Shangri-La
18 октября, Китай
☀️ 14 °C
Nous quittons Litang en direction de Daocheng par la G227, à travers les paysages lunaires de Haizi Shan. Au col de Tu’er Shan, la montagne des Oreilles de lapin, nous frôlons pour la deuxième fois les 4’700 mètres d’altitude. Encore une journée sur les hauts plateaux dénudés, avec les sommets enneigés de la chaîne des Shaluli à l’horizon, avant de redescendre vers Xiangcheng.
Peu à peu, l’architecture change. Nous découvrons les étonnantes maisons blanches, typiques de cette région du Kham tibétain. De véritables petites forteresses aux murs épais en terre damée, légèrement inclinés vers l’intérieur, qui leur donnent une silhouette presque trapézoïdale. Les façades blanchies à la chaux contrastent avec les encadrements des fenêtres, sculptés et peints de couleurs vives. Les toits plats servent traditionnellement à faire sécher les récoltes. Une architecture à la fois sobre et élégante, bien adaptée au climat de ces vallées d’altitude.
Étape du jour: Xiangcheng, avec la visite du monastère de Sangpi Ling et son imposant Bouddha de 33 mètres de haut 🧘. L’équivalent de six étages, tout de même!
Le lendemain, nous reprenons la route vers Shangri-La. Nous quittons la préfecture autonome tibétaine de Garzê, dans le Sichuan, pour rejoindre celle de Diqing, dans le Yunnan. Nous changeons de province, mais restons en terre de culture tibétaine.
Une route interminable qui descend tranquillement jusqu’à environ 2’000 mètres, au fond d’une vallée encaissée, creusée par l’érosion au fil des millions d’années. De minuscules cultures et champs se succèdent, parfois en terrasses, séparés par d’étroites bandes de verdure. Tout semble être préparé minutieusement pour l’hiver.
Les routes sont bordées d’arbres, parfois parfaitement alignés, et les montagnes retrouvent peu à peu leur végétation. Après les immensités minérales des hauts plateaux, le vert reprend ses droits. Mais la lumière a changé. L’été indien s’est installé et les premières teintes dorées se mêlent aux différentes nuances de vert. Le spectacle est somptueux.
Nous roulons à 50 km/h. Pour seuls bruits, les pneus sur l’asphalte, le ronronnement du moteur et le souffle du vent. Rien d’autre.
Puis la route recommence à s’accrocher aux flancs des montagnes. La rivière, de plus en plus imposante, s’éloigne en contrebas tandis que nous reprenons de l’altitude pour retrouver les plateaux à plus de 3’000 mètres.
Au milieu de ce décor, nous avons soudain le sentiment que toutes les routes parcourues, toutes les étapes précédentes, devaient nous conduire exactement ici. Et que tous les chemins à venir restent possibles. Nous sommes précisément là où nous devons être, ici et maintenant. Rien à ajouter, rien à enlever!
Notre prochaine étape est Shangri-La, plus précisément Dukezong, sa vieille ville. Nous trouvons refuge dans une ancienne demeure tibétaine transformée en hôtel. Authentique, presque un musée, avec ses escaliers en bois qui grincent, ses portes fermées par de simples loquets et ses fenêtres à simple vitrage, dont les lourds rideaux constituent à peu près la seule isolation. Pour la propreté presque clinique du XXIe siècle, on repassera. Mais l’atmosphère nous plonge dans un Tibet d’un autre temps, quelque part entre tradition et modernité.
Un phénomène déjà remarqué à Litang, mais de manière plus sporadique, prend ici une tout autre ampleur: l’engouement pour les costumes traditionnels tibétains, coiffures et maquillage compris. Le long du lac Napa, puis dans les innombrables ruelles de la vieille ville, nous croisons des jeunes femmes et des couples vêtus de tenues somptueuses, souvent accompagnés de photographes professionnels.
Nous avons parfois l’impression de nous promener dans un décor de cinéma historique. Difficile de savoir où s’arrête la tradition et où commence la mise en scène. Une véritable mode, visiblement portée par les réseaux sociaux et le goût des portraits en costumes traditionnels, souvent revisités.
C’est un peu comme si, dans la vieille ville de Genève, la moitié des promeneurs se baladaient en robes à crinoline, redingotes et hauts-de-forme du XIXe siècle, avec un photographe à chaque coin de rue. Le passé revisité à grand renfort de smartphones et de séances photo. Une autre manière de faire vivre les traditions. Ou simplement de se fabriquer de beaux souvenirs 😉.Читать далее
Litang
15 октября, Китай
☀️ 4 °C
Nous quittons Xinduqiao pour Litang, à travers les immenses hauts plateaux du Kham, entre 4’000 et 4’500 mètres d’altitude, les yeux rivés sur les pâturages à perte de vue et les montagnes dénudées qui se succèdent. La G318, grand axe reliant Shanghai au Tibet, est aussi l’une des principales voies d’accès à Lhassa. Toujours beaucoup de circulation, donc, et pas moyen d’y échapper. Entre habitants, touristes et camionneurs, nous ne sommes probablement pas les seuls à être contents d’être arrivés avant la neige 👌🏻. Un ciel d’un bleu immaculé nous accompagne tout au long du trajet.
Nous arrivons à Litang, perchée à près de 4’000 mètres, l’une des villes les plus hautes du monde. Le souffle court 😬, nous commençons notre visite par l’imposant monastère de Litang Chöde, fondé en 1580 par le IIIe Dalaï-Lama.
Non loin de là, nous trouvons notre point de chute en plein milieu de la vieille ville, garons Nomade les quatre roues sur le trottoir, comme tout le monde, et passons des heures à déambuler dans ses ruelles pavées, entre maisons tibétaines aux façades colorées, portes sculptées, petites boutiques et moulins à prière. Rien ne presse et nous avons envie de profiter de ces derniers jours d’immersion dans la culture tibétaine.
Fondue chinoise au menu, facile… on connaît 🥱. Puis nous admirons les lumières chaudes qui éclairent les alentours de la maison historique de Renkang, où serait né le VIIe Dalaï-Lama en 1708. À 20 heures précises, une musique traditionnelle remixée façon pop chinoise, aux accents de K-pop, retentit soudain dans des haut-parleurs d’assez bonne qualité, à un volume peu propice au recueillement. Cela ne semble pourtant pas déranger les pèlerins qui continuent à déambuler entre les moulins à prière. Dans ce lieu chargé d’histoire, le contraste est assez savoureux.
Peu à peu, des habitants, surtout des jeunes, forment un grand cercle et se mettent à exécuter des chorégraphies. Nous pensons d’abord à un flash mob. Mais à chaque morceau, les pas et les mouvements de bras changent (et ils les connaissent tous par cœur!), tandis que le cercle tourne lentement. La plupart évoluent avec une grâce remarquable, d’autres suivent tant bien que mal, mais tous semblent y prendre plaisir. Nous découvrons le guozhuang, ou gorshey, une danse collective tibétaine traditionnellement pratiquée lors des fêtes et des rassemblements. Autrefois accompagnée de chants, elle se danse ici, visiblement, sur des musiques modernes. Autour du cercle, Tibétains et touristes chinois admirent le spectacle. Nous restons un bon moment à observer cette scène inattendue. Les danseurs se relaient, mais la musique continue jusqu’à 22 heures. À près de 4’000 mètres, nous admirons ces traditions tibétaines qui ont trouvé une manière bien vivante de rester dans le rythme!
Le lendemain, petit déjeuner désormais habituel: soupe, ou plutôt bouillon aux nouilles, accompagné d’un œuf au plat. De quoi faire le plein de minéraux et de protéines avant notre première série de trois tours du temple. Chaque tour est une manière d’accumuler des mérites spirituels, de purifier le karma négatif et de cultiver la compassion. Ces trois tours peuvent aussi symboliser les Trois Joyaux du bouddhisme: le Bouddha, le Dharma (son enseignement) et la Sangha (la communauté spirituelle). Nous n’avons définitivement plus envie de partir d’ici 😄.Читать далее

