J68, Stop et cactus
24. juli 2025, Curacao ⋅ 🌬 30 °C
Après un café pris à bord, nous arrivons à terre. Nous souhaitons nous diriger vers le nord-ouest de l'île pour visiter. Ça semble être la partie la plus naturelle. On comprend que c’est une île avec beaucoup de resorts et de circuits balisés ; on aimerait trouver des petits coins authentiques. On a notamment repéré de belles plages plus au nord 🏝
À trois, c'est toujours un peu technique de faire du stop, mais pourtant, pour le moment, ça nous réussit plutôt bien. Un monsieur hollandais, installé ici depuis de nombreuses années, s'arrête : il nous dépose en ville pour prendre un bus. À l'arrêt de bus, on regarde les horaires : c’est dans une heure pour rejoindre l’ouest de l’île. On se dit qu’on peut toujours tenter le stop en attendant. On n’est pas forcément bien placés dans la ville pour ça, alors on prend le temps de se balader dans les petites ruelles.
On passe à côté du célèbre marché flottant de la ville, où de nombreux vendeurs proposent une multitude de fruits et légumes venant essentiellement du Venezuela. On observe de nombreuses peintures sur les immeubles, c’est très joli. Il y a toujours un côté industriel que je trouve bien moins charmant qu’à Bonaire, mais en se baladant, on tombe sur de petites rues commerçantes pavées très jolies.
On est attirés par une boutique de café et chocolat. La vendeuse est très agréable ; elle nous fait déguster de bons chocolats belges et nous prépare de bons cafés et chai. Elle nous explique qu’il y a une nouvelle monnaie depuis un mois, elle nous questionne sur le système politique français et nous explique un peu plus le fonctionnement et le statut politique de l’île. On passe un bon moment, on a envie de tout acheter, on se laisse complètement avoir par le temps. Bon, on a loupé le bus ! 😅
On se rend quand même à la station. Un des bus se rend à Tera Kora, plus au nord — ça nous avance un peu, on y va ! On peut payer en dollars, ce qui nous arrange car il nous en reste, mais le change se fait en guilders, la monnaie locale unique dans les Caraïbes.
Le bus nous amène donc dans cette ville plutôt résidentielle. On observe de nombreux chantiers. En regardant la carte, on voit qu’il y a des grottes à visiter sur la côte au vent. Allez, c’est parti. Nous sommes seuls, on marche dans la terre ocre, avec la mer en arrière-plan. Des rapaces rôdent au-dessus de nous, et nous sommes entourés de cactus : un vrai Far West. De grandes éoliennes sont installées en bord de falaise. On trouve les fameuses grottes : c’est sympa, et ça nous apporte de la fraîcheur sous cette chaleur désertique !
Sur le retour, nous allons voir la mer. La côte au vent est très exposée, la baignade y est impossible mais c’est très joli. On quitte ce petit coin désertique en quête d’eau fraîche et d’une plage. On trouve un supermarché, on avale 2 L d’eau en 10 minutes, ça fait du bien !
Allez, on tend nos pouces et nous sommes pris par une famille hollandaise en vacances. Ils sont super gentils. Ils sont trois, nous aussi, mais acceptent qu’on se serre à quatre à l’arrière pour aller jusqu’à la plage, à 10 minutes de là. Ils font un petit détour avant de rentrer dans leur hôtel pour nous déposer à la plage.
La plage est jolie, bien remplie, avec de nombreux transats. On enfile nos masques et tubas avec Malo et nous allons découvrir les fonds. C’est plus minéral que ce qu’on a vu à Bonaire, mais en s’éloignant un peu, on tombe nez à nez avec une belle tortue imbriquée et un grand banc de poissons argentés. On plonge parmi eux, et le banc nous entoure : magique ! Sur la nage du retour, on voit des cultures de coraux. En bas d’une des structures, quelque chose nous interpelle. Malo descend, et c’est une ceinture de balles de mitrailleuse ! Comme dans les films ! Ça fait drôle !
On retrouve Lucy à terre, qui a profité aussi d’une petite baignade et a trouvé une fricadelle ! Elle est ravie : sa mère est belge, ça lui rappelle des souvenirs d’enfance… mais manger une fricadelle sous les tropiques, elle n’y aurait pas pensé ! 🫔
Allez, on se met en route, le soleil commence à se coucher et nous avons près d’une heure pour rentrer. Deux jeunes nous prennent en stop pour nous amener à l’axe principal. On tend de nouveau le pouce, et c’est un minibus — qui n’est pas en service aujourd’hui — qui nous amène jusqu’au prochain point.
Peu de temps après nous être mis en place pour le stop, un pick-up s’arrête. Un homme très souriant nous accueille : « Vous avez de la chance, je vais aussi à Spanish Water. Allez, je vous embarque ! » Il revient d’une sortie vélo, comme le témoigne son vélo dans la benne à l’arrière du véhicule. Lucy monte devant, et avec Malo, on saute dans la benne du pick-up, trop contents. On traverse le grand pont au-dessus de la ville et on profite d’une belle balade à l’air libre.
On est suivis par les policiers ; Malo se demande s’ils vont nous arrêter, mais non — ils sont un peu plus tranquilles sur les îles concernant certaines règles de sécurité routière ! Nous sommes déposés juste à côté de notre annexe. Notre conducteur, très sympa, a donné de bonnes adresses à Lucy pendant le trajet.
On s’arrête pour dîner dans un petit resto en bord de plage. On passe une bonne soirée avant un retour à bord ✨️Læs mere
J69, Préparatifs du départ en Colombie
25. juli 2025, Curacao ⋅ 🌬 30 °C
Ce matin, je dépose Lucy à terre de bonne heure : elle va se balader sur l'île. Avec Malo, on reste à bord pour commencer les préparatifs de notre prochaine destination : la Colombie ! On fait un point météo en regardant les courants, les vents, les rafales, les orages… Ce n'est jamais évident de viser juste pour des navigations de plusieurs jours, mais on essaye de prendre une fenêtre assez large.
Sur cette navigation, le passage le plus délicat est le Capo de la Vela, un cap réputé pour ses effets venturi très forts crées par la configuration géographique, avec une mer qui peut être très formée et anarchique. Notre objectif est donc d’y passer avec le moins de vent possible. Les alizés sont déjà bien établis à cette saison, ce n’est donc pas simple de trouver une fenêtre avec moins de 20 nœuds de vent établi. Mais si on part demain à 6 h, on devrait atteindre le cap avec des vents de 17 nœuds, ce qui nous semble cohérent. La fenêtre météo est bonne !⛵️
Allez, on a un plan de navigation à peu près établi. Malo met au courant Pierre, un copain avec qui il a appris à naviguer et qui suit nos trajets pour assurer le relais si besoin.
Depuis quelques semaines, on établit des devis dans plusieurs marinas colombiennes pour savoir où nous allons laisser Noam lors de notre voyage à terre en Colombie. Nous avions envisagé Carthagène, mais finalement, nous avons reçu une autre proposition de la marina de Santa Marta, qui est moins chère et un peu moins loin. On laissera donc le bateau à la marina de Santa Marta pendant deux mois. Je transmets les différents papiers nécessaires à la réservation.
On part faire les pleins d’eau et d’essence pour être prêts le lendemain. On prévient Lucy du plan de navigation. On prévoit donc de se retrouver en ville à 16 h pour faire l’immigration. On quitte le bateau avec Malo, et c’est reparti pour le stop.
Nous sommes pris par un monsieur vénézuélien qui habite ici depuis quelques années. Nous rencontrons énormément de Sud-Américains, notamment des Vénézuéliens, ici. Il nous explique que les gens viennent chercher du travail, mais que, depuis peu, l’obtention des visas est plus compliquée pour les Vénézuéliens. Beaucoup de personnes arrivent donc clandestinement, sur des barges de fortune, en passant par la mer… Il est très serviable et nous dépose aux douanes.
Nous retrouvons Lucy, qui nous raconte un peu sa journée à terre. Nous sommes efficaces pour les démarches administratives. On prend le temps de boire une citronnade avant de partir faire quelques courses au marché flottant.
Nous sommes ramenés au bateau par une Curaçaïenne, fervente défenseuse de sa culture. Elle nous raconte un peu l’histoire du pays et nous explique que l’île est de plus en plus privatisée pour des complexes hôteliers…
De retour sur Noam, c’est mission cuisine ! Motivation collective : des rillettes de dorade, des cakes, des salades… on ne risque pas de mourir de faim pendant la traversée 😋 On va dormir pas trop tard : demain, le réveil sonne à 5 h !Læs mere
J70, Cap vers la Colombie !
26. juli 2025, Mer des Caraïbes ⋅ 🌬 28 °C
5h50. Le bateau et l'équipage sont prêts, nous levons l'ancre. ⛵️
Nous sommes encore un peu endormis, mais contents de prendre la mer. La Colombie… whaou, on y est !
Ça fait plus de deux mois que nous sommes partis, le temps passe vite...
Je quitte Curaçao un peu frustrée de ne pas avoir pu explorer davantage, mais la fenêtre météo était bonne pour partir. On prendra le temps en Colombie.
Le ciel est bleu, nous déroulons le génois et le tangonnons. Nous avançons à plus de 5 nœuds.
Nous prévoyons une arrivée dans la nuit de lundi à Santa Marta — peut-être même en fin de journée si nous avançons bien ? Difficile à dire encore !
L’ambiance est bonne, on alterne entre siestes, repas, lectures, podcasts, écriture, discussions...
Le courant est avec nous. Avec uniquement le génois tangonné, sans grande voile, Noam file à 5,7 nœuds.
En fin de journée, nous approchons d'Aruba quand, tout à coup, un bateau des garde-côtes fonce droit sur nous !
Malo s’empresse d’enrouler la canne à pêche pour éviter qu’ils ne foncent dessus. Ils se mettent non loin de nous.
Nous tentons de communiquer sur la VHF, mais ce n’est pas très clair.
Les garde-côtes utilisent le haut-parleur pour nous demander si notre prochain port est Aruba — Non, Carthagène, Colombie ! crions-nous depuis le bateau.
Ils acquiescent, nous souhaitent bonne route, puis s’éloignent.
Toujours un peu impressionnants, ces contrôles !
Le soleil se couche sur une plate-forme en pleine mer, au large de la dernière île des ABC 🏝
Malo range la canne pour la nuit. On a quand même touché deux dorades aujourd’hui, mais on les a relâchées, elles étaient trop petites !
La nuit tombe. La lune est fine ce soir, elle se couche rapidement. Nous naviguerons sans sa lumière.
On organise nos quarts. Le vent monte un peu. On fait des pointes à plus de 8 nœuds — c’est beaucoup pour Noam !
On enlève le tangon et on enroule un peu de génois pour être plus tranquilles pendant la nuit.
Malo commence son quart, je prendrai le relais.
En attendant, j’essaie d’aller dormir comme je peux ; ça secoue un peu à l’intérieur.
À minuit, je me réveille pour prendre la relève. Rien à signaler pendant cette première partie de nuit.
Nous passons l’archipel de Los Monjes, au large du Venezuela, signalé par quelques lumières.
Dans la nuit, on essaie d’être le plus attentifs possible pour distinguer au loin les feux de navigation d’éventuels navires.
Nous croisons parfois des cargos (pas encore de voiliers), il faut rester vigilants.
La nuit, l’ambiance est différente : le son des vagues, les étoiles, les sens un peu troublés par le voile obscure mais j'aime bien cette petite capsule maritime ✨️Læs mere
J71, Des sushi au capo de la vela
27. juli 2025, Mer des Caraïbes ⋅ 🌬 28 °C
Je rejoins Malo sur le pont à 7h. Le vent souffle tranquillement, autour de 20 nœuds. Ça bouge un peu, mais Noam avance bien, glissant sur les surfs des vagues. Nous avons croisé quelques cargos dans la nuit, mais rien d’alarmant.
Ça y est, nous longeons les côtes de la Colombie. Aujourd’hui, nous devons passer le fameux Cap de la Vela. Normalement, nous devrions l’atteindre dans l’après-midi.
On prépare un bon petit brunch. Le rythme est très cool, beaucoup de siestes !
À 13h, le vent tombe : à peine 10 nœuds. Ce n’est pas plus mal pour passer le cap, mais nous espérions l’atteindre avant la nuit. On espère donc ne pas trop ralentir.
L’après-midi se déroule au ralenti. On fait un jeu, puis on cuisine un peu.
Ça nous occupe, et on essaye de ne pas trop perdre de nourriture. On avait prévu un peu trop large ! Le frigo est petit, donc les aliments se gâtent vite...
On perd une heure avec le changement de fuseau horaire colombien. Et alors qu’on s’apprête à boire un verre sur le pont, la canne à pêche s’emballe ! Malo s’active pour remonter le poisson. On ne le voit pas tout de suite : il sonde.
Ce n’est pas une dorade, qui a plutôt tendance à rester en surface. Finalement, Malo remonte un magnifique thon jaune. Il est bien musclé : près de 11 kg tout de même ! 🐟
On commençait à s’ennuyer — voilà une belle activité ! Malo détaille le poisson, je l’assiste (de loin), tandis que Lucy prépare le riz à sushi. Le poisson est bien préparé, mis sous vide. Allez, place au coucher du soleil.
