon trajet et, sur une bande de terre entre deux sommets, un mur a été construit pour protéger autos, motos et vélos. Ce secteur est carrément interdit aux piétons et ceux que j’aperçois bravant cette interdiction ont vraiment beaucoup de mal à marcher.
J’arrive à Cres vers midi. Je fais quelques courses au Plodim (petite victoire ✌️ : j’ai enfin trouvé à acheter un torchon) et une petite visite du port. La ville est très touristique, bien abritée du vent. Je jette mon dévolu sur un banc pour y pique-niquer puis dans un square pour y faire la sieste. Je mets au point mon itinéraire vers Merab pour y prendre le ferry et je repars.
Ça monte à nouveau très fort avec des pourcentages annoncés à 8,9 parfois 10%.
Quand j’arrive un ferry vient de partir. Le prochain est dans une heure. Je m’installe à une terrasse à côté de Krisztina et Tom, deux cyclistes de Budapest en vacances dans le coin et qui sont venus faire une rando vélo à la journée sur l’île de Cres.
On discute de voyage et de vélo. Krisztina ne se sent pas prête à faire un voyage à vélo, même petit. Elle serait plutôt anxieuse de devoir planter sa tente le soir, faire des itinéraires, etc. Je lui vante les mérites de la plateforme Warmshowers.
Le ferry a 1/2 heure du retard à cause du vent. J’espère attraper la correspondance pour l’île de Rab en arrivant à Krk car sinon je devrai y passer la nuit. Pendant la traversée, je recherche une chambre sur booking (j’avoue, j’utilise Booking, plateforme US).
Le ferry pour Rab a attendu l’arrivée de notre bateau. Ouf, j’y embarque rapidement et nous voguons vers cette troisième destination.
Le soleil sera couché quand j’arriverai à destination. Je réserve donc une chambre d’hôte à proximité du port de Lopar.
Pendant la traversée je discute avec un passager qui semble fasciné par les paysages des îles qui défilent (et il y a de quoi). Markus est allemand, sa mère d’origine croate et a tout plaqué il y a quelques années pour venir vivre ici, en Croatie, sur l’île de Rab. Il adore ces paysages, me parle avec passion de chacune des îles que nous voyons, des vents qui parfois contraignent les compagnies de ferry à fermer les lignes. Bref, c’est une encyclopédie de la Croatie qui donne vraiment envie d’explorer toutes ces îles, ce gars-là ! Telle île est la plus grande de Croatie, telle autre n’a qu’une seule maison et le propriétaire est décédé l’an passé, que le Markus est le point culminant des îles avec 400 m de haut, que telle autre île a servi de camp d’isolement pour les hommes pendant la guerre, telle autre pour les femmes…
J’apprends aussi que la Bura, ce vent de Nord qui souffle régulièrement mais puissamment refroidit la Croatie et que la Yuga vient du nord, souffle en rafales et la réchauffe.
Ensemble, on fait la dernière centaine de mètres sur le pont avant, en plein vent, histoire de mieux s’imprégner du paysage. C’est magnifique !
Pour descendre du ferry, alors que toutes les voitures sont sorties, on s’amuse à faire la course avec un papa et ses deux enfants venus passer le week-end chez les grands parents. Trop drôle ! Il a travaillé à Chamonix et parle un peu français.
Le soleil se couche derrière l’île de Cres dans un embrasement de teintes orangées. J’adore !
Je rejoins ma chambre d’hôte en attaquant d’emblée une petite côte à 20%
Je m’installe bien au chaud et contemple la vue sur la baie avant un coup de fil à ma chérie et une douche bien méritée. Demain, un peu de vélo sur l’île de Rab et encore du ferry. Que c’est beau la Croatie !
Bilan du jour :
🚴 + ⛴️ 71 km
↗️ 737 m
↘️ 1033 mMeer informatie

Tu croises beaucoup de cyclistes quand même, c'est très enrichissant. Beaux paysages [DIDIER]

ReizigerQuand on se croise entre cyclistes on a tendance à s’arrêter pour discuter d’où on vient, d’où on va…
Rab, l’île heureuse
1 mei, Kroatië ⋅ ☀️ 12 °C
« Rab, the happy island » (Rab, l’île heureuse) est la maxime de l’île que j’ai parcourue une bonne partie de cette journée.
