• Camille Creignou
  • Camille Creignou

Vag'abond dans les Caraïbes

Le 16 mai, nous levons les voiles avec Malo pour un voyage de 1 an autour de la mer des Caraïbes au départ de la Guadeloupe. Nous allons vous partager notre voyage mais aussi l'aventure associative de Vag'abond expeditions ! ⛵️ もっと詳しく
  • J138, Cayo Cuervo

    1月13日, キューバ ☀️ 25 °C

    Aujourd’hui, on s’autorise un réveil un peu plus tardif : à 7 h, on émerge de nos rêves. La nuit a été un peu ventée mais peu houleuse, et l’ancre, bien plantée dans le sol sableux, n’a pas bronché.

    Après notre café quotidien, dont les grains moulus à la main font désormais partie de nos rituels, nous préparons le départ : fermeture des vannes, préparation des bouts, sécurisation du moteur de l’annexe, installation du pilote…

    Le vent a un peu tourné par rapport à hier. Nous allons mettre du temps à atteindre Cayo Cuervo. Vent dans le nez, c’est parti pour faire quelques bords. Heureusement, aujourd’hui le ciel est bleu et nous avons le temps. Deux cormorans accompagnent notre sortie du mouillage, de véritables oiseaux-poissons. Ils ne volent pas très bien et coulent lorsqu’ils sont posés sur l’eau, mais leur aérodynamisme lors de leurs plongeons est indéniable.

    Je me hisse à la proue du bateau afin de guetter d’éventuelles remontées non signalées sur la carte. Nous arrivons à rejoindre la ligne de fond sans encombre, avec la grand-voile pleine et un appui moteur. On déroule rapidement le génois et on éteint le moteur : Noam gîte bien, au près serré. On avance, mais pas dans la bonne direction… De bord en bord, on va y arriver doucement. Les 22 milles qui nous séparent de notre prochain point risquent d’être un peu longs !
    Hier soir, je me suis d’ailleurs amusé à compter combien de milles nous avions parcourus depuis le début de notre voyage en mai 2025 : 3 250 milles nautiques ! Ça commence à faire 🥹 On se remémore le départ, où 20 milles nous semblaient être de grosses navigations… On a vite pris le pli !

    La navigation se passe bien. On tire quand même cinq bords pour essayer de limiter au maximum l’usage du moteur. On termine seulement les neuf derniers milles avec un appui moteur. Haut dans le ciel, des frégates chassent. On dirait qu’elles nous escortent. Elles ne sont pas tendres entre elles : quand l’une attrape un poisson, une autre l’attaque pour tenter de lui voler sa proie.

    Malgré son bras encore un peu faible, Malo ne peut pas s’empêcher de mettre la ligne à l’eau. Et tout à coup, elle s’emballe : ça tire fort. Pour éviter que Malo ne force trop, je me mets à remonter. La canne est bien penchée… Mais ça finit par décrocher, sûrement un gros thazard !
    Peu de temps après, la ligne sonne encore. Cette fois-ci, Malo remonte un superbe thazard aux couleurs arc-en-ciel 🌈

    On espère retrouver les copains ce soir, car notre frigo est rempli de poissons ! Il nous reste encore pas mal du dernier thon que nous avions pêché. Ce soir, dîner partagé autour de bons poissons !

    À 15 h, nous atteignons Cayo Cuervo, où nous retrouvons le bateau de Noémie et Jules, ainsi que celui de Lionel et Yamilé. C’est chouette de revoir du monde ! On se programme un dîner avec Noémie et Jules ce soir : pad thaï de thon frais au menu.

    Avant cela, on file en annexe pour une découverte des lieux et un petit snorkeling !
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  • J142, Cayo Chocolat

    1月17日〜18日, キューバ ☁️ 26 °C

    Après trois journées à Cayo Cuervo, nous reprenons la mer ce samedi en direction de Cayo Chocolat. Nous poursuivons nos sauts de puce vers Santiago de Cuba.

    À Cayo Cuervo, nous avons dit au revoir à Noémie et Jules. Ça y est, nos chemins se séparent : ils sont partis pour Santiago avant de filer vers les Bahamas. On espère les revoir en France, comme les Blues Moana en Suisse, ces bons copains de route ✨️

    Nous avons bien profité du kayak pour explorer les mangroves de notre dernier mouillage. Une journée de pétole nous a offert l’occasion idéale de pagayer. Nous avons porté le kayak à travers une petite passe pour rejoindre l’autre côté de la mangrove. L’eau y était plus claire, d’un turquoise sublime. Plus de 6 km de kayak, une très belle balade !

    La blessure de Malo cicatrise très bien ! Il n’en fallait pas plus pour qu’il pique une tête afin d’attraper une langouste pour le dîner.

    Globalement, nous sommes un peu surpris par les fonds marins des Jardins de la Reine jusqu’à présent. Peu de tombants, des récifs recouverts d’algues brunes… On est davantage sur un écosystème de mangroves, alors que nous espérions des récifs plus profonds (ça attendra la République Dominicaine). Ça nous change ! En revanche, les langoustes sont présentes en très (très) grand nombre !! Lionel et Yamilé, nos amis du Rebelle, sont de véritables chasseurs compulsifs et fréquentent les Jardins de la Reine presque exclusivement pour cela. En quittant le mouillage, ils avaient 40 kg de queues de langouste dans leur congélateur ! Nous n’abusons donc pas de la pêche et de la chasse ici, estimant que les fonds ont déjà été un peu trop exploités 😅

    Une fois le Rebelle et Zoan, le bateau de Jules et Noémie, partis, deux autres bateaux sont arrivés au mouillage. Un monocoque avec à son bord une famille franco-roumaine de cinq personnes, qui nous a accueillis pour un apéro un soir, et un catamaran avec un couple de Canadiens très sympathiques. Nous avons d’ailleurs profité avec gourmandise de leur connexion internet.

    Vendredi, un vent de sud-ouest soutenu soufflait sur le mouillage : le temps idéal pour rester à bord avec une connexion. Chacun sur nos ordinateurs, nous avons mis à jour nos CV, travaillé un peu sur l’asso et commencé à regarder de plus près notre futur. Eh oui, le retour se rapproche de plus en plus… C’est à la fois excitant d’envisager les retrouvailles et de nouveaux projets, mais aussi un peu angoissant quand on pense à un retour à une vie « normale ». Enfin, chaque chose en son temps !

    Ces trois jours à Cayo Cuervo se sont écoulés tranquillement entre baignades, vols de drone depuis la plage, kayak et développement photo…

    Et ce samedi, une fois le coup de vent passé, nous levons l’ancre à 7 h pour continuer notre route vers l’est : Cayo Chocolat (un nom qui plaît beaucoup à Malo !).

    Le vent est au travers, toutes voiles dehors, avec 23 milles à parcourir. Nous naviguons à l’intérieur des Jardins, toujours seuls sur l’eau. Le vent tombe à 7 milles de l’arrivée et nous devons allumer le moteur pour terminer la navigation sur une mer calme, sous un ciel légèrement nuageux.

    Nous atteignons ce nouveau mouillage entouré de mangroves et partons rapidement explorer les environs. C’est encore une fois très riche : des nids de cormorans, des arbres remplis de frégates, des rapaces protégeant leurs nids… Nous restons aussi un moment à observer une famille de rongeurs particulièrement mignons, proches des agoutis. Les cassiopées, ces méduses de mangrove qui reposent tête en bas sur le sol en symbiose avec des algues, magnifient la vase de leurs couleurs bleues et vertes.

    Nous avons prévu de passer deux nuits ici avant de poursuivre notre route. Nous sommes toujours seuls au mouillage. Ces endroits sans présence humaine, sans connexion, totalement coupés du monde, sont rares ✨️
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  • J145, Cayo Orihuela et Granada

    1月18日〜21日, キューバ ☀️ 27 °C

    Nous sommes à Cayo Chocolat. Nous nous apprêtons à passer notre seconde nuit ici, avec un départ aux aurores le lendemain pour Cayo Granada. Mais à la fin du dîner, le vent et la houle se lèvent. Ce mouillage n’est pas très protégé, et nous allons vite nous en rendre compte. On a l’impression d’être en navigation : la houle soulève la proue du bateau. L’alarme de mouillage se déclenche sur mon téléphone… on dérape !

    Pas de panique : nous n’avons pas de cailloux derrière nous. Malo allume le moteur pendant que je vais à l’avant pour remonter la chaîne. Je lui indique l’orientation à prendre afin qu’il m’aide avec un appui moteur. Le vent souffle fort, mais je parviens à remonter l’ancre, qui revient couverte de vase. Les mouillages des Jardins de la Reine sont souvent très vaseux à cause des mangroves, et avec la houle, cette vase ne permet pas un bon maintien de l’ancre. Nous tentons de la remettre, mais nous dérapons à nouveau… On se consulte : allez, on part en navigation. De toute façon, ici nous ne sommes pas abrités ; autant passer la nuit en mer plutôt que de continuer à déraper.

    Dans la pénombre, nous préparons le bateau. Notre rituel est bien rodé et nous permet de partir rapidement. Cap sur Cayo Granada. Nous sommes prévoyants : trois ris dans la grand-voile, un peu de génois, et c’est parti. Le bateau file bien, vent de travers. Je ne tiens pas longtemps et m’endors rapidement sous un magnifique ciel étoilé pendant que Malo assure la veille. Finalement, à 2 h 30, nous décidons de nous arrêter avant Cayo Granada : le vent est retombé. Nous mouillons à Cayo Orihuela. Ce n’est pas simple de se repérer dans l’obscurité, mais nous y arrivons. Cette fois, le bateau est bien à l’abri et solidement ancré. Il est temps de dormir !

    Le lendemain, nous émergeons tranquillement et découvrons une nouvelle mangrove. Nous ne tardons pas à lever l’ancre pour reprendre le cap sur Cayo Granada. Nous atteignons rapidement ce nouveau mouillage, bien abrité, protégé par un récif. Nous nous équipons pour une session snorkeling : une épave est signalée sur le mouillage. La visibilité est vraiment mauvaise, mais nous faisons tout de même le tour de l’épave, qui abrite une jolie biodiversité. Puis nous repartons explorer la mangrove — ça devient notre spécialité ! Les racines brunes des palétuviers teintent l’eau d’une belle couleur bordeaux. Le coucher du soleil amène son lot de moustiques : nous rentrons nous abriter à bord. Ce soir-là, on ne fait pas long feu, un peu éprouvés par la nuit précédente.

    Le lendemain, nous prenons notre temps. Malo pose de nouveaux rivets pour renforcer l’attache de la bôme, qui commençait à montrer des signes de faiblesse. Nous lisons tranquillement sur un mouillage rien que pour nous : c’est royal.

    En début d’après-midi, nous préparons le bateau. Direction la côte de Cuba, à Pilón. Nous avons 80 milles à parcourir. Au large, nous observons des moutons sur l’eau : il va y avoir du vent !

    Nous partons à 14 h 30 avec le génois plein. Le vent soutenu nous oblige rapidement à le rouler et à prendre deux ris dans la grand-voile. La houle nous fait surfer et nous maintient à 7 nœuds — on a l’impression de voler ! Nous écoutons un podcast, Écologie et résistance, sur l’agriculture et son évolution. Des podcasts, on en aura écouté pendant ce voyage…

    Nous pensions que le vent allait s’atténuer, mais il continue de bien souffler. Nous n’avons pas d’anémomètre, mais nous estimons au moins 35 nœuds. Nous décidons de prendre un troisième ris. Malo se hisse sur la bôme pour passer le bout du ris 1 sur le troisième ris : toujours un peu périlleux, mais tout se déroule bien, juste au coucher du soleil. Nous sommes au grand largue, avec un vent toujours soutenu. La houle nous secoue et nous arrose généreusement. Dans la nuit, nous observons l’écume blanche des vagues derrière le bateau. À minuit, nous hésitons à nous arrêter à Cabo de la Cruz. Ce cap, situé sur la côte, nous permettrait de nous abriter du vent pour la nuit.

    Finalement, nous décidons de continuer. La houle retombe un peu à l’approche de la côte et nous voulons profiter du vent pour avancer vers l’est et gagner du terrain. Cette zone est souvent déventée, autant tirer parti de ces conditions pour arriver à bon port.

    Le ciel est majestueux : les étoiles sont parfaitement visibles. Nous sommes presque à la nouvelle lune, il ne reste qu’un fin sourire doré. Nous devons arriver au petit matin à Pilón.

    La nuit se passe bien et vers 6 h, nous apercevons Pilón. Finalement, nous décidons de pousser jusqu’à Marea del Portillo, un mouillage situé à 6 milles de là, qui nous semble plus joli. Une belle plage et des montagnes aux strates colorées nous accueillent. Nous mouillons dans un endroit magnifique ! Nous retrouvons le catamaran des Canadiens rencontrés à Cayo Cuervo. Il est temps d’aller se reposer : la navigation a été un peu sportive !
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  • J148, Marea del Portillo

    1月21日〜23日, キューバ ☀️ 28 °C

    Nous arrivons donc à Marea del Portillo de bon matin, une jolie baie bien protégée, nichée entre les mangroves. Nous ne sommes que deux bateaux au mouillage. Après un peu de repos suite à notre navigation, nous prenons l’annexe pour aller découvrir le petit village.

    Nous atteignons une petite plage où sont amarrées cinq barques de pêche en bois. Un petit ponton, fait de quelques planches, nous permet de mettre pied à terre. À peine arrivés, nous croisons Martine et Patrick, le couple de Canadiens rencontrés aux Jardins de la Reine. Tout sourire, ils nous racontent être arrivés il y a quelques jours et être tombés amoureux de ce village où les habitants sont adorables et viennent spontanément discuter. Ils reviennent d’une balade à cheval dans la montagne qui se dresse devant nous, dont les pentes recouvertes d’herbes sèches et de palmiers prennent une teinte dorée sous le soleil. Cela nous donne encore plus envie d’aller à la rencontre des habitants.

    Nous commençons à nous balader sous un soleil de plomb, sur de petits chemins de terre battue. Les maisons sont très sommaires mais bien entretenues : on sent que les habitants en prennent soin. Aucun bruit de moteur, seulement quelques chevaux que nous croisons, transportant sur leur dos ou dans des charrettes des provisions et des personnes.

    Rapidement, Joséphine vient à notre rencontre. Elle habite une maison à l’angle de la plage et se charge de l’entrée des bateaux dans la baie. Comme nous sommes seulement de passage, en route vers Santiago, nous n’avons pas besoin de démarches particulières. Joséphine nous souhaite la bienvenue et nous propose de faire notre lessive si besoin — et justement, nous avons du linge sale ! Lorsque nous lui demandons le prix, elle ne nous répond pas vraiment : nous comprenons qu’il n’y a pas de tarif fixe, à nous d’estimer, ou même de proposer du troc (médicaments, vêtements, outils…).

    Dans ce petit village d’environ mille habitants, il n’y a pas de boutiques. Pour pallier cela, plusieurs habitants proposent à la vente quelques produits de base : pâtes, farine, riz… L’unique point de vente officiel ne permet de payer que par carte bancaire ou en dollars ou euros. Plusieurs habitants nous expliquent cela, et nous avons du mal à comprendre. En réalité, ce magasin ne leur permet pas d’acheter les produits essentiels, car la plupart des Cubains n’ont ni carte ni devises étrangères, seulement des pesos. Nous allons donc beaucoup pratiquer le troc et vider pas mal d’objets que nous n’utilisons plus à bord.

    Joséphine nous offre du basilic frais et des oignons, puis nous conseille d’aller déjeuner dans un petit restaurant sur la rue principale du village. Elle décroche son téléphone fixe — à l’ancienne ! — et appelle son amie du restaurant pour vérifier s’il y a de quoi manger. C’est bon. Elle nous explique le chemin ; nous montons jusqu’à la route principale, unique voie bétonnée de la zone. Sur la route, Milady, la gérante du restaurant, nous interpelle :
    « C’est par ici ! »

    Nous arrivons dans un petit restaurant bien entretenu, aux toits de paille. Nous sommes seuls, mais très bien accueillis. Deux femmes sont là pour nous servir ; elles dressent une jolie table et nous dégustons un excellent repas : du cochon pour Malo, une tortilla pour moi, accompagnée de concombre et du traditionnel riz aux haricots noirs. À la fin du repas, Milady s’assoit près de nous et discute. Elle nous demande depuis combien de temps nous voyageons, comment se passe la vie à bord… Elle nous offre deux beaux concombres de son jardin et un gros sac de caramboles — c’est la saison ! Lorsque nous demandons le prix, elle nous répond que c’est un cadeau. Une générosité à laquelle nous serons confrontés très souvent ici.