En arrière-plan, on aperçoit de loin les côtes colombiennes. Nous passons le début du cap. Le vent se renforce un peu, mais cela reste très raisonnable. La fenêtre météo semble tenir ses promesses 👌
On garde le tangon pour optimiser le vent. À 19h, nous avons une moyenne de 5,8 nœuds — c’est bien !
On déguste nos sushis avec ce magnifique poisson frais, en longeant le cap. On ne pouvait pas rêver mieux.
La nuit se passe bien. Une petite houle nous pousse, le vent arrière reste très maniable, autour de 15 nœuds. À tour de rôle, nous faisons la veille, toujours dans ce demi-état de somnolence, avec des étoiles à perte de vue et le plancton qui illumine notre sillage. La nuit, et le passage du cap, se déroulent à merveille. Nous dormons très bien 😴Læs mere
J72, Santa Marta nous accueille !
28. juli 2025, Colombia ⋅ ☀️ 29 °C
Lucy nous réveille à 5 h pour observer le lever du soleil, il est rayonnant. Elle part se reposer, nous restons sur le pont avec Malo. Il me lit Les Génies des mers, un livre joliment illustré qui raconte plein d’anecdotes sur les animaux marins. Aujourd’hui, nous en apprenons plus sur les exocets : ce sont les poissons volants que nous voyons souvent autour du bateau. On comprend mieux leur mécanisme, qui leur permet de se propulser hors de l’eau sur plusieurs mètres. Ils arrivent même à atteindre le pont du bateau — on en a trouvé deux échoués aujourd’hui 😢
Une fois tout le monde sur le pont, nous partageons un bon petit dej. On écoute un podcast : le premier sur la notion d’exploration, le second sur une course en stop qui aborde les questions de racisme en France. C’est plaisant d’écouter en mer. On a le temps, les oreilles grandes ouvertes.
Le vent est tombé. On hisse la grand-voile pour essayer d’optimiser notre portance, mais après quelques heures à faible allure, on se résigne à mettre le moteur. À 13 h 30, nous sommes à 70 milles nautiques de Santa Marta. Cela fait 2 jours et 9 heures que nous naviguons. Noam a avalé près de 300 milles nautiques (un peu moins de 600 km).
Je lis le livre de Jean-Louis Étienne, explorateur des régions polaires, passionné de navigation et du monde marin. Je recommande ! Ça me donne envie de découvrir encore un tas de belles choses sur et sous l’eau. Les découvertes sont infinies.
Les couleurs de la mer changent au gré de notre trajet, le bleu s’est intensifié. La terre colombienne s’approche doucement, un brin d’impatience se fait sentir : on a hâte de découvrir la Colombie. Il fait chaud dans l’après-midi mais la mer reste calme, c’est agréable. Chacun s’occupe tranquillement, on lance les paris sur notre heure d’arrivée !
On espère (sans trop d’illusions) retrouver un peu de vent pour couper le moteur sur les dernières heures de navigation. Le pilote automatique tient toujours, un grand merci à lui ! Il tremble beaucoup, on le sent un peu fébrile, mais pour le moment, il assure sa mission et nous permet un peu plus de fainéantise.
La chaleur donne des idées : place à la baignade ! On profite de la pétole pour tirer un bout à l’arrière du bateau et se faire tracter, un petit bain d’eau de mer, ça fait du bien 🥰 La journée continue de s’écouler. On prépare à manger : dorade à la réunionnaise. On aura bien mangé aujourd’hui, ça nous occupe !
La Colombie est grande : on est dans ses eaux depuis plus de 24 h mais on aperçoit à peine sa côte.
On s’installe devant un petit film tout en gardant un œil sur les alentours, la nuit est tombée. Il nous reste encore une bonne dizaine de milles avant d’arriver. On passe pas loin d’un cargo. La nuit, je ne suis jamais rassurée, j’ai du mal à appréhender les distances. On se déroute pour assurer le coup.
Allez, on arrête le moteur et on déroule de nouveau le génois. La houle a augmenté, on est un peu ballotés mais on avance tranquillement. Les montagnes de la Sierra Nevada — le plus haut massif côtier du monde — se détachent en ombre dans le ciel gris et étoilé. Il me tarde de mettre le pied à terre, mais en attendant, je profite de mon dernier quart de navigation. Malo et Lucy dorment, j’ai la tête dans les étoiles, un œil sur l’horizon. On est arrivés, avec Noam, en Amérique du Sud !
Malo ne tarde pas à me rejoindre pour la fin de la navigation. Il se met à la barre et gère la trajectoire pour cette dernière heure. Il y a une belle houle, on se fait asperger d’eau de mer. Il y a pas mal d’effets Venturi dus aux reliefs, le vent souffle fort. On met juste un petit bout de génois ⛵️
Petit à petit, on aperçoit Santa Marta, de nombreuses lumières et même des feux d'artifices. Pas facile de se repérer de nuit, mais ça y est, on trouve le mouillage juste à côté de la marina. Il est 2 h du matin, la marina est fermée. On jette l’ancre et on ira à la marina demain matin.
La ville est en effervescence : il y a des feux d’artifice et de la musique très forte ! On est lundi, 3 h du matin — bien festif quand même ! Lucy regarde : on vient d’arriver pour la cérémonie de clôture des fêtes de la mer de Santa Marta ! On dirait qu’ils fêtent notre arrivée, ahah.
On se pose tranquillement sur le bateau avant de s’endormir, reprendre des forces après ces quelques jours en mer 🌊Læs mere
J76, les premiers pas colombiens
29. jul.–1. aug. 2025, Colombia ⋅ ☁️ 31 °C
Cela fait quatre jours que nous sommes arrivés en Colombie. Après une première nuit au mouillage près de la marina, nous y avons été accueillis. Une marina pas très grande, mais très confortable et sécurisée (il y a même de la reconnaissance faciale pour accéder aux toilettes) 😅
En arrivant à terre, nous avons compris pourquoi il y avait tant d’animation ce jour-là. Il s’avère que ce n’était pas (que) pour fêter notre venue, mais pour célébrer les 500 ans de la ville. Santa Marta a été fondée en 1525. C’est la première ville construite par les Espagnols sur le territoire actuel de la Colombie, et l’une des plus anciennes de toute l’Amérique du Sud. Il y a donc une charge historique tres forte, qui mêle héritage colonial et racines indigènes. Nous sommes arrivés le dernier jour officiel des festivités, mais elles semblent se prolonger ici et là.
On en d'ailleurs profiter indirectement ! Car lors de notre première nuit à la marina, une fête privée a eu lieu sur la place, ça a duré très tard. Pas de soucis pour nous malgré cela, nous avons bien dormi (nous avions quelques heures de sommeil à rattraper). Mais le lendemain, le personnel de la marina est venu s’excuser en personne, en nous offrant une nuit dans l’hôtel situé à proximité ! Nous avons accepté avec joie 🤩 Le soir même, nous avons donc été accueillis dans un superbe hôtel avec une piscine... vue sur Noam ! On a profité d’un superbe lit king size. Le bonheur !
Les quelques jours passés à Santa Marta ont été rythmés par des balades dans la ville. Ça fourmille ! Des vendeurs de rue, des commerces, de nombreuses peintures colorées qui parent les murs... Il y a énormément de monde. Le centre historique est très mignon, mais assez bondé. Nous avons visité une exposition photo présentant des portraits de membres de peuples indigènes.
Cette région est profondément marquée par la culture indigène. La Sierra Nevada de Santa Marta, la chaîne montagneuse qui surplombe la ville, est une terre sacrée pour plusieurs communautés autochtones. Ces peuples vivent encore aujourd’hui selon leurs traditions ancestrales, en harmonie avec la nature, et ils considèrent la Sierra comme le "cœur du monde". C’est une réserve indigène officiellement reconnue, dans laquelle l’accès est réglementé.
En parallèle de notre immersion colombienne, nous avons trouvé un mécanicien pour réviser le moteur de Noam. Après quelques échanges et un peu de négociation, il a conclu que le problème pouvait venir des injecteurs. Il les a démontés pour les réviser ; nous espérons pouvoir les remettre en place mardi. Malo a aussi fait l'entretien des winchs.👌
Après ces quelques jours à Santa Marta, nous avions envie de prendre un peu l’air et de profiter de la nature. Minca est un village situé à une cinquantaine de minutes de là. Ouvert au tourisme depuis quelques années, ce village est réputé pour ses cascades, sa nature et sa culture. Nous décidons d’y passer le week-end ! Lucy, qui nous a quittés mercredi, s’y trouve : on va la retrouver.
Allez, on ferme le bateau, on fait notre petit sac et on se dirige vers la place du marché central. Ça s’agite bien : des fruits et légumes sur de petits chariots, des cafés, des bus... il y a de la vie ! On croise aussi quelques indigènes reconnaissables à leur habits traditionnels blancs. C'est marrant cette cohue citadine imprégnée de cette culture.
Nous trouvons notre bus pour Minca. Ça nous coûte 10 000 pesos (environ 2 €). Pour une conversion rapide : multipliez par 2 et enlevez quatre zéros (10 000 × 2 = 20 000 → 2 €).
C’est parti, nous prenons la route pour nous enfoncer un peu plus dans les terres ! 🌎Læs mere
J77, Minca
1. august 2025, Colombia ⋅ ☁️ 29 °C
Nous nous éloignons progressivement de la côte et nous dirigeons vers Minca. Les routes deviennent de plus en plus sinueuses et la végétation plus dense. Après environ 50 minutes de route, nous y sommes ! Nous descendons et remarquons tout de suite plusieurs jeunes voyageurs, des backpackers. Juste à côté de l'agence de bus, nous apercevons un écriteau d’un barbier. Malo commence à avoir une barbe de Robinson, c'est le moment d'organiser un peu tout ça. Et en à peine 10 minutes, le voilà bien rasé. Le barber nous montre une barbe de viking, ils se ressemblent non ? 😅
L'ambiance est bonne, les gens discutent et rigolent. Malo a commencé de séances de Duolingo pour améliorer son espagnol : c'est quand même mieux de parler la langue du pays pour voyager ! Avec une nouvelle barbe, nous commençons notre marche en direction de notre hostel, une auberge que Lucy nous a recommandée.
En route, on observe de nombreuses petites boutiques touristiques proposant de l'artisanat local et des plantes médicinales. Il y a ici un certain tourisme spirituel.
Nous empruntons un sentier qui monte derrière la petite église. Sous une chaleur encore un peu écrasante, bien que moindre qu’en ville, nous grimpons jusqu'à atteindre notre logement. Perché sur la montagne, nous découvrons un très joli lieu avec quelques cabanes, un dortoir partagé, des hamacs et un bel espace de restauration.
Nous sommes bien accueillis. Lhostel propose de nombreuses activités : yoga, tour pour observer les oiseaux, randonnée... Nous découvrons notre petite maison, très sommaire, mais nous ne sommes pas bien compliqués (34 € pour 2 nuits pour 2 personnes). Nous retrouvons Lucy quelque temps après. Ce soir, il y a un concert de salsa ! 💃
On s’installe sur la terrasse de l'hôtel, qui domine la montagne et Santa Marta : la vue est superbe. Nous admirons un coucher de soleil magnifique tandis que la musique commence à résonner.... Malo, qui a déjà pris quelques cours de salsa en Guadeloupe, me coache. Je compte bien partir de Colombie en sachant danser la salsa quand même !
La soirée est très sympa. Nous mangeons un petit bout dans le restaurant de l'hôtel, 100 % végétarien. Ici, il y a beaucoup d'options et de restaurants végétariens : je suis ravie. La soirée continue et nous rencontrons Stephan, le propriétaire des lieux, et Mario, son fidèle acolyte, deux Colombiens très marrants. Stephan nous dit que notre chambre n’est vraiment pas la meilleure, il nous la changera demain.
Le concert se termine, mais Lucy, Mario, Stephan, Malo et moi restons sur la terrasse à discuter et à écouter de la musique. Stephan nous offre des verres de vin et nous promet une belle chambre pour demain et nous propose un restaurant ensemble. La générosité colombienne se fait sentir !Læs mere
J78, Fiesta en Minca
2. august 2025, Colombia ⋅ ⛅ 28 °C
Nous émergeons tranquillement, parmi le bruit des oiseaux et des insectes. On entend particulièrement le son de la chicharra. Cet insecte, pas bien grand, fait un bruit impressionnant. Son cri est si fort qu’il arrive même qu’il explose !
La vue est belle, dans la forêt, avec en contrebas Santa Marta. C’est incroyable : en quelques kilomètres, nous passons des plages à la forêt, puis jusqu’à des monts enneigés non loin de là. C’est une région riche et diversifiée !
Nous souhaitons aller jusqu’à une cascade située en contrebas. Lucy se joint à nous. Il fait assez lourd, le ciel est un peu nuageux. Nous sortons du village pour emprunter un petit sentier ; la forêt devient plus dense. On arrive à l’entrée de la cascade escondida : on doit payer un droit d’entrée de 10 000 pesos. La cascade est mignonne, elle ruisselle sur des pierres sombres entourées de plantes vertes.