Réveillé de bonne heure, j’ai jeté un œil par la fenêtre, admiré le lever de soleil sur la baie… puis je me suis remis au lit avec mon masque sur les yeux.
Pingouinage et petit déjeuner. J’ai quitté la « Lavanda house » vers 10h30. J’ai tenté de négocier avec mes hôtes pour rester sur la terrasse mais… non. L’heure de check-out était 10h. Donc tsao !
Suite aux conseils de Markus hier sur le bateau, je vais faire un tour à la plage. Surprise, c’est une plage de sable fin, très agréable. Les campings qui la bordent commence à se remplir, et les familles, 1er mai oblige, sont nombreuses à s’y promener. Cette ambiance change des précédentes plage que j’ai fréquentées en Croatie. Ici, ça ressemble plus aux plages italiennes, avec des multitudes de parasol.
En ce jour férié, les cafés sont quand même ouverts et il y a de l’affluence aux terrasses.
J’avoue que ça donne envie de flemmarder, de prendre son temps, voire de piquer une tête. Restons prudent : personne ne se baigne et le vent qui souffle, toujours un peu rafraîchit bien l’atmosphère.
Je me mets en route depuis Lopar pour traverser l’île du nord au sud. Pas de grosses difficultés à prévoir pour cet étape qui s’annonce courte.
Je m’arrête à une station-service pour essayer d’acheter une carte de la Croatie, mais ils ne font pas ce genre d’articles.
À peine 10 km plus loin, ma trace quitte la route principale pour se faufiler dans de jolies petits chemins aménagés pour les cyclistes. On y croise certes des voitures, mais ce réseau est très agréable, à l’ombre des arbres, en léger surplomb de la vallée.
Ce versant ouest de l’île de Rab est tout aussi différent que la plage de Lopar l’est des autres plages croates : les jardins y côtoient des champs d’oliviers, des élevages de moutons un peu plus dodus que ceux de l’île de Cres et même quelques vignes.
Au milieu de l’île, je fais une halte dans la ville de Rab. Son vieux centre est bien agréable avec ses toutes petites rues dans lesquelles je déambule à pied avec Charlie à mon côté. Je picnic dans un grand parc, déjà bol d’air frais et de verdure à cette saison.
Je succombe pour une glace en guise de dessert et repars vers la station de ferry de Misnjak. Je quitte la ville par un secteur moins agréable, un peu plus dense en habitations. On imagine la foule ici à la période estivale.
La dernière partie de l’île est aussi surprenante. La végétation a disparu. Les roches forment des reliefs adoucis. Avec le ciel bleu azur, cela créé une atmosphère désertique toute particulière.
Le ferry vient de partir quand j’arrive. Le suivant est dans une heure.
Je discute un bon moment avec le chef de quai qui se plaint de la fréquentation touristique. La compagnie pour laquelle il travaille est une entreprise privée, alors que tous les autres ferries que j’avais pris étaient gérés par la société nationale Jadrolina. Une dame vend des fromages de chèvre qu’elle fabrique elle-même. Mais à 30 € le fromage, ça mettrait en péril mon budget !
De retour sur le continent, je retrouve une circulation plus dense, notamment après la grande et longue côte qui me fait rejoindre la route nationale. Qu’est-ce que j’ai bien fait de privilégier un itinéraire d’île en île.
Nous sommes au pied des montagnes et les petits coins pour planter son bivouac sont rares. Après un essai infructueux dans un petit village, en contrebas, on pose notre barda en bordure d’une piste. Ce n’est pas le spot du siècle, mais ça fera bien l’affaire après cette journée qui totalise tout de même 700 m de dénivelé. Je fais le ménage dans les cailloux et vais couper un peu d’herbe pour adoucir la nuit.
Une visio avec la famille qui se retrouve demain pour fêter l’anniversaire de Minie, un petit dîner, froid mais savoureux, l’observation d’un gros rapace au dessus de moi (est ce un vautour, j’ai vu qu’il y avait une réserve sur l’île de Cres), un coucher de soleil sur l’île de Rab, que j’ai parcourue une bonne partie de la journée.
Et hop, au lit !
Demain, je parcours la dernière île de cette série : Pad.