    Elle nous montre ensuite son chien, attaché à une corde un peu courte, et nous demande si nous aurions une corde plus longue. Nous regardons ce que nous avons à bord. Je m’assure tout de même qu’elle le libère de temps en temps : oui, il n’a pas l’air malheureux. Nous lui demandons également où il serait possible de monter à cheval. Son fils a des chevaux ; sans hésiter, elle décroche son téléphone et l’appelle. Une balade est programmée pour le lendemain matin à 8h30. Ici, tout est simple ✨️

    Nous lui parlons aussi de notre association et de notre envie de profiter de notre séjour pour intervenir dans une école. La personne qui aide en cuisine est également institutrice pour les tout-petits. Aucun souci : ils nous accueilleront avec plaisir. Nous passerons voir l’école le lendemain pour nous organiser et découvrir les lieux !

    En continuant notre balade, une jeune femme nous demande si nous avons besoin d’œufs ou d’autres fruits et légumes. Pourquoi pas : nous lui proposons de la revoir le lendemain. Elle ne souhaite pas d’argent, mais plutôt des vêtements ou des médicaments. Un peu plus loin, notre attention est attirée par un cochon en train de rôtir sur une broche dans un jardin. La femme de la maison nous aperçoit et nous fait signe :
    « ¡Es por aquí! » (c'est par ici!)

    Nous entrons par un petit portail et arrivons chez Nadia et Marco. Des amis sont également présents, tous souriants. Nadia est très accueillante et nous fait visiter la maison. Elle nous explique qu’elle avait envie de manger du cochon et que son mari en a trouvé un : aujourd’hui, c’est la fête. Elle nous invite à nous asseoir, nous pose des questions. Un petit chaton vient paresseusement s’allonger sur mes genoux. L’ambiance est chaleureuse. Elle nous montre le potager, avec de nombreux plants de yucca, bananiers, tomates… Ils disposent d’un puits qui leur permet d’irriguer le jardin, une vraie chance dans cet environnement très sec et désertique, où la saison sèche et la saison humide sont fortement marquées.

    Marco est menuisier. Il nous montre sa scie et sa ponceuse fabriquées de ses mains, système D. Le tout fonctionne grâce à un moteur électrique fixé sur un arbre, alimenté par de vieilles batteries de téléviseurs. « On se débrouille toujours », nous explique-t-il avec le sourire.

    Ils nous proposent de venir dîner le soir même pour manger le cochon, mais nous avons déjà prévu de dîner avec nos amis canadiens. Nous leur proposons alors le lendemain soir, ce qu’ils acceptent avec joie. Tchitchi, l’un de leurs amis présents, bricole une vieille enceinte et nous fait beaucoup rire. Il nous propose aussi de nous emmener à une cascade dans les prochains jours. Rendez-vous est pris : ce sera samedi !

    Avant de partir, Nadia nous propose encore de faire une lessive. Nous sommes déjà engagés ailleurs, mais décidément, les gens sont incroyablement gentils. Nous rentrons rapidement au bateau pour prendre une douche et nous couvrir : il y a beaucoup de moustiques ici. Plusieurs habitants nous ont d’ailleurs confié avoir attrapé le chikungunya récemment et souffrir encore de fortes douleurs articulaires.

    Le soir, nous retrouvons Martine et Patrick dans le petit restaurant en bord de plage. Une fois de plus, nous sommes accueillis comme des rois, pour moins de dix dollars à deux. Nous passons une très belle soirée ensemble. Ils vivent depuis des années six mois sur leur bateau et six mois au Canada. Ils ont longtemps voyagé sur un monocoque, mais naviguent désormais sur un catamaran :
    « On se fait vieux, c’est quand même plus confortable ! », plaisantent-ils.
    Nous ressentons pleinement la magie de cet endroit, fait de partage et d’échanges.

    Le lendemain, nous rigolons avec Malo : à peine arrivés ici, nous avons déjà un emploi du temps de ministre ! À 8h30, nous arrivons sur la plage et retrouvons Dyron, qui nous attend avec trois chevaux. Ils sont jeunes, à peine quatre ans. L’une des juments est bien pleine, il lui reste deux mois avant de mettre bas. Cela ne me rassure pas totalement, car ce ne sont pas des habitudes de monte auxquelles nous sommes habitués. Mais les chevaux semblent bien dans leur tête, pas maigres, et l’on sent l’attachement de leur maître pour ses bêtes. Ici, les chevaux sont à la fois compagnons, moyens de transport et outils de travail.

    Nous montons à cheval, à la manière western, et partons en longeant la mer. C’est magnifique. Dyron nous demande si nous voulons des chemins d’aventure : évidemment ! Et nous sommes servis. Rapidement, les chemins sont encombrés de branches. Dyron ouvre la voie sur sa jument, machette à la main, découpant la végétation. Les chevaux ne bronchent pas : de véritables tout-terrain !

    Au fil de la balade, Dyron, un peu taciturne au début, se détend et se confie. Il a 21 ans ; les chevaux sont sa passion, bien qu’il soit de formation cuisinier. Il a appris seul, comme beaucoup ici. Il nous explique que les temps sont plus durs : autrefois, ils laissaient les chevaux paître librement, mais aujourd’hui ils doivent les attacher ou les surveiller de près, car certains sont volés… pour être mangés. Nous comprenons mieux pourquoi tout le village est en demande de bouts de corde usagés.

    Nous arrivons près d’une rivière : l’eau est splendide, translucide, dans un décor pourtant désertique. Dyron nous explique qu’en saison des pluies, le lit actuellement sec se remplit d’eau, devenant un lieu de rencontre pour tout le village. Après la cascade, il nous propose de monter vers la montagne. C’est parti !

    Nous ne croisons aucune voiture, mais de nombreux villageois à cheval, parfois simplement équipés d’une corde autour de l’encolure et d’un tapis posé sur le dos de l’animal. Nous nous arrêtons ensuite chez Julia, vétérinaire du village. Elle nous offre un peu de miel et des mangues, les premières de la saison. Nous en croquons une à pleines dents : c’est juteux et rafraîchissant sous cette chaleur. Les chevaux réclament leur part : ici, mangues et canne à sucre font partie de leur alimentation ! Julia nous explique que même vétérinaire, ce n’est pas simple : comme pour les humains, il manque de matériel et d’outils.

    En montant vers la montagne, Harry, un fermier croisé la veille, nous interpelle :
    « Holà amigos ! C’est ici que j’habite. Voici ma plantation de boniatos (une sorte de patate douce). Je vous invite pour le cafecito ! »
    Nous lui répondons que nous allons à l’école demain, mais que nous passerons samedi matin. Nous commençons à connaître tout le village.

    Nous arrivons sur les pentes aux herbes dorées. La vue est splendide : la baie qui abrite Noam, et à l’ouest, le grand hôtel du village. Celui-ci permettait autrefois aux habitants de générer des revenus, mais depuis le Covid, il n’y a malheureusement presque plus de clients. En redescendant, nous traversons un pré où paissent quelques bovins. Il n’en faut pas plus à Dyron pour nous offrir une démonstration de cow-boy : attraper un veau au lasso ! On adore.

    Nous mettons pied à terre en arrivant au village, après une dernière caresse à nos montures. Avant de nous quitter, nous promettons à Dyron de lui ramener un bout de corde. Il tient aussi à nous montrer quelque chose : son coq de combat. La pauvre bête… Ici, c’est une tradition profondément ancrée et une vraie fierté. Les plumes des cuisses sont retirées pour « impressionner » davantage lors des combats. Je n’adhère pas, mais le voyage, c’est aussi découvrir d’autres manières de vivre.

    Avant de rentrer au bateau, nous passons à l’école pour voir les salles. Nous sommes accueillis par Yanelis, la professeure de sixta (équivalent du CM2). Elle nous montre les classes et nous dit que nous pouvons revenir le lendemain à 9h. Les enfants, en uniforme avec leurs foulards rouges noués autour du cou, nous saluent avec de grands sourires :
    « ¡Hasta mañana! »

    En quittant l’école, une dame accompagnée de son fils Gustavo nous interpelle. Elle est enseignante, et son fils est passionné d’apnée ; il s’est même formé au freediving en Dominique. Ils nous invitent à boire un café chez eux. Fiers de nous accueillir, ils nous montrent leur jolie maison. Gustavo sort son diplôme de plongée et son harpon — un énorme harpon à air comprimé — puis nous montre une photo de lui avec une raie léopard qu’il a chassée. Cela nous fait étrange, car cet animal est protégé en Guadeloupe, mais les réalités sont différentes ici.

    La maman nous sert un café très sucré, provenant de la montagne. Chaque habitant y récupère du café qu’il fait ensuite griller à la poêle. Il est un peu brûlé et très amer, mais c’est leur production, et c’est bien l’essentiel. Nous les remercions chaleureusement.

    Avant de rentrer à bord, nous récupérons notre linge chez Joséphine : incroyable, toute notre montagne de linge est propre ! Nous lui donnons 10 €, et irons lui acheter de la lessive à la boutique, car elle ne peut pas payer en carte ou en devises.

    De retour à bord, je prépare la présentation du lendemain pour les enfants : un diaporama en espagnol, avec photos et vidéos de la vie à bord, de plongée et d’animaux marins. Malo continue de travailler sur son CV. Je prépare ensuite une tarte à la carambole pour le dîner chez Nadia et Marco.

    Le soir, nous nous rendons chez eux. Leur maison est en bois et ils n’ont plus d’électricité. Heureusement, ils disposent d’une petite lampe sur batterie et d’une fagota, une cuisine au feu de bois alimentée par les chutes de bois de Marco. Nadia et Marco mangent plus tard, mais restent avec nous pour discuter. Nadia nous sert du riz, des haricots noirs, du concombre, des œufs et du porc qu’ils ont gardé spécialement pour que Malo puisse goûter le cochon grillé de la veille.

    Nous parlons de tout et de rien, simplement, naturellement. Marco nous montre des photos de pêche : d’énormes mérous de près de deux mètres, impressionnants. À bord de leur petite embarcation en bois, ils partent à la rame et à la voile à plus de 12 kilomètres des côtes pour pêcher. Nous nous quittons avec une embrassade 🫶
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  • J149, Cap pour Santiago

    1月23日〜24日, キューバ ☀️ 29 °C

    Ce matin, au réveil, je regarde une dernière fois la présentation que nous allons faire aux enfants. Nous embarquons des photos cartonnées d’animaux marins, que nous utilisons lors de nos ateliers en Guadeloupe, ainsi que le vidéoprojecteur.

    Nous arrivons sur la plage où il y a toujours un monsieur pour nous accueillir : c’est lui qui garde les bateaux. Un agriculteur vient nous demander si nous avons besoin de tomates — pourquoi pas plus tard ! Nous nous dirigeons ensuite vers l’école où nous retrouvons les écoliers, curieux et sourires aux lèvres, avec leurs petits rubans rouges.

    Les enseignantes s’organisent rapidement pour nous trouver une classe et un drap blanc afin de projeter le diaporama. Nous allons intervenir auprès des plus grands (CM1/CM2). Les élèves sont déjà installés, très sages en attendant — un peu plus qu’en Guadeloupe 😄

    C’est parti : nous nous lançons en espagnol pour nous présenter — nous, notre voyage, le bateau — puis, toujours à l’aide de photos et de vidéos, nous abordons les écosystèmes marins : mangroves, récifs coralliens et herbiers. Nous passons un très bon moment.

    À la fin de la présentation, enseignantes et élèves nous remercient avec de grands sourires. Une enseignante vient alors nous demander si cela ne nous dérangerait pas de refaire notre présentation pour une autre classe, car ils ont vraiment trouvé l’atelier très sympa. Les élèves sont plus petits, mais nous pouvons simplifier un peu — allez, on enchaîne !

    Nous nous rendons dans la seconde classe où nous affichons les photos et montrons les vidéos. Les plus jeunes sont très curieux et nous impressionnent par leur capacité à reconnaître les animaux. Ils nous apprennent même leurs noms en espagnol local !

    Nous remercions chaleureusement l’équipe et les enfants. Ils sont ravis, et nous aussi. Ce village est incroyable par son authenticité et sa simplicité.

    Avant de rentrer manger un morceau au bateau, nous nous arrêtons dans la petite tienda pour acheter de la lessive à Joséphine. En lui déposant, nous retrouvons Martine et Patrick. Ils nous annoncent qu’ils partent pour Santiago : une fenêtre météo semble se profiler pour franchir le passage du vent entre Haïti et Cuba. Nous n’avons pas encore regardé la météo aujourd’hui… Il va falloir s’y mettre, car si un créneau se dessine lundi, nous devrons peut-être décider de partir dès aujourd’hui.

    De retour à bord de Noam, nous profitons de notre connexion canadienne pour consulter la météo. En effet, lundi le passage du vent s’annonce avec peu de vent — idéal pour traverser — puis un peu de vent de près serré pour rejoindre la République dominicaine. Nous risquons de faire un peu de moteur, mais dans cette zone c’est parfois préférable plutôt que de passer avec trop de vent dans le nez.

    Allez, nous suivons nos amis et décidons de quitter aujourd’hui notre petit hameau. Cela nous rend un peu tristes : nous avions prévu d’aller à la cascade avec Nadia et sa famille, de prendre le café à la ferme d’Henry, d’emmener Gustawo faire de la plongée bouteille… Nous aurions pu rester ici des semaines, mais la météo a parlé.

    Nous repartons à terre pour prévenir que nous devons partir aujourd’hui et que nous ne pourrons pas faire les différentes activités prévues. Nous en profitons aussi pour donner de la colle à Joséphine, qui n’en avait pas pour recoller les semelles de ses baskets.

    Nous passons ensuite chez Nadia et Marco. Marco est en train de couper du bois ; Nadia n’est pas là, elle est à Manzanillo, une ville non loin d’ici. Nous donnons à Marco un tuyau que nous n’utilisons plus à bord pour son potager : il est très content. D’ailleurs, plusieurs personnes nous arrêtent dans le village en voyant Malo passer avec le tuyau sur l’épaule — il va faire des envieux !

    Marco nous emmène ensuite chez Tchitchi, leur ami que nous avions rencontré l’autre jour. Malo lui a préparé un petit sac avec quelques pièces électriques (gaines, cosses…) dont nous n’avons plus l’utilité. Nous le retrouvons en train de bricoler son tuk-tuk, avec lequel il devait nous emmener à la rivière demain. Je pense d’ailleurs qu’il le préparait pour nous… Il nous remercie chaleureusement et comprend que nous soyons contraints de partir.

    Joséphine nous remplit ensuite deux bidons d’eau : ici, ils ont accès à une eau de source potable, alors nous en profitons.

    Nous avons le cœur un peu serré de quitter cet endroit — une superbe découverte.

    Juste avant de partir, un homme nommé Joël vient à notre rencontre. Il fait de l’artisanat et nous invite à venir voir ses créations chez lui. Nous sommes un peu pressés, car nous souhaitons lever l’ancre vers 17 h, mais il insiste. Allez, on y va !

    Il est avec sa fille Caterina, qui a école ce matin. Joël nous raconte qu’elle est rentrée très contente : elle a appris plein de choses. Il nous dit aussi que tous les enfants ont apprécié ce qu’ils ont vu à l’école ce matin — ça discute beaucoup dans le village !

    Chez lui, Joël nous montre son savoir-faire : il sculpte des cornes de vache, des os de cochon, travaille le cuir… Nous craquons pour quelques souvenirs que nous lui payons en euros. Il est ravi : pour eux, c’est une monnaie forte. En retour, il nous fait de nombreux cadeaux — encore une fois, beaucoup de simplicité dans nos échanges.

    À Trinidad, nous avions parfois ressenti une certaine pression dans les relations, avec une obligation d’achat ou de don. Ici, il y a bien sûr des demandes, peut-être parfois des attentes, mais surtout un réel échange.

    Il est temps de partir. Nous préparons le bateau et levons les voiles en même temps que les Canadiens, sous les couleurs de la fin de journée. Le vent est très faible ; nous devons utiliser le moteur pendant les quatre premières heures. À 22 h, nous décidons de l’arrêter : le vent est toujours léger, nous avançons à 3 nœuds, mais c’est tellement plus agréable sans le ronron de la mécanique.

    Le ciel est rempli d’étoiles, toutes voiles dehors !

    Nous avions 80 milles jusqu’à Santiago, il nous en reste 50. Nous devrions arriver en fin de matinée pour effectuer les formalités de sortie du pays, avant notre départ pour la République dominicaine.

    À 9 h, nous atteignons Santiago. Nous n’avons pu faire que 10 milles à la voile, le vent étant très faible. Cependant, nous avons vécu une très belle navigation sous les étoiles.

    Nous empruntons le chenal pour arriver à la marina : ici, il est interdit de mouiller à l’ancre. Nos amis de Casa Maria nous appellent à la VHF pour nous le rappeler — message bien reçu. Malo prend la barre, j’installe les pare-battages et prépare les aussières.

    Dans le chenal, nous croisons de petites barques de pêcheurs, ainsi qu’une immense cheminée d’usine crachant de la fumée : une cimenterie. Noémie et Jules nous avaient prévenus que la fumée pouvait tacher le bateau de marques orangées… On va essayer de ne pas respirer trop fort !