ПутешественникEt là, on n’en est qu’au premier tour et il manque encore la viande 😋. Tu auras remarqué la témérité de mon pull d’une blancheur presque éclatante.
Mont Yala, entre ciel et terre
13 октября, Китай
☀️ 13 °C
Nous quittons Danba en direction de Bamei et Tagong, toujours au cœur du pays tibétain. Après une longue montée, les vallées s’ouvrent progressivement sur d’immenses pâturages, les villages se font plus rares et les montagnes prennent de la hauteur. Nous aussi, d’ailleurs.
À Tagong, nous visitons le monastère de Lhagang, fondé selon la tradition au VIIe siècle, à l’époque du roi tibétain Songtsen Gampo. La légende raconte que la princesse chinoise Wencheng, en route vers Lhassa pour épouser le souverain, y aurait laissé une réplique d’une statue sacrée du Bouddha. C’est pourquoi le monastère est parfois surnommé le «petit Jokhang», en référence au célèbre temple de Lhassa. Un lieu de pèlerinage important, où la ferveur des fidèles nous impressionne toujours autant.
Un peu au hasard, nous empruntons ensuite une petite route en suivant deux autres 4x4 et grimpons jusqu’à près de 4’700 mètres. Là-haut, le spectacle est saisissant. Les sommets enneigés du mont Yala, montagne sacrée des Tibétains culminant à quelque 5’820 mètres, et du mont Yamu se découpent sur l’horizon. On raconte que tout Tibétain devrait contempler au moins une fois dans sa vie ces montagnes sacrées. Légende ou simple expression d’admiration, nous comprenons assez bien l’idée en observant des aigles royaux à la recherche des courants ascendants.
Non loin de là, nous trouvons un petit coin abrité vers 4’500 mètres pour passer la nuit. Difficile d’imaginer plus bel emplacement. Nous nous installons au milieu de ce décor grandiose, avec le sentiment d’être seuls au monde. Vers 21 heures, la température descend autour de 4 °C et nous décidons de fermer les hublots. Le chauffage, même à cette altitude, fonctionne toujours à merveille et la nuit se passe plutôt bien, du moins pour Roland. Margrit, elle, compte les yaks🐂🐂🐂 pendant une bonne partie de la nuit et attend le premier café avec une certaine impatience 👀.
Au petit matin, le soleil vient embraser les sommets enneigés. Un spectacle dont nous avons le privilège de profiter dans un silence absolu. Finalement, même Margrit semble trouver que la nuit en valait la peine.
Nous redescendons vers la vallée et découvrons, presque par hasard, le grand monastère de Muya (Muya Dasi), posé au milieu d’une immense prairie, au pied du mont Yala. Un ensemble impressionnant de temples aux toitures dorées, de bâtiments monastiques et de vastes enceintes, appartenant à l’école Nyingma du bouddhisme tibétain. Son nom rappelle celui des Muya, une population tibétaine du Kham qui a conservé sa propre langue et ses traditions. L’architecture évoque les grands monastères du Tibet, mais c’est surtout le contraste entre la monumentalité des bâtiments, l’immensité du paysage et la tranquillité des lieux qui nous impressionne.
Nous poursuivons vers Kangding, avec un passage par les hauteurs du col de Zheduo, dont la plateforme panoramique culmine à près de 4’300 mètres. La dernière centaine de mètres se gravit par des escaliers qui, à cette altitude, représentent un réel défi 😫. Les paysages restent grandioses, mais nous retrouvons une circulation dense, surtout des camions, là où nous ne l’attendions pas forcément. À cette altitude, les moteurs peinent, mais ne pas doubler n’est pas envisageable. Alors on y va, le karma est avec nous et tout finit par s’arranger.
Kangding ne nous inspire pas particulièrement pour y terminer la journée. Nous poursuivons donc jusqu’à Xinduqiao, à quelque 3’500 mètres d’altitude, où nous retrouvons un peu de calme et un lit plus conventionnel. Le luxe est parfois une notion toute relative.Читать далее
Au pays des Tibétains Gyalrong
12 октября, Китай
⛅ 18 °C
Trois jours à travers les montagnes et les vallées du Sichuan occidental, où les paysages changent presque aussi vite que les noms des villages, et où nous nous enfonçons un peu plus dans un monde tibétain à la fois étrange et familier.
Pour commencer, nous quittons Songpan pour les immenses prairies de Hongyuan, à plus de 3’000 mètres d’altitude, où la première neige nous attend. Elle recouvre ces étendues à perte de vue et donne au paysage un air féerique, presque irréel, tout droit sorti d’un jeu vidéo. Puis les prairies cèdent progressivement la place aux montagnes, les vallées se resserrent et nous descendons vers Barkam, capitale de la préfecture autonome tibétaine et qiang d’Aba.
Nous entrons dans le pays des Gyalrong, une population tibétaine dont la langue, les traditions et surtout l’architecture se distinguent de celles rencontrées jusqu’ici. Toujours beaucoup de monastères, mais surtout des maisons de pierre qui ressemblent à de petites forteresses, avec leurs murs massifs, leurs fenêtres encadrées de couleurs vives et leurs portes et balcons ornés de boiseries finement sculptées. Un mélange de robustesse et de fantaisie fascinant.
Nous visitons la résidence des anciens chefs locaux, les tusi, un étonnant mélange de château fort et de palais tibétain. Juste à côté, le village de Xisuo, avec ses maisons de pierre serrées les unes contre les autres, ses ruelles étroites et ses boiseries colorées, où la vie semble suivre tranquillement son cours.
Nous poursuivons vers Jinchuan, par une route qui serpente au-dessus de la rivière Dadu, entre falaises, villages, potagers et champs de maïs encore sur pied, le tout baigné dans une fantastique lumière automnale. Par endroits, la route est si étroite qu’on espère ne croiser personne au prochain virage 🫣. Et comme si cela ne suffisait pas, elle est en travaux sur une bonne partie des quelque 80 kilomètres. Notre GPS nous annonce successivement qu’elle est fermée, ouverte, puis de nouveau fermée, avant de nous proposer un détour de près de 180 kilomètres 🤪. On verra bien. Si ça ne passe pas aujourd’hui, on trouvera toujours un endroit où passer la nuit.
À une trentaine de kilomètres de Danba, nous nous arrêtons au monastère de Jiarong Yungdrung Lading Guangfa (vraiment?), un ancien centre religieux du pays tibétain Gyalrong, dont l’histoire est pour le moins mouvementée.
Nous sommes chaleureusement accueillis par les moines, qui nous font visiter les lieux et nous😉 racontent leur histoire, avec l’aide des traducteurs de leurs propres téléphones 😄. Eh oui, sous chaque robe monastique se cache apparemment un smartphone, et nos hôtes semblent parfaitement à l’aise avec les dernières technologies.
Le monastère trouve ses origines dans le Yungdrung Bön, une tradition religieuse tibétaine aux racines prébouddhiques. Selon le récit local, sa fondation remonterait à près de 2’000 ans. Longtemps important centre spirituel, il traverse les siècles au gré des rivalités religieuses et politiques. Transformé en monastère de l’école Gelug au XVIIIe siècle, puis malmené pendant la Révolution culturelle chinoise (1966–1976), sous Mao Zedong, il a depuis été reconstruit et renoue avec son héritage bön. Une histoire compliquée, que nos hôtes nous racontent avec une patience et une gentillesse remarquables.
Au moment de prendre congé, les moines nous invitent à déjeuner dans la cour du monastère avec les familles qui vivent encore dans l’enceinte. Un moment d’une simplicité désarmante, entre sourires, conversations approximatives et curiosité réciproque. Nous repartons passablement émus et les bras chargés de nourriture, que nous offrirons à notre tour au fil de la route. Une belle manière de prolonger cette générosité spontanée.
Difficile de rendre justice à ces paysages et à ces villages en quelques images, d’autant que les photos sont interdites dans la plupart des temples. Plus difficile encore de décrire ce que nous ressentons devant ces immensités, ces vallées perdues et surtout ces rencontres inattendues, où l’on nous accueille à bras ouverts, avec une spontanéité et une générosité qui nous laissent parfois sans voix. En venant, nous nous attendions à quoi au juste ? Dans tous les cas, nous repartirons avec bien plus 😉.Читать далее

Путешественник
On dirait la Banhofstrasse de Zermatt mais en version tibétaine 😳
Jiuzhaigou
9 октября, Китай
☁️ 19 °C
Nous quittons Langmusi par les immenses prairies de Ruoergai, avec quelques villages, monastères isolés, troupeaux de yaks et drapeaux de prières sur notre route. Puis nous retrouvons le relief et les forêts en approchant de la célèbre vallée de Jiuzhaigou, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. La Golden Week touche à sa fin, mais il y a encore bien trop de monde à notre goût. Même le simple fait de passer devant l’entrée du parc, dans une circulation chaotique, nous prend 20 minutes. Bon, nous ne sommes pas pressés et nous nous prenons volontiers au jeu du Tetris des bouchons. Comme d’habitude, tout le monde pousse, mais personne ne s’énerve.
Nous trouvons notre hébergement coincé entre une école hypermoderne et une maternelle. Une image de déjà-vu sous d’autres latitudes 😂: à la fin de la journée, les parents attendent leurs enfants à la sortie, avec des centaines de voitures garées n’importe comment, pourvu qu’ils puissent récupérer leur progéniture au plus vite.
Bien reposés, nous optons pour une boucle par Shenxianchi et le village tibétain de Dalu, loin des foules et des circuits organisés. La route serpente entre forêts flamboyantes, rivières limpides et petits villages accrochés aux montagnes.
Shenxianchi, dont le nom tibétain Nen Sangcuo signifie approximativement «l’endroit où les fées se baignent», est une sorte de Jiuzhaigou miniature. Des bassins turquoise, des terrasses de calcaire blanc et des formations de travertin façonnées au fil des millénaires, le tout au milieu de forêts anciennes. Un décor inouï où l’on nous propose même de nous porter pour gravir les quelques centaines de marches . On est tentés, mais bon…
Prochaine étape: Dalu, un village tibétain qui n’a manifestement pas encore jugé nécessaire de se transformer en attraction. Un monastère, quelques maisons traditionnelles, des ruelles, des cultures et la vie qui suit son cours, sans se soucier de notre passage.
Le soir, nous sommes invités dans la famille des propriétaires de notre hôtel pour fêter le prochain mariage de leur fille. Nous finissons la soirée avec eux et une inévitable bouteille de baijiu, une eau-de-vie chinoise titrant généralement entre 40 et 60 % d’alcool, produite surtout à partir de sorgho, mais parfois aussi de riz.
干杯!(Gānbēi!) Littéralement: «Vidons nos verres!» Ce que Roland ne savait pas encore en commençant 🤪. La prochaine fois, ce sera plutôt 随意!(Suíyì!): «Chacun à son rythme!» Bon, nous y avons peut-être laissé quelques neurones, mais gagné le respect et des amis pour la vie 👌🏻.Читать далее
红星乡 - Langmusi, la Chine tibétaine
7 октября, Китай
☀️ 12 °C
Sur la route, nous prenons doucement de la hauteur au milieu des grandes prairies aux couleurs d’automne. La plupart des lieux touristiques sont officiellement fermés, mais restent accessibles sans problème. Les derniers touristes chinois de la Golden Week s’en émerveillent autant que nous et les échanges sont nombreux. Par contre, pour nos arrêts de ravitaillement, au restaurant ou à l’hébergement, nous devons passer nos traducteurs au tibétain pour pouvoir nous faire comprendre.
Cette montée progressive est aussi une bonne occasion de nous adapter à l’altitude. Les hauts plateaux tibétains de Chine, à plus de 4’000 mètres, se rapprochent. Nous gardons donc un œil sur la météo: aux premières chutes de neige, certains passages peuvent fermer, au moins temporairement.
Nous étions un peu tôt dans la saison pour éviter les grosses chaleurs en Ouzbékistan, mais ce timing était presque inévitable si nous voulions franchir les cols qui nous attendent, dont certains approchent les 4’700 mètres, avant la fin octobre.
Comme le camping sauvage est fortement restreint dans cette région et que les campings officiels sont pour la plupart fermés, nous trouvons des homestays ou d’autres hébergements dans les villes, avec toujours un œil sur les températures annoncées à l’aube, pour éviter que le peu d’eau laissé en réserve dans Nomade ne gèle. Dans le doute, Roland se lève à 4 heures pour aller mettre le chauffage en route… 🥶
L’ambiance matinale est magique: les rues et ruelles tibétaines baignent dans de fines nappes de fumée. Devant de nombreuses portes, de petits brûle-parfums laissent se consumer du genévrier et d’autres plantes aromatiques, une fumigation rituelle destinée à purifier les lieux et à honorer les divinités. Dans presque chaque échoppe, nous retrouvons aussi des sachets de tsok, mélanges destinés aux offrandes, composés de sel, céréales, fruits secs, graines, sucre ou autres aliments. Le religieux semble parfaitement intégré au quotidien, tout comme les pèlerinages matinaux autour des monastères ou les passages devant les innombrables moulins à prières. Nous en avons d’ailleurs pris l’habitude et, au bout d’un moment, il devient difficile d’y résister. 🤣
Arrivés à Langmusi, notre maigre culture bouddhiste est rapidement mise à l’épreuve. À l’intérieur des monastères, nous reconnaissons quelques Bouddhas, puis les choses se compliquent: aux figures sereines s’ajoutent des divinités aux multiples bras, des personnages féroces, des créatures animales et même des figures qui semblent tout droit sorties de l’hindouisme. Nous apprenons que le bouddhisme tibétain s’est nourri du tantrisme indien, dont il a repris et transformé certaines divinités, avant d’intégrer également d’anciennes croyances tibétaines et des esprits locaux.
Les personnages les plus inquiétants sont souvent des protecteurs du Dharma. Malgré leur apparence terrifiante, ils ne sont pas comparables aux démons de notre tradition occidentale. Leurs crocs, armes, crânes et expressions féroces représentent la force nécessaire pour combattre l’ignorance et les obstacles à l’éveil.
Un panthéon foisonnant où Bouddhas, divinités indiennes, animaux mythologiques et esprits des montagnes cohabitent. Comme quoi, les grandes religions ne remplacent pas toujours ce qui les précède; elles s’en enrichissent et se l’approprient.
Jusqu’ici, tout va bien. La météo est au beau fixe, la route est ouverte et nous continuons à prendre de l’altitude et à nous émerveiller de la cuisine et de la culture locales.Читать далее