Bilan du jour :
🚴 + ⛴️ 45 km
↗️ 719 m
↘️ 517 mMeer informatie
Pag
2 mei, Kroatië ⋅ 🌙 17 °C
Finalement ce spot de bivouac n’était pas si mal. Très calme une fois que la circulation automobile a diminué (c’est à dire vers 22h), bien orienté et, grâce à mon tapis d’herbe, pas trop dur.
Par contre, pour en repartir c était assez costaud car la pente était non seulement raide mais c’était un chemin de graviers. J’ai dû tirer fort pour hisser Charlie chargé jusqu’à la route.
Sur ce grand axe qui longe la mer, je retrouve une circulation dense et anxiogène. Week-end prolongé oblige, des motos qui roulent en groupe et qui te doublent dans un vrombissement. Des voitures qui te frôlent sans même mettre de clignotant. Seule récompense : la circulation au milieu de montagnes splendides, parfois en végétation, parfois la roche à nue, sculptée par le vent.
Ouf, des panneaux signalent le ferry à Priznanska en contre bas. On goûte donc à une belle descente sur quelques kilomètres. Grisant !
Nous sommes les premiers à bord avec un le de motards hongrois.
Très courte traversée puisque le temps de brancher ma batterie à recharger, de prendre un café (commandé à un barman mal luné qui ne te regarde pas une seconde entre la commande et le moment où il pose le café sur le comptoir), de checker mes mails, nous sommes déjà arrivés sur l’île de Pag. Je suis le dernier à quitter le ferry. Les véhicules qui traversent dans l’autre sens commencent à rentrer.
Quel spectacle quand je regarde le décor de cette île : on se croirait dans un désert. Les montagnes qui m’entourent sont d’une teinte jaunâtre uniforme. Seule la route, quelques moutons, des pylônes et des panneaux publicitaires viennent « habiller » ce paysage.
Soit dit en passant, on m’avait beaucoup parlé des statues de l’île de Pag. C’est une légende je n’en ai vu aucune.
J’entame la montée (ben oui, on était au niveau de la mer) qui s’étale sur 3 kilomètres. Je croise d’autres cyclistes qui descendent (veinards) et qui me souhaitent bon courage.
Petit à petit, j’avale la côte sans trop en baver. Je fait quelques pauses, histoire de souffler, de faire des photos ou d’enlever une couche de vêtements.
Le paysage est inchangé. Un panneau publicitaire annonce le Trail « Life on Mars » qui se déroule sur l’île de Pag. Faut être motivé. Avis aux amateurs s’il y en a parmi mes lecteurs.
Tiens, un des cyclistes qui descendait vient de me doubler ! Il fait l’aller-retour ?
Ce paysage se poursuit après la côte, jusqu’au versant ouest de l’île où une végétation rase réapparaît peu à peu. Tiens, un champ de panneaux photovoltaïques. Je n’en avais pas encore vu et après l’épisode de la centrale au charbon je m’étais demandé si la Croatie exploitait les filons de soleil et de vent dont elle dispose.
Plus loin, un troupeau d’ânes me supplie pour que je les photographie (j’adore les ânes).
Je m’arrête une nouvelle fois à une station service pour essayer d’acheter une carte de la Croatie. Ils n’en ont pas, mais la vendeuse est très sympa et on discute en plusieurs langues. Elle aime le français mais le trouve difficile à apprendre. Au moins autant que le Croate, je pense.
On quitte la route pour un chemin caillouteux bordé de murets en pierre.
En fait de chemin c’est bien une route puisqu’elle est numérotée. Mais une route non bitumée. Je rassure Charlie : on ne va pas refaire le coup de la Parenzana. Je modère l’allure et j’évite soigneusement les nids de poule.
Ce joli chemin se prolonge sur une bonne quinzaine de kilomètres. On y croise des joggers courageux (car il fait bien chaud), des promeneurs de chiens et des vététistes. Les alentours du chemin sont bordés de parcelles délimitées avec des murs de pierre. Probablement des zones de pâturage pour les moutons. Enfin, de pâturage, pas sûr que la nourriture soit très abondante pour eux dans la région.
On fait d’ailleurs notre pause pique-nique à côté de la Chapelle Saint Jérôme. Le panneau touristique indique que se déroulaient ici des prières pour faire en sorte qu’il pleuve.