    Nous sommes accueillis par le personnel de la marina et de l’immigration, tous très sympathiques. José, de la marina, parle un peu français. Luis, de l’immigration, s’occupe tranquillement de nos papiers et nous demande si nous pourrions l’aider à réparer le moulinet de sa canne à pêche, qui est cassé. Bien sûr : il pourra repasser au bateau et nous regarderons ensemble si nous avons une solution.

    Nous rangeons tranquillement Noam. Malo vérifie les cubes à eau : nous suspectons une fuite sur l’un d’eux. Rapidement, nos amis de Rebelle et de Casa Maria viennent nous dire bonjour. On discute, Lionel et Yamilé sont ici depuis une dizaine de jours et nous donnent quelques conseils bien pratiques.

    Aujourd’hui, au programme : préparation du bateau et mission gasoil en ville. Nous irons avec nos amis canadiens afin de partager les frais de taxi !
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  • J150, Santiago de Cuba

    1月25日, キューバ ☀️ 30 °C

    Aujourd’hui, dimanche, nous décidons enfin de partir découvrir la ville de Santiago de Cuba, La veille, Malo s’y est simplement rendu pour faire le plein de diesel, sans visiter. Il y est allé avec Philippe, notre ami canadien. Ils ont réussi à trouver du diesel, mais pas d’essence : plus nous avançons vers l’est du pays, plus les pénuries de carburant se font sentir. En tant que touristes, ils sont toutefois passés devant tous les Cubains qui faisaient la queue en attendant du carburant, un privilège réservé aux étrangers ici…

    Hier soir, après une petite balade sur les hauteurs de la marina, nous avons dîné avec Philippe et Martine dans l’unique petit restaurant du coin. Une fois de plus, les portions étaient généreuses et nous avons passé une très belle soirée.

    Ce matin, avant de prendre le taxi pour Santiago, Malo s’affaire à gonfler les blocs du bateau de plongée de la marina. En effet, comme nous sommes arrivés hier, un des employés a remarqué que nous avions un compresseur. Il nous a expliqué que le leur était en panne et que, si nous pouvions leur gonfler leurs blocs, cela leur rendrait un grand service. En échange, ils nous proposent de nous emmener plonger : pourquoi pas !
    Mais à Cuba, officiellement, rien n’est possible sans autorisation : tout appartient au gouvernement, jusqu’aux langoustes… Le représentant des autorités maritimes nous assure qu’il n’y a pas de souci pour l’autorisation, mais finalement c’est leur bateau de plongée qui ne fonctionne pas : moteur HS. L’autre petit bateau, lui, n’a pas assez d’essence… Résultat : malheureusement, pas de plongée.

    Nous sommes seulement trois bateaux sur la marina et ils sont vraiment aux petits soins avec nous. Comme à Cienfuegos, les tarifs sont les mêmes. Les marinas sont toutes sous la même enseigne, « Marlin », et appartiennent à l’État. Les employés travaillent ici par rotations de deux semaines. Depuis notre arrivée, plusieurs sont venus nous demander si nous avions des bouts de fil de pêche.
    Le représentant de l’immigration, Jorge, est même venu nous voir avec beaucoup de modestie pour savoir si nous pouvions l’aider à réparer le moulinet de sa canne à pêche, cassé. Malo a réussi à bricoler une réparation et lui a offert en prime un vieux moulinet que nous n’utilisions plus. Il était ravi et très reconnaissant.

    Une fois les blocs gonflés, nous rejoignons nos amis canadiens et partageons un taxi pour Santiago. Patchito, l’homme à tout faire du coin depuis notre arrivée, nous a encore aidés à trouver tout ce dont nous avions besoin : du change, du pain, des fruits, des taxis… Il vit ici avec sa maman et se montre toujours extrêmement serviable. C’est lui qui nous a trouvé le taxi pour la ville : une superbe Lada verte nous attend pour 30 $ aller-retour.

    Nous montons à bord et arrivons assez rapidement à Santiago. La ville est vaste et très contrastée. Dès notre arrivée, plusieurs personnes nous interpellent pour proposer leurs services ou tenter de nous vendre du rhum ou des cigares. Nous sommes parfois obligés de les rembarrer assez sèchement, sinon cela devient vite oppressant. En nous éloignant de la place centrale, l’atmosphère se fait plus calme.

    Santiago de Cuba est une ville chargée d’histoire. Fondée en 1515, elle fut longtemps la capitale de l’île avant La Havane. C’est aussi le berceau de la révolution cubaine : en 1953, Fidel Castro y lança l’assaut de la caserne Moncada, événement fondateur du mouvement révolutionnaire.

    Nous découvrons de magnifiques bâtisses coloniales, souvent malheureusement en train de se détériorer. Nous passons devant l’ancienne maison de Fidel Castro, puis errons jusqu’au barrio Tivolí, aussi appelé le quartier français. Là, nous nous arrêtons devant les escaliers de la Révolution, lieu symbolique de l’histoire cubaine.

    En nous baladant, nous observons la vie quotidienne qui s’écoule lentement : les gens marchandent, discutent assis sur les pas de leurs maisons, les enfants fabriquent des cerfs-volants avec un bout de ficelle et un sac-poubelle… Les habitations sont parfois très précaires. Cuba se dévoile sous mille visages, en ville comme à la campagne.

    Nous faisons une halte à la Casa de la Trova, temple de la musique cubaine. Nous y passons un moment merveilleux à écouter un groupe talentueux. L’un des guitaristes n’a même plus toutes ses cordes ; on imagine combien il est difficile de s’en procurer ici. Avec le sourire, ils frappent les claves, grattent la guitare, soufflent dans une clarinette et font résonner leurs voix. Salsa, puis samba, les airs nous entraînent et nous donnent instantanément le sourire. Nous leur laissons quelques pesos pour les remercier : c’est grâce à cela qu’ils vivent.

    Nous poursuivons notre balade dans les ruelles, longeons des petits commerces, le front de mer et un terminal de croisière désert. Des enfants se baignent dans le port et se donnent en spectacle, rivalisant de plongeons pour nous impressionner. Nous nous arrêtons manger dans un petit restaurant. Un Cubain nous accompagne un moment, discute avec nous ; il est sympathique, mais nous sentons qu’il espère un peu d’argent. Nous finissons par lui offrir une bière, malheureusement nous sommes à court de pesos.

    À 15 h, nous retrouvons Philippe et Martine pour reprendre le taxi du retour. Nous devons rentrer assez tôt car nous avons encore de nombreux préparatifs à faire à bord : demain, nous levons les amarres pour mettre le cap sur la République dominicaine.

    À notre arrivée à la marina, les employés nous accueillent chaleureusement. On se sent presque à la maison dans cette marina rien que pour nous. Lionel et Yamilé devaient partir en même temps que nous, mais Lionel a fait une hausse de tension ; ils vont rester encore quelques jours pour se reposer et partiront plus tard.

    De notre côté, on s’active. Malo nettoie le pont du bateau : nous avons remarqué quelques taches de rouille dues aux épaisses fumées de l’usine située juste derrière la marina, qui s’avère être une centrale électrique. Heureusement que nous partons demain, et que le vent ne soufflait pas dans notre direction !
    De mon côté, je nettoie l’intérieur du bateau et je cuisine afin d’avoir des repas faciles pendant la navigation.

    Nous faisons un dernier point météo et validons le départ pour demain à 5 h, cap à l’est vers la baie de Luperón, en République dominicaine. Nous allons dire au revoir à nos amis avant de finaliser les derniers préparatifs. Jorge, de l’immigration, passera demain à 4 h 30 pour effectuer la sortie du territoire et le check-out du bateau.

    Je suis un peu triste de quitter ce pays magnifique qui nous a tant donné durant ce dernier mois. Un pays aux mille facettes, porté par un peuple solide, fier et profondément attachant. J’espère que nous reviendrons.
    En préparant notre prochaine navigation, j’ai commencé à me renseigner sur la République dominicaine et j’ai l’impression que nous allons entrer dans un tout autre monde… Cela risque de nous faire bizarre. Ici, la vie ralentie par une économie contrainte permet malgré tout de préserver une authenticité rare : un calme, un monde avec peu de moteurs, où l’activité humaine limitée laisse encore de vastes zones totalement préservées.

    Merci Cuba 🇨🇺✨
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  • J155, Cap vers Luperon

    1月26日〜27日, ドミニカ共和国 🌬 28 °C

    Nous quittons Santiago à 5 h du matin. En sortant du chenal, nous croisons de petites barques de pêcheurs qui rentrent à la rame. Dans la pénombre de la nuit, ils reviennent de leurs plongées nocturnes.

    La navigation se fait au moteur, faute de vent, mais dans une mer d’huile d’un bleu profond, sous l’escorte inattendue de papillons blanc qui virevoltent dans le ciel.

    Au passage de Guantánamo, nous apercevons nos amis du catamaran Casa Maria qui nous rattrapent. C’est toujours sympa de se croiser en navigation ! Peu après, après près de dix heures au moteur, nous profitons enfin d’un vent un peu plus favorable pour dérouler le génois et couper les machines. Ça fait du bien : plus de bruit, uniquement le clapotis de l’eau et une musique diffusée par les enceintes, sous un beau soleil.

    Malheureusement, le vent faiblit de nouveau. Nous gardons les voiles dehors mais rallumons le moteur. L’après-midi se passe en longeant les côtes : une session aquarelle, des podcasts, des étirements… On essaie d’appeler le vent, mais pour le moment l’appui moteur reste nécessaire pour garder les voiles gonflées. Un superbe coucher de soleil colore le ciel de rose.

    À 1 h du matin, nous atteignons le passage du vent entre Cuba et Haïti. Le vent reste faible, mais nous coupons malgré tout le moteur et avançons à 3,5 nœuds. Nous traversons une zone de séparation de trafic indiquée sur les cartes : c’est là que passent les cargos. En effet, nous en croisons plusieurs, dont un gigantesque. Nous modifions légèrement notre cap pour l’éviter largement.

    À l’orée du jour, le vent retombe et nous remettons le moteur. Un disque doré parfait sort de l’eau. Les couleurs sont douces, pastel. Un oiseau blanc à la queue fine et élégante tente de se poser sur notre girouette pour se reposer, mais avec notre inertie, impossible pour lui de tenir. J’espère qu’il trouvera vite refuge quelque part ! Nous profitons de la pétole pour une petite baignade. Un bout à l'arrière du bateau auquel nous nous accrochons et nous nous immergeons dans le grand bleu 🐬

    La suite de la navigation se déroule bien, malgré peu de vent, souvent de face. Nous prenons notre mal en patience et alternons entre moteur et voile, contraints d’utiliser assez souvent le moteur pour avancer. Nous naviguons sous une demi-lune qui éclaire joliment la mer. Le son des vagues sur l’étrave du bateau reste notre plus belle berceuse.

    Nous apercevons les côtes haïtiennes, puis celles de la République dominicaine à partir de mercredi midi. Nous faisons des bords pour tenter de naviguer à la voile. Nous nous approchons enfin de l’entrée de Luperón à minuit ✨️ On est vigilants car il fait nuit et la passe pour entrer est entre deux récifs.
    Nous avons changé de fuseau horaire : ici, il y a une heure de plus qu’à Cuba. Nous trouvons une petite place pour mouiller à l’entrée de la baie. Il semble y avoir énormément de bateaux : c’est un trou à cyclones très réputé dans les Caraïbes pour les plaisanciers. Nous ne tardons pas à nous endormir, fatigués par ces trois jours de navigation.

    Le lendemain matin, nous ouvrons les yeux sur un joli mouillage. Après le café, nous levons l’ancre pour nous rapprocher du centre de la baie. C’est impressionnant : il y a énormément de bateaux ! Ça nous change. Nous slalomons entre les bouées et les bateaux au mouillage. Nous finissons par trouver une petite place pour jeter l’ancre. Ici, les bouées sont privées (25 $/semaine) : nous sommes contents d’avoir trouvé notre petit coin pour mettre l'ancre.

    Nous mettons l’annexe à l’eau et c’est parti pour les démarches administratives, la tournée des bureaux :

    1. Immigration : ~60 $
    2. Autorités portuaires : 25 $
    3. Agriculture : 10 $
    4. Armada

    Nous sommes bien reçus.
    Ça va nous changer de Cuba mais nous sommes ravis de découvrir une nouvelle île.

    Nous continuons notre vadrouille dans la petite ville de Luperón. Wahou… nos oreilles sifflent : il y a beaucoup de bruit, entre voitures et motos. Nous n’y étions plus habitués !

    Nous prenons ensuite le temps de regarder tranquillement le programme de nos prochains jours et de nous organiser avec Agatha et Anne-Sophie. Mes deux bonnes copines d’école arrivent dans les prochains jours pour passer quelque temps à bord avec nous. J’ai trop hâte !!
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  • J159, Luperón

    1月28日〜31日, ドミニカ共和国 ☀️ 28 °C

    Nous nous endormons pour notre seconde nuit à Luperón sous une belle pluie — ça faisait longtemps ! On en profite pour sortir le récupérateur d’eau de pluie et remplir les cuves. Le lendemain, nous préférons changer de place dans la baie car nous sommes un peu trop proches de notre voisin. Ici, c’est un vrai casse-tête de mouiller l’ancre : beaucoup de bateaux sont sur des corps-morts, il faut donc bien assurer sa place quand on jette l’ancre. Finalement, nous parvenons à trouver notre petit trou, proche du quai principal où arrivent de gros bateaux de marchandises ou de pêche.

    Nous sommes juste derrière un petit bateau en bois. Nous ne tardons pas à rencontrer son propriétaire, Jacques. Alors qu’il passe à la rame dans sa jolie annexe en bois, nous l’invitons à boire le café. Jacques est français. Cela fait plus de 25 ans qu’il vit sur son bateau, un joli petit bateau en bois de 70 ans ! Il en parle avec passion. Il a vécu de nombreuses années en Guadeloupe en tant que professeur de pêche dans un lycée professionnel ; avant cela, il était pêcheur à l’île d’Yeu. On discute de navigation, d’expériences en mer, de nos vies respectives. Il est passionnant.

    Nous décidons ensuite d’aller découvrir un peu les environs de Luperón. Nous enfilons nos baskets et découvrons un village bien animé. Les gens nous saluent, chacun a son petit commerce. Nous retrouvons la profusion de petits supermarchés proposant de nouveaux produits — ça change de Cuba. Les motos et les voitures filent dans les petites rues.

    En nous baladant, nous sommes interpellés par Kingking, un jeune Haïtien qui vit ici depuis cinq ans. Il nous amène voir ses… six petits chiots d’à peine deux mois ! Ils sont adorables. Il nous dit qu’il peut nous en vendre un pour 100 pesos ; ça l’aiderait, car il n’a plus de travail et traverse une période difficile. Il n’a pas de quoi leur acheter à manger. On se regarde avec Malo… aaah, c’est tentant ! Mais pas vraiment raisonnable, n’est-ce pas ? À défaut de craquer aujourd’hui pour un chien, nous allons acheter un sac de croquettes pour les chiots. Kingking est très reconnaissant et nous remercie avec un grand sourire.

    Nous continuons notre route vers la sortie du village, où nous avions repéré un refuge pour animaux. En chemin, nous tombons sur une petite cahute où un monsieur propose des empanadas et des avocats délicieux. On s’installe sur des chaises en plastique au bord de la route pour profiter de notre encas avant de reprendre la marche. Nous arrivons ensuite sur un chemin de terre. Les paysages sont magnifiques : de nombreuses vaches passent tranquillement, avec les montagnes en arrière-plan. C’est dans cette région que se trouve le plus haut sommet des Caraïbes, le Pico Duarte. Cette cordillère offre à la baie de Luperón une protection exceptionnelle contre les tempêtes ; ici, on l’appelle la « baie bénie » pour cette raison. C’est aussi pour cela qu’il y a tant de bateaux. Nous passons devant une arène de combats de coqs — malheureusement, une tradition encore très ancrée dans toute la Caraïbe. Lorsque nous arrivons au refuge, celui-ci est fermé. Nous sommes vendredi après-midi ; peut-être n’est-il pas ouvert. Nous en profitons pour passer quelques coups de fil à nos proches.

    Sur la route du retour, nous nous arrêtons dans une boutique qui fabrique du fromage et des yaourts artisanaux. Du fromage ! Ça fait deux mois que nous n’en avons pas mangé, alors on en profite pour en acheter un morceau. Ici, comme en Colombie, ce sont des fromages à pâte blanche, type mozzarella. On l’appelle le « queso de hoja », équivalent du « queso de capa » colombien. En chemin, un moto-taxi s’arrête et nous embarque à bord : il est temps de découvrir la plage de Luperón. Nous payons 200 pesos la course. Ici, nous avons encore changé de monnaie : le peso dominicain (1 € ≈ 71 pesos).