ПутешественникQuel fabuleux voyage vous faites! Quand vous rentrerez tout vous paraitra si terne. Peut être n’allez vous pas rentrer!
Xining, carrefour des mondes
5 октября, Китай
☀️ 15 °C
Nous avons décidé de rester encore un peu pour visiter Xining, capitale de la province du Qinghai, et tout faire tenir dans une seule journée. Du bouddhisme tibétain à l’islam hui et la culture tibétaine:
西宁海湖新区美居酒店 → 塔尔寺 – Ta’er / Kumbum
Nous quittons notre hôtel pour prendre la direction du sud, vers le monastère de Kumbum, ou Ta’er Si en chinois, à environ 35 km.
Kumbum est l’un des six grands monastères de l’école Gelug, les «bonnets jaunes» du bouddhisme tibétain. Le lieu est intimement lié à Tsongkhapa, fondateur de cette école, né ici en 1357. Une première stupa aurait été érigée en 1379 à l’endroit de sa naissance, puis le monastère s’est développé autour d’elle à partir du XVIe siècle. D’où son nom chinois: Ta’er Si, littéralement le monastère de la pagode.
La Golden Week laisse des traces, même si tout ce petit monde reste très civilisé. Nous découvrons surtout que la notion chinoise de distance de sécurité intime est sensiblement plus mince que la nôtre.
Devant nous, une masse compacte en mouvement constant. Inutile de chercher son chemin: il suffit de se laisser emporter par le courant.
L’entrée est gratuite pour les plus de 60 ans, comme dans beaucoup de sites que nous avons visités jusqu’ici. Nous avons donc toujours nos passeports sur nous, au moins en photo. Le respect des anciens reste bien ancré en Chine!
Pas qu’on nous laisserait passer devant, ça non. Faut pas pousser.
Ou plutôt si, justement.
Nous apprenons donc rapidement les règles locales de navigation en milieu dense: anticiper le mouvement, repérer les espaces vacants, profiter d’une ouverture et se placer en position avantageuse devant une statue de Bouddha ou un moine tibétain à l’œil bienveillant.
Finalement, une foule chinoise fonctionne un peu comme un rond-point sans marquage au sol: de loin, on se demande comment cela peut marcher. Une fois dedans, ça marche très bien.
Quant aux petites manifestations corporelles que nous nous efforçons généralement de contenir en milieu dense sous nos latitudes, elles semblent ici vécues avec beaucoup plus de naturel. Chacun vaque à ses occupations et, manifestement, personne n’y prête grande attention.
Mais au-delà de la foule, nous sommes surtout impressionnés par la dévotion et l’application avec lesquelles la quasi-totalité des visiteurs accomplit les rituels devant les statues et les objets sacrés. La Chine a beau être profondément marquée par le confucianisme et avoir traversé quelques décennies plutôt mouvementées avec la religion, dans les cœurs, certaines croyances semblent n’avoir jamais vraiment disparu.
塔尔寺 → 东关清真大寺 – Mosquée Dongguan
Changement complet d’univers.
Nous rejoignons la grande mosquée Dongguan, cœur historique de la communauté musulmane hui de Xining. À notre arrivée, c’est l’heure de la prière. Les non-croyants que nous sommes restent donc respectueusement en retrait. La mosquée est toujours un véritable lieu de culte, pas un décor destiné aux visiteurs.
Mais les ruelles commerçantes qui l’entourent valent à elles seules le détour.
À Xia Nanguan et dans les rues voisines, étals et petites échoppes débordent de brochettes, viande de mouton, nouilles tirées à la main, pains, pâtisseries, fruits secs et autres spécialités hui. Ici, le marché n’a rien d’une vitrine aseptisée: ça cuisine, ça négocie, ça mange, ça circule et ça klaxonne quelque part derrière.
Quelques centaines de mètres suffisent pour passer du Tibet bouddhiste à la Chine musulmane et la cohabitation semble très bien fonctionner..
东关清真大寺 → 青海藏文化博物院 – Musée de la culture et de la médecine tibétaines
Et là, nous prenons une claque (et perdons Margrit pendant quelques heures entre les illustrations 😂)
Nous commençons par le musée de la médecine tibétaine. Une tradition dont les racines remontent à près de deux millénaires et dont la grande synthèse, les Quatre Tantras médicaux, remonte au VIIIe siècle.
Devant nous, des dizaines de thangkas médicaux reproduisent un extraordinaire atlas du corps et de la maladie. Les 80 planches présentées regroupent quelque 6’480 petites illustrations: anatomie, organes, symptômes, plantes médicinales, diagnostics, traitements, instruments chirurgicaux, mais aussi influences des saisons, de l’alimentation, de l’environnement et de l’astrologie. Une médecine où le corps humain n’est jamais vraiment séparé du monde qui l’entoure.
Puis nous passons juste à côté, dans le musée consacré plus largement à la culture tibétaine.
Nouvelle claque.
Les deux musées réunissent aujourd’hui des dizaines de milliers d’objets et documents consacrés à la médecine, à la calligraphie, aux arts, aux croyances, aux objets quotidiens et aux traditions du plateau tibétain.
Et puis il y a les vêtements.
Une créativité, une richesse de couleurs et une variété que nous étions loin d’imaginer. Chaque région, parfois chaque vallée, semble avoir développé ses propres codes: formes, coiffes, bijoux, broderies, superpositions de tissus, peaux et couleurs.
À côté, nous passons pour de sobres souris grises dotées de bien peu d’imagination vestimentaire.
Bon, il faut reconnaître qu’ils avaient du temps pendant les longs hivers des hauts plateaux. Mais ces vêtements avaient aussi une fonction très concrète: protéger du froid, du vent et des écarts considérables de température. La grande robe tibétaine pouvait servir de manteau le jour, être portée différemment lorsque la température montait et devenir pratiquement une couverture lorsque la nuit tombait. Le vêtement était protection, identité, statut social et parfois patrimoine familial à lui tout seul.
Nous étions venus voir un musée. Nous en ressortons avec l’impression d’avoir entrouvert la porte d’une civilisation.
青海藏文化博物院 → 西宁海湖万达广场 – Haihu Wanda Plaza
Place au shopping.
Deux ou trois trucs à remplacer et, peut-être aussi, l’envie de nous retrouver quelques heures dans un environnement qui nous est familier et que nous pensons maîtriser.
Enfin, «familier» est vite dit.
Le shopping mall est gigantesque. Nous avons l’impression qu’on pourrait y caser assez facilement une petite ville suisse. Allez, Morges par exemple. Le tout sur cinq étages, sans compter les parkings en dessous.
Et nous entrons avec Nomade.
Aucun problème.
2,60 mètres de hauteur sous plafond.
西宁海湖万达广场 → 唐道637 – Tangdao 637
Quelques minutes plus loin, changement d’ambiance.
Tangdao 637 est un immense ensemble commerçant et piétonnier mêlant boutiques, restaurants et espaces de promenade.
Et quand je dis immense, la zone des restaurants nous donne l’impression d’avoir à peu près la taille du vieux Carouge.
Notre troisième bouillon chinois nous attend.
Cette fois, nous nous y prenons comme des pros.
C’est tout juste si nous acceptons le tablier de protection en le regardant avec un léger dédain. Nous avons désormais de l’expérience.
Bon.
Nous n’avons absolument rien compris à la carte.
Mais le service a la bonté de nous fournir des images et une traduction, et quelques minutes plus tard arrivent bouillon, viande, légumes, pâtes et champignons.
Nous sommes peut-être encore incapables de lire le menu, mais nous savons désormais quoi faire lorsqu’une marmite bouillante apparaît au milieu de la table.