Une petite sieste plus tard, je repasse sur le versant est de l’île et le décor est encore différent. Le paysage jaune désertique a laissé la place à des roches aux teintes rougeâtres qui s’effritent sous l’érosion du vent. Au sol, le chemin est sableux et la conduite un peu plus hasardeuse. N’est-ce pas Charlie ?
Ma rencontre du jour ce sont deux cyclistes en voyage à vélo, que je croise sur ce chemin. Mauro est italien et habite Vicenza. Jorge est allemand et vit à Chemnitz. Ils ont tous deux rejoint Split depuis Ancone et remontent jusqu’à Trieste où leurs chemins se sépareront.
Ils ne sont pas équipés tous deux de la même façon, Mauro a un vélo de route équipé en bikepacking. Jorge a un VTT et des sacoches. Ça ne doit pas être facile dans ce cas de choisir des itinéraires qui convienne aux deux montures.
Le décor change à nouveau et sur de grands tronçons, je roule dans des futaies de chênes bien agréables vu que le soleil donne.
J’arrive à la ville de Pag. J’y fait quelques courses et je recherche un point d’eau. Rien sur les places de la ville. Rien dans le port. Je trouve enfin une âme charitable en la personne d’un ado en train de laver son vélo. Mais bon, il a dû demander l’autorisation à sa maman avant de remplir ma gourde.
Je quitte la ville de Pag en longeant un grand Marais salant ou des ornithologues sont à l’affût. J’aurais pu installer mon bivouac dans ce coin accueillant, à l’herbe bien verte, mais j’avais repéré un spot sur l’application iOverlander conseillé par Grégoire lors de mon étape à Padova.
Je rejoins ce lieu, et il s’agit en fait, du parking de la plage qui dispose d’une petite zone de verdure.
Je décide tout de même de rester là mais d’attendre le coucher du soleil pour planter ma tente. Je commence donc par dîner, puis par passer un coup de fil à la maison.
Les passants sont encore nombreux et le café d’à côté a beaucoup d’affluence.
Le soleil se couche avec toujours les mêmes couleurs fascinantes. Ma tente montée, je m’installe sur le banc face à la mer et concocte mon petit pingouin quotidien.
Demain, départ pour Zadar, où je resterai deux nuits à l’auberge de jeunesse.
Bilan du jour :
⛴️ + 🚴 53 km
↗️ 563 m
↘️ 794 mMeer informatie
Les remparts de Zadar
3–4 mei, Kroatië ⋅ ☀️ 20 °C
À quelques mètres du rivage, Charlie et moi avons, ma foi, passé une bonne nuit, bercés par la fête au café d’à côté (ben oui, on est samedi) et des voitures qui passent sur la rue principale du village.
Ce matin, pas mal de condensation sur la toile. Je plie tout le reste, prends un petit dej (froid) et attends que ça sèche. Pour une fois, il n’y a pas de vent mais le soleil est toujours là. On quitte le petit village encore endormi vers 9h30 direction Zadar.
On est dimanche donc pas trop de circulation sur la route, en tous cas, pas de camions. C’est déjà ça.
Je m’arrête prendre le café que je n’avais pas bu le matin, avec un croissant. Je sympathise avec un gars qui m’était passé devant à la boulangerie et je repars en proposant à un cycliste du dimanche avec son vélo « tout carbone » d’essayer mon vélo avec sacoches !
L’itinéraire quitte la grande route pour longer un marais dans un premier temps, puis une petite rivière. On se croirait dans le Layon avec les peupliers sur les berges.
J’ai du mal à suivre la trace de mon gps sur le terrain. Les sentiers proposés n’existent pas. Rapidement ça monte dans des chemins caillouteux. Pas de doute, on est sur un itinéraire « vtt », probablement par solidarité avec « les traces du Louet » qui sont en train de faire leur sortie mensuelle 😉.
Par précaution, je poussé Charlie plutôt que de lui imposer 80 kg supplémentaires dans un terrain aussi difficile. D’ailleurs à un moment il me roule sur le pied : c’est vrai qu’il pèse son poids le bougre !
Il fait bien chaud et je commence à dégouliner. Je remets une couche de crème solaire.
De notre promontoire, on voit les petits villages, le marais, la mer et sur l’horizon, les montagnes dont certaines semblent encore avoir des traces de neige au sommet (regardez bien la photo, je ne délire pas).