En arrivant, il y a quelques touristes et deux indigènes vêtus de blanc. Quatre peuples vivent ici : les Wiwas, les Kankuamos, les Koguis et les Arhuacos. Ces peuples ont des racines communes et sont donc difficiles à différencier. Ils sont habillés tout en blanc et portent de petites sacoches couleur café, fabriquées à la main par les femmes. J’éprouve une forme de respect et d’admiration en les regardant : malgré la colonisation, les violences de la guérilla et des paramilitaires, et le tourisme, ils parviennent à garder leurs traditions et leurs rituels.
Minca s’est vraiment ouverte au tourisme il y a une dizaine d’années. Avant, c’était malheureusement un terrain de conflits important, notamment à cause du relief de la zone. C’est important de se rappeler de l’histoire chargée de ce pays. J’en reste d’autant plus admirative en côtoyant la gentillesse et la générosité des Colombiens, après toute la violence qu’ils ont subie.
On prend donc le temps de se baigner dans cette jolie cascade, puis nous reprenons un sentier pour revenir. Nous passons devant de petits hostels dans la forêt, très mignons. Nous retrouvons Mario et Stephan au restaurant Bukarake.
On est accueillis par une grande accolade. Comme ils aiment nous le rappeler, les Européens sont beaucoup plus froids que les Colombiens, qui sont plus chaleureux et tactiles. Ça fait du bien : des sourires et de la simplicité 🥰 Le restaurant est en bord de rivière, avec une cuisine ouverte. La spécialité : la viande !
L’avantage de la taille du pays et de la diversité des produits, c’est qu’on y trouve de tout : viande, fruits, légumes, fromage… On commande de bons petits plats, toujours servis généreusement. On risque de reprendre nos quelques kilos perdus en mer pendant notre séjour colombien 😅
Mario, l’ami de Stephan, vient de Cali. Il est inarrêtable et enchaîne les blagues : il nous fait nous tordre de rire. Il est développeur pour le gouvernement russe — plutôt inattendu comme profession !
Les conversations vont bon train. Malo s’accroche pour comprendre ; il essaye, il est en pleine immersion plus facile pour l’apprentissage.
Mario et Stephan nous commandent des shooters de tequila. On se regarde tous les trois avec Lucy et Malo : ça va être une longue soirée !
Et en effet ! Ils nous offrent le restaurant. Nous sommes un peu gênés, mais ils insistent. Sur la route du retour, nous nous arrêtons quand même avec Lucy et Malo pour leur offrir un petit cadeau : des shooters, une paire de chaussettes rigolotes et une bonne bouteille !
De retour à l’hôtel, comme convenu, Stephan nous propose une autre chambre. On découvre une petite cabane adorable dans la forêt, avec notre propre salle de bain c’est royal !
Le soir, des DJs viennent pour nous faire danser. La musique sur la terrasse accompagne ce coucher de soleil incroyable, aux couleurs rougeoyantes. On est tous d’accord : c’est l’un des plus beaux couchers de soleil qu’on ait jamais vus ...
La soirée est très drôle, Stephan et Mario sont inarrêtables ! On danse, on rigole bien. À 1h du matin, on n’en peut plus : avec Malo, on va se coucher dans notre petit nid.
On a bien découvert aujourd’hui le sens du partage et de la fête à la colombienne ! 🥳Læs mere
J80, Orages et plage paradisiaque
3.–4. aug. 2025, Colombia ⋅ ☁️ 29 °C
Après cette belle soirée, nous nous réveillons dans notre jolie cabane. Le ciel est un peu gris et nous sommes encore un peu fatigués de la veille, mais nous décidons d’aller nous balader à la rivière.
Nous empruntons donc le sentier qui descend de l'hostel. Lucy nous accompagne. En chemin, nous nous arrêtons dans le centre de Minca pour un déjeuner, le desayuno. Pour 13 000 pesos (~2,70 €), nous avons droit à une soupe, du riz, des légumes, une salade, de la viande et un jus. Un Colombien, lui aussi en vacances, vient discuter avec nous. C’est facile d’échanger ici.
Le ventre bien rempli, nous reprenons la route, mais le ciel s’assombrit rapidement. La pluie commence à tomber, puis à déferler lourdement. On se motive quand même à continuer en s’abritant de temps à autre : c’est épique ! Pour atteindre la rivière, nous passons par un hostel très sympa. En attendant que la pluie se calme, nous profitons de leur coin hamacs 😅 C’est l’heure de la sieste et des appels. Un dimanche pas très sportif !
Nous allons quand même voir la rivière. Je suis devant, Lucy et Malo me font signe de m’arrêter. Sur une pierre, un magnifique lézard est posé. On apprendra plus tard que c’est un lézard jésus, surnommé ainsi car il peut marcher sur l’eau 🦎
Nous remontons dans l'hôtel situé au-dessus de la rivière pour boire une tisane. L’orage résonne de plus en plus fort dans la montagne, c’est impressionnant. La pluie tombe à verse et ça gronde fort. Les températures élevées et le relief accentuent la violence des orages. Mario nous expliquait hier que, pour les peuples indigènes, les orages sont la voix de la montagne et portent une signification symbolique.
Avec Malo, nous décidons de reprendre la route malgré la pluie. Lucy préfère attendre un peu. On arrive trempés jusqu’aux os ! Dans le centre, on s’arrête pour déguster une petite empanada : un régal. Lucy nous rejoint peu après ; elle a pris un moto-taxi pour venir jusqu’en ville. Au moment de remonter à l’hostel, des trombes d’eau s’abattent sur nous. On attend un peu, mais ça ne passe pas. Allez, on y va ! On arrive en haut complètement trempés 🌊
En arrivant à la casa, on apprend que Santa Marta a été fortement inondée. On prend des nouvelles de Noam, tout va bien. Avec Malo, on file se sécher puis on se glisse sous la couette pour regarder un petit film.
Dans la soirée, Lucy nous écrit : nos acolytes Stephan et Mario proposent d’aller dans un restaurant mexicain. J’hésite, la fatigue se fait sentir, mais l’équipe est motivée... allez, on y va.
On redescend au village pour partager un dernier dîner tous ensemble, et on est servis ! On mange un bon repas mexicain, on enfile des sombreros, on met de la musique mexicaine et on rigole bien. Toujours la main sur le cœur et la blague facile. Mario et sa grosse voix nous font toujours sourire. On termine la soirée dans un petit bar. Je remonte me coucher avant le reste du groupe, pour me reposer. Encore une belle soirée ! 🥳
Le lendemain, Stephan nous propose de nous emmener visiter sa plage préférée dans le parc de Tayrona. On est ravis, c’est parti ! Un chauffeur (le sien !) nous attend devant l’église. C’est le grand luxe.
En route, nous nous arrêtons pour récupérer deux amies de Stephan. Les garçons montent à l’arrière du pick-up, dans la benne. Ils se font un peu secouer !
Après une trentaine de minutes, nous arrivons à l’entrée du parc national naturel de Tayronan, connu pour ses plages paradisiaques, sa jungle dense et sa biodiversité. Mais aujourd’hui, il y a grève. Les employés du parc et les communautés locales protestent contre le gouvernement, qui refuse de signer une autorisation pour refaire la route d’accès, indispensable à la vie quotidienne et au tourisme local.
Nous discutons brièvement politique. Les dernières élections ont vu l’élection d’un président de gauche, une première depuis 70 ans. Si certains y voient une avancée sociale, d'autres estiment que ses réformes divisent la population. Beaucoup espèrent un changement, mais la réalité semble bien plus nuancée...
Égoïstement, pour nous, cela a un côté positif : l’entrée du parc est gratuite aujourd’hui (normalement 77 000 pesos pour les étrangers). Nous ne payons que l’assurance obligatoire de 7 000 pesos.
Nous arrivons sur une plage où un petit restaurant tenu par des pêcheurs nous accueille. La baie est superbe, entourée de montagnes et totalement préservée. La restauratrice nous présente trois poissons frais dans un plat : corvina, lebranche et mojara 🐟 Nous choisissons notre repas, qui nous sera livré à 13h30.
Puis, nous embarquons dans le bateau des pêcheurs pour rejoindre une petite plage secrète : la playa de Los amores 🩵 L’eau est turquoise, nous sommes seuls au monde — ce qui est rare dans ce parc très fréquenté. On se sent vraiment privilégiés. Stephan a tout prévu, c’est adorable.
L’après-midi est parfaite. À 13h, le bateau revient nous livrer notre repas copieux directement sur la plage. On fait un peu de snorkeling, et on tombe sur une forêt de corail corne d'élan(Acropora palmata), comme je n’en ai jamais vu ! Je ramasse quand même 2 sacs plastiques à la derive. Bien que le parc semble bien preservé depuis notre arrivée on observe beaucoup de déchets sur terre comme dans l'eau...
La plage est déserte, à l’exception d’un petit chien qui passe l’après-midi avec nous. À 16h30, notre bateau vient nous récupérer. Sur le chemin du retour, Alfonso, notre chauffeur, fait un détour pour nous montrer la magnifique plage des 7 olas (les 7 vagues). C’est impressionnant ! Ça donne envie d’explorer encore plus le parc.
Avec Malo, nous quittons la voiture avant le reste du groupeo car nous rentrons à Santa Marta direction la marina. On fait une grande accolade à Stephan et à Lucy. Merci pour tous ces beaux moments.
Nous retrouvons la cohue citadine !On monte dans un bus pour 2 700 pesos jusqu’à la marina. Il fait très chaud, mais toute cette agitation est amusante. Une petite fille assise à l’avant, sur les genoux de sa mère, me regarde avec de grands yeux curieux. Elle me fait de grands sourires. Blonde et blanche, ça change du teint hâlé et des beaux cheveux noirs auxquels elle est habituée.
On arrive à la marina : les rues sont boueuses, jonchées de déchets. L’eau est montée haut, les inondations ont laissé des traces. On monte à bord, tout va bien. Ce soir, on ne fait pas long feu ! 😴Læs mere
J82, à bientôt Noam, Mompox !
5.–6. aug. 2025, Colombia ⋅ ☁️ 33 °C
Après une bonne nuit, nous terminons l’entretien de l’ensemble des winchs. Ils en avaient bien besoin !
Nous devons être soigneux en les démontant pour éviter de perdre une pièce. Une fois démontés, nous dégraissons les pièces au gasoil à l’aide d’un pinceau, puis on frotte, on astique, avant de graisser les pièces et huiler les cliquets (à l’huile d’olive !).
Ça y est, des winchs tout neufs ! C’est plutôt satisfaisant 👌
Nous avons eu des nouvelles de José, le mécanicien qui s’occupe des injecteurs. Il n’est pas certain qu’ils seront prêts d’ici demain…
Nous sommes revenus pour le moteur, et on aimerait que ce soit réparé rapidement pour partir en vadrouille plus librement. Bon, on attend encore un jour, on verra demain pour les options.
Les distances sont grandes en Colombie, et Valentin, le grand frère de Malo, arrive le 15 à Bogotá. Nous souhaitons prendre le temps de voyager tranquillement jusqu’à la capitale.
C’est pourquoi nous avons envie de pouvoir quitter Santa Marta pour être plus libres dans nos déplacements.
En effet, nous souhaitons nous rendre à Bogotá hors des axes principaux.
L’idée est de s’y rendre en descendant une partie du fleuve Magdalena. Pour cela, il nous faut prendre trois bus et trois bateaux (des lanchas, comme ils appellent ça ici).
En début d’après-midi, on part faire quelques boutiques dans le centre, avant de se poser dans une librairie-café très sympa. J’en profite pour regarder différentes options, car même si nous souhaitons suivre notre itinéraire initial, si le mécanicien tarde trop, cela risque d’être trop juste.
Bon, au moins, nous avons plein de possibilités : partir directement à Bogotá (24h de bus !), ou passer par Barichara, un joli village perché dans les montagnes du département de Santander, en région andine, mais accessible par la route. On verra demain 🗻
Les orages continuent de tonner et la pluie tombe. Mais nous souhaitons profiter de la piscine de l’hôtel non loin de la marina, à laquelle nous avons accès en tant qu’utilisateurs de la marina.
On s’installe dans les salons extérieurs, mais interdiction de se baigner : Malo se fait rappeler à l’ordre, car les orages sont trop proches ahah !
Bon, on reste donc à regarder le climat se déchaîner. J’en profite pour faire un peu de traitement photo. Nous rentrons à bord, trempés encore une fois 😅
Le lendemain, je décide d’aller courir de bon matin, tant que le soleil n’est pas trop fort, sur le bord de côte de Santa Marta, tandis que Malo sommeille encore.
C’est sympa, mais les odeurs de la ville et les déchets éparpillés (en partie à cause des pluies) ne me permettent pas de faire beaucoup de kilomètres !
J’apprécie tout de même cette sortie : les gens sont déjà bien actifs, les vendeurs installés en bord de plage.
J’écris à José, je lui explique que nous devons avoir une réponse précise et claire sur la date pour pouvoir nous organiser.
Ellyn, une très bonne copine qui habite en Colombie depuis des années, m’a avertie :
« Les gens veulent faire plaisir ici, alors parfois ils disent ce que tu aimerais entendre ! »
José finit par me dire qu’il n’a pas de certitude concernant les injecteurs : cela risque d’être prêt plutôt lundi.