    Nous découvrons une jolie plage, longue, où de belles vagues se cassent sur le sable blanc. De petits restaurants se trouvent à l’entrée. Comme dans tout bar caribéen qui se respecte, la musique résonne fort (très fort) dans les haut-parleurs. On rigole avec un patron de bar en regardant une voiture garée… dans le bar ! Elle est équipée d’un mur d’enceintes qui occupe tout l’habitacle : elle ne sert qu’à ça. Nous allons au fond de la plage pour profiter d’une baignade. Nous croisons des Canadiens et des Français qui ont eux aussi leur bateau à Luperón. La densité de bateaux est telle qu’en se baladant dans les rues, on croise presque autant de plaisanciers que de locaux.

    Après la baignade, nous profitons du coucher de soleil pour boire un verre, en admirant les gros bateaux de croisière qui passent au large et en observant un petit bateau de pêche qui part affronter la houle. Un gros coup de vent est prévu ce week-end : un front nord. Les températures vont chuter et des rafales à plus de 40 nœuds sont attendues dans les Bahamas. Nous sommes contents d’être à l’abri dans la baie. En rentrant au bateau, nous passons devant un bar où de nombreux plaisanciers sont attablés. En nous voyant passer, Natacha vient à notre rencontre avec son copain Michael. Ce sont deux New-Yorkais de notre âge qui possèdent un gros voilier, une véritable goélette de pirate. Elle nous dit être contente de voir des jeunes, car la majorité des navigateurs sont souvent plus âgés. Nous passons à l’anglais ; ici, il y a une grande proportion d’Américains.

    De retour à bord, en bons Français, nous profitons de fromage sur un bout de pain accompagné d’un petit verre de vin. La question du soir : est-ce raisonnable d’adopter un chien ?!

    Le lendemain, nous nous réveillons dans une baie d’un calme fou. C’est super agréable : il fait très bon et le bateau ne bouge pas. Les oiseaux chantent et le clapotis des annexes qui passent près de nous crée une douce houle. Nous passons la matinée à travailler sur nos ordinateurs avant de sauter dans l’annexe pour aller explorer les mangroves et les fonds marins. En chemin, nous croisons Michael et Natacha qui reviennent d’une balade dans la réserve en face ; ils nous conseillent un sentier.

    Nous commençons par enfiler masques et tubas pour observer les fonds : essentiellement des herbiers et quelques bouts d’épaves. Rien d’exceptionnel, mais la baignade fait du bien. Nous continuons ensuite notre balade dans une belle mangrove. Les palétuviers sont particulièrement grands, car peu touchés par les tempêtes. On s’amuse à observer les mouettes et les pélicans pêcher les petits poissons, affolés par les remous de l’annexe.

    Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons chez Jacques, qui nous fait visiter son petit bateau tout en bois. C’est magnifique… mais quel travail ! Un bateau en bois, c’est vivant : le pont doit être arrosé tous les matins, sans exception, à l’eau de mer, sinon les moisissures et les champignons peuvent s’installer. Le bateau prend toujours un peu l’eau et il faut régulièrement reboucher les fuites en calfatant avec du coton peint. À bord, pas d’électricité depuis qu’il a pris la foudre il y a quelque temps. Il navigue au sextant, une passion qu’il a transmise à son fils. Il nous donne aussi quelques conseils pour visiter la République dominicaine, sa femme étant originaire d’ici.

    Nous rentrons ensuite à bord pour préparer un peu le bateau : Thibault, une connaissance de Malo, vient nous rendre visite pour quelques jours. En fait, il a contacté Malo il y a environ un mois, car il a un projet avec un ami de Guadeloupe, Alexis, pour créer un voilier de charter et de plongée. Ils ont pensé à Malo pour être le capitaine du bateau. Pour le moment, rien de très concret, mais nous avons passé les derniers jours à réfléchir au projet. Thibault a un peu d’argent et souhaite investir. Même si, pour l’instant, nous restons plutôt spectateurs, nous avons mis sur papier un projet qui aurait du sens pour nous : créer un voilier alliant à la fois exploration scientifique et tourisme engagé. Nous avons proposé cette idée à Thibault ; reste à voir comment cela évolue !

    Dans ce cadre, il nous a écrit il y a deux jours pour nous dire qu’il était partant pour venir en République dominicaine nous rencontrer. Ça nous a un peu surpris, car nous ne nous connaissons pas vraiment, mais finalement… pourquoi pas ? Ça peut être une opportunité. Nous sommes très curieux. En début de soirée, nous récupérons donc Thibault, qui arrive du Mexique où il vit depuis dix ans. Il a une trentaine d’années et aimerait réussir à créer un projet autour d’un bateau. Nous passons une belle soirée à rêver, discuter des possibilités, des envies…

    En allant nous coucher avec Malo, nous ne savons pas comment tout cela va aboutir, mais comme on se le dit, nous sommes dans une phase de nos vies où nous sommes libres, ce qui nous permet d’être à l’écoute des opportunités. Thibault va rester à bord jusqu’à mardi. Nous allons vadrouiller dans les environs de Luperón et lui faire découvrir la vie à bord. Malheureusement, le front froid ne nous permet pas encore de sortir en mer.
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  • J165, Cacao & surf

    1月31日〜2月6日, ドミニカ共和国 ⛅ 30 °C

    Nous avons passé trois jours à bord avec Thibault. Beaucoup de discussions autour de projets bateau, mais aussi la poursuite de notre découverte des alentours de Luperón.

    Nous avons profité d’un petit vent pour aller tirer quelques bords au large et montrer à Thibault comment Noam navigue. Les garçons ont aussi plongé. D’autres plaisanciers et plongeurs ont créé il y a quelques années un site de plongée, avec des canons et un trésor coulés. Un vrai site de pirates ! Malgré une mer un peu agitée, c’était chouette de se mettre à l’eau.

    Ces derniers jours à Luperón étaient très gris et humides. On se serait crus en Bretagne ! Pourtant, nous avons passé de bons moments : invités à bord d’autres bateaux, footing le long du littoral, et une soirée avec les autres plaisanciers dans les rues de Luperón, dans un bar où la bière était… gratuite !

    Mardi soir, Thibault est reparti. C’était un très bon moment et une belle rencontre. À voir comment évolueront les prochaines aventures.

    Le lendemain, nous décidons de louer une voiture pour les deux jours à venir. Ici, c’est très facile : la communauté de plaisanciers est importante et de nombreux groupes WhatsApp d’entraide proposent des services variés : voitures, motos, laverie, yoga gratuit… Il y a même Daicy, une navigatrice installée ici depuis des années avec son mari sur leur grand voilier. Elle a fini par acheter une ferme avec quelques vaches et propose yaourts et lait frais pour quelques pesos, tous les lundis.

    Finalement, c’est en nous baladant dans la rue que nous trouvons la voiture. Nous la louons 1 700 pesos la journée. Pas d’état des lieux, pas de vérification de l’essence : Franklin nous donne les clés, sans contrat. Rapide, efficace, zéro formalités !
    Nous roulons au GPL, comme la majorité des véhicules ici. L’avantage, c’est le prix : environ 22 € le plein ! Nous embarquons aussi nos planches de surf : nous avons repéré quelques plages adaptées. Mais avant ça, direction l’est, sur les hauteurs de Cabarete, pour visiter des plantations de cacao.

    La République dominicaine est l’un des plus gros producteurs de cacao biologique au monde. Historiquement, l’île d’Hispaniola , découverte par Christophe Colomb en 1492, a longtemps vécu de l’agriculture (cacao, café, canne à sucre), avant que le tourisme ne devienne l’un des piliers de l’économie actuelle. Malgré une croissance économique forte, les inégalités restent marquées, surtout dans les zones rurales.

    En cherchant sur internet, je trouve une exploitation : Florencio Ortega. Contactée via WhatsApp, Yolanda me répond rapidement. Agronome elle aussi, elle gère l’organisation globale de la ferme. Elle ne sera pas sur place, mais son frère, Joël, pourra nous recevoir.

    Nous prenons donc la route de la finca, en nous enfonçant dans la montagne. Autour de nous, une végétation luxuriante et du cacao à perte de vue. Après deux bonnes heures de route, nous rencontrons Joël, qui nous accueille avec un immense sourire. On passe un moment formidable. Il nous montre toutes les étapes : la culture, les greffes, la fermentation, le séchage… On sent qu’il aime profondément son métier.

    Nous nous asseyons pour discuter. Peu à peu, il comprend que nous voyageons en voilier, et non avec les grands paquebots de croisière, comme beaucoup de touristes ici. Il n’en revient pas ! On rigole, on échange, puis il nous emmène faire le tour de la petite communauté : quelques maisons regroupées. Il nous présente aux voisins, à Lourdes, qui nous invite à prendre le café. On nous offre corossol, papaye, oranges, cacao… Nous sommes vraiment gâtés. Nous repartons le cœur léger, invités à revenir quand nous voulons.

    Direction ensuite la plage de Cabarete. Beaucoup de trafic, de constructions, de grands complexes touristiques en bord de mer, profitant des conditions idéales pour le kite et le surf. En arrière-plan, les habitations plus modestes des locaux. Des commerces partout, beaucoup de vie dans les rues. Il faut s’accrocher au volant !

    Nous arrivons sur une superbe plage bordée d’écoles de surf. Il est 17 h, personne à l’eau, mais de grosses vagues. On préfère attendre le lendemain pour se mettre à l’eau, le temps d’observer les courants. On profite simplement du spectacle : les couleurs, la houle qui s’écrase sur le rivage. Des villas longent la plage, on sent la forte présence d’investisseurs étrangers, notamment américains. Le soir, on s’offre un bon restaurant. Ça faisait longtemps… On se régale !

    Ce soir-là, c’est camping. Nous avions prévu les hamacs, mais finalement on tente l’option “camping-car” en dormant dans la voiture. Mauvaise idée 😅 Vers minuit, on suffoque : chaleur, condensation, moustiques… Nous finissons par installer les hamacs au milieu de la nuit. C’est ça, vouloir choisir la facilité !

    Le lendemain matin, réveil au son des vagues. Le ciel est bleu, c’est magnifique. La plage s’anime, il y a du monde à l’eau. On attrape les planches et c’est parti. Malo va dans la zone des confirmés, moi je reste sur le spot des débutants. Ici, les spots sont clairement hiérarchisés, avec des panneaux du type : « Respectez les surfeurs locaux ». Le ton est donné ! On passe une bonne heure à l’eau, dans des vagues un peu brouillonnes, mais on est contents.

    En sortant, on mange une salade en bord de mer. L’ambiance est assez drôle : très “bobo / hippie / surfer”, un peu hors de la culture dominicaine traditionnelle. Mais de temps en temps, c’est agréable aussi.

    Nous continuons notre vadrouille vers les cuevas de Cabarete. L’entrée du parc est à 20 $ par personne. On hésite un peu, mais ici, comme dans d’autres îles des Caraïbes, beaucoup de sites naturels sont payants. Le tourisme est une ressource essentielle pour le pays. Nous découvrons un lieu magnifique. Le guide nous fait visiter quatre grottes ; il y en aurait plus de 200 dans la région, mais toutes ne sont pas aménagées. On peut s’y baigner, et selon la légende, l’eau ferait rajeunir de dix ans… On a tenté !

    Nous reprenons la route vers Luperón en passant par Santiago de los Caballeros, ancienne capitale et deuxième plus grande ville du pays. La route de montagne est splendide. Malheureusement, le contraste est saisissant avec les montagnes de déchets visibles un peu partout. La gestion des déchets semble très limitée. On voit même des éboueurs, accrochés à l’arrière des camions, ramasser les ordures à mains nues.... Le plastique et la surconsommation sont une vraie problématique dans les Caraïbes (et partout ailleurs!).

    À Santiago, l’ambiance est intense : vendeurs d’empanadas à chaque coin de rue, musique merengue — emblématique du pays — qui sort des enceintes, motos slalomant entre les voitures… Nous nous arrêtons dans une fabrique de cigares, autre symbole national. Trop tard pour la visite, mais on découvre les boîtes de cigares.

    Dans le centre historique, nous déambulons seuls, sans touristes. Beaucoup de bâtiments sont en mauvais état, mais la vie est partout. Sur la place centrale, des cireurs de chaussures travaillent encore, un métier disparu chez nous. Nous cherchons un endroit pour dîner, mais étonnamment, peu de choix le soir, à part des empanadas frites. Les comedores locaux — riz, plantain, haricots noirs, viande — semblent surtout ouverts le midi. Finalement, nous trouvons une rue un peu plus touristique, avec quelques restaurants récents. Nous nous installons pour une pizza et une limonade naturelle.

    Puis retour vers Luperón. Il nous reste deux heures de route de nuit, avec des phares faiblards. Malo est au volant et assure, malgré une route parfois compliquée : peu d’éclairage, peu de signalisation.

    Nous arrivons à bon port. Heureux d’avoir découvert un peu plus ce beau pays, riche, contrasté, parfois très urbanisé et touristique, mais incroyablement diversifié.

    Demain, vendredi, nous levons l’ancre et partons pour Samaná, à l’est du pays, pour découvrir la baie des baleines… et retrouver les copines ! 🐋⛵
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  • J169, Samana

    2月7日〜10日, ドミニカ共和国 🌧 23 °C

    Nous arrivons dans la baie de Samaná après plus d’une journée de navigation. Nous étions vent arrière, le bateau ballotté sur les vagues. Nous avons navigué trempés sous la pluie. Mais en arrivant, nous avons été accueillis par deux baleines : c’est toujours incroyable de voir leur immense caudale sonder !

    Nous mouillons l’ancre de nuit dans cette grande baie. Je suis surprise par la multitude de lumières à terre et par la musique qui résonne fort. C’est une grande ville. Je m’attendais à une petite baie tranquille… finalement, il va y avoir de l’animation ! La République Dominicaine est bien plus peuplée que je ne l’imaginais, avec plus de 11 millions d’habitants, et ça se sent dès l’arrivée.

    On se dépêche de débarquer pour retrouver Agatha et Anne-So qui nous attendent à terre. Je suis très contente de pouvoir les retrouver, je les aperçois, on se saute dans les bras ! Mes vieilles copines 🩵
    On dîne à terre, en bavardant dans des rues bien animées, avec de la musique toujours plus forte !

    De retour à bord, on organise un peu les espaces pour trouver de la place pour les affaires et les équipières.
    Le lendemain, nous partons pour la cascade El Limón. On prend le bus : ce sont des mini-bus qui sillonnent les routes, les guaguas. On monte dans la montagne et le bus nous dépose au début du sentier. On marche dans la forêt, on traverse des rivières, et avec Agatha on choisit l’option pieds nus !
    Nous atteignons une superbe cascade d’où dégringolent de grands rideaux d’eau, c’est magnifique. Nous avions peur qu’il y ait beaucoup de touristes, mais finalement nous sommes presque seuls. On rentre par un autre chemin, tout aussi joli.

    Puis nous attendons un bus au bord de la route. Finalement, un camion benne s’arrête et nous demande où nous allons. Le temps de discuter, on voit le bus passer ! Le monsieur voit nos têtes dépitées en regardant le bus filer et nous dit de monter dans la benne. On va le rattraper ! On saute à l’arrière, il conduit à toute vitesse et nous attrapons le bus (qui s’avère être un taxi !). Ça décoiffe !

    En arrivant, nous profitons du bord de mer où les gens se promènent et boivent des verres en petits groupes.
    Le soir, nous sommes invités à bord d’Odine, le bateau qui a amené Agatha jusqu’ici en bateau-stop. C’est un couple de notre âge, elle est allemande et lui français. Ils nous reçoivent chaleureusement avec du bon poisson et du riz, un régal !

    Le lendemain, mardi, c’est jour de courses et de démarches administratives. Nous partons vers le parc des Haitises, situé au fond de la baie. En République Dominicaine, il faut faire un despacho à chaque fois que l’on change de zone. Avant cela, nous allons nous balader sur une des jolies petites îles qui bordent la baie.

    Puis direction la ville, où nous perdons pas mal de temps à aller et venir entre les bureaux de l’immigration et de l’armada. Ils ne sont pas forcément très efficaces !! Mais on finit par y arriver. Ensuite, place aux courses : un bon stock de fruits et légumes. Ici, ça ne manque pas, il y a une belle diversité et, à notre plus grand bonheur, les avocats sont délicieux !!

    En discutant avec les gens, on ressent aussi la proximité avec Haïti, l’autre pays qui partage cette île. Les relations entre les deux sont complexes, marquées par une histoire lourde et par de grandes différences économiques. Beaucoup d’Haïtiens vivent et travaillent ici, et même si le sujet est sensible, cette cohabitation fait partie du quotidien dominicain.