Le progrès se mesure parfois à peu de chose.
唐道637 → 西宁海湖新区美居酒店
Bien plus tard à travers une ville illuminée, retour à l’hôtel.
Bouddhisme tibétain, islam hui, médecine millénaire, costumes improbablement colorés, foule de Golden Week, shopping mall format mégapole et bouillon chinois: nous rentrons à l’hôtel comblés.Читать далее
Qilian Mountain Highway No. 9
3 октября, Китай
☀️ 17 °C
Aujourd’hui, le paysage est le programme.
Nous quittons Sunan par la G213 en direction de Qilian. Cette portion constitue le cœur de la 祁连山9号公路, la fameuse route No. 9, qui traverse les monts Qilian entre le Gansu et le Qinghai.
La G213 se faufile entre les falaises et la rivière Heihe, puis s’ouvre sur les prairies d’altitude. Le décor change presque à chaque virage et les troupeaux de chèvres et de yaks sont de plus en plus nombreux. Plus haut, les premiers sommets sont déjà blanchis par l’automne.
La route grimpe longtemps au-dessus de 3’000 mètres et atteint près de 3’800 mètres au tunnel de Dongshan. À cette altitude, le paysage se dépouille peu à peu et nous profitons de cette lumière particulière des hauts plateaux.
Nous ne sommes évidemment pas seuls.
Passablement de monde sur la route et quelques bouchons, généralement provoqués par des troupeaux de chèvres ou de yaks qui occupent tranquillement la chaussée, coincée entre la falaise et la rivière. Et, pour pimenter la progression, quelques camions lancés à pleine vitesse nous dépassent avec une préférence assez nette pour les virages aveugles.
La lenteur imposée par les troupeaux nous laisse tout le temps d’admirer le paysage. Les camions, eux, nous offrent quelques instants de réflexion sur la destinée humaine, le karma et le caractère finalement très relatif de notre passage sur terre 😉.
Définitivement, nous ne sommes pas si différents.
Proche de Qilian, changement d’atmosphère avec Arou Big Temple, ou Arou Dasi, le plus important monastère de l’école Gelug du bouddhisme tibétain dans le district de Qilian. Son histoire commence au XVIe siècle, lorsque le troisième Dalaï-Lama, Sonam Gyatso, vient enseigner auprès de la tribu tibétaine Arou. Les Arou étaient des nomades. Lorsque la tribu déplaçait ses troupeaux à travers les hauts plateaux, le monastère voyageait avec elle.
Pas de murs, pas de fondations: les salles de prière étaient installées sous de grandes tentes en poil de yak et des yourtes. Les moines, les textes sacrés et les objets religieux suivaient les migrations. La foi, elle aussi, voyageait à cheval. Au XIXe siècle, lorsque les Arou migrèrent vers le nord et finirent par s’établir dans la région de Qilian, leur monastère les suivit une nouvelle fois. Il devint progressivement permanent et se développa jusqu’à devenir le principal monastère Gelug de la région. Une religion qui s’adapte à ses fidèles, cela paraît presque naturel 😉.
Notre point de chute pour la journée: un pré au bord d’une rivière à près de 3’000 mètres d’altitude.
Ce soir, pas de check-in, juste un update de la voiture: nettoyage, rangement et un plat de pâtes pimenté, pour ne pas perdre l’habitude 🌶️🥵, accompagné d’un verre de Cabernet chinois.
Au réveil: –4 °C et les vitres givrées.
Le chauffage fonctionne définitivement très bien. Nous aussi: bien au chaud sous nos couettes, pendant que dehors les Qilian nous rappellent tranquillement que l’hiver n’est plus très loin.Читать далее
Aux portes du monde tibétain
2 октября, Китай
☀️ 17 °C
Avant de quitter Zhangye, nous passons par le Grand Temple du Bouddha Dafo Si. Derrière les murs assez discrets sommeille un gigantesque Bouddha couché de près de 35 mètres, représentation de Shakyamuni entrant dans le nirvana. Allongé dans la pénombre du grand hall, entouré de ses disciples, il impose moins par sa taille que par la sérénité du lieu. Une dernière parenthèse silencieuse avant de reprendre la route vers le sud.
Nous sommes le 1er octobre, jour de la Fête nationale chinoise, qui commémore la fondation de la République populaire de Chine en 1949 et marque le début de la fameuse «Golden Week». Cette année, sept jours de congé, du 1er au 7 octobre, durant lesquels une bonne partie du pays semble avoir décidé de voyager en même temps.
Nous sommes toujours bien loin des bouchons et files d’attente que nous pouvons connaître en Europe et malgré les vacances et le nombre de visiteurs, tout fonctionne avec une efficacité assez déconcertante. Pas ou peu d’attente et, dès que nous hésitons quelque part, quelqu’un finit invariablement par venir à notre secours, nous prenant presque par la main pour nous montrer comment faire plus efficacement. Et jamais, au grand jamais, la moindre impatience lorsque nous posons, traducteur interposé, des questions qui doivent parfois leur sembler assez incongrues. Genre: est-ce que ce bus va bien vers la sortie, ou allons-nous repartir pour une nouvelle boucle et revivre la même journée jusqu’à être capables de poser la question dans un chinois impeccable?
En quittant Zhangye, nous approchons assez rapidement les montagnes des Qilian. Une soixantaine de kilomètres plus loin, Mati Si apparaît au pied des montagnes. Ici, le bouddhisme s’est installé dans la falaise. Les premières grottes ont été creusées il y a environ 1’600 ans et l’ensemble s’est développé au fil des siècles. Mati Si forme aujourd’hui un vaste complexe de sanctuaires et de grottes, dont les Qianfo Caves, les «grottes des Mille Bouddhas», où subsistent sculptures et peintures remontant, pour certaines, aux premiers siècles du site.
Plus nous avançons, plus l’atmosphère change. Aux formes du bouddhisme chinois se mêlent progressivement celles du bouddhisme tibétain. Couleurs plus vives, drapeaux de prières, représentations de divinités et petites chapelles accrochées à la montagne: nous sommes encore dans le Gansu, mais tout annonce déjà le monde tibétain. Les moulins de prière font leur apparition et les peluches sont remplacées par les objets de dévotion tibétains, ou porte-bonheur pour les profanes que nous sommes.
Nous continuons ensuite vers Sunan, au cœur des terres yugur. La route s’enfonce dans des vallées de plus en plus étroites aux couleurs automnales. Falaises rouge flamboyantes, montagnes couleur de cendre et torrents gris-vert se succèdent. Les sommets des Qilian ferment progressivement l’horizon et, par endroits, la route semble avoir été glissée de force entre la rivière et la montagne. Magnifique pour rouler. Beaucoup moins évident pour trouver un endroit où disparaître pour la nuit. À chaque piste prometteuse, une barrière. Ailleurs, le fond de la vallée est si étroit que camper reviendrait pratiquement à nous installer au bord de la route.
Nous finissons donc par nous résigner à louer pour la nuit une sorte de cabane-tente semi-rigide. Un compromis tout à fait acceptable, d’autant qu’un petit restaurant se trouve à proximité. Ça tombe bien. Nous avons pris l’habitude et ne nous en lassons pas. Nous découvrons en revanche que dans la région, les Chinois entretiennent une relation assez décomplexée avec le gras. Pas le petit morceau que l’on écarte discrètement sur le bord de l’assiette. Le vrai. Du 70/30, en faveur du gras. On se dit que cela donne certainement du goût au bouillon et nous nous concentrons sur le reste: légumes, pâtes et champignons suffisent largement à notre bonheur.Читать далее