Après concertation avec Malo, nous proposons donc à José de lui laisser les clés du bateau afin qu’il puisse faire les réparations en notre absence.
On le briefe bien, il semble carré et professionnel — nous partons sereins.
Allez, c’est décidé : nous allons nous rendre à Bogotá en descendant le río ! Première étape : Mompox !
Nous avons près de 8 heures de bus pour nous y rendre, sur environ 370 kilomètres à travers les terres du nord du pays.
Le bus part à 17h30 de Santa Marta et nous devrions arriver à Santa Cruz de Mompox, nichée dans les méandres du fleuve Magdalena, vers minuit.
Mompox se situe dans le département de Bolívar, en région caraïbe, mais plus à l’intérieur des terres, entre marécages et bras du fleuve.
Je n’ai pas de mal à trouver un logement à la dernière minute qui accepte les arrivées tardives. Les gens voyagent beaucoup en bus et peuvent arriver à des heures avancées.
C’est parti pour la préparation de Noam avant notre départ : on fait de la place pour que le mécanicien puisse travailler, on range, Malo amarre bien le bateau — ça commence à être pas mal.
Maintenant, nous devons faire nos sacs, et ce n’est pas une mince affaire.
Nous partons pour presque un mois et demi de vadrouille, durant lequel nous allons passer : par la chaleur des Caraïbes, la fraîcheur de la région andine,
une randonnée à cheval dans les hauteurs, un treck dans l’Amazonie pour Malo, une virée sur la côte pacifique… Bref, autant d’écosystèmes que de tenues nécessaires, ahah !
Mais nous arrivons à peu près à faire nos sacs : ils sont un peu lourds, mais nous serons accueillis par Ellyn à Bogotá, capitale perchée à plus de 2 600 mètres d’altitude, où nous pourrons laisser quelques affaires lors de certaines étapes.
C’est parti ! On enfile nos sacs à dos, et à bientôt Noam ! 🥰
Nous prenons un taxi (15 000 pesos) pour nous rendre au terminal de bus. De nombreuses compagnies y proposent différentes destinations.
Nous attendons une petite heure, puis nous prenons place dans notre bus pour descendre à Mompox. Il n’est pas bien grand, mais plein. Nous avons réservé un peu en avance, et avons deux sièges côte à côte.
Nous avons prévu petit pull et oreillers en prévision de la climatisation, qui peut être un peu trop fraîche dans les bus. On est juste à côté des toilettes, mais ce n’est pas si mal.
Allez, on croise les doigts pour que le bus ne prenne pas trop de retard… C’est parti pour l’aventure 🤩 A l'arrière du bus on se fait ballotés mais a part un peu arrêt technique, on avance.Læs mere
J83, Santa Cruz de Mompox
7. august 2025, Colombia ⋅ ☁️ 33 °C
Il est près de 2 h du matin quand nous arrivons à Mompox.
En descendant du bus, nous sommes interpellés par Carlos. C'est notre hôte ; il a préféré venir nous chercher, vu l'heure tardive. Pourtant, nous ne lui avions rien demandé : une belle attention. Il nous accueille chaleureusement. Il est venu en moto : il m’embarque et Malo grimpe sur une autre. Avec nos gros sacs, c’est un peu sportif, mais ici les deux-roues c'est une seconde nature 😅
Nous arrivons à notre hostel et découvrons une habitation de style colonial, un peu défraîchie et basique : notre chambre n'a pas de fenêtre, ahah. Mais nous sommes dans le centre historique et nous ne payons pas très cher, ça nous va ! On entend la musique ; Carlos nous dit que c'est jour de fiesta. C'est l'anniversaire de l'indépendance de la ville, libérée par le célèbre « liberator », Simón Bolívar. Ils appellent cela la fête patronale. On s'endort rapidement malgré la musique citadine.
Le lendemain, Carlos nous salue et nous propose le desayuno : un café (tinto) et un arepa al huevo. Les arepas sont des galettes faites à partir de farine de maïs, plus ou moins frites, soit nature ou fourrées aux œufs ou au fromage. Souvent c'est bien gras : très nourrissants, mais un peu trop pour mon goût au petit-déjeuner… Cela dit, ça cale ! 😋
Une fois repus, nous partons en vadrouille dans le centre. Mompox est connu comme un petit Carthagène, réputé pour son architecture coloniale. La ville a connu son âge d'or lorsque les bateaux empruntaient le rio Magdalena entre Bogotá et Carthagène. Cela a développé l'économie fluviale. Mais la sédimentation du fleuve, empêchant à l'époque le passage des gros bateaux à vapeur, a comme figé la ville dans le temps. Mompox reste donc authentique et moins touristique que sa grande sœur, Carthagène.
Le village conserve ses traditions héritées de son histoire : le filigrane (joaillerie), la gastronomie (vins de fruits, fromage…), la pêche… Le tourisme s'y développe mais de manière assez intimiste : c’est agréable.
En nous baladant, nous découvrons les rues aux pavés orangés, les maisons aux portes massives en bois foncé, colorées et ornées de ferronneries travaillées. C'est très beau, surtout sous un soleil encore bien chaud ! ✨️ On rejoint rapidement le rio qui longe le village. Nous réservons un tour en bateau pour découvrir les fameuses cienagas et les chenaux de la rivière. Cienaga signifie « marécage » en espagnol. De Carthagène jusqu’ici, en descendant le fleuve, s'étend un ensemble de marécages formant un écosystème très spécifique et extrêmement riche où vivent de nombreuses espèces d’oiseaux.
Nous déambulons dans les ruelles et nous arrêtons dans une fabrique du célèbre vin de fruits, dont celui au coroso. C'est un fruit issu d'un palmier, un peu similaire au raisin, qu’on trouve partout ici. Après une petite dégustation, on repart avec une petite bouteille. Puis nous nous dirigeons vers le cimetière : nous avons entendu dire qu'une famille de chats y avait élu domicile. En effet, le cimetière tout blanc abrite quelques félins ; c’est une image assez amusante !
Nous repartons en quête du fameux queso de capa, un fromage frais typique de Mompox. Nous voulons voir comment il se fabrique. Après avoir questionné quelques passants, nous obtenons une adresse ! Nous arrivons devant une petite maison où nous sommes accueillis par une vieille dame ; au fond, deux hommes s’affairent. Nous observons le processus : ils reçoivent le lait, le font chauffer, récupèrent la pâte, l’étalent, puis la roulent en petites boules. On goûte : on dirait de la mozzarella ! Nous repartons avec nos fromages, ravis.
Non loin de là, Malo hume une odeur de barbecue : un jeune homme fait rôtir de petites boules de viande de porc. Il nous explique que ce sont des butifaras, une viande épicée héritée de la culture espagnole. C’est vendu ! Nous repartons avec de quoi improviser un pique-nique au bord du rio 🫔
À 15 h, il est l'heure de rejoindre l'embarcation pour visiter les chenaux. Nous retrouvons une famille de trois Français et notre guide, elle aussi française. Pendant trois heures, nous suivons la rivière dans une barque à moteur. Les bords de la rive sont animés : de nombreux pecheurs, des enfants se baignent, des agriculteurs travaillent. Les terres sont tres fertiles on y voit essentiellement : maïs, bananes et du manioc. Les oiseaux sont partout : on retient notamment le caja caja à tête jaune, l’héron rayé, le vanotero, la talève violacée, le purlana brun, l’ara rouge à capuchon… Nous nous baignons même dans la cienaga.
Sur le chemin du retour, nous avons la chance de voir un caïman, installé tranquillement sur la berge 🐊 Le soleil couchant donne à la rivière de magnifiques teintes. Étonnamment que cet écosystème ne soit même pas une zone protégée...
Après le coucher du soleil, nous remercions notre guide et allons boire un verre en hauteur, avec vue sur la rivière. Les moustiques sont agressifs ici ! On s’asperge d’anti-moustique et ça va mieux. Nous goûtons à la michelada, une bière épicée avec du sel et parfumée au fruit de la passion, au citron, etc.
Nous allons dîner dans un petit restaurant : Malo savoure une belle pièce de viande au curaçao, de mon côté l'option végétarienne est un peu moins réussie ! Puis direction le parc del Jazz, célèbre pour son festival annuel en septembre. Aujourd’hui, pour la fête patronale, ils organisent un concert. Tout le village est là, l’ambiance est au rendez-vous. Les vendeurs ambulants occupent les rues, vendant surtout des bières et des brochettes de viande grillées sur place.
Le concert commence : ce n'est pas une grande star, mais c'est amusant. Le ciel s'assombrit ; à peine avons-nous franchi le seuil de l'hôtel que des trombes d’eau s'abattent et l'orage gronde. C’est impressionnant ! Pendant la nuit, l'électricité saute à deux reprises ; les éclairs tombent très près, faisant trembler les murs ! Une fois l'orage passé, le calme revient et nous nous endormons.
En route pour El Banco demain : le bus est à 8 h 30.Læs mere
J83, El Banco
8. august 2025, Colombia ⋅ ☁️ 32 °C
Nous prenons un tuk-tuk afin d’arriver à la station de bus pour El Banco. Ici, beaucoup de monde circule à moto, et on voit aussi de nombreux chevaux sur les routes, qui tractent des carioles. Après deux heures de bus, nous arrivons à El Banco, une ville bien dynamique qui borde la rivière Magdalena. C’est d’ici que nous partons demain en bateau pour Bucaramanga.
En arrivant, de nombreuses charrettes remplies de provisions sont tractées par des chevaux 🐎 En fait, celles-ci sont ensuite déchargées près de la rivière pour remplir des barges (parfois très sommaires) afin d’acheminer de la nourriture de l’autre côté du río vers des petits villages isolés des axes principaux.
Nous trouvons un petit hôtel pour passer la nuit et poser nos affaires. C’est l’heure du déjeuner, on nous conseille un petit restaurant et, pour 30 000 pesos (environ 15 €) pour deux, nous avons un repas bien copieux.
La ville est très commerçante : ça négocie, ça vend, ça discute à chaque coin de rue. On y trouve tout. Les chevaux sont membres à part entière de la ville. Des magasins vendent selles et cuirs, de vrais cow-boys !
Le portefeuille de Malo, un peu abîmé, mériterait d’être réparé. Nous demandons où nous pourrions trouver un cordonnier pour cela. Tout le monde essaie de nous aider 🥰 Mais on ne trouve pas, peut-être à Bogota.
Nous nous rendons au bord du fleuve pour nos tickets de bateau. Normalement c’est réservé. Mais c’est assez folklorique, chacun à son mot à dire sur ou et à l'heure ou nous devons être à bord. 7h15 demain sur les bord de la rivière, noté !
Il n’y a pas un seul touriste ici. Les gens sourient en nous voyant : « les gringos ! ». Tout le monde reste très serviable et agréable. Je vais prendre mon appareil photo, car les scènes sont nombreuses ✨️
Sur les rives, la pollution de déchets plastiques est énorme. Ici, beaucoup de gens boivent des portions d’eau contenues dans de petits sachets plastiques, très souvent jetés directement par terre ensuite. Nos priorités ne sont pas les mêmes, ni nos conditions de vie. Mais ça fait toujours mal au cœur.
Malo se dit qu’il faudrait monter un business plan pour inciter les gens à ramener leurs déchets… Affaire à suivre, ahah.
Nous nous arrêtons dans un des petits « bars » au bord des rives : quelques chaises en plastique, abritées sous des bâches, et des glacières. On imagine que cela reste assez facile à déplacer, car les crues peuvent arriver et l’eau monter rapidement.
Nous rentrons en fin de journée à l’hôtel pour nous poser un peu après la cohue citadine. Je fais un peu de traitement photo, des pellicules argentiques de Bonaire.Læs mere
J85, Rio Magdalena
9. august 2025, Colombia ⋅ ☁️ 31 °C
Nous nous réveillons de bonne heure pour nous assurer une place dans le bateau. En route vers le port, nous prenons un bon jus d’orange fraîchement pressé, vendu par l’un des nombreux petits vendeurs de rue. Nous arrivons sur les rives du fleuve et achetons notre ticket pour Barrancabermeja (110 000 pesos par personne). Nous avons environ 150 miles, soit près de 270 km, à parcourir sur les 1 500 km du río Magdalena pour rejoindre notre destination.
Nous découvrons notre embarcation : un bateau à moteur, couvert d’un petit toit, avec une vingtaine de places assises. Les sacs sont chargés directement sur le toit. Au moment d’y poser les nôtres, on vérifie bien qu’ils soient attachés solidement — ce serait dommage de les perdre dans le río 😅
On s’installe et on observe le ballet qui se joue autour de nous. On ne comprend pas tout, des gens montent, descendent, chargent le bateau, repartent… Finalement, nous partons à 8h45. Et c’est parti !
Le conducteur met les gaz. On file à plus de 30 nœuds, ça change de Noam ! On est tout proches de l’eau, c’est assez marrant. Mais… à peine 30 minutes après le départ, le bateau s’arrête d’un coup. Nous sommes échoués !! Naviguer sur le fleuve n’est pas évident : la sédimentation est imprévisible et il arrive que le fond remonte.
On se regarde avec Malo et on rigole. L’aventure ! Personne ne panique. Deux hommes descendent dans l’eau pour tenter de pousser le bateau. Malo retrousse son pantalon et les rejoint. À trois, ils arrivent à le déloger. On repart ! Ouf, je n’y croyais pas trop !