Un randonneur arrive à notre hauteur. Il est du coin mais ne parle que croate et allemand. On tente de se comprendre tant bien que mal. Il a l’air de ne pas saisir ce que je fais sur ce chemin avec mon vélo de voyage. Il m’explique comment rejoindre la route au plus vite et m’invite à frapper le sol le plus souvent possible avec un bâton pour effrayer les serpents (tu avais vu juste Michel).
Un relai téléphonique est en vue. La descente ne devrait pas tarder. Effectivement, on retrouve le bitume et une belle pente qui nous ramène au bord de mer.
Petite pause dans un champ d’oliviers auprès d’une station service (ou j’ai enfin trouvé une carte de Croatie), coups de fil et quelques kilomètres plus loin me voici à Zadar.
J’ai envie de bien m’y reposer car, même si cette semaine est plutôt dans la moyenne basse en terme de kilomètres, avec 4054 m, c’est une des plus importantes en termes de dénivelé. Sacré îles croates qui m’ont donné du fil à retorde, mais avec quel plaisir de contemplation en retour. L’idée de trouver une solution alternative à la grande route du rivage est venu au fil du chemin, en discutant avec d’autres voyageurs. Et ça me plaît beaucoup d’avoir pu adapter mon itinéraire comme ça. Faire les choses sans qu’elles soient figées, savoir ajuster, modifier, renoncer : j’aime bien fonctionner comme ça.
L’auberge de jeunesse est un peu excentrée de la ville. Elle est beaucoup plus récente que celle de Pula et quasi déserte à cette saison. Je m’installe dans un dortoir où je serai vraisemblablement seul.
Une bonne douche et un remplissage de carte routière plus tard, je prends un bus pour aller faire un petit tour dans la vieille ville. Venise avait fait de Zadar son quartier général pour le contrôle de la mer Méditerranée dont l’Adriatique ce qui explique les fortifications et les portes d’influence italienne.
Je fais donc le tour des remparts desquels on a une jolie vue sur la ville et ses abords. Je traîne un peu intra muros, ébloui par les vestiges romains, les églises, les parcs et les belles maisons d’inspiration italienne.
Je m’offre un petit konoba (taverne-restaurant) et je file voir le coucher du soleil qui se fait accompagner, à Zadar, par l’orgue maritime comme me l’a conseillé Cécile. C’est une sorte de son et lumières naturel que je ne suis pas le seul à apprécier : chaque soir depuis 2005, une foule a rendez-vous avec le soleil, l’orgue maritime et « la salutation au soleil ». À la tombée de la nuit, les 300 cellules photovoltaïques de l’œuvre créée par l’architecte croate Nikola Bašić s'allument et offrent un beau spectacle tandis que les sons aquatiques de l’orgue magnifient le spectacle céleste.
J’attrape un bus sans même me tromper de ligne, ni de sens de circulation. C’était encore une belle journée.
Bilan du jour :
🚴 49 km
↗️ 381 m
↘️ 374 mMeer informatie

Très belle ville Zadar et aussi de très belles plages. Bonne continuation dans ce beau pays. [Marc Christiane]

ReizigerJ’admire ton courage pour nous décrire en si bonne façon chaque jour de ton voyage

ReizigerSi tu as la chance que la mer devienne un peu plus agitée, retourne à l'orgue et là c'est vraiment grandiose.
J’ai craqué pour Plitviče
5 mei, Kroatië ⋅ ☁️ 17 °C
Les cascades naturelles et les lacs de Plitviče sont l’un des lieux qui m’avaient fascinés lors de la préparation de mon voyage. Mais ils étaient trop éloignés de mon itinéraire pour que j’y fasse le détour à vélo. Tant pis, je m’autorise une petite excursion en bus pour aller sur ce site exceptionnel et je dois vous dire que j’ai carrément craqué pour Plitvice !
Départ à 7h pour un retour vers 17h.
Un peu plus de 2 heures de bus aller compte tenu de travaux. On est une quarantaine dans le car.