    De retour à bord, nous levons les voiles pour nous rendre sur l’île de Levantado, à 3 milles de la ville. Une jolie navigation, toutes voiles dehors, jusqu’à l’île. Le mouillage est bien roulant, mais c’est une petite escale sympa avant les Haitises.
    On profite tranquillement à bord, tous un peu fatigués, bercés par le bon roulis du bateau.
    Demain, on va rester encore un peu pour profiter de la zone… on espère pouvoir y plonger ! 🌊
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  • J173, Los Haitises

    2月10日〜13日, ドミニカ共和国 ⛅ 21 °C

    Nous nous réveillons à bord après une nuit bien agitée ! Le mouillage n’est pas protégé, ce qui provoque un bon roulis du bateau. L’équipage se lève malgré tout de bonne humeur : la vue sur cette jolie île, bordée d’une belle plage soigneusement entretenue pour l’unique hôtel des lieux, nous fait vite oublier la nuit mouvementée.

    Nous nous préparons pour aller plonger ! Anne-Sophie est une plongeuse aguerrie ; Agatha, elle, est novice et appréhende un peu. Nous montons tous les quatre dans l’annexe avec les blocs de plongée. Agatha et moi grimpons dans le kayak (qui, malheureusement, est encore percé !). Nous arrivons sur un spot qui nous semble adéquat. Anne-So se met sur le détendeur de secours de Malo, et moi je suis avec Agatha. Malo et Anne-So s’immergent.

    Avec Agatha, nous prenons notre temps. Je lui explique le détendeur étape par étape, puis, le long de la chaîne de l’annexe, nous nous enfonçons : 1 m, 2 m, 3 m… pause, ses oreilles coincent ; on attend, on respire, ça passe. Nous poursuivons la descente jusqu’à 9 m. Tranquillement, nous observons les gorgones violettes qui dansent au rythme de la houle, deux calamars qui glissent sous notre nez, un poisson-trompette parfaitement camouflé dans les éponges. Nous remontons ; C’était un très joli moment ✨️ Anne-So et Malo nous retrouvent, eux aussi ravis de leur immersion malgré une visibilité un peu faible. Ça faisait trop longtemps que l'on avait pas profité des fonds !

    De retour à bord, on mange un bout. Avec Agatha, nous partons nous promener sur la plage. Au coucher du soleil, à l’entrée de la baie, au loin… trois baleines sautent à la verticale. Elles sont loin de nous mais on les imagine si grandes et majestueuses.

    La soirée file tranquillement au rythme du roulis. Je suis très heureuse d’avoir mes copines à bord 🫶

    Le lendemain, le réveil sonne à 7 h. Nous sommes un peu fatigués après une nuit encore secouée, mais motivés : nous partons vers le Parc national Los Haitises. Avant de nous y diriger, nous naviguons vers la sortie de la baie pour tenter d’apercevoir des baleines. Nous déroulons les voiles et scrutons l’horizon à la recherche de ces grandes créatures bleues. Nous en voyons plusieurs, mais jamais assez près pour les photographier ; nous les gardons précieusement en mémoire.

    Nous changeons ensuite de cap vers le fond de cette immense baie où se niche le parc. Peu à peu, le paysage devient spectaculaire. D’étonnantes formations calcaires recouvertes d’une végétation luxuriante semblent flotter sur l’eau. Ces pains de sucre, façonnés par l’érosion, émergent au milieu d’une forêt tropicale humide et de vastes mangroves. Le parc est l’un des trésors naturels de la République dominicaine : il abrite une biodiversité remarquable, des colonies d’oiseaux marins, et des grottes ornées de pétroglyphes laissés par les Taïnos.

    Nous avons l’impression d’entrer dans un décor de Jurassic Park. Nous sommes seuls, entourés de frégates, de rapaces, de pélicans qui tournoient au-dessus de nous. Nous jetons l’ancre après une belle navigation au portant. Cette fois, le mouillage est parfaitement abrité. Pas un roulis. Quel bonheur.

    Aujourd’hui, vendredi, cela fait trois jours que nous profitons du parc. Nous avons randonné sur les hauteurs, exploré en annexe et en paddle les grottes creusées dans la roche calcaire, découvert des mangroves si profondes que les palétuviers semblent toucher le ciel.

    Nous avons même eu la chance de croiser un serpent, blotti à l’abri d’un arbre. L’eau n’est malheureusement pas transparente, mais nous nous baignons quand même. Le temps est calme ; on se plaît à dessiner, jouer, lire et discuter. La nuit, lorsque le ciel s’assombrit derrière le bateau, l’eau devient phosphorescente grâce au plancton. C’est magique, je n’en avais jamais vu autant. On se croirait dans Avatar.

    Nous avons changé de mouillage aujourd’hui (Cayos de los pajaros). Demain, nous mettrons de nouveau l’ancre plus près de la sortie de la baie pour nous diriger tranquillement vers le sud du pays, vers l’île de Samoa. Prochaine destination plongée !

    Les filles, elles, restent encore plusieurs jours à bord, observant les bateaux en partance pour la Colombie qui accepteraient peut-être de les embarquer. Elles ont pour projet d’aller rendre visite à notre copine Ellyn d’ici quelques semaines. Mais le bateau-stop est une histoire de chance et de patience… on croise les doigts.
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  • J178, A la recherche des baleines !

    2月13日〜18日, ドミニカ共和国 ⛅ 22 °C

    Nous avons découvert à nouveau un superbe endroit dans les Haïtises, l’un des derniers mouillages du parc : la baie de San Lorenzo. Non loin de notre précédente attache, quand nous arrivons, nous apercevons Le Rebelle, bateau copain ! Ils ne semblent pas à bord, nous les verrons plus tard.

    Le soir, en effet, Lionel vient nous saluer. Il nous dit qu’ils sont avec les propriétaires de l’éco-lodge installé à terre et nous vante les lieux. Nous prenons note : nous nous y rendrons le lendemain.

    Le lendemain, après une belle pluie qui nous a ravis pour remplir nos cuves, nous partons à la découverte des lieux. Nous embarquons dans l’annexe et traversons les mangroves avant d’atteindre un ponton où nous nous amarrons. En dix minutes à pied, nous atteignons le fameux éco-lodge. Nous payons 1 400 pesos l’entrée afin de bénéficier d’un buffet et de l’accès aux piscines naturelles.

    Les lieux sont magnifiques : les bassins ont été façonnés sur le lit de la rivière. Tout est pavé et joliment construit. Après un buffet bien copieux, nous allons nous baigner. L’eau est fraîche ! C’est la rivière, ça nous saisit. On se prélasse sur les transats, puis nous allons jouer aux cartes dans le bar qui domine les lieux. Lionel, notre ami du Rebelle, est là aussi. Il nous fait rire : il vient nous voir, verre de gin à la main — « Ce n’est pas possible, ils ne font que boire ici ! On n’a pas le temps de dire ouf ! »

    Ils nous proposent de nous ramener au ponton de l’annexe avec la voiture des propriétaires. On ne refuse pas : nous voilà embarqués dans une superbe voiture… le luxe !

    En arrivant à bord, nous nous installons pour une belle soirée cinéma. Nous nous replongeons dans nos rêves d’enfant en regardant L’Île aux trésors, en mangeant popcorn et gâteaux !

    Le lendemain, il est l’heure pour nous de lever l’ancre des Haïtises. Progressivement, nous quittons ces mogotes, grandes roches verdoyantes, pour retrouver la civilisation.

    Nous partons sous un soleil au zénith, au moteur. Pour sortir de la baie, le vent ne sera pas avec nous, ni le courant ! Nous visons Miches, un petit village à la sortie de la baie. Mais finalement, la houle de face et l’angle du vent nous font changer de décision : nous partons pour Levantado. Nous reprendrons la mer demain pour Miches.

    Nous jetons l’ancre à la tombée du jour. Malo et Agatha sautent dans l’annexe pour installer une ancre arrière afin d’éviter un roulis trop fort. Ça fonctionne à merveille ! Le ciel se couvre de couleurs rouges, roses et violettes. Et nous ne tardons pas à rejoindre Morphée. Demain, on se lève aux aurores : nous souhaitons profiter du lever de soleil pour aller observer les baleines.

    À 6 h, le réveil sonne. Les yeux encore un peu bouffis, l’équipage se réveille. Anne-So, avec son énergie et son sourire inépuisables, s’attelle à nous préparer le café. Agatha, encore dans ses rêves, vient m’aider à remonter l’ancre. C’est parti : on met le cap vers Miches, mais avant, on va divaguer un peu à l’entrée de la baie pour essayer d’apercevoir les superbes baleines à bosse qui viennent mettre bas dans les eaux protégées de Samaná.

    La mer est d’huile : pas un souffle de vent, pas une ride sur l’eau. Doucement, le soleil se lève et ses couleurs nous ravivent. Malo est à la barre. Je m’installe à l’avant du bateau, assise sur le bloc du compresseur. Agatha à tribord, Anne-Sophie à bâbord, aux aguets, fixant l’horizon.

    S’ensuivent deux heures à observer des souffles, des nageoires… et nous apercevons même l’une de ces géantes bleues sortir sa tête de l’eau. Nous sommes privilégiés, encore seuls sur l’eau. Nous en profitons car dès 9 h, de nombreux bateaux à moteur amènent les touristes pour voir les baleines.

    Les cétacés sont assez timides et sondent vite en nous apercevant, mais leur observation, même assez lointaine, nous enchante. C’est magique.

    La mer est si plate que nous coupons les moteurs. Nous laissons Noam à la dérive et sautons dans le grand bleu. En mettant la tête sous l’eau, nous entendons le chant des baleines. Elles nous semblent si proches. Des grincements, des sons si caractéristiques… c’est incroyable !

    Nous reprenons le cap sur Miches. Nous slalomons entre les cayes et jetons l’ancre dans une petite baie du village.

    Nous embarquons nos poubelles et deux bidons de carburant pour aller respectivement les vider et les remplir. Nous beachons l’annexe sur la plage. En arrivant, nous demandons à deux hommes installés dans un hangar en bord de plage — la station-service. Tout de suite, ils nous sourient : « On vous amène, montez ! » Deux minutes après, nous voilà à l’arrière d’un pick-up pour aller chercher de l’essence. Ils sont pêcheurs. On fait les pleins en observant la vie chaleureuse de ce petit village. Les deux messieurs nous ramènent et gardent nos bidons de diesel le temps de notre promenade. Adorables !

    Notre objectif du jour : grignoter des empanadas et faire le plein de courses ! Sous un soleil de plomb, on trouve des empanadas fraîchement cuisinées qui nous nourrissent comme il faut 😅

    Ensuite, place aux courses ! On est bien chargés, mais on arrive sans souci au mouillage. L’ambiance est sympa ici : un peu de musique, mais ça reste agréable, bien moins capharnaüm qu’à Samaná. Les petites maisons, avec leurs fameux barreaux aux fenêtres, sont simples mais relativement bien entretenues. Les gens semblent vivre paisiblement.

    Lors de nos courses, nous refusons les sacs plastiques. On rigole de la réaction des gens : ils ont du mal à comprendre, les sacs plastiques sont une religion ici !

    En arrivant sur la plage, nous récupérons nos bidons en remerciant nos bienfaiteurs. Entre-temps, les lieux se sont remplis : ça s’agite autour de la fameuse table à dominos. Une institution dans les Caraïbes !

    De retour à bord, on est tous un peu fatigués par le soleil. On range les courses, une bonne baignade, puis un repos mérité. En fin de journée, l’armada passe nous voir. On stresse un peu car notre despacho (autorisation locale de sortie) date de plus de dix jours. Mais ils ne nous embêtent pas : on leur explique qu’on s’est arrêtés pour se reposer. Pas de souci : si vous descendez à terre, il vous faudra simplement refaire un despacho ! On ne leur dit donc pas qu’on a déjà été à terre… mieux vaut rester discret parfois. Ils nous remercient avec un sourire et repartent.

    Le lendemain, on profite du bord. Le temps file : on bouquine, on travaille sur nos projets respectifs, on papote et on se prépare un bon brunch avec les nouveaux fruits et légumes frais de la veille.

    Puis on prépare le bateau. Anne-Sophie cuisine un peu pour la navigation et nous préparons tous Noam comme il faut.

    Nous partons finalement pour Punta Cana, à la marina, car il n’y a pas de mouillage. Nous avons choisi cette option afin de profiter du carnaval dominicain, réputé dans cette ville côtière ! Nous y passerons le week-end avant de continuer vers l’île de Saona.

    Nous avons un peu plus de 60 milles à parcourir, avec un vent au près d’une quinzaine de nœuds.

    À 16 h, nous levons l’ancre. Nous allons naviguer de nuit. Nous tirons quatre bords pour sortir de la baie, puis c’est parti : nous débutons la nuit en descendant vers notre destination. La nuit est étoilée, le bateau gîte toutes voiles dehors sur une belle mer, la lune nous sourit d’un sourire fin. Nous devrions arriver demain matin à bon port !

    Nous nous organisons par équipes de deux pour les quarts de nuit : il y a toujours Malo ou moi avec l’une des filles. Une veille, un en quart, deux au lit — et ça tourne toutes les deux heures. C’est parti !
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  • J181, Punta cana

    2月19日〜22日, ドミニカ共和国 ☀️ 28 °C

    Nous arrivons à Punta Cana après une belle nuit de navigation. Nous empruntons un étroit chenal, bordé de bâtiments dignes d’un décor de cinéma américain. Peu à peu apparaît une marina élégante, entourée de villas de luxe impeccablement alignées.

    Nous sommes à Cap Cana, au sud de Punta Cana, sur la côte est de la République dominicaine. À l’origine, cette région n’était qu’une vaste zone sauvage couverte de cocotiers. À partir de la fin des années 1960 et surtout dans les années 1970, des investisseurs étrangers ont commencé à acquérir des terrains pour développer un projet touristique. Punta Cana est ainsi devenue l’un des symboles du tourisme balnéaire dominicain. Cap Cana, plus récent, a été pensé comme une enclave privée et ultra exclusive : marina, golfs, hôtels haut de gamme et résidences sécurisées composent aujourd’hui ce microcosme pour clientèle fortunée.

    Nous sommes très bien reçus par le personnel de la marina. Amarrés près d’un autre voilier appartenant à un Italien, nous faisons rapidement connaissance. Il nous accueille avec un grand sourire :
    « Vous prendrez bien un bon café italien ? »
    À peine le pied posé à terre que nous dégustons un espresso bien serré, à l’italienne !

    Une fois les formalités d’arrivée effectuées, nous découvrons tranquillement les lieux et profitons d’un peu de repos après notre nuit en mer. En nous baladant, nous longeons des canaux qui donnent un petit air de Venise. Il y a peu de voiliers, mais énormément de bateaux de pêche de loisir. Impressionnants, très hauts sur l’eau, parfaitement lustrés, ils sont équipés de dizaines de porte-cannes, avec souvent un siège central trônant au milieu du cockpit pour le maître pêcheur.

    Le soir, les filles nous initient à la belote — il va falloir s’entraîner ! Nous restons ici pour le week-end et prévoyons de repartir dimanche pour Isla Saona.

    Le samedi, j’offre à Malo un petit déjeuner dans l’un des restaurants qui bordent une plage de Cap Cana. Nous passons un bon moment à flâner, profiter de la mer et des très nombreuses piscines du front de mer. Je n’avais encore jamais payé un petit déjeuner aussi cher (60 $ pour deux !). Nous goûtons au luxe… heureusement que nous ne restons que quelques jours.

    Nous retrouvons ensuite les filles pour partager un verre. Le soir, elles nous réservent une surprise pour mon pré-anniversaire : un escape game. Notre mission ? Nous sommes des pirates et nous avons 60 minutes pour nous échapper. Nous sommes à fond ! Nous réussissons à sortir deux minutes avant la fin — c’était intense. Nous avons résolu les énigmes, ouvert les coffres et trouvé le trésor !

    Le lendemain, c’est jour de carnaval ! Nous prenons notre temps le matin. Agatha, Anne-Sophie et moi allons courir et nous baigner avant de retrouver Malo à bord pour nous préparer au défilé.

    Nous nous parons de paillettes pour profiter pleinement des festivités. Un taxi vient nous chercher — ici, comme vous l’imaginez, il n’y a pas de bus — et nous conduit vers le centre des célébrations. Le chauffeur nous parle du carnaval en République dominicaine : le plus célèbre est celui de La Vega, qui rassemble chaque année des milliers de personnes venues de tout le pays. À Cap Cana, c’est plus petit, mais nous n’allons pas être déçus.

    À notre arrivée, nous voyons les groupes descendre des bus venus des quatre coins du pays. Fleurs, paillettes et couleurs éclatantes ornent les costumes : c’est impressionnant ! Participer à un carnaval dans les Antilles a toujours quelque chose de particulier. C’est un événement annuel qui unit une grande partie de la population pour célébrer ensemble. Mais c’est aussi des mois de préparation en amont et une énergie collective qui se dégage puissamment le jour venu.

    Nous nous faufilons pour trouver une bonne place tout en observant la ville de Cap Cana. Comme sa voisine Punta Cana, tout semble presque artificiel : buildings modernes, commerces impeccables, rues d’un blanc éclatant… On se croirait à Beverly Hills !