On reprend notre route sans encombre. Nous observons la vie qui s’anime le long du fleuve. On s’arrête dans de petits villages pour déposer et récupérer des passagers — des villages isolés, uniquement accessibles par bateau.
Après plus de 7 heures de navigation à admirer la beauté sauvage des rives, nous apercevons enfin Barrancabermeja! On est soulagés, on commençait à vraiment avoir mal aux fesses sur ces sièges en plastique dur...
Barrancabermeja est l’une des principales villes pétrolières de Colombie. Elle abrite la plus grande raffinerie du pays. C’est impressionnant de voir cette immense zone industrielle surgir au bord du fleuve. Des cheminées, des réservoirs, des structures métalliques : ça a des airs de décor de film post-apocalyptique. Une ville ouvrière, peu touristique.
On décide de ne pas rester ici plus longtemps. Les villes aux alentours ne nous attirent pas plus que ça. Chris et Ellyn nous attendent les bras ouverts à Bogotá, alors on choisit de prendre un bus de nuit, départ prévu à 20h45 🤩 On a donc quelques heures à passer ici.
En arrivant au terminal, on s’arrête dans un petit restaurant pour manger un bout. Nous sommes accueillis chaleureusement par Julio, le gérant. Il vient s’installer avec nous à table, très curieux, il nous bombarde de questions. Il nous propose même de garder nos sacs pendant qu’on se balade en attendant notre bus. Super sympa !
Nous acceptons et partons explorer un peu la ville. À part quelques grandes rues commerçantes, il n’y a pas grand-chose à voir. On boit un café, on flâne, on fait quelques boutiques, un petit jeu… Puis on retourne au terminal.
Le bus est confortable. On s’installe avec un petit film, bien emmitouflés car la climatisation est bien fraiche. C’est parti pour 10 heures de route : direction Bogotá perchée à plus de 2 600 mètres d’altitude dans les Andes.Læs mere
J87, Bogotá
10.–11. aug. 2025, Colombia ⋅ ☁️ 17 °C
Il est 5 h 50 quand le bus arrive au terminal de Bogotá. Nous sortons de notre demi-sommeil… ouh, il fait froid ! On a changé d’environnement.
Nous prenons un café en attendant une heure un peu plus convenable pour arriver chez Chris et Ellyn. Puis, un taxi qui après quelques difficultés à démarrer nous emmène jusqu’à leur quartier, à l’est de la ville.
Nous sommes accueillis avec de grands sourires. Je suis trop heureuse de retrouver Ellyn, meilleure copine d’études, que je n’ai pas vue depuis un moment, ainsi que Chris, son copain colombien. On découvre leur petit appartement qu’ils viennent d’acheter, où nous allons passer quelques jours en coloc 🥰 Après un bon petit-déjeuner, on les suit à la salle d’escalade.
Chris a plusieurs casquettes : prof de philosophie, réalisateur de films et prof d’escalade ! Malgré les dix heures de bus dans les pattes, on y va. On passe deux belles heures à grimper, guidés par les conseils avisés des copains. Sans surprise, Malo se débrouille super bien, un vrai petit singe ! On compte bien profiter de notre séjour pour continuer à grimper : ça nous plaît beaucoup. Malo va même prendre des cours avec Chris pour apprendre à grimper en tête.
Après la session, on va manger un bout. Le quartier est sympa : de nombreux commerces bordent des parcs animés. Il semble y avoir énormément de choses ici. Ellyn nous explique que cela dépend beaucoup des zones : ici, c’est un quartier populaire mais sûr et agréable à vivre. On s’offre une belle glace, plaisirs citadins. De retour à l’appartement, on s’installe pour regarder un film tous ensemble.
Avant de lancer le film, Chris nous parle de son projet : un documentaire ancré dans les quartiers pauvres de Bogotá, là où il a grandi. La conversation dérive vers l’histoire récente du pays.
Il évoque la période sombre du président Álvaro Uribe (2002-2010), marquée par la présence des paramilitaires — des milices armées, souvent liées à l’État de manière officieuse — qui pratiquaient ce qu’ils appelaient la « limpieza social » (littéralement « nettoyage social »). Leur mission ? Éliminer les personnes jugées « indésirables » : sans-abri, petits délinquants, toxicomanes… Beaucoup étaient exécutés puis leurs corps abandonnés dans les marécages de la périphérie.
On parle aussi des guérillas, des milices, de la corruption politique, et des terribles affaires des « faux positifs » : des civils assassinés par l’armée et présentés comme des guérilleros morts au combat pour gonfler les statistiques. C’est complexe, lourd, et ça nous laisse sans voix : une violence orchestrée par les puissants, sans aucune considération pour la vie humaine.
On finit sur des notes plus légères et on se plonge dans le film !
Le lendemain matin, je pars courir dans le parc avec Ellyn. Beaucoup de gens se promènent dans les grandes avenues 😊
À notre retour, Malo et Chris ont préparé le petit-déj. Ellyn, qui travaille dans le café et se forme pour devenir catadora (l’équivalent d’une œnologue, mais pour le café), nous régale : chaque tasse est un petit rituel. L’ambiance est joyeuse : Chris apprend le français, Malo l’espagnol, et on mélange joyeusement les langues.
Une fois rassasiés, nous partons flâner avec Malo. Objectif : trouver un magasin de camping pour ses vêtements d’expédition amazonienne, et passer par une boutique photo pour moi. On fait tout à pied, ce qui nous permet de prendre le pouls de cette immense ville qui compte près de 8 millions d'habitants (et plus de 10 millions avec son agglomération), ce qui en fait l’une des plus grandes métropoles d’Amérique latine.
On remonte une rue gigantesque où les vendeurs étalent sur le sol toutes sortes d’objets : antiquités, bibelots, vêtements… On chine, on discute, on observe. Malheureusement, on voit aussi la pauvreté mais pas d’agressivité. Nous avons cependant été informé de rester vigilant par rapport aux vols, surtout dans les zones touristiques.
Nous arrivons tranquillement à la Candelaria, le centre historique et coloré avec ses petites ruelles. La pluie commence à tomber, alors on se réfugie dans un petit bar pour boire un verre et grignoter, juste avant qu’Ellyn nous rejoigne.
On passe une belle soirée : jeux et un bon repas. On rentre en Uber retrouver Chris. Demain, on repart grimper, Malo a son premier cours 👌Læs mere
J89, Choachi
13.–14. aug. 2025, Colombia ⋅ 🌧 19 °C
Ce matin, c’est l’heure de l’escalade ! Malo appréhende très bien les murs sous les conseils avisés de Chris. Avec Ellyn, on grimpe ensemble ; elle m’enseigne une technique de respiration pour calmer ma frustration et ça marche : je grimpe mieux que la dernière fois ! 🧗♀️
Une fois la séance terminée, nous rentrons à l’appartement situé juste à côté de la salle d’escalade. On partage un bon repas, puis Malo et moi montons dans un taxi pour nous rendre à l’est de la ville afin de prendre un bus en direction de Choachí.
Le trajet en taxi est un peu laborieux : les rues de Bogotá sont bondées, le trafic est dense et le taxi avance au ralenti. Mais finalement, nous arrivons à l’arrêt de bus et trouvons notre car. Nous quittons la capitale en empruntant une route sinueuse qui grimpe à travers la montagne. Très vite, nous montons au-dessus des nuages : les paysages sont spectaculaires, la brume enveloppe les sommets et la végétation devient plus luxuriante.
Après une heure de route, nous arrivons dans le pueblo de Choachí, un village andin connu pour ses cascades et ses thermes naturels. Nous faisons une courte pause pour déguster un arepa au fromage, puis appelons une moto-taxi qui doit nous emmener jusqu’à notre refuge, un peu plus haut dans la montagne.
La montée est une aventure en soi : à la tombée de la nuit, le tuk-tuk emprunte un chemin cahoteux qui traverse même une rivière avant d’atteindre notre logis. Nous sommes chaleureusement accueillis par David, qui nous raconte qu’avec sa femme, ils ont créé il y a 14 ans le projet Refugio Verde, avec l’idée de promouvoir l’accès aux sports de montagne pour les Colombiens. Le lieu est simple et charmant, entouré de nature, et nous découvrons notre petite cabane pour la nuit. 🥰
Le lendemain, réveil à 5h30. David nous avait conseillé de profiter du lever du jour, moment idéal pour observer les oiseaux qui peuplent la région. Nous nous installons sur une terrasse, bien emmitouflés dans nos plaids, jumelles à la main. Entre deux siestes dans le hamac, nous admirons une multitude d’oiseaux aux couleurs chatoyantes. J'aperçois même un écureuil traversant les branches.
Après nous partageons un petit-déjeuner préparé par nos hôtes, qui nous recommandent une randonnée vers la Laguna de Ibaque, nichée dans les Andes. Nous partons alors pour 9 km de marche dans un environnement superbe. On traverse des champs de pommes de terre, des plantations de courgettes, d’aromatiques et de petits potagers. On se baigne meme dans une cascade aux eaux gelées !
Nous arrivons jusqu’à la Laguna de Ibagué, un lieu sacré pour les peuples indigènes Pijao. La lagune se dévoile au cœur d’un cirque montagneux, entourée de páramos 🐦
De retour au refuge, nous échangeons avec David qui nous offre un café.
Il est déjà temps de quitter ce petit havre de paix pour reprendre la route vers Bogotá. De retour dans la capitale, nous passons par Décathlon pour les derniers préparatifs du voyage amazonien de Malo. Puis nous retrouvons Ellyn à l’appartement. Chris, quant à lui, est parti en vadrouille avec des amis.Læs mere
J91, le jardin de Bogota
14.–15. aug. 2025, Colombia ⋅ ☁️ 18 °C
Nous nous réveillons de bonne heure, car Malo a un cours d’escalade avec Chris ce matin. On profite de notre matinée entre copines avec Ellyn pour aller nous promener dans les ruelles de Bogotá. Nous retrouvons Chris et Malo à midi pour partager le repas tous ensemble.
L’après-midi, nous partons avec Malo à la découverte de la Plaza Bolívar, en plein centre historique de Bogotá. Nous prenons un taxi pour nous y rendre. Le chauffeur, très bavard et passionné, engage rapidement la conversation. Il nous interroge sur la politique française, puis nous parle longuement de la situation actuelle en Colombie. Lui se dit de gauche, il soutient Gustavo Petro. Il évoque les violences du précédent régime, les tensions encore présentes. Il nous raconte qu’un leader politique de droite a récemment été assassiné par un adolescent de 14 ans. Malgré certaines avancées sociales et politiques, on sent bien que le climat reste tendu et complexe.
Arrivés à la Plaza Bolívar, les lieux sont bien animés. Entourée par la cathédrale Primada, le palais de justice, le Capitole national et la mairie, elle est le cœur politique et historique de la ville. Des centaines de pigeons occupent la place, nourris au maïs par les touristes. Autour, les vendeurs d’artisanat répètent le fameux « ¡A la orden! », qui signifie littéralement « à votre service ». Colliers, bracelets, sacs, objets en cuir ou en bois : on observe un vrai savoir-faire.
En fin de journée, nous reprenons la route de l’appartement. C’est mon tour d’aller escalader avec Ellyn ! On voit déjà nos progrès, ça fait plaisir. Le soir, on se fait un bon resto de ramen avec Malo. Nous remontons ensuite la rue en travaux : le métro de Bogotá est en cours de construction.
Le lendemain matin, nous prenons notre temps avant de nous rendre au jardin botanique de Bogotá. On hèle un des nombreux taxi jaunes qui sillonnent les rues et nous y arrivons. Fondé en 1955 le jardin s’étend sur environ 19 hectares, poumon vert au cœur de la capitale.Il y a une exposition temporaire sur les bonsaïs. On y passe près de quatre heures : le jardin est vaste et vraiment agréable. Plusieurs serres présentent les différents écosystèmes de la Colombie – la Sierra Nevada, l’Amazonie, les páramos, les zones glaciaires… Une diversité assez folle. On admire aussi les bonsaïs. Finalement, on craque : on achète un petit bonsaï, James Bonz ! Ça va être une mission de le ramener jusqu’au bateau, mais on n’a pas pu résister 😅
On termine notre balade avec une arepa boyacense légèrement sucrée, accompagnée d’une aromática parfumée à la panela (sucre de canne non raffiné).
De retour à l’appartement, on retrouve Ellyn. Valentin, le grand frère de Malo, arrive ce soir pour deux semaines en Colombie. Nous l’attendons tranquillement. Le voilà enfin ! Il est un peu fatigué par le voyage — il y a quand même sept heures de décalage horaire. Nous ne tardons pas à aller nous coucher.Læs mere
J93, Sur les toits de Bogotá
16.–17. aug. 2025, Colombia ⋅ ☁️ 15 °C
Après un bon petit-déjeuner de fruits frais, nous nous préparons avec Ellyn pour aller à un atelier de céramique entre femmes. Malo et Valentin, enfourchent les vélos de Ellyn et Chris pour se rendre au musée de l’Or, en plein centre de la capitale.