Dès l’entrée sur le site, on est ébloui par les cascades et la couleur émeraude de l’eau. 16 lacs se jettent les uns dans les autres avec au total 92 cascades. Le site est vraiment exceptionnel. Et les croates l’ont bien compris puisqu’ils le bichonnent. Il a été créé en 1949 et est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979. Outre les lacs, on y trouve des espèces aquatiques et terrestres rares parmi lesquelles le loup et l’ours brun. Les aménagements sont principalement en bois, même le fléchage des circuits. Tout est à peu près bien fondu dans le décor et le site est tellement vaste qu’on a rarement l’impression d’être pollué par la foule (du moins à cette période).
Distrait à faire des photos ou m’attarder sur telle ou telle cascade, j’ai rapidement perdu mon groupe (on pouvait aussi faire un tour à son rythme). A chaque nouveau lac on découvre une nouvelle cascade… avec un nouvel effet whoaw ! C’est vraiment fabuleux.
Parfois on déambule seul. Parfois des attroupements se forment au pied des cascades les plus spectaculaires. La plus haute fait 62 mètres de haut. L’ensemble de ce site donne naissance à la rivière Korana qui se jettera 145 km plus au nord dans la Kupa (affluent du Danube).
Je vous laisse vous imprégner des lieux avec les photos et je vous recommande vivement de venir à Plitviče si un jour vous venez en Croatie.
À noter que sur les rives des lacs de Plitviče j’ai aussi trouvé -chose rare- des mayennais et un bus entier de tourangeaux. Originaires de la ville de Mayenne, les deux Sylvie, Daniel et Hubert sont en voyage en camping car depuis le 5 avril. Il descendent jusqu’aux bouches de Kotor au Monténégro et rentrent en France par Ferry via Ancone.
Arrivé en haut des lacs, un petit train panoramique nous redescend au point de depart.
J’arrive très en retard au terminus et le bus, déjà complet, passe me prendre au passage. Ils font vraiment tout pour se faire remarquer ces francais !
Sur la route du retour vers Zadar, les nuages se sont accrochés aux montagnes. Quelques grains nous accompagnent pour cultiver la nostalgie de ce site exceptionnel (je l’ai déjà dit mais c’est vraiment très beau). Je me replonge dans « je suis Romane Monnier », mon livre de voyage dans lequel il ne me restait que quelques pages à lire. C’est une fiction autour des traces qu’on laisse dans sa vie numérique. Je vous le conseille.
Demain on reprend la mer avec Charlie puisqu’on continue notre périple par les îles d’Otok. Ah, les îles croates…Meer informatie

































































































































































































































































































































































































































































































































































































































ReizigerDove si trova la stazzione, non ?
ReizigerTu vas pas chipoter Manu, il a fait espagnol LV2 !
ReizigerC'est pour l'aider 😁
ReizigerEt Duolingo italien 🤣
ReizigerNon, dov'è la stazzione ça marche, il suffisait de mettre l'apostrophe au bon endroit, mais à l'oral ça se voit pas.