    Le défilé commence. Les musiques résonnent, les groupes s’avancent sous un soleil haut dans le ciel. L’énergie est communicative. C’est différent du carnaval guadeloupéen : un peu moins revendicatif, un peu plus commercial peut-être, mais les costumes sont splendides et les sourires tout aussi lumineux.

    En fin de soirée, notre taxi vient nous chercher. Le chauffeur, adorable et très curieux de notre mode de vie sur un bateau, nous pose mille questions. Nous passons un chouette moment.

    Le lendemain, nous préparons le bateau, effectuons les démarches, puis levons l’ancre pour Isla Saona. Plus de 40 milles nous attendent. Nous longeons la côte est dominicaine, non loin du Passage de la Mona, qui sépare la République dominicaine de Porto Rico.

    La navigation se passe bien, mais nous n’avons pas le vent prévu. Nous n’avançons pas très vite et finissons par mettre le moteur pour les dernières heures. À 22 h, nous jetons l’ancre. Le mouillage roule un peu, mais nous ne tardons pas à nous endormir.

    Demain matin, nous ouvrirons les yeux sur ce nouveau mouillage réputé pour ses eaux turquoise… et nous avons hâte.
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  • J187, Isla Saona

    2月22日〜26日, ドミニカ共和国 ☀️ 27 °C

    Sable blanc, cocotiers, eaux turquoise, plongée, île, piña colada et… un flux incroyable de bateaux de touristes : bienvenue à l’île de Saona !

    Nous avons passé cinq jours à profiter de cette jolie île.

    Lundi, nous ouvrons les yeux et découvrons le sable blanc devant nous. Avec Agatha, nous décidons d’aller nager jusqu’à la plage pour profiter d’une petite marche. Malo et Anne-So dorment encore, malgré un mouillage un peu roulant. En arrivant sur la rive, nous découvrons les lieux : le soleil commence déjà à bien chauffer et un vent léger fait chanter les palmes des arbres. Puis, petit à petit, les bateaux arrivent et déversent les touristes sur la plage. Catamarans, bateaux à moteur, voiliers… La douce mélodie des moteurs qui rugissent pour venir beacher sur le sable. Cela ne nous empêche pas de profiter de notre excursion matinale.

    Mais au moment de rentrer au bateau, c’est une autre histoire : nous sommes venues à la nage, sans palmes, et les bateaux arrivent de part et d’autre à toute vitesse. Nous ne sommes vraiment pas rassurées. Nous tentons plusieurs fois de traverser, mais manquons de peu de nous faire foncer dessus. Nous revenons sur la plage et faisons de grands signes en espérant que Malo ou Anne-So nous aperçoivent. Ouf ! On voit du mouvement : ils montent dans l’annexe et viennent nous secourir. De retour à bord, tout va mieux.

    Avec Malo, nous nous équipons pour plonger dans les eaux dominicaines. Les filles, elles, partent à pied en direction du petit village de pêcheurs situé à une quarantaine de minutes de marche.

    Nous découvrons de jolis fonds : gorgones, éponges et de nombreux poissons nous accompagnent sous l’eau.

    Le lendemain, nous nous préparons pour une session d’apnée et de chasse sous-marine ! Nous grimpons dans l’annexe et c’est parti. Nous avons un bon courant de face, c’est sportif ! Malgré notre motivation, nous ne trouvons pas de poissons. Peut-être que les eaux sont surexploitées ? Il y a beaucoup de pêcheurs ici. L’île de Saona est initialement une île de pêcheurs qui s’est progressivement transformée en attraction touristique. Mais il reste des pêcheurs, et nous allons les découvrir au fil des jours.

    L’après-midi, nous allons à Mano Juan, le village principal de l’île. En route, nous longeons l’une des lagunes présentes sur l’île : l’eau est rosée et contraste avec le bleu de la mer.

    Après 40 minutes de marche, de petites maisons colorées nous accueillent. Il est 16h et le village s’est vidé des touristes, qui ont leurs horaires (environ 10h30–15h30). Nous nous baladons tranquillement. Des habitants sont installés autour de grandes tablées en bord de plage ; nous discutons avec le sourire. Nous aimerions acheter les fameuses chemises à fleurs et demandons où en trouver. Les échoppes sont fermées à cette heure-ci, mais ils finissent par trouver la gérante d’une petite boutique qui nous ouvre spécialement ! Un succès : nous repartons avec de belles chemises colorées. Nous sommes ravis.

    Les soirées à bord se passent bien : bons repas, tournois de belote. À quatre à bord, ce n’est pas grand, mais les filles se sont parfaitement adaptées. Des mousses parfaites ! Je suis très heureuse de pouvoir partager tous ces moments avec elles. Nous fêtons même mon pré-anniversaire, car elles ne seront pas à mes côtés pour le jour J : nous sabrons le champagne et lançons un feu d’artifice ✨️

    Anne-Sophie va finalement prendre un avion pour rejoindre la Colombie. Elle nous quitte le 2 mars. Agatha cherche encore la perle rare pour rejoindre la Colombie à la voile ; on y croit !

    Le jour suivant, nous changeons de mouillage. C’est encore un décor paradisiaque. Nous ne pouvons pas nous empêcher, chaque matin, de commenter les allers-retours des bateaux et leur musique… mais cela nous fait rire. Et nous sommes privilégiés de pouvoir profiter de l’île quand elle se vide, tôt le matin et en belle soirée.

    Sur la plage, nous descendons avec le paddle surf pour prendre les petites vagues qui déroulent au bord du rivage. Et, en guise de réconfort, nous dégustons une piña colada fraîchement préparée dans un ananas, tout en jouant à la belote.

    Cette fois, ce sont Anne-Sophie et Malo qui se préparent pour aller plonger. Ils partent pour une plongée de nuit et reviennent tout sourires de leur immersion. Nous nous plongeons ensuite dans les livres pour identifier les poissons avant de continuer la saga Pirates des Caraïbes !

    Vendredi, avant l’arrivée des touristes, nous prenons le paddle avec Anne-Sophie et Agatha pour aller nous défouler sur la plage : yoga et surf. De retour à bord, Malo va à son tour surfer. Nous préparons ensuite le traditionnel brunch avec des arepas maison. Nous nous donnons à fond en cuisine !

    Puis nous changeons de nouveau de mouillage pour nous diriger vers l’armada afin d’effectuer notre despacho de sortie pour notre départ vers Bayahibe, sur l’île principale, le lendemain. Nous tirons quelques bords plus au large pour profiter du vent et surtout pour essayer de pêcher un beau poisson. Pour l’instant, nous faisons chou blanc ! Toujours sans succès, mais nous débarquons et, sans problème, les démarches sont faites.

    Nous déplaçons ensuite le bateau de quelques mètres pour nous installer en face d’un petit village de pêcheurs. À notre arrivée, nous trouvons les lieux plus authentiques : quelques petites cases en bois, des poules et des canards, et des barges qui attendent le soir pour partir pêcher toute la nuit. Nous espérons acheter du poisson, mais un couple de pêcheurs nous dit que c’est trop tard et de revenir demain matin. Ils doivent avoir près de 70 ans et partent tous les deux pour pêcher toute la nuit à bord de leur petite embarcation. Nous espérons les recroiser demain pour acheter leur pêche.

    Nous profitons d’un superbe coucher de soleil sur l’île. Le soleil se couche sur la mer ; nous pensons même avoir aperçu le rayon vert (qui s’apparentait plus à un point, à vrai dire). Les couleurs du ciel, une fois le disque doré tombé, sont tout aussi belles : rose, bleu ciel, violet… C’est superbe.

    Demain, samedi, nous retrouvons le « continent ». Nous ne sommes pas bien loin : une dizaine de milles nous séparent de Bayahibe ⛵️
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  • J188, Coq au ti punch & bachata

    2月28日, ドミニカ共和国 ⛅ 27 °C

    Ce matin, nous nous réveillons sur le petit mouillage. À 8h30, avec Agatha et Malo, nous sommes dans l’annexe pour nous rendre sur la plage. Une petite crique de quelques mètres où sont amarrées des barques de pêcheurs, souvent colorées de blanc et de bleu. Une rangée d’une dizaine de maisons en bois, deux canards bien dodus qui se dandinent, des cocotiers et quelques papayers bien garnis.

    Rapidement, nous sommes accueillis par France, un jeune chasseur apnéiste, Juan Carlos et son associé, El Flaquito, tous les deux pêcheurs. Ils reviennent de leur pêche nocturne ; tout sourires, ils nous invitent à les suivre pour nous montrer leur poisson. Ils pêchent la nuit essentiellement le « colas batard », des poissons aux couleurs rouges. Ils nous offrent le café. Avec du sucre ? Non merci ! Vous avez raison, c’est meilleur pour la santé !

    Ils vident les poissons dans la bonne humeur. Flaquito (« le maigrichon »), grand gringalet à la cigarette au coin de la bouche et au large sourire, et Juan Carlos discutent de leur pêche pendant que nous faisons connaissance. Ils nous proposent de revenir déjeuner avec eux à midi pour partager le poisson. Nous leur achetons trois beaux poissons pour une trentaine d’euros : nous allons nous régaler.

    De retour à bord de Noam, nous nous concertons avec Anne-Sophie. Charmés par l’ambiance du lieu et de ses occupants, nous décidons de rester une nuit de plus ici ; nous partirons plus tôt demain. C’est aussi ça, la liberté du voyage : ne pas laisser passer ces moments de partage.

    Nous préparons du riz et une bouteille de vin blanc à leur apporter. Nous pensions amener le poisson que nous leur avions acheté le matin, mais Juan Carlos vient nous voir à bord de son bateau pour nous dire : « Gardez votre poisson, on en prépare déjà pour vous ! »

    Nous allons être accueillis comme des reines.

    À l’heure de midi, nous rejoignons les quelques cases en bois sur la plage : ça sent bon ! Flaquito nous prépare un superbe repas : poisson frit dans sa panure, riz aux légumes… c’est délicieux. En fait, il a été chef cuisinier pendant trente ans — et ça se voit ! Mais il nous explique qu’il était esclave de son travail, travaillant comme un fou pour un salaire de misère (à peine 500 euros par mois). Maintenant, il est ici : il pêche, il est son propre patron. Il travaille beaucoup, mais il est libre. Il est sur la mer, avec son associé, et sur l’île ils sont tranquilles.

    La majorité des pêcheurs viennent de La Romana ou de Bayahibe. Ils passent ici quelques semaines ou quelques mois pour pêcher, puis rentrent auprès de leur famille. Tous ont des histoires de vie différentes. Ici, ils semblent bien entre eux, petite communauté bienveillante seulement embêtée par quelques « yen-yen », ces petites mouches piquantes contre lesquelles ils luttent avec du feu de bois de noix de coco !

    Une table de dominos trône en place centrale ; rapidement, nous nous installons pour une partie. Puis Juan Carlos arrive avec le rhum, le coca et l’eau de coco. « Un poco de ron ? Hehe, los dominicanos son locos ! »
    (Un peu de rhum ? Les Dominicains sont un peu fous !)
    Comment refuser !

    Nous passons trois heures à discuter, à partager quelques verres, un super repas et bien sûr à écouter de la musique et à danser (langue universelle !).

    Ici, les musiques reines sont la bachata et le merengue. Juan Carlos invite Anne-Sophie ; nous suivons le mouvement avec Malo puis Agatha, et nous foulons le sable en nous déhanchant sur les rythmes latins, avec les palmiers et les eaux turquoises en arrière-plan. Ils nous demandent la danse française : nous mettons alors de la musique bretonne ! Malo mène la danse et enseigne les pas du Kost ar C’hoat, en se tenant par les petits doigts. Tout le monde rigole ; ils nous regardent, mais c’est trop sportif votre danse !

    En fin de journée, ils nous expliquent qu’il y a un combat de coqs à côté : c’est la fête. Bien sûr, nous sommes conviés ! Pourquoi pas ? Nous repassons d’abord au bateau nous poser un peu.

    Finalement, le bateau qui devait venir nous chercher pour nous déposer à la fête part pêcher car le vent s’est calmé. Nous restons donc tranquillement à bord ce soir-là. Nous remercions chaleureusement nos amis du jour ; peut-être nous recroiserons-nous, qui sait ?

    Cela ne tombe pas si mal que nous restions à bord : le frigo est plein de poissons frais ! Mais au moment de commencer à cuisiner, voilà que nous entendons un bruit de moteur. Ce sont Juan Carlos et Flaquito qui accostent à bord d’une barque. Ils ont réussi à trouver un bateau approprié pour venir nous chercher et nous faire découvrir les combats de coqs ! Ils se sont donné du mal : changement de plan donc 😅

    Nous embarquons pour quinze minutes à longer la côte dans la nuit, sous le ciel étoilé et la lune qui se remplit de jour en jour. On sourit : où allons-nous arriver ?

    Nous nous arrêtons sur une plage. Nous suivons nos acolytes et découvrons le lieu des festivités. Plusieurs motos sont garées devant et on entend des cris : les paris battent leur plein. Une petite arène entourée de parieurs en folie, des pauvres coqs attendant l’heure du combat, des tables de dominos, de nombreuses bières commandées à la buvette, et de la bachata qui résonne dans les enceintes. On est dans l’ambiance !

    Malgré le fait que nous soyons les seuls touristes du coin, personne ne nous dévisage. Tout le monde est concentré sur ses loisirs. L’ambiance est assez folle.

    Nous arrivons juste à temps pour le combat du coq de France, notre ami rencontré au village. Les paris sont faits, le combat commence. Je ne peux pas regarder ce moment qui, malgré son caractère traditionnel, ne correspond pas à mes valeurs — mais ce n’est pas grave. Je regarde ailleurs : il y a de quoi s’occuper, entre la danse et les dominos. Bien sûr, Flaquito et Juan Carlos nous offrent des bières.

    Nous essayons de comprendre les modalités du combat. Certains ne rigolent pas — et on comprend vite pourquoi : certains grands combats peuvent rapporter plusieurs milliers d’euros !

    Le coq de France est vainqueur en moins de cinq minutes ! Il est ravi : il vient de remporter 200 $. Le principe ? Deux coqs auxquels sont attachées de grandes griffes en plastique rigide au niveau des pattes. En moins de dix minutes, ils doivent se battre jusqu’à ce que l’un meure ou soit hors d’état de combattre. Un coup suffit. France récupère son coq sanguinolent, mais vivant et vainqueur. Je détourne le regard…

    Les coqs vainqueurs, ou ceux qui attendent encore leur combat, sont placés dans des sacs pour les « relaxer » dans le noir. Ici, il n’y a donc pas de porte-manteau, mais des porte-sacs à coqs 😅

    La soirée reste très sympa. Nous sommes baignés dans la culture. On rigole bien, comme une grande bande de copains. Ils nous apprennent à nous déhancher sur du merengue tout en nous expliquant les règles du combat.

    Finalement, nous pensions rester une petite heure, mais nous allons jusqu’au bout de la soirée. Nous rentrons à bord de Noam, déposés par notre carrosse, tout en rigolant.

    Et finalement, nous invitons tous nos amis à bord : France, Flaquito, Alexis et Juan Carlos. Malo se lance à 22 h dans la préparation de deux superbes poissons (des colas, « colo rubia »). On distribue les assiettes et, à la bonne franquette, on mange et on trinque ensemble ! Quelle belle équipe !

    La nuit déjà bien avancée, ils repartent à terre et nous au lit : de la bachata dans les oreilles et les images de la soirée en tête.

    Demain, nous partons pour Bayahibe. Anne-So a son avion pour la Colombie lundi : il est temps de rentrer à terre !
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  • J193, Bayahibe

    3月1日〜5日, ドミニカ共和国 ☀️ 29 °C

    Après un dernier petit déjeuner face aux plages de Saona, nous levons les voiles. Un bon vent nous arrive au grand largue ; nous prenons deux ris dans la grand-voile et déroulons le génois. C’est un vrai plaisir : le vent nous porte tranquillement et la mer est douce. Nous mettons la canne à pêche à l’eau — on continue d’y croire ! On discute, on dessine, et on se laisse simplement porter par le vent.

    En deux heures à peine, nous apercevons l’entrée de la baie de Bayahibe. C’est amusant : nous découvrons l’autre face des bateaux de touristes que nous croisions tous les jours à Samaná. C’est d’ici qu’ils partent chaque matin et qu’ils reviennent chaque soir après leurs excursions vers Saona ou Catalina.

    Nous sommes surpris par l’eau turquoise et limpide de la baie, malgré les nombreux bateaux de charter qui mouillent dans la zone. Après avoir jeté l’ancre, nous partons à terre découvrir la petite ville et chercher des informations pour qu’Anne-Sophie puisse rejoindre l’aéroport de Punta Cana le lendemain.

    La première impression est très positive. Les ruelles pavées sont relativement propres — ce qui est assez rare ici — et bordées de petites boutiques et de restaurants face à la mer. Bayahibe est clairement une ville très touristique, rythmée par les allers-retours constants des bateaux vers les îles de Catalina et Saona. C’est aussi un véritable hot spot de plongée : la zone compte de nombreux sites réputés, accessibles rapidement en bateau. Nous allons avoir de quoi nous amuser.