À quelques rues de chez Ellyn, sur la Calle 45, nous retrouvons cinq autres jeunes femmes dans l’appartement d’une céramiste. L’objectif de la matinée est d’utiliser la céramique comme outil de recentrage. Le cercle débute par une présentation et un partage de ressentis. Deux femmes animent l’atelier : elles nous offrent du mambé, une poudre végétale traditionnelle à mâcher, utilisée par les peuples amazoniens pour se concentrer et apaiser l’esprit. Pour adoucir son amertume, elles nous servent aussi du cacao, plante considérée comme sacrée dans de nombreuses médecines ancestrales. En Colombie les traditions et la modernité sont mêlés.
Guidées à travers une méditation et une courte séance d’écriture, nous passons ensuite à la poterie, en travaillant une argile venue de Cali. Ce n’est pas toujours facile d’exprimer ses émotions, surtout en espagnol, mais l’expérience est assez libératrice. Se retrouver dans une énergie entièrement féminine et bienveillante fait un bien fou. Nous repartons bras dessus, bras dessous avec Ellyn 🥰
Pendant ce temps, Malo et Valentin arpentent encore les galeries du musée de l’Or, le musée est immense.
En fin de journée, nous nous retrouvons tous. Valentin choisit un petit hôtel à quelques rues de là. À Bogotá, malgré l’immensité, il est relativement simple de se repérer : les rues sont numérotées. Les calles (orientées est-ouest) et les carreras (nord-sud) s’organisent comme une grande grille. Plus on s’approche des montagnes orientales, plus les numéros des carreras diminuent. Face à la cordillère, les numéros des calles baissent à droite et augmentent à gauche. Les adresses se donnent donc ainsi : Calle 50 #18-30.
Le soir, nous assistons au Petronio en Bogotá, un petit événement culturel inspiré du grand festival Petronio Álvarez de Cali, qui célèbre la musique et les traditions afro-colombiennes du Pacifique. Dans une maison culturelle, une jeune femme d’une communauté du littoral nous fait goûter le viche, un alcool artisanal proche du rhum 🍻 Cela tombe bien : nous prévoyons de partir sur la côte pacifique en septembre avec Malo, ça nous donne encore plus envie. La soirée continue avec un burger bien copieux, puis une sortie salsa ! Ellyn nous emmène dans un bar animé où un groupe joue en live. On passe une belle soirée rythmée par nos pas de danses plus ou moins assurés ahah 💃
Le lendemain, après un petit-déjeuner typique, œufs brouillés et riz dans une boulangerie de quartier, nous partons en taxi vers le Cerro de Monserrate. Ce sommet, culmine à 3 152 mètres d’altitude. Les Espagnols y ont construit au XVIIe siècle une chapelle dédiée à la Vierge de Monserrate, aujourd’hui remplacée par le sanctuaire du Señor Caído (le Christ tombé), haut lieu de pèlerinage. Dimanche et veille de jour férié oblige, le chemin est bondé, c'est impressionnant ! Il y a encore quelques années, se promener sur les sentiers des cerros orientales pouvait être risqué, mais les autorités ont renforcé la sécurité.
Nous décidons de gravir le sentier à pied : pas à pas, la montée réchauffe bien, ,il y a environ 1 650 marches ! On peut aussi accéder au sommet par funiculaire ou téléphérique, mais les files d’attente sont interminables. Valentin regarde d’ailleurs le funiculaire : l’entreprise où il travaille à Lyon pourrait remporter le contrat de rénovation l'année prochaine.
Tout au long du chemin, des vendeurs proposent fruits frais, confiseries, boissons énergisantes et souvenirs. À un moment, une petite fille arrête Malo et Valentin pour une photo 😅 Leurs cheveux blonds et leurs yeux bleus attirent l'œil !
Une fois au sommet, la vue est belle : Bogotá s’étend à perte de vue, une mégalopole posée sur au milieu des montagnes. Le ciel est légèrement pluvieux, nous redescendons au milieu de la foule et faisons halte dans un café. On mange de bonnes empanadas et on fait une rasia de desserts 😋 Pour un repas complet à trois, nous payons environ 25 €. On essaye quand même de rester attentifs à nos dépenses, mais ça reste agréable de pouvoir se faire plaisir sans se ruiner.
En fin d’après-midi, nous rentrons préparer nos sacs. Ce soir, nous quittons Bogotá pour Medellín, puis Jardin, où nous avons prévu trois jours de randonnée à cheval ! Après une dernière partie de dés avec Ellyn et Chris, de gros câlins, nous prenons le bus de nuit à 21h. Arrivée prévue à Medellín à 7h du matin, avant un autre trajet de trois heures vers Jardin.Læs mere
J94, Jardín
19. august 2025, Colombia ⋅ ☁️ 18 °C
Il est 5h du matin quand le chauffeur nous réveille : « ¡Estamos en Medellín ! ». Nous avons deux heures d'avance, on est encore un peu endormis ! Je regarde sur Redbus, l'application qui regroupe les bus de Colombie : il y a un départ pour Jardín à 6h. Parfait !
Nous devons rapidement changer de terminal en prenant un taxi. Le bus part du Terminal del Sur. Nous avons à peine le temps d’arriver qu’on nous montre un bus prêt à partir pour Jardín. On achète les billets et c’est parti pour les trois dernières heures de trajet. Les paysages deviennent de plus en plus ruraux et montagneux. C’est superbe. De grandes pentes, remplies de caféiers et d’arbres. On comprend qu’il a beaucoup plu en voyant quelques éboulements de terre glaise sur la route. On en discute avec le chauffeur : en effet, il n’a pas arrêté de pleuvoir depuis minuit. Et à cette saison, ce n’est pas courant — le climat change, nous dit-il 🌎
Nous arrivons de bonne heure dans les ruelles de Jardín, c’est très mignon. De petites rues colorées et pavées, et des boiseries raffinées. Nous déposons nos affaires à l’hôtel que nous avons réservé, puis partons prendre le petit déjeuner sur la place centrale du village, où trône une magnifique église. On commande des œufs agrémentés de tomates et d’oignons (des "huevos perico", on adore !), une arepa, un morceau de fromage et un café ! Tous les trois un peu fatigués, mais contents de découvrir ce joli village.
C’est parti pour la journée. La météo est idéale dans cette région : un peu frais le matin, puis la chaleur arrive petit à petit. On part pour une randonnée qui nous fait traverser rivières, cascades et plaines. On croise plusieurs groupes à cheval, cela semble être la région idéale pour ça.
Après la randonnée, nous partons en direction d’un élevage de truites, très commun dans le coin, pour déjeuner. Nous découvrons une jolie finca (= exploitation agricole) avec de nombreux bassins d’élevage. Un restaurant y est accolé, de nombreuses familles y déjeunent. Aujourd’hui, c’est férié. La famille est très importante en Colombie, il y a donc beaucoup de réunions familiales.
On déguste notre bon repas avant de repartir vers le village, où nous découvrons notre belle chambre d’hôtel ! Nous nous posons un peu avant de repartir flâner dans le village, faire quelques boutiques. Après pas mal de recherches, Malo trouve THE chapeau de cow-boy : un beau chapeau en cuir marron pour 20 €. Nous continuons nos emplettes dans les ruelles animées, où nous voyons de magnifiques chevaux montés par des hommes les tenant à une allure proche du trot. Ce sont des paso fino, une race prisée ici pour sa démarche particulière, descendante des chevaux espagnols.
On est à la fois émerveillés par la beauté des chevaux, mais aussi un peu peinés, car ils semblent stressés et très contraints... Ils suent, et leurs cavaliers ne les ménagent pas. Ils montent dessus, se pavanent autour de la place, s’arrêtent boire une aguardiente (alcool typique de Colombie) avec leurs amis… et recommencent. On espère que notre guide ne traitera pas les chevaux comme ça !
Nous retrouvons ensuite William, notre guide pour les trois prochains jours à cheval. Un monsieur au chapeau de cow-boy vient à notre rencontre, c’est lui. Il est assez âgé, mais son regard est très gentil. Il parle rapidement et avec un accent fort — les garçons ont du mal à le comprendre, et parfois moi aussi. Il nous explique que nous allons faire un itinéraire de trois jours : Jardín → Jericó → Támesis → Jardín. Un beau programme !
Il est de la vieille école, ça se voit vite. Pour le logement, il nous dit qu’on verra sur place. Je lui propose de réserver en avance sur Internet, il semble émerveillé. Je réserve donc un hôtel pour nous quatre, pour plus de facilité. On voit qu’il n’utilise pas beaucoup la technologie 😅. Il nous parle avec respect de ses chevaux, ce qui nous rassure, car ici, le rapport à l’animal n’est pas forcément le même. Nous n’aurions pas aimé voir des chevaux malmenés.
Il nous propose de partir demain à 9h, mais en voyant les 9 heures prévues à cheval, on lui demande si 8h ne serait pas plus prudent. En effet ! Allez, rendez-vous à 8h demain !
On quitte William pour aller manger une bonne pizza avant d’aller se coucher. L’aventure équestre commence demain ! 🐎Læs mere
J95, Jerico à cheval
19. august 2025, Colombia ⋅ ☁️ 23 °C
Il est 7h quand le réveil sonne. Il y a eu de l'orage toute la nuit et il pleut encore bien quand on ouvre les yeux ! On espère que ça va se calmer pour notre balade. Nous terminons nos sacs et nous nous dirigeons vers la place du village. Les ruelles pavées nous amènent jusqu’à un petit restaurant pour prendre le petit-déjeuner.
William nous retrouve ; je l’accompagne pour déposer nos sacs chez lui. Il me prête un grand chapeau : « C’est important pour le soleil », me dit-il 🤠
Nous retrouvons Malo et Valentin et descendons en bas du village, là où sont les chevaux. Nous arrivons dans un petit ranch : plusieurs chevaux sont au box, et quatre déjà sellés nous attendent. Nous faisons connaissance avec nos montures : Pelucha, la jument grise, Tabaco, le cheval noir, Magdalena, la jument alezane, et Muñeca, la mule.
Le maréchal-ferrant est encore là. Il les ferre à froid avec des fers munis d’une petite accroche pour éviter de déraper (et ça va bien nous servir!). Les chevaux sont en bon état, mais la relation n’est pas la même qu’en France avec nos chevaux de loisirs. Les fers ne sont pas très ajustés, mais les chevaux ne bronchent pas.
La répartition des chevaux se fait : Malo sur Tabaco, William sur la mule, Valentin sur Magdalena et moi sur Pelucha. Une pluie fine tombe encore, mais on nous donne de bonnes capes de pluie. On s’installe sur nos selles western, coiffés de nos grands chapeaux. Pas de bombes ici : une vraie allure de cow-boys ! 🥰
Aujourd’hui, 30 km nous attendent jusqu’à Jericó. Sur trois jours, plus de 100 km avec de beaux dénivelés : une vraie aventure !
Les chevaux avancent d’un bon pas. Au fil des kilomètres, on découvre leur caractère, mais ils sont incroyables : ce sont des criollos, des chevaux petits mais robustes, au pied sûr, qui n’ont peur de rien et avancent sans broncher. Ils nous impressionnent par leur résistance.
Nous traversons des plantations de bananes, de plantains et de café. Les pentes sont raides. William, qui a travaillé 40 ans comme exploitant agricole, nous explique combien le travail est difficile ici. En observant les hommes et les femmes dans les champs, on comprend vite. Désherber, planter, porter des régimes de 40 kg de bananes sur le dos… un travail titanesque.
Nous croisons de nombreux oiseaux et découvrons les étonnants nids suspendus, ingénieusement tressés, du oro pendula, un bel oiseau noir à la queue jaune.
La première journée est longue : plus de 8 heures à cheval pour atteindre Jericó, notre premier village-étape. William ne fait pas de pause. Au bout de quelques heures, nous en demandons une pour souffler un peu, mais nous reprenons vite. Nos muscles commencent déjà à tirer.
Les paysages sont magnifiques : les Andes en toile de fond, le soleil revenu, les reliefs impressionnants. Nous traversons ensuite des forêts de pins. William nous explique les tensions entre forestiers et agriculteurs : les pins, en asséchant et acidifiant les sols, rendent la terre infertile. En effet, nous voyons d’immenses zones de pins coupés, les sols jonchés d’aiguilles, secs et stériles
Les chemins restent agréables, faits de terre et de cailloux, parfaits pour nos chevaux. Nous croisons quelques voitures, motos et camions dans les zones forestières, ainsi que de nombreuses fincas isolées. La vie ici semble simple, rythmée par les travaux agricoles et forestiers.
Après plus de 9 heures, nous apercevons enfin Jericó ! Le village, très catholique, se distingue par ses deux superbes églises. Mais à notre arrivée, surprise : William n’a rien réservé pour les chevaux. Il s’arrête dans une pesebrera (pension équine), discute et négocie 🐎 Avec Malo et Valentin, on se regarde, un peu déconcertés : amener des touristes sans savoir où loger chevaux et cavaliers, ça nous semble fou. Mais ici en tout cas avec William, tout fonctionne au contact et à la confiance. Et en effet, les chevaux trouvent un toit !