Путешественник
Tu peux faire la même chose avec le Karcher en début de saison
Les montagnes colorées de Zhangye
1 октября, Китай
🌙 17 °C
Une journée dans les montagnes colorées de Zhangye Qicai Danxia, où la nature semble avoir oublié toute notion de sobriété. Des rouges profonds, des ocres, des jaunes, des gris bleutés se succèdent en strates presque irréelles. Une incroyable intensité de couleurs, sculptées par le relief et changeant au gré de la lumière, qui, en peinture, nous auraient paru complètement fantaisistes.
Le parc est immense et ne se parcourt qu’en bus, reliant les différents points de vue au milieu d’un ballet incessant de visiteurs. Tout aurait été très simple si nous avions pensé à noter par quelle gate nous étions entrés. Confiants dans notre sens de l’orientation, nous n’en avions évidemment rien fait et nous nous sommes fiés à notre instinct… En fin de journée, sales, les habits en lambeaux, affamés et fatigués, nous avons finalement retrouvé la bonne sortie et, avec elle, notre propre moyen de transport.
La prochaine fois, quelques petits cailloux blancs feront l’affaire…Читать далее
Jiayuguan et la Grande Muraille
30 сентября, Китай
☀️ 17 °C
Nous quittons Dunhuang vers l’est par le corridor de Hexi, toujours sur les traces des anciennes caravanes de la Route de la soie. Le jeune Vénitien Marco Polo, embarqué par son père et son oncle, est passé par ici au XIIIᵉ siècle, à cheval ou à dos de chameau, au cours d’un voyage qui dura quatre ans. J’imagine qu’à 17 ans, il a vécu quelques moments de solitude face au vide sidéral pré-Instagram. Une façon d’être coupé de son écosystème habituel que nous pouvons à peine imaginer dans notre monde hyperconnecté.
À Guazhou, nous changeons définitivement d’époque avec le Gobi International Sculpture Art Corridor, étonnante série d’œuvres monumentales semées en plein désert. Nous passons de l’imposant visage de l’empereur Wu des Han à un voyageur enjambant les monts Qilian, avant de découvrir le surprenant Fils de la Terre, bébé géant paisiblement endormi sur le Gobi. Une galerie d’art sans murs, où l’espace entre deux œuvres se compte plutôt en kilomètres.
Plus tard, nous retrouvons les grottes de Yulin, qui ont un air de famille avec celles de Dunhuang. Creusées dans la falaise et couvertes de peintures bouddhiques, elles racontent elles aussi le long voyage d’une religion née en Inde, passée par l’Asie centrale avant de gagner la Chine (comme partout, interdiction de prendre des photos 😩).
Puis le décor change doucement. Le désert laisse place aux cultures: coton, dernières moissons et épis de maïs qui sèchent au bord des routes. Pendant des kilomètres, peupliers et saules bordent notre chemin, déjà habillés des couleurs de l’automne. Le jaune gagne du terrain, l’air fraîchit et Jiayuguan, proche des 2’000 mètres, nous rappelle que l’été est désormais derrière nous.
À l’arrivée, nous nous laissons tenter par une fondue chinoise. Notre deuxième du voyage, et les progrès sont visibles. Les baguettes coopèrent face aux vermicelles de patate douce d’une longueur insoupçonnée, les ingrédients ne disparaissent plus mystérieusement au fond du bouillon ou sur nos habits et nous commençons presque à avoir l’air de savoir ce que nous faisons 😎.
Le lendemain, Zixuan nous fait découvrir une autre spécialité locale: le vin. Visite des immenses caves, dégustation et quelques bouteilles pour compléter notre modeste cave à bord de Nomade.
Puis viennent les traces du passé: les tombes Wei-Jin, discrètes à la surface mais riches des scènes de vie qu’elles cachent depuis plus de seize siècles. Après la First Beacon Tower, ancienne tour de signalisation au bord de la gorge de la rivière Taolai, avec le Gobi qui s’étire derrière. Elle faisait partie de l’extrémité occidentale du système défensif Ming. Dans la foulée, le Jiayuguan Pass, forteresse impressionnante qui remonte à 1372 et contrôlait ce passage du corridor de Hexi.
Et enfin, le moment attendu depuis longtemps: la Grande Muraille de Chine. Pas celle des cartes postales de Pékin avec ses montagnes verdoyantes, que nous avons visitée il y a bien longtemps. Ici, elle se fond dans la terre et le Gobi avant de grimper sur les reliefs du Qilian. Elle paraît moins spectaculaire, peut-être, mais plus authentique.
Nous aimons cette alternance entre ville et campagne, culture et histoire, puis grands espaces où nous pouvons à nouveau nous perdre un peu dans la nature. Mais après chaque parenthèse urbaine, aussi agréable soit-elle, nous sommes heureux de retrouver Nomade, de reprendre la route et de regarder la ville disparaître doucement dans les rétroviseurs. Finalement, notre endroit préféré reste peut-être celui qui se trouve quelque part entre deux destinations.Читать далее
Dunhuang
28 сентября, Китай
☁️ 23 °C
Deux jours de tourisme à Dunhuang.
On commence par les ruelles des barbiers. Si, si, cela existe 😏. Des petites échoppes alignées, des fauteuils qui ont probablement connu plusieurs générations de clients et une activité qui déborde tranquillement sur le trottoir.
Puis vient l’heure du lunch. Nous choisissons la rue des restaurants et appliquons désormais une méthode de sélection d’une rigueur presque scientifique: nous nous installons là où il y a le plus de monde. Si ce sont des habitués et qu’ils sont toujours en vie, on peut raisonnablement leur faire confiance. Ou alors, il y a la méthode bouddhique: on mange ce dont on a envie et le karma s’occupera du reste 🧘🏼.
Au programme, les célèbres dunes de Mingsha et leur lac en forme de croissant. Un incontournable lieu touristique et le paysage est magnifique. Devant la file de touristes attendant leur tour pour grimper sur l’un de ces pauvres chameaux, en revanche, l’envie de participer nous quitte assez subitement. Un peu blasés? Peut-être bien , et on passe notre tour.
Les 735 grottes de Mogao, par contre, elles, sont impressionnantes et on accompagne volontiers un petit groupe de touristes anglophones. Creusées et décorées entre le IVe et le XIVe siècle, elles témoignent de près de mille ans d’art bouddhique le long de la Route de la soie. Pendant des siècles, souverains, familles puissantes, marchands et dignitaires ont financé leurs grottes, leurs statues et leurs peintures en témoignage de leur foi, avec l’espoir d’accumuler quelques mérites spirituels au passage.
En simplifiant beaucoup: financer son petit bout d’éternité pouvait apparemment aider sur le chemin du Nirvana. Il me semble avoir déjà entendu quelque chose de semblable ailleurs… 😇
Le soir, changement complet de décor avec 《又见敦煌》 – Encore Dunhuang, l’étonnant spectacle immersif de Dunhuang. Ici, pas vraiment de scène traditionnelle: le public se déplace à travers différents espaces et les scènes apparaissent autour de nous. Personnages de la Route de la soie, danseurs, marchands, moines et fragments de l’histoire de Dunhuang surgissent puis disparaissent dans des décors monumentaux. On marche littéralement à travers le spectacle avant que la dernière partie ne retrouve une salle plus classique. Une manière spectaculaire, parfois démesurée et très chinoise, de raconter près de deux mille ans d’histoire en un peu plus d’une heure.
Entre deux visites, nous nous perdons surtout dans les ruelles de la ville. Et nous profitons… enfin, de tout. Les odeurs des cuisines, les voix, les scooters électriques qui surgissent silencieusement de nulle part, les étals, les regards, les gestes, les sourires. Tous les sens sont en éveil. Nous avons l’impression d’engranger les impressions aussi vite que nous échangeons avec à peu près tout le monde, à chaque instant. Quelques mots de chinois, beaucoup de gestes, un téléphone pour traduire et, assez souvent, de grands éclats de rire font le reste.
Comme nous en avons maintenant pris l’habitude, tous les deux ou trois jours nous transmettons notre position approximative à nos gentils guides, postés bien loin d’ici dans leur bureau. Ils continuent malgré tout à nous suivre à distance et à nous envoyer de précieux conseils: par où passer et, parfois plus utile encore, par où ne pas passer.
Quant à conduire en Chine, nous commençons à en connaître les petits rituels.
Péages, checkpoints, stations-service, parkings: ici, tout ou presque fonctionne avec la lecture automatique des plaques. Les caméras sont omniprésentes.
Avec notre Toyota suisse et ses plaques étrangères ET chinoises, le système connaît souvent un petit moment de solitude 🤔. Alors la personne en faction, uniforme ou pas, sort le joker. Elle appelle un collègue, un chef, un cousin ou quelqu’un qui connaît quelqu’un qui saura peut-être quoi faire de cette drôle de voiture venue de très loin.
On discute, on montre les papiers, on sourit.
Et finalement, comme presque toujours depuis notre arrivée en Chine, on finit par s’entendre.
Une télécommande sort d’une poche, un QR code WeChat apparaît et on paie. Dans tous les cas, la barrière se lève.Читать далее
Désert de Gobi
26 сентября, Китай
☀️ 15 °C
À l’entrée du Gobi, nous avions parcouru le Dahaidao, ces anciens «fonds marins» aux portes de Hami. Le vent et le sable y ont sculpté la roche durant des millénaires, créant un monde improbable de tours, de murailles, de silhouettes et d’animaux pétrifiés. Un paysage de yardangs où l’imagination finit par donner à ces étranges sculptures des formes qui nous sont familières. Une boucle longue de 200 km, avec une première partie sur un goudron citadin bien lisse et la seconde transformée en terrain de jeu pour 4x4, où chacun tente d’éviter la tôle ondulée à sa manière.
Après une nuit à Hami et quelques visites qui nous sont chères: temples et marchés ouïgours, nous prenons les S245 puis S240, deux routes secondaires, et entrons véritablement dans l’immensité du Gobi. Au bout d’une centaine de kilomètres sur la S245, l’après-midi touche à sa fin. Nous quittons la route et nous enfonçons de quelques kilomètres dans le sable pour établir notre bivouac pour la nuit, seuls parmi les dunes ocre, parfois presque brunes, saupoudrées de gravillons blancs comme du sucre glace.
Nous y laissons nos traces sans savoir combien de temps elles resteront lisibles. Malgré nos pas prudents, chaque foulée soulève son petit nuage de poussière.