    Nous profitons d’un verre en bord de mer avant de rentrer tranquillement nous poser sur Noam.

    Le lendemain, nous embarquons les affaires d’Anne-Sophie dans l’annexe et l’accompagnons pour qu’elle prenne son taxi. Ce n’était pas si simple de trouver une solution économique dans cet endroit très touristique, mais ça y est : la voilà partie, en route pour la Colombie ! Merci pour ces beaux moments partagés ❤️

    Nous passons ensuite la journée à faire le plein d’eau douce : les cuves sont totalement vides. Cette fois-ci, nous n’avons pas le luxe d’être à la marina. Nous faisons donc des allers-retours avec nos bidons de 20 litres, que nous remplissons grâce à un petit robinet fixé à un palmier près de la zone d’entretien des bateaux à moteur. Le mouillage est assez roulant — surtout quand les bateaux d’excursion rentrent en fin de journée — mais nous finissons par y arriver.

    Avec Malo, nous partons ensuite à terre discuter avec les clubs de plongée pour nous renseigner sur les spots du coin. La nouvelle est excellente : plusieurs sites sont accessibles directement depuis le bateau, dont deux épaves.

    Nous en profitons aussi pour passer voir Fundemar, une fondation que nous avions repérée la veille et qui œuvre pour la conservation de l’océan en République dominicaine. Nous sommes très bien accueillis dans leurs locaux tout neufs. Aux murs sont accrochées de superbes photographies sous-marines.

    Diego nous explique que la fondation a été créée pour protéger les écosystèmes marins de la région et, à l’origine, pour lutter contre la capture de dauphins sauvages destinés aux parcs marins. Aujourd’hui, la pêche de ces animaux est interdite. Fundemar mène désormais plusieurs programmes de conservation : restauration des récifs coralliens, protection des herbiers marins et suivi de la biodiversité côtière.

    Ils participent aussi à la conservation des lamantins des Caraïbes, ces paisibles mammifères marins souvent surnommés “vaches de mer”. En République dominicaine, la population est extrêmement fragile : il ne resterait qu’une centaine d’individus environ dans les eaux du pays. Les principales menaces sont les collisions avec les bateaux, la dégradation des herbiers marins dont ils se nourrissent et la pression humaine sur les zones côtières.

    Nous leur expliquons que nous aimerions beaucoup donner un coup de main en volontariat et réaliser quelques photos et vidéos dans le cadre de notre association Vag’abond Expéditions. Diego nous donne un contact mail pour écrire directement aux responsables. On croise les doigts !

    En quittant les locaux, des étoiles plein les yeux, nous sommes rattrapés par Thomas, un jeune Français en stage dans la structure. Il nous a entendus discuter. Il travaille sur un programme de restauration corallienne, notamment sur la mise en place de bassins de reproduction et de pépinières de coraux qui devraient être installées dans les prochaines semaines, en partenariat avec l’AIMS (Australian Institute of Marine Science), l’un des centres de recherche les plus reconnus dans ce domaine.

    Très curieux du voilier, il accepte notre invitation à venir boire un verre à bord. Nous retrouvons Agatha, restée sur Noam, et passons un bon moment à discuter tous les quatre. On espère se recroiser dans les prochains jours.

    L’équipage commence à fatiguer : la soirée se termine tranquillement devant un dessin animé projeté dans le bateau.

    Le lendemain, mission gaz… et ce n’est pas une mince affaire. Impossible de trouver un endroit pour remplir nos bouteilles de camping-gaz.

    Heureusement, avant même de descendre à terre, nous nous arrêtons discuter à bord du catamaran de Marc. Nous ne sommes que trois bateaux de plaisanciers dans la baie, perdus parmi les dizaines de bateaux d’excursion : deux Français et un Belge.

    Nous espérions qu’il puisse embarquer Agatha vers la Colombie, mais son projet serait plutôt de partir vers Cuba ou la Jamaïque. À son bord, il nous partage ses interrogations concernant son escale prévue à Cuba. La situation sur l’île s’est fortement dégradée ces derniers mois : la crise énergétique et les difficultés d’approvisionnement en carburant paralysent une grande partie du pays.

    Marc rêvait de cette escale depuis longtemps, mais le voilà désormais hésitant : est-ce raisonnable d’y aller malgré le contexte ? Difficile de savoir. Nous ressentons tous une certaine tristesse face aux réalités politiques qui pèsent sur les populations. En mer, nous mesurons la chance que nous avons : celle d’être libres de naviguer.

    Marc nous explique aussi que la seule solution qu’il a trouvée pour le gaz a été d’acheter une bouteille locale et de la remplir directement dans une station de GPL. Nous décidons donc de faire la même chose.

    Nous partons à la recherche d’une ferretería (quincaillerie) et trouvons rapidement notre trésor : une belle bouteille orange, que nous pouvons remplir directement à la station-service, car ici beaucoup de véhicules roulent au gaz. Mission accomplie !

    Nous nous arrêtons ensuite manger dans un comedor, un petit restaurant local. Pour 10 euros à trois, nous avons un repas simple mais copieux : du riz moro (riz aux haricots rouges), du poulet et des œufs. Impossible de finir les assiettes.

    En fin de journée, de retour à bord, nous décidons d’aller plonger. Nous chargeons le matériel dans l’annexe et partons explorer l’épave de l’Atlantic Princess.

    C’est toujours impressionnant de descendre sur une épave : un géant d’acier posé sur le sable où la vie marine reprend peu à peu ses droits. Un immense banc de sergents-majors nous entoure — des centaines de petits poissons rayés qui tournoient autour de nous. Un barracuda nous observe d’un œil calme et un petit poisson nettoyeur semble tomber amoureux de Malo, le suivant partout.

    Nous trouvons cependant les récifs un peu gris, avec moins de vie que ce que nous imaginions. Comme beaucoup nous l’ont expliqué ici, les ressources sont surexploitées : la pression de pêche est forte et les sites de plongée souffrent aussi du passage fréquent et parfois rapide des bateaux à moteur.

    Nous remontons à la tombée du soleil, contents de notre plongée.

    À peine avons-nous le temps de remonter à bord que le bateau de l’Armada dominicaine arrive pour contrôler nos papiers. L’approche est un peu… cowboy. Leur coque vient taper contre Noam pendant qu’ils manœuvrent. Ils sont sympathiques, mais la finesse de navigation n’est pas leur point fort.

    Nous avions fait notre despacho pour La Romana, mais nous nous sommes finalement arrêtés à Bayahibe. Nous leur promettons de passer les voir le lendemain pour régulariser la situation.

    Les démarches administratives dominicaines… on s’en souviendra !

    Le lendemain matin, à peine le café servi, le bateau de l’Armada revient — toujours aussi rapidement — et heurte encore légèrement notre coque malgré nos pare-battages. Nous leur faisons remarquer notre mécontentement.

    Un agent monte à bord pendant que leur bateau s’écarte un peu pour éviter toute nouvelle collision. Il procède à un contrôle complet des papiers et inspecte rapidement l’intérieur du bateau, ouvrant quelques placards. Il nous explique qu’il s’agit de contrôles de routine pour lutter contre le narcotrafic.

    Tout est en règle. Avant notre sortie du pays à La Romana, nous devrons simplement repasser dans leurs bureaux pour faire le despacho. Nous sommes tranquilles pour quelques jours.

    Libérés de ces formalités, nous enfilons nos chaussures de randonnée pour explorer les environs.

    Nous partons découvrir la grotte Chicho et Padre Nuestro, situées dans le parc national Cotubanamá. En une vingtaine de minutes de marche, nous atteignons l’entrée du parc. Après avoir payé 200 pesos, nous empruntons un sentier ombragé au milieu d’une belle végétation tropicale.

    Sous nos pieds, le sol est littéralement du gruyère : toute cette région repose sur un plateau calcaire karstique formé par d’anciens récifs coralliens soulevés. L’eau de pluie, légèrement acide, a lentement dissous la roche pendant des milliers d’années, créant un vaste réseau de grottes, de rivières souterraines et de cénotes — ces puits naturels remplis d’eau cristalline.

    Nous découvrons une magnifique grotte où l’on peut descendre sous terre pour se baigner dans une eau incroyablement transparente. Nous avions emporté nos masques : sous l’eau, la visibilité est telle qu’on a presque l’impression d’être dans l’air. C’est magique.

    Nous nous essayons tous les trois aux plongeons dans la grotte et apprenons qu’il est même possible d’y plonger avec des bouteilles. Nous sommes ravis : il faudra absolument programmer une plongée spéléo dans les prochains jours.

    Nous jetons aussi un œil à la météo. Une petite fenêtre semble se dessiner autour du 13 mars, grâce à un front froid qui devrait descendre au nord de la région. Nous allons donc rester encore quelques jours ici pour profiter.

    Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons manger dans un restaurant argentin puis faisons un tour dans les boutiques de souvenirs. Nous en ressortons avec de belles chemises aux couleurs de la République dominicaine.

    En revenant vers la plage, surprise !

    Notre annexe (ce bon Guy!), laissée sur le sable, a un boudin complètement explosé. Avec le soleil et le sable brûlant, l’air s’est dilaté à l’intérieur… et le boudin a cédé.

    Nous voilà bien !

    Malo reste confiant. Nous nous installons tous les trois sur un seul boudin et rentrons tant bien que mal jusqu’à Noam sous le regard amusé de quelques touristes — ce qui, il faut bien l’avouer, est assez compréhensible.

    Nous remontons l’annexe sur le pont. Place à la énième réparation. On sent que sa fin de vie approche, mais on espère la faire tenir encore jusqu’à la fin du voyage. Elle doit bien avoir pris deux kilos avec tous les tubes de silicone que nous lui avons déjà appliqués !

    Malo s’applique sur le collage. On croise les doigts pour que ça tienne.

    Le soir, nous terminons la journée en dégustant le délicieux poisson qu’il nous restait de nos amis de Saona. Un vrai régal !

    N.B : En Guadeloupe, Elise, Léa et Shaulane ont réalisé une journée d'atelier dans une école de Saint François. Un super moment partagé avec les élèves 🩵
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  • J196, Plongée en grotte et épave

    3月7日〜9日, ドミニカ共和国 ☁️ 27 °C

    Samedi, c’est le jour de la grande exploration ! Nous avons préparé tout notre équipement de plongée afin de nous rendre à la grotte de Padre Nuestro pour y plonger. Les blocs ont été gonflés, les stabs gréées sur les bouteilles, le diable embarqué dans l’annexe pour faciliter le transport, les appareils photos chargés, et nous avons étudié le profil de la grotte en amont. Nous voilà fin prêts : nous embarquons le tout dans l’annexe et c’est parti. Agatha reste tranquillement à bord.

    Une fois à terre, nous chargeons les blocs sur le diable, les sacs sur le dos, et nous voilà partis pour une heure de marche afin de rejoindre l’entrée de la grotte. Il fait chaud et le matériel est bien lourd ! Au premier carrefour du village, nos regards croisent celui d’un monsieur souriant, tranquillement installé dans sa voiture :
    « Je vous embarque ?! »
    « Avec plaisir ! Ça va nous éviter quelques efforts ! »

    Ce monsieur est en fait un pasteur. Il est adorable et nous amène jusqu’à l’entrée du parc. Nous nous préparons à descendre lorsque la gérante de l’accueil nous explique que nous devons obligatoirement plonger avec un instructeur certifié en plongée souterraine. Nous sommes surpris : deux jours auparavant, nous avions demandé si nous pouvions venir seuls et un autre employé du parc nous l’avait confirmé. Mais la dame nous explique qu’elle est nouvelle et qu’elle n’était pas au courant…

    Nous nous regardons, nous tentons de négocier, mais rien n’y fait ! Nous sommes vraiment déçus… Heureusement, notre pasteur nous ramène dans le centre-ville de Bayahibe. Au moins, nous n’aurons pas eu à trimballer tout notre matériel à pied.

    De retour en ville, nous nous arrêtons dans un centre de plongée pour demander des informations sur les instructeurs. Nous tombons sur un moniteur adorable qui nous donne les coordonnées d’un contact :
    « Dites-lui que vous venez de ma part ! »

    Il nous conseille également d’autres sites de plongée à proximité, accessibles avec notre annexe (maintenant réparée !). Les bras ballants, nous rembarquons tout notre matériel pour retourner à bord de Noam.

    Nous recevons finalement la réponse de l’instructeur : le prix minimum qu’il peut nous faire est de 120 dollars par personne pour 30 minutes de plongée. Aïe ! Après une courte hésitation, nous déclinons. Nous essaierons de trouver une autre solution…

    En attendant, nous sommes bien décidés à plonger. Après avoir déjeuné avec Agatha, nous sautons dans l’annexe pour aller explorer l’épave du Saint Georges. Il y a un peu de vent et de vagues, mais notre fidèle Guy résiste bien.

    Après avoir pris quelques informations auprès des bateaux de plongée présents sur la zone, nous atteignons finalement le site, assez éloigné de la côte. Il nous faut près de 30 minutes d’annexe pour y arriver : Malo au pilotage, et moi à l’écope. Nous ne nous sommes même pas encore immergés que nous sommes déjà trempés !

    Une bouée verticale signale le site. Nous nous y amarrons et hop, c’est parti.

    Après la matinée rocambolesque, nous retrouvons enfin le monde silencieux et bleu, rythmé par le souffle de nos bulles et les cliquetis du récif. Nous descendons le long du bout de la bouée et ne tardons pas à apercevoir la structure métallique de l’épave.

    Le Saint Georges est un ancien cargo volontairement coulé afin de créer un récif artificiel et un site de plongée. Avec le temps, l’épave est devenue un véritable refuge pour la vie marine : éponges, coraux et bancs de poissons ont colonisé la structure, transformant le navire en un petit écosystème.

    L’épave est impressionnante et repose à 43 mètres de fond. Nous explorons autour d’une profondeur moyenne de 30 mètres. Des bancs de carangues nagent autour de nous, tandis que des poissons-anges aux couleurs chatoyantes se cachent dans les éponges qui ont colonisé les restes du navire… C’est une très belle épave.

    Après 25 minutes d’exploration, nous remontons afin d’éviter d’entrer dans les paliers de décompression. Un peu frustrant de devoir remonter si vite, mais nous ne sommes pas encore des poissons !

    Sur le chemin du retour, le long de la côte, nous rentrons en même temps que l’armada des bateaux de charter de l’île de Saona. Le spectacle est magnifique : les voiliers ont sorti leurs voiles et on dirait une arrivée de régate.

    De retour à bord, place au repos. Nous regardons nos photos et partageons un bon repas devant un film avec Agatha.

    Frustrés par l’interdiction de plonger dans la grotte, nous élaborons une stratégie… un peu pirate !

    Nous avons à bord une petite bouteille de plongée de 6 litres, que nous utilisons habituellement pour la sécurité ou pour caréner le bateau. Elle tient dans un sac de randonnée : parfait. L’objectif est simple — faire passer la bouteille et le minimum d’équipement afin de pouvoir faire une petite incursion dans la grotte, ni vu ni connu !

    Le plan semble parfait. L’exploration de grotte sous-marine serait une nouveauté pour nous.

    Agatha, un peu fatiguée, reste à bord tandis que nous partons avec tout notre bazar dans l’annexe, deux gros sacs à dos sur le dos. Nous quittons les petites ruelles déjà bien animées de Bayahíbe pour rejoindre le sentier du parc qui mène aux grottes. À l’accueil, nous sommes bien reçus. Ni vu, ni connu !

    Lorsque nous descendons dans la grotte, deux jeunes couples sont déjà là, tranquillement installés. Dans l’obscurité, nous nous équipons : appareils photos, petit bloc, détendeur… et c’est parti.

    Une petite appréhension, bien sûr : l’ambiance est sombre et cavernicole. Nous nous prenons bras dessus, bras dessous, chacun avec un octopus en bouche, et nous nous immergeons.

    L’eau est fraîche mais pas glaciale. C’est supportable. Elle est d’une transparence incroyable. Nous descendons progressivement, entourés de formations blanches : stalactites et stalagmites semblables à des bougies de cire fondues.

    En descendant, nous arrivons devant un panneau :
    « STOP – Sans formation spécifique en plongée souterraine, si vous dépassez ce point vous allez probablement mourir. »

    Il n’en faut pas plus pour me faire paniquer. Je regarde Malo :
    « On remonte. »

    Lui est beaucoup plus tranquille, comme à son habitude. Nous remontons quand même en surface pour que je reprenne mon souffle. Finalement, il décide de repartir. Je l’observe en apnée pour vérifier que tout va bien. Il revient me rejoindre et nous replongeons ensemble. Peu à peu, je me calme. L’ambiance est incroyable.

    Après une trentaine de minutes dans l’eau, le froid finit par nous faire sortir. Nous prenons encore quelques photos en apnée, puis remontons nous sécher et ranger nos affaires.