Nous les dessellons, heureux de leur enlever leurs mors assez durs. L’équitation ici est différente, très western : on monte souplement, sans pression de main. Les chevaux sont nourris avec de l’eau, de la farine de blé, de la canne fraîche et un peu de mélasse. Et pour les récompenser ? Pas de pommes, mais… des bananes 🍌
Nous les caressons affectueusement, puis rejoignons l’hôtel que j’avais réservé la veille. Nous marchons déjà les jambes arquées… On se dit qu’après trois jours, on sera bien cabossés ! L’hôtel est superbe, avec une vue imprenable sur la montagne (pour environ 15€ par personne nous avons une chambre privée et le petit dejeuner). William nous remercie chaleureusement pour le logement.
Le soir, fatigué, il reste tranquille. Nous lui apportons des empanadas et une petite « cocalita » (ici, on met des « -ito » ou « -ita » à la fin de beaucoup de mots, ce qui donne un côté mignon à tout 😅). Valentin, lui, est un peu malade, la fameuse tourista. Pas l’idéal à cheval… Mais nous voulons continuer ! Nous allons dîner sur la jolie place du village. Perché dans les montagnes d’Antioquia, Jerico est un petit village, avec des ruelles pavées, des façades fleuries et ses deux églises majestueuses.
Demain, une nouvelle étape nous attend : cap sur Támesis !Læs mere
J96, Tamésis à cheval
20. august 2025, Colombia ⋅ ☁️ 28 °C
Le lendemain, nous retrouvons les chevaux. Pendant cinq heures, les paysages défilent, toujours plus spectaculaires. Cette fois, nous changeons de montures : Malo et Valentin essayent Muñeca, la mule. Elle est très forte, mais moins confortable et rapide que les chevaux. Elle tient pourtant très bien le rythme ! Malgré tout, on préfère les chevaux, qui continuent de nous impressionner par leur résistance.
Les heures passent, et cette fois, nous faisons davantage de pauses à notre demande. Le voyage nous plonge dans une autre temporalité. Je pense à ma grand-mère qui allait à Brest à vélo… Le rythme lent, patient, presque méditatif. William nous raconte qu’autrefois, ses grands-parents faisaient le trajet à cheval jusqu’à Medellín. On ose à peine imaginer le temps que cela leur prenait.
En fin d’après-midi, nous découvrons Támesis, un charmant village enclavé dans la montagne. William le connaît moins. Commence alors une descente de près d’une heure à travers les rues en pente, en interrogeant les habitants pour trouver un endroit où loger les chevaux. Le premier site est complet ; nous en trouvons un second, en bas du village. Ouf ! La fatigue commence à se faire sentir.
Nous arrivons dans une belle écurie au toit en pente, avec une vue incroyable. C’est une écurie de paso fino, des chevaux magnifiques 🤩 William nous dit « Ces chevaux-là, c'est pour boir de l’aguardiente ! »
Nous confions nos montures, mais isolons Pelucha dans un box à part : elle a un sacré caractère avec les autres chevaux ! Nous veillons à ce qu’ils soient bien nourris avant de les laisser se reposer.
Je regarde Malo il va pas très bien : il est rouge et faible, et finit. Coup de soleil et insolation. Il tente de dormir un peu. Valentin aussi reste tranquille à l’hôtel.
Je pars me balader dans le village. Je savoure un café délicieux, servi directement par un producteur qui m’explique avec passion le processus de récolte et de torréfaction. En rentrant, Malo dort encore, vidé. Avec Valentin, nous allons manger un morceau, puis je lui ramène une solution de réhydratation. On espère que la nuit sera réparatrice… Car demain, le gros morceau nous attend : plus de 50 km à cheval pour rejoindre Jardín !
On se questionne : arriverons-nous avant la nuit ? Sur la carte, Valentin et moi avons repéré un raccourci. Nous le montrons à William, qui interroge les villageois. Mais il semble impraticable. Nous devons donc faire tout le trajet en sens inverse… en une seule journée ! 😅 D’autant que William ne lit pas de cartes et fonctionne uniquement aux recommandations locales. Pas vraiment la méthode d’un guide classique, mais c’est ça aussi, l’aventure !
J’insiste auprès de lui pour partir très tôt, en espérant que Malo se remette. Comme disent William et beaucoup de Colombiens : « Si Dios quiere ! » (si Dieu le veut).
Le réveil est donc fixé à 5h10, pour un départ à cheval à 6h.Læs mere
J97, Jardin à cheval !
21. august 2025, Colombia ⋅ 🌧 24 °C
Quand le réveil sonne, bonne nouvelle : Malo va mieux ! La fièvre est descendue, même si elle lui a valu de sacrés rêves 😅 Après une solution de réhydratation, il se remet en selle, un peu courbaturé mais motivé.
À l’écurie, William toque à la porte. Personne. Finalement, un employé nous ouvre. Nous sellons les chevaux, ici, on ne les brosse pas avant, bon... Mais ils sont en forme, toujours partants !
Pour cette dernière journée, on change à nouveau la répartition : Malo prend Pelucha, Valentin monte Magdalena, William sur Muñeca, et moi sur le bon Tabaco.
Le soleil se lève sur les Andes : un spectacle magique. Aujourd’hui nous devons pousser davantage nos chevaux pour optimiser le trajet. Nous enchaînons de belles galopades. Malo et Valentin, sur les chevaux les plus rapides, filent à toute allure. Je les suis avec Tabaco, suivi de la mule qui fait de son mieux pour tenir le rythme !
À mi-chemin, nous faisons une pause. Les jambes sont engourdies, mais les paysages sont magnifiques ! La majorité des plaines sont exploitées (café, bananes, tomates, fruits de la passion…), très peu sont laissées en friche. Le soleil tape fort. Nous empruntons ensuite des sentiers étroits et boueux, parfois au bord de falaises. Les chevaux grimpent sur des roches escarpées, sûrs et solides, transpirant à peine.
Nous croisons des cavaliers au travail avec leur bétail. Les plaines regorgent de vaches. Puis, soudain, au loin, Jardin apparaît. Whaou ! Nous y sommes presque, ça fait plus de 9h que nous sommes en sellel.
Aujourd’hui, nous aurons parcouru 52 km, avec plus de 2 000 m de dénivelé positif. Une belle performance, autant pour nous que pour nos chevaux 🐎
Après une dernière pause, nous entamons la descente vers le village. Les chevaux, bien que fatigués, restent courageux. Nous passons devant une école. William nous dit que c’est là qu’il a étudié jusqu’au CM1 avant de quitter l’école pour travailler aux champs. Quarante ans de travail, puis le tourisme. Il n’a pas eu la chance de faire des études, mais il est fier de ses cinq garçons, qui ont monté une usine de vêtements à Jardín. Divorcé mais il nous dit qu'il est mieux tout seul !
Aujourd’hui Wiliam aussi a été malade, mais tout le monde a tenu bon. Nous arrivons enfin à Jardín, fourbus mais heureux ! Nous descendons de cheval en marchant comme de vrais cow-boys, les jambes raides et arquées 😅
Le soir, nous payons William c'était 30€/jours et par personne (150 000 pesos). Ça reste très honnête pour 3 jours à cheval !Læs mere
J100, départ vers de nouveaux horizons
22.–24. aug. 2025, Colombia ⋅ ☁️ 22 °C
Ce vendredi, nous profitons de notre dernière matinée à Jardín avant de faire nos affaires pour quitter l'hôtel. Malo et Valentin restent encore un peu, tandis que je grimpe dans le bus pour partir vers Medellín. Un bisous et nous nous séparons pour une semaine !
Malo et Valentin s’envolent vers la forêt amazonienne, tandis que je rejoins Ellyn dans le Huila, à San Agustín (à l’est de Cali). Vingt heures de bus m’attendent, avec une courte escale à Medellín, alors que Malo et Valentin filent vers Bogotá pour attraper leur avion à destination de Leticia, au sud extrême de la Colombie.
Nos récits prendront donc une double voix le temps de cette semaine ! 🥰
Après une nuit et de longues heures passées dans le bus, j’atteins enfin San Agustín. Je retrouve Ellyn autour d’un bon repas, avant de nous balader dans les rues de ce joli village. Notre hôtel est niché dans un paisible jardin.
Aujourd’hui, dimanche, le réveil sonne tôt. Après un peu de yoga, nous partons à la découverte des horizons. Nous marchons toutes les deux jusqu’à un canyon où coule le fameux río Magdalena. Un point de vue nous offre une magnifique perspective sur la rivière et deux superbes cascades. Plus loin, nous tombons sur d’anciennes roches gravées datant de l’époque précolombienne : un avant-goût de la richesse archéologique de la région.
En effet, San Agustín est mondialement connu pour son parc archéologique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y trouve des centaines de statues monumentales en pierre, certaines atteignant 7 mètres de haut, représentant des divinités, des guerriers ou des animaux mythiques. Ces sculptures, datées de près de deux millénaires, sont entourées de tertres funéraires et témoignent d’une civilisation mystérieuse dont on ne connaît encore ni le nom exact, ni la langue !
Nous poursuivons notre promenade jusqu’à l’Estrecho del Magdalena, l’endroit où le fleuve se resserre dans un passage étroit de seulement deux mètres de largeur 🌊 Après cette marche, la faim se fait sentir : une bonne arepa nous redonne des forces ! Plus tard, nous grimpons jusqu’au petit village d’Obando, flânons dans ses ruelles tranquilles, avant de reprendre un taxi pour rentrer. La chaleur est sèche et intense : nous profitons d’un moment de repos bien mérité. Demain nous attend une grande randonnée, et la fatigue du bus se fait encore sentir.
Pendant ce temps, en Amazonie…🌿🐊
Ça y est, c’est le début de l’aventure amazonienne avec Valentin ! Aujourd’hui, le réveil sonne à 5h30 : nous sautons du lit et préparons nos sacs. La nuit a été plutôt bonne, comparée aux précédentes où nous avons été malades à tour de rôle. Un Uber nous conduit à l’aéroport, direction Leticia, la ville la plus au sud de la Colombie, posée au bord de l’Amazone, à la frontière du Brésil et du Pérou. Seulement deux heures de vol, et nous y voilà !
À peine sortis de l’avion, une chaleur humide et étouffante nous accueille : cela me rappelle la Guadeloupe. Un taxi nous dépose à notre hostal en plein centre-ville. Leticia n’est pas bien grande (2 km de long seulement). Après un plongeon rafraîchissant dans la piscine, nous partons aussitôt explorer la ville à pied. Nous découvrons des maisons sur pilotis en bord de fleuve, construites de simples planches de bois, et des passerelles surélevées de plusieurs mètres. Nous avançons prudemment, un peu mal à l’aise, tandis que des enfants courent avec agilité à côté de nous 😅
À midi, nous déjeunons dans un petit restaurant local : Valentin opte pour un poulet-riz, et moi je tente le chicharrón de pirarucú, le plus grand poisson d’Amazonie, pouvant atteindre 4 mètres de long ! Ensuite, nous faisons la connaissance de Sergio, notre guide pour les quatre prochains jours en jungle. Après son briefing et quelques bonnes adresses (dont celle des fameuses glaces que nous goûtons aussitôt), nous prenons le temps de souffler. La chaleur est écrasante.
À 17h, un tuktuk nous emmène au Brésil, juste de l’autre côté de la frontière. Le temps d’une caipirinha au coucher du soleil ou on a la chance d'observer déjà nos premiers dauphins roses ! ✨️🍹 En rentrant, nous achetons quelques fruits et légumes pour le dîner, puis filons nous coucher tôt : il faut être en forme pour l’aventure qui nous attend demain !Læs mere
J103, l'or vert
25.–27. aug. 2025, Colombia ⋅ ☁️ 29 °C
À San Agustín, nous nous réveillons avec Ellyn sous la pluie. Nous avions prévu une randonnée dans la rivière, mais finalement au vu de la météo nous changeons notre plan pour visiter le musée archéologique ! Je découvre de magnifiques statues vieilles de plus de 2000 ans taillées dans de grosses pierres volcaniques. Il y en a énormément, et l’énergie du lieu est particulière. Les archéologues sont encore loin de percer tous les secrets de ces hommes de pierre, utilisées principalement dans les rituels mortuaires, mais pas seulement. Certains disent aussi que c’est à San Agustín que les reines venaient accoucher, ce qui marque profondément le lieu.
Le musée est en partie à ciel ouvert. Au cours de la balade qui nous fait découvrir ce grand site, nous nous arrêtons dans un restaurant pour prendre un almuerzo (= repas du midi). Nous sommes superbement accueillis par une famille qui habite ici, dans le parc, depuis quatre générations. Le monsieur connaît très bien la zone : il nous parle de la Laguna Magdalena, un petit lac de montagne situé à 3 500 mètres d’altitude, au cœur du massif colombien. C’est un lieu sacré pour les communautés locales : une lagune paisible, entourée de páramo, où l’eau prend naissance avant de dévaler les Andes 🌊
De cette source naissent cinq des plus grandes rivières du pays, dont le fleuve Magdalena, véritable colonne vertébrale de la Colombie. La dame nous prépare un repas délicieux (qu’on a du mal à terminer, les portions sont très copieuses ici !). Nous avons même droit à la visite de leur superbe cuisine au feu de bois. Nous terminons notre journée en profitant encore des statues (ou « nûm-nûm » comme les surnomme Ellyn !) 🪨
Le lendemain, nous quittons notre joli hôtel pour nous diriger vers La Plata. Nous allons y passer trois jours. J’accompagne Ellyn pour une formation café dans une coopérative qu’elle avait suivie lors de son précédent contrat. Après une jeep jusqu’à Pitalito, nous grimpons dans un bus pour La Plata. C’est une ville moyenne remplie de commerces. C’est la période de la récolte du café : Ellyn m’explique qu’à ce moment-là, il y a plus de pouvoir d’achat car les producteurs sont payés, et les magasins sont donc bien remplis. Nous voyons d’ailleurs des sacs de café dans les voitures et sur des charrettes tirées par des chevaux... Nous prenons le reste de l’après-midi pour travailler un peu : moi sur l’asso, et Ellyn sur son projet d’entreprise.