Le soir, luxe un peu surréaliste au milieu de nulle part: tagliatelles aux morilles et un verre de vin rouge chinois, assez bon pour le coup 😋. À l’ouest, le soleil disparaît derrière les dunes tandis qu’à l’est, la lune presque pleine est déjà bien visible.
Nous sommes seuls au milieu de cette immensité. Tout semble immobile, ancien, presque intact. Les caravanes de la Route de la soie ont traversé ces terres bien avant nous, et l’on imagine facilement le vent effacer nos empreintes comme il a effacé les leurs.
Reste cette étrange impression que le décor, lui, n’a guère changé depuis des siècles.Читать далее
De Turfan au Gobi
24 сентября, Китай
☀️ 31 °C
Depuis Ürümqi, nous plongeons vers Turfan, oasis improbable posée au milieu d’un décor qui semble ne pas avoir vu la pluie depuis bien longtemps.
Première halte aux Karez, ingénieux réseau souterrain qui amène l’eau des montagnes jusqu’aux cultures. Puis Jiaohe, une ancienne cité à perte de vue, posée sur un plateau entre deux vallées. Des rues, des maisons et des temples taillés dans la terre, abandonnés depuis des siècles et remarquablement conservés. Impressionnants dans la lumière du soir.
Nuit à Turfan, avant de repartir vers la vallée de Tuyugou et les grottes des Mille Bouddhas de Bezeklik, creusées dans les falaises des Montagnes Flamboyantes. Autour, des vignes généreuses: une parenthèse verte au milieu d’un décor d’une minéralité impressionnante.
Puis changement de programme et de terrain: direction le désert de Kumtag. Les dunes longent l’horizon et nous en profitons pour faire un tour dans le sable. Pneus dégonflés, c’est presque comme rouler dans la neige. Un petit rallye improvisé, parfaitement inutile et donc absolument indispensable.
Toute cette région est assez touristique, du moins pour les Chinois. Et lorsque l’histoire ou l’érosion n’ont pas suffisamment préservé le décor, les architectes n’ont pas hésité à recréer ce qui est censé être à l’origine de l’intérêt. Parfois avec une certaine générosité…
Nous avons envie de retrouver des endroits plus isolés. Cap à l’est, pour rejoindre la S328 et les immensités du Gobi chinois.
En fin de journée, une piste nous conduit sur les hauteurs d’une falaise. Nous installons Nomade dans un paysage lunaire, seuls au milieu de nulle part. Exactement ce que nous cherchions.
Le vent balaie le plateau et soufflera fort toute la nuit, heureusement sans rafales. Nous avions pris soin d’orienter Nomade pile dans son axe. La maison a tangué, mais nous avons passé une très bonne nuit et, au réveil, tout était encore là. Premier café dans ce décor qui annonce déjà la couleur de la journée.Читать далее
Kuitun à Ürümqi
22 сентября, Китай
☁️ 30 °C
Avant de quitter la région de Kuitun, encore un détour qui mérite largement quelques kilomètres.
Après le Grand Canyon de Dushanzi, immense entaille creusée par les eaux descend du Tian Shan, le Grand Canyon d’Anjihai, plus sauvage encore. Ici, pas vraiment de parc aménagé: la terre semble simplement s’être ouverte. Rouge, orange, gris, vert… les différentes couches géologiques dessinent un paysage presque irréel, avec la rivière serpentant plusieurs centaines de mètres plus bas.
Nous mettons ensuite le cap à l’est par la S101, la mythique «route de la défense nationale».
Construite dans les années 1960, cette ancienne route militaire traverse les contreforts du Tian Shan entre Dushanzi et Ürümqi. Longtemps délaissée au profit des grands axes modernes, elle déroule aujourd’hui l’un des itinéraires les plus spectaculaires du Xinjiang: canyons, falaises sculptées par l’érosion, pâturages d’altitude et sommets du Tian Shan en toile de fond.
Une route comme nous les aimons: lente, un peu cabossée, inutilement longue et donc forcément intéressante.
Après les grands espaces, changement de décor. Ürümqi, capitale du Xinjiang et métropole de quelque 4,5 millions d’habitants, pour une escale de deux jours.
Nous avons laissé le camper bien sagement sur le parking de l’hôtel et nous nous déplaçons en taxi. Ici, même une simple course représente vite 10 à 20 kilomètres et une bonne demi-heure de trajet. Heureusement, les prix sont presque dérisoires. Entre avenues, échangeurs à quatre niveaux et gratte-ciel à perte de vue, la ville dévoile peu à peu sa démesure.
Au programme, quelques quartiers, le musée du Xinjiang, consacré à l’histoire de la région et de la Route de la soie, puis le Grand Bazar international.
Le soir venu, les lumières s’allument tel un feu d’artifice et, au Grand Bazar, la foule déambule entre épices, fruits secs, brochettes, artisanat et costumes ouïghours. Sans oublier les inévitables peluches et babioles de toutes sortes et de toutes tailles. C’est aussi la fête de la lavande: le bleu-violet est omniprésent.
Après quelques heures à nous perdre entre stands, rues commerçantes et centres commerciaux gigantesques, une évidence s’impose; ici, tout semble surdimensionné. Nous en profitons pour refaire quelques réserves devant un choix assez vertigineux.
Et puis notre première « vraie » fondue chinoise! On nous équipe d’une bavette avant de nous expliquer le mode d’emploi local: choisir ses ingrédients, les plonger dans le bouillon brûlant, attendre plus ou moins longtemps, puis tenter de les récupérer avec des baguettes. Sur le papier, c’est assez simple.
Dans notre cas, la bavette se révèle rapidement moins folklorique que franchement indispensable. Pêcher des nouilles glissantes dans un bouillon avec des baguettes reste un exercice dont nous maîtrisons encore assez mal la trajectoire finale.
Le lendemain, lavage de l’ensemble de nos habits. Pas seulement à cause de l’odeur tenace du bouillon, mais aussi parce que notre technique laisse encore quelques traces un peu partout 😎.Читать далее
En route depuis 365 jours 🥹
21 сентября, Китай
⛅ 31 °C
Un an déjà, même si le mot «déjà» est assez relatif quand on regarde la carte 😎.
D’abord l’Écosse et ses îles, puis l’Irlande. Ensuite, cap au sud en suivant l’Atlantique à travers la France, l’Espagne et le Portugal jusqu’au Maroc. Retour en Suisse, histoire d’ajuster quelques installations sur Nomade, de prendre ou laisser des affaires, puis de repartir dans l’autre sens.
Les Balkans, la Grèce, la Turquie, la Géorgie, l’Arménie, un bout de Russie, puis les «Stan», les steppes, les déserts, les montagnes et cette fameuse Pamir Highway.
En regardant la carte, nous nous demandons quels étaient les caps importants: la Turquie, jamais visitée en voiture; la Russie, mais comment est-ce possible? Le Kirghizstan, point de départ du projet actuel? Et maintenant la Chine, jamais vraiment projetée, juste imaginée comme une éventuelle suite encore bien floue…
Mais après un an, ce ne sont finalement pas les kilomètres qui comptent le plus. Ni même la liste des pays, devenue suffisamment longue pour qu’on commence à hésiter sur l’ordre 🤓.
Ce que nous aimons toujours autant, c’est la vie nomade. Partir le matin sans forcément savoir où nous dormirons le soir. Changer de programme parce qu’une petite route paraît plus intéressante que la grande. Rester un jour de plus parce qu’on est bien. Ou repartir parce qu’on a envie de voir ce qu’il y a derrière la prochaine montagne.
Et surtout, avoir le temps 🕰️. Le temps de passer d’une capitale à un village perdu, d’un restaurant improbable à un bivouac au milieu de rien. De découvrir l’histoire d’un pays, mais aussi sa vie quotidienne, à la campagne comme en ville. Les marchés, les cafés, les stations-service, les petites routes, les supermarchés où nous ne comprenons rien aux étiquettes et les restaurants où nous ne comprenons pas beaucoup plus.
Nous avons vu défiler des paysages assez différents: falaises écossaises, côtes atlantiques, désert marocain, montagnes du Caucase, steppes kazakhes, Pamir à plus de 4’000 mètres et maintenant les Tian Shan chinoises.
Mais ce qui nous surprend peut-être le plus après tous ces kilomètres, ce sont les gens.
Peu importe le pays, la langue, la culture ou la religion, le contact est toujours étonnamment facile. Quelques mots suffisent. Et quelquefois aucun.
On montre, on mime, on sort le téléphone pour traduire, si réseau il y a… et tout le monde finit par comprendre. Ou par faire semblant, ce qui fonctionne aussi très bien.
Nous avons été aidés, invités, renseignés, nourris et même accompagnés par des gens que nous ne connaissions pas cinq minutes auparavant. Et plus nous avançons, plus cela devient une constante du voyage.
Côté organisation, nous avions probablement imaginé avant le départ que vivre aussi longtemps sur la route serait un peu plus compliqué. En fait, pas vraiment.
Quelques entretiens, deux ou trois petites contrariétés mécaniques et, de temps en temps, une pièce à trouver loin de tout. Mais c’est aussi pour ça que nous avons choisi une Toyota: une mécanique conçue il y a déjà un certain temps, sans trop de fioritures et assez courante un peu partout dans le monde. Après bientôt 60’000 km, Nomade va bien. Nous aussi.
Autre constat après une année: nous avons besoin d’étonnamment peu de choses. Et il reste encore de la place dans les placards! Quelques vêtements, de quoi cuisiner, de l’eau, du carburant, un bon lit et une machine à café couvrent déjà une partie assez importante de nos besoins 😎.
Et puis, nous ne sommes jamais vraiment coupés du reste du monde. Internet fonctionne pratiquement partout. WhatsApp, appels vidéo, photos et messages permettent de rester en contact avec famille et amis. Même au milieu de la steppe ou dans le Pamir, il suffit de quelques barres de réseau pour que la Suisse revienne soudain dans Nomade. Et c’est bien de vous savoir avec nous 😘.
Bon, en Chine, il faut actuellement trois eSIM et deux VPN, mais personne n’a dit que le progrès devait être simple 😄.
Nous sommes tout de même bien loin de notre vie de backpackers d’il y a 40 ans: cabines téléphoniques, lettres envoyées par avion, navigation sans GPS et guides de conversation de 500 pages, par pays! Et ça nous convient parfaitement.
En résumé: la carte derrière nous commence à être bien remplie. Devant, il reste encore beaucoup de projets 😄.Читать далее