Le lendemain, après notre yoga quotidien, nous prenons la route vers Global Coffee, la principale coopérative de café de la ville ☕️ Elle compte une centaines de socios (caficulteurs associés) et plus de 2 000 producteurs. En s’approchant, nous voyons déjà dans la rue de nombreux producteurs avec leur marchandise de café, attendant leur tour pour la pesée. Le café est vert (café pergamino). Après la récolte, les cerises de café rouges sont dépulpées grâce à une machine appelée despulpadora, puis séchées au soleil. Les producteurs les amènent ensuite aux coopératives avec un taux d’humidité de 10 à 12 %.
Nous arrivons un jour de collecte (lundi, mercredi, vendredi). Il y a beaucoup de monde : la récolte est bonne et les prix aussi en ce moment ! Le café vert est coté en bourse et le marché est favorable car la production est tendue (main-d’œuvre, changement climatique...). Ellyn salue et me présente à l’ensemble de l’équipe de la coopérative : tout est bien huilé. Les kilos de café et les producteurs affluent, et la machine tourne : pesée, extraction d’un échantillon aléatoire de chaque lot afin de procéder directement à une analyse physique, et pour certains à une analyse sensorielle, ce qui permet de fixer le prix et de payer le producteur dans la foulée !
Nous sommes accueillis par Diego, le chef des opérations de la coopérative. Il nous explique qu’aujourd’hui nous faisons partie de l’équipe qualité de Global Coffee, et qu’il ne faut pas hésiter à poser des questions. De la pesée au laboratoire qualité, nous remontons les étapes, nous sommes chanceuses ✨️
Nous passons à la « catación » (= dégustation de café). Armés de nos cuillères, nous aspirons différents cafés préparés avec soin : eau filtrée et chauffée à la bonne température, café torréfié et moulu à l’instant, juste à la bonne taille. À nous de noter les cafés sur une échelle de 80 à 100 (100 étant un café d’exception, dit aussi café spécial). Chaque étape est notée sur une fiche liée à un producteur, la traçabilité est essentielle !
La première étape consiste à vérifier la taille et les défauts des grains (maladies, manque de fertilisation, etc.). Les grains sont calibrés et triés ; les défauts sont pesés pour calculer le facteur de rendement (taille échantillon ÷ (taille échantillon – défauts) × 70). C’est ce critère qui détermine le prix du café payé au producteur, car il indique combien de café vert est nécessaire pour obtenir 70 kg de café export 💰
Malgré les échantillons qui continuent d’arriver, Diego et son équipe prennent le temps de nous expliquer et de nous faire goûter. L’efficacité est essentielle, car comme ils le rappellent : chaque grain, c’est de l’argent pour le producteur et pour la coopérative. Les producteurs patientent dans la salle d’attente en attendant leur paiement, chaque lot devant être testé, certains attendent longtemps. C’est passionnant !
La journée se déroule bien. Nous réalisons que notre palais est plus performant le matin que l’après-midi ! Je suis obligé d’utiliser le crachoir : après des dizaines de cafés dégustés, il faut avoir l’estomac bien accroché pour tout avaler ! Après cette journée, nous nous accordons une petite session manucure et pédicure – j’en profite, ici ça ne coûte vraiment pas cher ! 💄 Nous allons ensuite manger dans un petit restaurant mexicain avant de rentrer. Demain, une nouvelle journée caféinée nous attend.
Le café n’est pas qu’une simple boisson en Colombie : c’est une véritable colonne vertébrale économique et culturelle. Le pays est le troisième producteur mondial, après le Brésil et le Vietnam, et plus de 500 000 familles colombiennes vivent directement de sa culture. Dans certaines régions, il n’y a pas une colline sans caféiers, et une majorité, des écoles aux routes, a été financé grâce à ce précieux grain.
Pendant ce temps, dans la forêt amazonienne… 🌿 Malo et Valentin semblent bien se porter ! J’ai reçu un message lundi (ils s'apprêtait à manger des insectes!), juste avant le début de leur immersion dans la forêt, et un autre hier avant leur départ pour une nuit en campement sauvage dans la jungle. Le réseau téléphonique nest pas des plus performant dans la zone 😅
Mais voilà quelques photos partagées, qui donnent une idée de l’ambiance qui semble génial : scorpions, singes, crocodiles…Læs mere
J104, Du café et des scorpions
28.–29. aug. 2025, Colombia ⋅ ☁️ 26 °C
Ce matin, nous reprenons la route de Global Café pour notre second jour dans le monde du café. À notre arrivée, c’est plus calme : il n’y a pas de livraison aujourd’hui. Nous prenons place dans le laboratoire ; Carlos prend le temps de nous expliquer pas à pas le processus de cupping. Il souligne l’importance du respect du protocole pour déguster le café dans les règles de l’art, "establecer la relacion con la bebida" (=établir la relation avec la boisson) ☕️
Pour cela, il nous montre le système de notation de la SCA (Specialty Coffee Association). C’est cet organisme américain qui met en place la grille d’évaluation permettant de déterminer la qualité du café. Elle note la fragrance, le goût, le corps, l’arrière-goût, l’acidité, la constance entre les tasses… Nous décortiquons cette grille, puis Ellyn m’explique la roue des saveurs du café, qui permet de décrire les goûts.
Puis place à la pratique ! Tri du grain, calcul du facteur de rendement, calcul de l’humidité (140g), torréfaction (110 g), mouture, pré-infusion, infusion, dégustation ! L’étape de la torréfaction est particulièrement importante : il faut être vigilant car, en quelques secondes, les grains peuvent être brûlés. Nous goûtons et notons les cafés, sous la coupole de l’équipe, qui prend le temps de nous guider.
Pendant notre pause de midi, nous faisons un petit atelier de peinture sur céramique dans un petit bar en ville ! De retour à la coopérative, je découvre “Le Nez du Café”, un jeu d’odeurs créé par un Français (comme il en existe pour le vin). De petites fioles aux senteurs différentes permettent de travailler son odorat. Nous pratiquons les yeux fermés, concentrés sur les arômes qui émanent des fioles, pour deviner leurs parfums : amandes grillées, praliné, plastique, odeurs médicales… 😋
De retour à l’hôtel, nous prenons le temps de faire une petite séance de sport. Malo m’a écrit et partagé quelques photos : tout semble bien se passer dans la jungle ! Les photos parlent d'elles même 🐊
Demain, c’est notre dernière journée café — et pour eux, le retour à Bogotá !
C'est vendredi, notre dernier jour à La Plata. Après une dernière matinée dans l’univers du café, je me connecte pour une réunion avec les Vag’abonds, notre réunion de rentrée pour l’asso. Elise, Léa et Shaulane sont en visio depuis la Guadeloupe et Malo depuis l’aéroport de Leticia, où son vol a d’ailleurs été décalé (il arrive à Bogotá dans l’après-midi). Nous nous mettons d’accord sur nos objectifs pour cette nouvelle année : animation pédagogique, expo photo… On est motivés, on espère continuer à mener de belles actions comme l’année dernière.
Une fois raccroché, Ellyn termine sa première proposition commerciale en tant qu’indépendante, afin d’accompagner la création d’une association de producteurs de café de spécialité. Allez, il est temps : on plie bagage et on se met en route ! Nous montons dans une jeep pour parcourir un peu plus d’une heure de route jusqu’à notre nouvel hébergement. Ici, il y a aussi beaucoup de jeeps utilisées comme transports en commun, très pratiques sur ces routes peu fréquentées et un peu chaotiques. Nous payons 20 000 pesos par personne et nous entassons à l’arrière : on est serrés !
Nous quittons progressivement la ville pour découvrir de beaux paysages montagneux. La route est sèche et caillouteuse. La jeep peine un peu, mais nous arrivons finalement dans notre écrin de verdure. La zone de Tierradentro est réputée aussi pour son histoire archéologique tout comme sa voisine San Augustin. Nous sommes bien accueillis dans une jolie finca décorée avec beaucoup de goût par une dame et son frère. La maison est construite en guadua (gros bambous) et en chaux/terre. Nous passons une belle soirée entre jeux et bon repas !
Malo et Valentin sont bien arrivés à Bogotá. Ils sont hébergés chez Ellyn et Chris. Valentin repart demain pour la France.Læs mere
J107, Tierradentro
29. aug.–1. sep. 2025, Colombia ⋅ ☁️ 22 °C
Avec Ellyn, nous passons trois belles journées à Tierradentro. Ces lieux sont chargés d’histoire indigène et plus particulièrement liés au peuple Muisca, une civilisation précolombienne qui a occupé la région andine centrale de la Colombie bien avant l’arrivée des Espagnols. Les Muisca, réputés pour leur savoir-faire en agriculture, leur organisation sociale complexe et leurs rituels chamaniques, ont laissé un riche héritage culturel encore visible aujourd’hui.
Le samedi, nous partons découvrir le parc archéologique de Tierradentro. Ce site est magnifique. Bien qu’il puisse rappeler San Agustín, un autre site célèbre de la région, il s’en distingue par ses sculptures funéraires : ici, les œuvres retrouvées sont essentiellement des tombes monumentales, creusées profondément dans la terre, décorées de peintures rouges et noires encore partiellement conservées. Le parc est bien organisé, chaque lieu est relié par de beaux sentiers de randonnée qui serpentent à travers les montagnes. Nous nous baladons ainsi sur ces sommets toujours couverts de végétation dense 🐊
Nous sommes les seules touristes, car cette zone est assez peu fréquentée. Malheureusement, elle reste encore soumise à certaines tensions dues à la présence de guérillas dans la région. Cependant, en discutant avec les locaux, ils nous assurent qu’en tant que touristes, nous ne risquons rien. Ce sont surtout les Colombiens eux-mêmes qui doivent faire attention...
À San Andrés, le village proche, les routes sont de terre, aucune n’est goudronnée ici. La population est principalement composée d’indigènes du peuple Muisca. Bien que la Colombie ait sa réglementation nationale, dans beaucoup de villages comme ici, il existe aussi une autorité indigène locale qui applique ses propres lois et règles, témoignant de la résistance et de la préservation culturelle de ces peuples.
Après nos découvertes archéologiques, nous regagnons notre joli hôtel où l’accueil reste toujours chaleureux.
Le dimanche, pour notre dernière journée dans le coin, nous gravissons le sommet Aquacate, situé à 2000 mètres d’altitude 🗻 Ce site abrite des tombes impressionnantes, certaines atteignant une profondeur de sept mètres. De larges marches taillées dans la pierre nous mènent au cœur de ces sépultures, où subsistent encore des peintures rouges et noires. Ce lieu attire des archéologues du monde entier. Datant d’environ 2000 ans, leur origine exacte reste encore difficile à déterminer.
Sur le chemin du retour, nous faisons une pause dans un petit bar du village. Là, un guide local discute avec un couple de touristes venus de Bogotá, et il nous invite à rejoindre la conversation. Nous échangeons notamment sur les différences culturelles entre Européens et Colombiens, notamment dans la manière de penser. Peut-être sommes-nous un peu plus détachés de nos émotions, moins enclins au lâcher-prise ?
Pendant ce temps, des chevaux chargés de sacs de café et des jeeps passent dans le village. Nous profitons ensuite d’une belle truite préparée par notre hôte pour notre dernière soirée.
Demain, nous retrouvons Malo, et cap sur le désert de Tatacoa 🩵 Malo quitte Bogotá dès le matin, et nous faisons de même.Læs mere




























































































































































































































































































































































































































