ПутешественникWas für Erlebnisse und das schon ein Jahr!? So schön, dass wir euch virtuell begleiten dürfen. Vielen Dank für all die Eindrücke. Weiterhin viel Freude… 😘😘

ПутешественникDanke, dass wünschen wir euch auch, wir geniessen es ebenfalls euch zu begleiten😘😘

ПутешественникC’est vraiment aussi super que nous nous soyons trouvés sur votre route au début de cette année d’aventure et peut être nous retrouverons nous en Inde du sud en janvier?

ПутешественникC’est avec émotions que nous pensons à notre retrouvaille au début de l’aventure:)
Dushanzi
19 сентября, Китай
☀️ 23 °C
Overflow d’impressions
Overflow d’images
Overflow d’émotions
Et 1,4 milliard d’amis potentiels 😄
C’est en tout cas l’impression du moment, tant la gentillesse et l’envie d’aider semblent omniprésentes. Une question, un doute, un téléphone qu’on regarde trois secondes de trop et quelqu’un apparaît déjà pour nous expliquer, nous montrer, nous accompagner. Parfois sans que nous ayons vraiment compris ce que nous cherchions nous-mêmes.
Premier stop dans les Nalati Grasslands, un peu à l’écart des circuits, chez un éleveur rencontré presque par hasard. Prairies ondulantes, forêts d’épicéas, chevaux et troupeaux dispersés sur les pentes, avec les Tian Shan en toile de fond. Un paysage de haute vallée qui donne soudain beaucoup d’espace au regard après l’agitation des premiers jours chinois.
C’est là que nous faisons connaissance avec Chili, Olivia et leur fille, trois autres nomades en vadrouille à travers la Chine depuis déjà quatre mois.
La soirée se termine sous la yourte, autour d’un repas qui nous ramène quelques années en arrière, en Mongolie. Même décor, même hospitalité et, manifestement, même philosophie culinaire: de la viande, surtout de la viande… et les légumes priés d’attendre dehors 😒.
Une première nuit au milieu des grasslands, sous les étoiles et loin de l’agitation touristique de Nalati. Exactement ce qu’on était venus chercher.
Puis vient la Duku Highway.
La fameuse G217 entre Dushanzi et Kuqa: 561 kilomètres à travers les Tian Shan, construits pour relier le nord et le sud du Xinjiang. Une route devenue presque mythique ici, ouverte seulement quelques mois par année en raison de la neige et des conditions en altitude. Elle franchit plusieurs hauts cols à plus de 3’500 mètres et traverse en quelques centaines de kilomètres un étonnant condensé de paysages: prairies alpines, forêts, torrents, sommets enneigés, gorges profondes puis terres beaucoup plus arides.
Initialement, nous avions prévu de la suivre jusqu’à Kuqa, mais nos guides à distance nous informent que certains checkpoints ne nous laisseront pas passer. Pourquoi exactement? Parce que… pas le droit. Un peu difficile à comprendre puisque nous sommes toujours dans une région pour laquelle nous avons les autorisations nécessaires. Mais nous sommes en Chine depuis suffisamment longtemps, c’est-à-dire quelques jours, pour comprendre qu’une autorisation n’a pas forcément vocation à répondre à toutes les questions qu’elle soulève 🤓. Bon. On ne cherche pas.
Changement de cap. Nous prenons donc cette fameuse G217 vers le nord, direction Dushanzi, avec deux canyons dans le viseur: Dushanzi et Anjihai.
Des cols. Des torrents. Quelques troupeaux. Des montagnes et la vegetation qui passent du vert au rouge automnale puis à l’ocre.
Les lacets semblent sans fin. Une vallée succède à une autre, un col au suivant. La Duku a cette curieuse faculté de donner l’impression que le prochain virage sera le dernier. Il ne l’est jamais.
Au bout de quelques heures, les Tian Shan s’écartent et laissent place à une plaine immense.
En cette fin d’été, la steppe hésite encore entre le vert et le brun. L’herbe a perdu son éclat, la terre commence à reprendre le dessus et quelques taches jaunes accrochent encore la lumière. Pas vraiment désertique, plus vraiment verdoyante non plus. Une pensée pour les paysages suisses en ce début d’automne.Читать далее
Yining - Chine
17 сентября, Китай
⛅ 27 °C
Passage en douane assez fidèle au descriptif de l’agence, probablement à quelques contrôles minutieux du véhicule et de notre conscience près. Au bout d’un moment, j’ai perdu le compte.
Même nos cartes routières sont inspectées pour vérifier que la Chine y figure bien dans son intégralité revendiquée. Ici, la géographie, c’est sacré. Et non, nous n’avons pas de livres en papier 📚.
En revanche, les fonctionnaires sont extrêmement prévenants. Toujours quelqu’un à mes côtés pour me guider et m’aider à remplir les formulaires, disponibles en chinois et en russe uniquement 🤓. Un peu bourrus au premier abord, puis le sourire en coin dès qu’ils comprennent que notre cas ne devrait pas provoquer de tracasserie supplémentaire.
Quelques heures plus tard, Margrit attend déjà depuis deux bonnes heures de l’autre côté de la frontière avec trois heures de décalage horaire en prime, Roland et Nomade sont enfin greenlightés côté chinois, pause de midi de 50 minutes comprise 🥢. Finalement, cela nous arrange: lever et coucher du soleil vers 8 et 20 heures, mieux adaptés à notre rythme de vie actuel.
D’après notre guide, la douane a fait plus vite que d’habitude et nous avons encore le temps de nous occuper de nos plaques d’immatriculation chinoises. On commence par le contrôle technique de Nomade, puis le passage par un nombre impressionnant d’instances, cumulant les papiers tamponnés au fur et à mesure de notre avancée.
Même programme le lendemain matin pour nos permis de conduire: notre guide disparaît dans les entrailles du bâtiment pendant que nous avons le plaisir de visionner des vidéos d’accidents filmés par des caméras de surveillance. Ici, pas de floutage ni de pudeur particulière: rien n’est omis. Au bout de vingt minutes, le message est passé. Nous serons prudents!
Les papiers en main, premier stop dans un supermarché où nous passons notre temps à scanner les étiquettes pour comprendre les subtilités des composants et des saveurs. Finalement, nous trouvons tout ce qu’il faut pour tenir un ou deux jours. Mais avec une cuisine exceptionnelle à chaque coin de rue, nous devrions pouvoir survivre 😄.
En route vers Yining, première destination au cœur de la vallée de l’Ili. Nous sommes hébergés dans un hôtel au milieu de la vieille ville ouïgoure. Les Ouïgours, peuple turcique musulman, sont installés depuis des siècles dans cette région, au carrefour des routes de la soie. La vieille ville en garde de nombreuses traces: ruelles, petites échoppes et maisons aux façades colorées. Les maisons bleues, avec leurs portes travaillées et leurs couleurs vives, donnent un charme particulier à certaines rues.
Deuxième soirée, restaurant sichuanais, et nous sommes ravis. Après seulement deux jours, mille détails à raconter, mais surtout l’attention et la gentillesse de l’accueil. Si nous imaginions les Chinois un peu distants ou froids, cette idée n’aura pas survécu longtemps à la frontière. Accueil chaleureux, beaucoup de questions, de simples signes de la main 👌🏻 et toujours des sourires bienveillants. Bon, il faut dire que cela fait presque deux mois que nous n’avons pratiquement pas croisé de véhicules européens, nous devons leur paraître bizarre ..
Autre surprise: le silence des villes après le Kazakhstan. Scooters omniprésents, mais presque tous électriques, tout comme une bonne partie des voitures. Moins de moteurs, moins de bruit et même l’air semble plus propre.
Nous sommes ravis d’être là et avons trouvé nos premiers repères sans peine, même si nous devons jongler entre trois eSIM et deux VPN pour être connectés au reste du monde.Читать далее

Путешественник
En bas à gauche la dernière ligne tu as oublié un accent aigu
Jarkent
14 сентября, Казахстан
⛅ 31 °C
Nous avons parcouru les quelque 1’400 km du Kazakhstan oriental à Almaty en deux jours. Un petit exploit, mais sans ennui: on aime toujours autant ces paysages qui défilent, les livres audio font le reste et les playlists sont à jour 🎶.
Vendredi soir, arrivée à Almaty, avec sa circulation assez librement inspirée du Code de la route. Et message de DHL: nos passeports sont arrivés. Bonne nouvelle, sauf que l’enveloppe ne mentionne apparemment ni destinataire, ni adresse e-mail, ni numéro de téléphone 😡. Heureusement, le responsable de l’agence, qui s’était occupé de l’envoi deux semaines plus tôt, se souvient de nous, ouvre l’enveloppe, retrouve nos coordonnées et nous appelle. Nous avions bien sûr le numéro de suivi, mais son initiative nous évite quelques heures de sport administratif. Petit détour, passeports récupérés.
Samedi: garage et courses. Vérifications diverses, graissages en tout genre, remplacement des petits patins aux extrémités des lames de suspension et nouvel équilibrage des roues. Puis détour chez Toyota pour constituer une modeste pharmacie pour le Land Cruiser: filtre à air, huile moteur et liquide de refroidissement en réserve. On ne sait jamais ce que les prochaines semaines nous réservent, et il vaut mieux transporter quelques litres d’huile qu’une bonne excuse au milieu de nulle part.
Nomade est prêt. Nous aussi, à peu près.
Dimanche: préparation pour la Chine. Une bonne partie de la journée à vider la voiture, nettoyer, trier, jeter ce qui pourrait déplaire à la douane chinoise, puis tout ranger à nouveau. Notre maison roulante n’avait probablement jamais été aussi réglementaire.
Et voilà que notre guide nous envoie les instructions pour demain.
Côté Kazakhstan, cela semble assez simple: entrée dans la zone frontière, douane, passeports tamponnés, puis les militaires nous accompagnent jusqu’à la sortie. Dès que tout est terminé, nous devons prévenir notre contact chinois.
Côté Chine, c’est plus élaboré. Deux déclarations douanières, contrôle du véhicule par la douane, puis par la police des frontières, contrôle des passeports et enfin passage de Nomade aux rayons X. Margrit effectuera les formalités d’entrée puis attendra dehors, pendant que je resterai seul avec la voiture jusqu’à sa libération officielle.
Après le grand nettoyage de dimanche, il ne reste donc plus qu’à voir si les douaniers chinois partagent notre conception du rangement.
Demain, nous quitterons le Kazakhstan, qui nous manque déjà alors que nous sommes si proches de la frontière. Puis, la Chine 🇨🇳.Читать далее
Lake Boukhtarma
10 сентября, Казахстан
☁️ 25 °C
Nous quittons Markakol alors que l’automne commence à prendre possession de l’Altaï. Les bouleaux jaunissent, les prairies changent de ton et les premières touches rouges apparaissent dans les sous-bois.
Nous nous engageons sur l’ancienne route autrichienne, construite au début du XXe siècle en grande partie par des prisonniers austro-hongrois. Sur la carte, ce n’est qu’une piste traversant la montagne. Sur le terrain, elle se révèle comme l’une des plus exigeantes que nous ayons parcourues jusqu’ici 😱.
Les nombreux ponts sont très approximatifs et chaque passage mérite un top-là, tellement les planches posées de manière aléatoire nous paraissent peu rassurantes. Si près du 15, ce n’est vraiment pas le moment d’abîmer Nomade! Ailleurs, quelques troncs d’arbres jetés dans la boue sont censés rendre le passage possible. Certaines portions sont à peine plus larges que Nomade et les cailloux semblent pousser sur la route. Quant aux gués, nous finissons par ne plus les compter, avec cette petite incertitude chaque fois que l’eau trouble empêche d’en deviner la profondeur.
Il faut constamment regarder où poser les roues, tout en essayant de garder un œil sur le paysage. L’Altaï en ce début d’automne est magnifique, une explosion de couleurs: forêts teintées de taches rouille, bouleaux dorés, prairies encore vertes et taïga couverte de lauriers de Saint-Antoine, dont le feuillage vire au rouge pourpre et tranche avec le vert sombre des conifères. Du coup, la lenteur de notre progression finit presque par nous arranger.
En fin de journée, nous retrouvons une route toute neuve en direction de Berel, petit village connu pour ses kourganes saka vieux de plus de 2’000 ans, de grands tumulus funéraires sous lesquels étaient enterrés les membres de l’élite, parfois accompagnés de leurs chevaux... Nous y arrivons poussés par un vent violent qui balaie la vallée et fait plier les peupliers omniprésents.
Petit bémol: le moteur tousse à haut régime, impossible de doubler. Un nettoyage improvisé du filtre à air, saturé par la poussière de ces derniers jours, s’impose.
Nous terminons la journée dans un pré, près d’un point d’eau où chevaux et vaches évoluent librement et viennent partager notre décor.
Le lendemain sera beaucoup plus tranquille. Quelques heures de route avant de rejoindre les rives du réservoir de Boukhtarma. Une petite piste nous mène jusqu’à une crique isolée, bordée de roseaux et de sable. L’eau est encore assez douce pour s’y baigner et, après la journée de la veille, l’eau et les provisions étant assurées, nous ne trouvons aucune raison valable d’aller plus loin.Читать далее

Путешественник
Waouh je me suis trouvée à retenir ma respiration pour vous 😉

ПутешественникOn s’est dit qu’il y avait des traces d’autres voitures, c’est que ça devait être possible..

ПутешественникBon, elle ne fait pas le poids, mais c’est quand même rassurant 🤣
Markakol
8 сентября, Казахстан
☁️ 16 °C
D’Aïagouz à Karamergen, puis vers Zaïssan, nous poursuivons notre route vers l’extrême est du Kazakhstan et les montagnes du sud de l’Altaï, aux confins de la Chine. Voilà plus d’une semaine que la steppe nous accompagne et, à force de la parcourir, elle nous est devenue familière. On s’y sent presque chez nous, ce qui, à quelques milliers de kilomètres de la maison, ne manque pas d’ironie.
À Terekty débute l’ancienne route militaire autrichienne, aménagée durant la Première Guerre mondiale par des prisonniers de l’armée austro-hongroise pour sécuriser cette région frontalière avec la Chine. Plus d’un siècle plus tard, elle serpente toujours à travers les montagnes de l’Altaï.
À l’entrée de la région protégée de Markakol, deux militaires acceptent volontiers les copies de nos passeports 😎, nous enregistrent et nous laissent passer. La frontière chinoise n’est parfois qu’à quelques mètres et, de l’autre côté, des immenses dunes apparaissent au pied des montagnes du Xinjiang. La Chine est là, presque à portée de main.
Peu à peu, les forêts de mélèzes, les prairies d’altitude et les montagnes remplacent la steppe. La réserve naturelle de Markakol protège ce territoire encore très sauvage du sud de l’Altaï.
À près de 1’450 mètres d’altitude, le lac Markakol se dévoile enfin. Un joyau aux reflets de saphir, posé au creux de collines boisées. Après l’immensité presque nue de la steppe, cette soudaine profusion de verts et de bleus fait du bien. Et, plaisir tout simple, nous sommes heureux de retrouver autour de notre bivouac de l’herbe sous nos pieds. Nous l’installons au milieu d’une prairie, entourés de ces grandes meules de foin que l’on retrouve partout dans la région, soigneusement entassées pour les protéger de la pluie et de la rosée matinale, qui fait son retour en ce début septembre. Nous ne sommes visiblement pas seuls dans les parages: au réveil, nos chaussures, laissées devant la porte, sont éparpillées à quelques dizaines de mètres autour de nous. Quelqu’un s’en est occupé pendant la nuit, mais on n’a rien entendu 🤣.Читать далее
The Long Way East
6 сентября, Казахстан
☀️ 21 °C
Nous quittons Jarkent et retrouvons très vite ce qui définit si bien l’est du Kazakhstan: l’espace. Taldykourgan, puis Sarkand ne sont bientôt plus que quelques maisons derrière nous, et la route recommence à filer au milieu d’une steppe sèche, immense, presque vide. Par moments, nous avons l’impression de vivre l’aventure de la Route 66 des années 50, mais en version kazakhe: ces routes interminables que l’on voit courir droit devant nous sur des dizaines de kilomètres avant de disparaître quelque part à l’horizon. Il manque les motels aux néons et les Cadillac. Pour le reste, le décor est là.
Pour la première nuit, nous quittons l’asphalte et grimpons sur un plateau. Posés face à une succession de collines nues, nous regardons la lumière passer lentement de l’or à l’ocre, puis au violet au-dessus d’un horizon quasi rectiligne, tandis que le vent balaie la plaine et que le ciel se constelle peu à peu d’étoiles. Des étoiles que nous irons admirer au beau milieu de la nuit sans vraiment l’avoir choisi: le vent a tourné! Dans un premier temps, nous espérons qu’il ne forcira pas, mais si. Nous sommes obligés de réorienter Nomade de 180 degrés. Vingt minutes plus tard, retour sous la couette.
Le lendemain, après Ucharal, le lac Alakol apparaît comme une immense ligne bleue au milieu des terres arides. Les Kazakhs semblent avoir une autre approche du lac: quelques villages occupent ses rives, mais ailleurs, presque aucune route n’y mène. Les plaisirs lacustres restent concentrés autour des deux villes situées sur des rives opposées. Début septembre, nous les trouvons déjà complètement abandonnées et nous nous installons pour la nuit sur une plage de sable noir déserte, non loin du centre.
Le lendemain, en direction du nord, nous retrouvons quasi immédiatement la steppe, pas une maison, presque aucune trace de présence humaine. Ici, cent kilomètres ne semblent plus vraiment une distance, juste l’espace nécessaire pour passer d’un horizon au suivant. Après Aïagouz et quelques ravitaillements, nous quittons une nouvelle fois la route pour notre troisième nuit et installons Nomade sur un plateau perdu au milieu de paysages sauvages et arides.
Installés sur une des plus belles terrasses au monde, nous profitons du reste de la journée pour échanger avec la famille et les amis et préparer la suite de notre route.Читать далее
Singing Dunes
3 сентября, Казахстан
🌬 25 °C
Impossible de quitter le parc national d’Altyn-Emel sans avoir escaladé les Singing Dunes de 150 m de haut! Les 40 kilomètres de piste qui nous y conduisent sont en bien meilleur état que la tôle ondulée des jours précédents et nous avons l’impression de les survoler.
Quant à la description des dunes, les photos s’en chargeront mieux que nous. Reste le vécu. Le sable qui s’infiltre absolument partout, la montée qui se dérobe sous chaque pas et cette progression sur une crête étroite, instable, balayée par un vent constant qui semble avoir pris son élan au bout de la steppe et qui efface aussitôt nos traces.
Au sommet, nous sommes récompensés par une vue splendide. Puis vient la descente, à grandes enjambées dans le sable. La pente avale nos pas et, pendant quelques instants, la gravité semble plus légère.Читать далее

ПутешественникDes gazelles de Perse et elles peuvent atteindre 60 à 70 km/h lorsqu’elles prennent la fuite, de nous p.ex. 😫
Altyn-Emel
2 сентября, Казахстан
☁️ 18 °C
Si nous avions peur de nous lasser des paysages que nous avons l’impression d’avoir déjà vus, les deux jours à l’est de la région d’Almaty nous ont mis plein les yeux. D’abord le lac Kaindy, étrange et silencieux, avec ses troncs d’épicéas noyés qui émergent d’une eau presque irréelle. Puis Charyn, ses falaises, ses canyons et cette succession de paysages minéraux qui changent de couleur au fil des kilomètres. Le Charyn State National Nature Park est immense, brut, spectaculaire. On marche longtemps sans vraiment savoir où regarder.
En sortant des canyons, le ciel change brutalement. Le vent se lève et une tempête de sable se prépare. Un vent violent balaie la steppe et les flancs des collines et nous sommes envahis par des nuages de poussière. Comme cela ne semble pas se calmer, nous décidons de pousser jusqu’à Jarkent et d’abandonner l’idée du bivouac pour ce soir. Quatre murs et un toit semblent être une excellente invention. Dehors, l’orage se déchaîne pendant une bonne partie de la nuit.
Le lendemain, nous reprenons la route par Taldykorgan avant d’entrer dans le parc national d’Altyn-Emel. Nous retrouvons les immensités désertiques, les montagnes aux couleurs improbables. À 70 km/h sur des pistes en tôle ondulée perdues dans la steppe, avec pratiquement rien à l’horizon.
Nous y croisons un groupe d’Allemands voyageant dans quatre 4x4 avec chauffeurs. Pendant que leurs passagers partent se promener, les chauffeurs s’intéressent davantage à Nomade. Ils se glissent dessous, examinent les amortisseurs, les lames, les roues et tout ce qui mérite manifestement l’attention de gens qui passent leur vie sur les pistes.
Et ils découvrent quelque chose que nous n’avions pas vu: sur les six grosses vis qui fixent la cellule au châssis, trois sont partiellement ou complètement cisaillées.
Rien de dramatique. Nous décidons simplement de les remplacer dans la prochaine ville.
Un peu plus tard, nous retrouvons les quatre véhicules vers le saule géant sacré de 700 ans, non loin de l’endroit où nous comptons bivouaquer. Les chauffeurs ont entre-temps réfléchi à notre problème. Pas question pour eux de nous laisser continuer ainsi. Au bout d’une demi-heure et d’une séance de mécanique improvisée au milieu d’Altyn-Emel, la cellule est de nouveau solidement fixée au reste de la voiture.
Comme il nous reste une bonne demi-bouteille de whisky achetée en Écosse, nous la leur offrons. De toute manière, il aurait fallu la laisser, ou la terminer 😳, avant notre entrée en Chine.
Et c’est peut-être cela que nous retiendrons autant que les paysages: deux jours d’une beauté incroyable, une tempête de sable, quelques boulons cassés et, au milieu de nulle part, des inconnus qui se couchent sous notre voiture simplement parce qu’ils ont vu quelque chose qui n’allait pas.Читать далее

ПутешественникDes fois nous avons l’impression qu’il n’y a pas de hasard: la bonne information, ou un coup de main, au bon moment
Black Canyon
31 августа, Казахстан
☀️ 25 °C
L’administration mise en route, ce n’est plus entre nos mains et nous quittons rapidement la ville pour prendre de la hauteur dans les contreforts du Tian Shan. Passé l’observatoire, nous trouvons notre premier bivouac sur les hauteurs à 2’600 m, seuls sous les étoiles, avec pour horizon les montagnes et l’immensité de la steppe au contrebas. Le lendemain, nous poursuivons en direction du lac Bartogay.
Des montagnes nues se fondent dans des steppes infinies, les couleurs passent de l’ocre au vert tendre, sans villages ni presque aucune trace humaine si ce n’est les pistes parallèles, où chacun choisit sa trace. Au loin, quelques yourtes entourées d’enclos et, garé juste à côté, un pick-up d’un âge antédiluvien.
Les troupeaux de chevaux et de moutons, gardés par des bergers à cheval, indissociables de ces immensités, ponctuent la steppe à perte de vue. Un de ces paysages difficiles à raconter : sauvage, brut et poussiéreux, avec l’élégance insolante de n’avoir rien à prouver. Par moments, nous retrouvons la Mongolie à d’autres le Kirghizstan, mais avec une personnalité bien différente.
Puis apparaît au loin le lac Bartogay, étonnante tache turquoise au milieu de cette immensité aride, avant que nous poursuivions jusqu’au Black Canyon. Une petite piste dénichée presque par hasard nous conduit jusqu’au bord du canyon. Nous y installons Nomade pour la nuit, seuls au-dessus de la rivière qui serpente tout au fond. Deux bivouacs, deux décors radicalement différents et cette même sensation rare d’avoir le monde pour nous seuls.Читать далее








































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Путешественник
❤️
ПутешественникMerci de partager toutes ces émotions sensations et toutes ces photos qui ne représentent sans doute qu’une petite partie de la beauté des paysages. On est transporté. ❤️
Путешественник😘🤩