    Whaou. Le décor est incroyable.

    Nous repartons, nos gros sacs sur le dos, tandis que le soleil nous réchauffe doucement la peau. En arrivant au village, nous nous offrons une glace pour reprendre un peu d’énergie.

    Agatha nous a préparé de quoi grignoter à bord : un plaisir.

    Dans l’après-midi, nous partons toutes les deux nous balader pour récolter quelques plantes en vue de futurs cyanotypes. Nous avions aperçu un sentier sur la carte, mais malheureusement, comme souvent en bord de mer, l’accès est privé. Nous nous contentons de ce que nous trouvons et découvrons malgré tout de jolies merveilles au bord de la route.

    Le soir, Agatha nous invite au restaurant pour nous remercier de l’accueil — elle quitte le bateau mardi. Cela faisait longtemps que nous n’étions pas sortis dîner : un vrai régal.

    Avant de rentrer, nous nous installons sur les quais du centre-ville, au bord de la mer. L’ambiance est douce et animée : les habitants se promènent, discutent, dansent la bachata en buvant une Presidente.

    Nous scrutons l’eau dans l’espoir d’apercevoir un lamantin des Caraïbes. On nous a dit qu’un individu venait régulièrement se promener sous le regard des touristes.

    Pas pour ce soir… peut-être un autre jour !

    Il est temps de rentrer se reposer ✨️
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  • J199, Sur le depart !

    3月9日〜11日, ドミニカ共和国 ☀️ 23 °C

    En ce début de semaine, les préparatifs du départ commencent !

    Agatha a bien avancé dans ses recherches de bateau. Elle a peut-être trouvé un voilier qui part directement en Colombie depuis la République dominicaine. C’est grâce à notre voisin de mouillage, Dan, un Anglais qui voyage lui aussi sur un voilier de 31 pieds comme Noam. En allant discuter à son bord, il nous explique qu’il connaît un Colombien qui prépare justement son départ pour la Colombie. Échange de numéros… et voilà qu’Agatha part le rencontrer mardi. C’est fou comme les choses peuvent avancer vite !

    De notre côté, nous prévoyons de lever les voiles mercredi depuis Bayahibe. Nous devons d’abord nous rendre à La Romana, à l’ouest, pour effectuer les démarches d’immigration et de sortie de territoire. Ensuite, nous mettrons le cap sur Saona avant de filer vers Tortola, aux îles Vierges britanniques.

    Le vent devrait être de face, mais nous espérons pouvoir faire du près serré en longeant les côtes de Porto Rico. Peut-être profiterons-nous des brises de terre le matin ? Et si cela s’avère trop difficile, nous tirerons simplement de longs bords !

    Nous continuons aussi d’échanger avec nos copains du Blue Moana. Et bonne nouvelle : il y a de grandes chances que nous nous retrouvions aux BVI (British Virgin Islands). Ils profitent de la même fenêtre météo pour partir, mais en passant par le nord de Porto Rico. On a vraiment hâte de les retrouver !

    Les préparatifs s’enchaînent. Nous partons avec nos gros sacs de linge pour trouver une laverie. Nous en repérons une… mais les prix sont exorbitants ! On sent bien que l’on est dans une zone touristique. En continuant notre prospection, nous passons devant la friperie de Paolo, un Italien installé à Bayahibe depuis 23 ans. Depuis notre arrivée, nous discutons souvent avec lui ; il est vraiment très sympa. On en profite pour faire quelques petits achats de vêtements (ça faisait longtemps !) et je trouve même ma robe pour les mariages auxquels nous assisterons à notre retour en France.

    Paolo, fidèle à lui-même, prend la situation en main. Il nous trouve quelqu’un en moto pour aller remplir notre bidon d’essence et nous emmène chez sa voisine qui peut laver notre linge.

    Nous arrivons ainsi chez Mayolaine, une Haïtienne au rire communicatif et au grand sourire. Elle nous fait beaucoup rire. Pour moitié moins cher que la laverie, elle s’occupe de notre linge… et il sent divinement bon !

    Il y a d’ailleurs beaucoup d’Haïtiens à Bayahibe, travaillant dans tous les domaines. On entend souvent parler créole, et parfois même quelques mots de français.

    Nous remercions chaleureusement Paolo avant de rentrer au bateau. Malo s’active à faire les pleins d’eau, bidon par bidon, pendant que nous rangeons et préparons le bateau. Avec Agatha, nous partons ensuite faire une petite balade pendant que Malo reste faire la sieste à bord.

    Nous empruntons un sentier à l’ouest de la ville qui longe la côte jusqu’à la plage de Dominicus. Le chemin est joli, bordé par la mer. Nous arrivons ensuite dans un petit village rempli de boutiques pour touristes et entouré de resorts. Nous faisons quelques magasins et trouvons enfin la fameuse chemise à palmiers de la République dominicaine : ça y est, nous en avons tous une ! En revanche, toute la côte est malheureusement privatisée par les hôtels.

    Nous reprenons ensuite tranquillement le chemin du retour, profitant de nos derniers moments entre copines.

    Le soir, nous retrouvons Malo et partons en ville boire un verre pour notre dernière soirée ensemble. Nous enfilons nos belles chemises à fleurs et passons une soirée très joyeuse : beaucoup de discussions, mais surtout de la danse sur de la bachata. Dans un petit bar animé, locaux et touristes se déhanchent dans une ambiance chaleureuse. On se souviendra longtemps de la musique dominicaine, souvent un peu trop forte à notre goût… mais il faut bien l’avouer : elle réchauffe les cœurs et donne irrésistiblement envie de danser.

    Mardi, c’est déjà l’heure du départ pour Agatha. Nous empaquetons ses sacs et partons en ville. Elle prend un guagua — les bus locaux — pour rejoindre La Romana puis Boca Chica, là où est amarré le bateau qui pourrait l’emmener en Colombie.

    On se serre longuement dans les bras. C’était tellement chouette de l’avoir à bord tout ce temps. Un moment vraiment privilégié 🩵

    Avec Malo, nous poursuivons nos activités et nous rendons à Fundemar. Nous avons échangé avec la fondation pour réaliser quelques images afin de mettre en valeur leur travail, notamment sur la restauration corallienne et le programme de réintroduction des lamantins.

    Lorsque nous arrivons dans leurs locaux, les travaux battent leur plein. Cette semaine, l’équipe de AIMS est sur place pour installer les bacs de ponte des coraux ainsi que les nombreux aquariums nécessaires à leur réintroduction en milieu naturel. Ils parviennent même à congeler les spermatozoïdes de coraux afin d’augmenter les chances de fécondation.

    Nous rencontrons Rachelle, coordinatrice du projet de réintroduction du lamantin à Fundemar. C’est passionnant.

    Malheureusement, nous ne pourrons pas assister à la libération du lamantin demain. L’événement est très officiel, avec la présence de ministres et de représentants. Nous reviendrons toutefois cet après-midi pour interviewer Michael, le coordinateur pédagogique.

    Nous quittons ensuite Fundemar pour aller chercher de quoi manger : riz, salade et poulet, achetés pour 400 pesos à emporter avec les travailleurs. Parfait ! Nous déjeunons tranquillement en regardant l’une des nombreuses cénotes présentes dans la ville.

    Puis il est temps de se motiver pour les derniers préparatifs : courses et pleins de diesel. Grâce à notre ami Paolo, nous trouvons un motoconcho qui emmène Malo et nos trois bidons à la station-service. C’est assez folklorique ! Mais mission accomplie : les pleins sont faits.

    De retour au bateau, nous commençons à ranger avant de repartir à Fundemar pour l’interview de Michael. Nous apprenons énormément de choses. Nous essayerons d’organiser à notre retour en Guadeloupe un échange en visio avec des écoles pour parler du lamantin et de la République dominicaine.

    En rentrant à bord, nous terminons de ranger, préparons un peu à manger, puis allons nous coucher. Demain, réveil aux aurores pour partir à La Romana. Nous espérons pouvoir mettre le cap vers les BVI dès demain, car un coup de vent semble arriver dimanche.

    Mercredi, 6 heures. Nous sommes déjà sur le pont. Malo part à l’armada récupérer le despacho pour La Romana pendant que je prépare le bateau pour le départ.

    Peu après, Malo revient et nous hissons la grand-voile. Il y a peu de vent, mais la distance jusqu’à La Romana est courte.

    En une heure à peine, nous atteignons le río Salado, l’entrée de La Romana, là où arrivent les énormes cargos de croisière — une des principales activités économiques du pays. Le mouillage n’est pas particulièrement accueillant, mais nous espérons ne rester que la matinée.

    Nous débarquons à l’armada… et s’ensuivent quatre heures d’attente et de paperasse ! Immigration : 100 dollars parce que nous avons passé plus d’un mois sur le territoire (personne ne nous avait prévenus, on est un peu dégoûtés !), puis la douane : 1200 pesos, puis les autorités portuaires : 1500 pesos… Nous avons un peu de mal à comprendre toutes ces taxes, mais on nous avait dit que les formalités ici étaient souvent compliquées.

    J’écris ces dernières lignes assise sur les bancs de l’armada, en attendant patiemment.

    Le bateau, lui, est prêt. Cette navigation ne nous enthousiasme pas particulièrement avec le vent dans le nez… Dommage aussi de ne pas pouvoir s’arrêter à Porto Rico, mais les démarches de visa sont complexes et coûteuses.

    Allez, dans quatre jours, nous devrions atteindre une nouvelle destination ✨️⛵️
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  • J202, Cap vers les BVI's : un mirage ?

    3月11日〜15日, イギリス領ヴァージン諸島 🌬 25 °C

    Ça y est, après plus de 4 heures à gérer les démarches de sortie (et même les bakchichs quémandés par les douaniers lors de la visite du bateau !), nous levons l’ancre de La Romana.

    Nous sortons de l’entrée de la rivière qui débouche sur la mer. Tout de suite, le ton est donné : le vent et les vagues sont contre nous. On déroule le génois et on hisse la grand-voile avec un ris. Mais… au moment de hisser la grand-voile, crac ! On entend quelque chose se déchirer. C’est la deuxième latte qui s’est décousue et, avec la force du vent, elle s’est complètement arrachée puis envolée sans qu’on puisse la récupérer…

    On regarde : ça ne semble pas trop handicaper la voile. On va pouvoir continuer comme ça, on fera une réparation en arrivant. Sympa pour un début de navigation !

    On éteint les moteurs, on avance, mais pas bien vite : 3 nœuds.

    Nous allons tirer des bords dès le début. Nous pensions avoir un vent un peu plus favorable au départ, mais ça ne semble pas être le cas. Nous allons donc faire des bords pour avancer contre ce vent d’est. Les bords ont toujours quelque chose d’un peu frustrant : aller vers un point C alors qu’on vise un point A ! Sur notre premier bord, on vise presque Trinidad, c’est pour dire l’angle !

    Les choses finissent par se caler. On installe le foc sur l’étai largable. La voile s’aplatit mieux que le génois et fait un peu moins gîter le bateau. Bon, on reste quand même très penchés : impossible de se tenir debout, on se cale d’un bord ou de l’autre.

    On profite quand même. Ça fait partie de nos dernières grosses navigations avant les Petites Antilles. Le premier coucher de soleil est superbe. Les nuages semblent aplatis, de beaux cirrus. Le ciel se couvre d’un dégradé bleu, violet, rose et rouge.

    La nuit tombe et nous continuons à tirer des bords : 1, 2, 3… Le bateau gîte bien, le foc nous permet de mieux remonter au vent. On alterne les siestes jusqu’au lever du soleil. On a malgré tout réussi à dormir, fatigués par nos derniers jours.

    On met le moteur une heure lors d’un bord pour nous faire gagner quelques nœuds et un peu de cap. Ça fait du bien au moral, car on avance lentement pour le moment ! Le vent reprend, on déroule le génois.

    Pour notre deuxième nuit, vers 23 h, nous commençons à longer Porto Rico. Le vent tombe, on remet du moteur. On avance pendant la nuit pour gagner quelques milles vers l’est.

    Pour notre troisième jour de mer, nos nerfs vont être mis à rude épreuve. On passe la journée à tirer des bords. On enroule le génois, on hisse le foc, on tente diverses stratégies pour avancer au mieux et optimiser notre trajectoire. Mais ce n’est pas simple, car nous avons toujours le vent et la houle de face.

    On arrive quand même, petit à petit, à avancer. Je sens que Malo commence à s’impatienter. Un peu de stress et de frustration montent. On espère atteindre un abri avant le coup de vent de dimanche. Il y a toujours le stress d’une casse sur le bateau à quelques mois de le vendre.

    On discute de plusieurs options au cas où nous n’y arriverions pas. Notre objectif premier est de sécuriser le bateau (et nous, bien entendu). Si on sent que la houle et le vent montent vraiment trop fort, on s’abritera, même si c’est sur le territoire américain (on compte sur leur compréhension si c’est le cas !).

    On regarde la carte, on calcule les milles, les angles… Allez, on lâche prise. On discute, on écoute des podcasts et on essaie de ne plus trop se concentrer sur les bords. Je dévore le livre de Jean-Louis Étienne, célèbre explorateur français (notamment des pôles). C’est un homme fascinant et très inspirant. (Je vous invite à découvrir son livre Explorateur d’océans.)

    En longeant la côte, deux avions de chasse nous survolent — ça faisait longtemps… Puis des fous viennent jouer dans les voiles. On préfère ça ! Ils frôlent l’eau à toute vitesse, reviennent en s’approchant des haubans… et tout à coup, des dauphins viennent s’ajouter au tableau. On dirait qu’ils chassent : ils sont furtifs et glissent dans les vagues.

    Le stress retombe avec la nuit qui arrive. On relativise. Les étoiles brillent bien ce soir. Quand on regarde la carte, nous sommes à la pointe est de Porto Rico : on a fait les trois quarts du trajet !

    Pour notre troisième nuit, on met le moteur pour le premier bord de la nuit, avec un ris dans la grand-voile et le foc bien étarqué. Puis on éteint le moteur pour les prochains bords et le reste de la nuit.

    On enlève le pilote automatique. Malo se met à la barre.
    « Parée à virer ? »
    « Parée ! »

    Je suis aux écoutes de foc. Quand Malo tire la barre, les voiles changent de bord. Je libère l’écoute bâbord et la récupère sur le winch à tribord. Nous avançons entre 3 et 4 nœuds. Nous sommes lents, d’autant plus quand la houle augmente !

    À 3 h, après un plus long bord au sud, on effectue un nouveau virement pour se diriger vers le nord. On espère atteindre la première île des îles Vierges américaines sur ce bord. Au même moment, la lune se lève : un fin croissant orangé se reflète sur l’eau.

    La nuit est assez agitée, mais on entame le virage pour remonter vers le nord et atteindre les premières îles de l’archipel américain. Malo a peu dormi. À son habitude, il reste la nuit dehors, allongé sur les banquettes, toujours prêt. De mon côté, j’ai besoin de descendre pour grappiller quelques heures de sommeil, toujours bien penchée et accompagnée des grincements du bateau.

    Le soleil se lève et nous continuons méthodiquement à tirer des bords, en mettant de temps à autre un appui moteur. On reprend espoir. Malo est un peu moins frustré : on s’approche petit à petit ! On se souviendra de cette navigation.

    J’essaie de nous préparer un petit truc à grignoter (pas toujours simple avec 20° d’inclinaison 😅). Mais j’arrive à nous faire un sandwich tomates et mozzarella fraîche — ça faisait très longtemps ! Ça nous redonne du baume au cœur.

    L’eau est d’un bleu profond. On aperçoit de plus en plus de bateaux autour de nous : voiliers (de charter ?) et bateaux de pêche. Les îles Vierges sont très réputées pour la croisière et la plaisance : on ne sera pas seuls au mouillage !

    Ça y est : nous naviguons à la voile entre les îles Vierges. C’est beau. Les îles vallonnées, avec une végétation rase verte et brune, parsèment la mer.

    Malo se repose à l’intérieur. J’en profite pour un petit plaisir : la douche 🥰
    Toujours un peu acrobatique. Sur la jupe arrière, je lance un seau pour le remplir d’eau de mer et me le verse dessus : le bonheur sous cette chaleur. Je le fais à plusieurs reprises. Ça me rappelle des souvenirs d’enfance, les batailles d’eau dans le jardin, les grands seaux sur la tête.

    Puis je me rince et me savonne à l’eau douce, tout en gardant mon équilibre pour éviter la chute ! Ça fait un bien fou. Je mets une musique de Norah Jones pour accompagner ce moment. On est pas mal ✨

    Malo se réveille. On rigole en regardant l’état à l’intérieur du bateau : il est sans dessus dessous. À force de tirer des bords à gauche et à droite, tout finit par tomber. Un bon rangement s’imposera à terre…

    Pour nos dernières heures de navigation, toujours au près serré, on est suivis par six fous bruns qui volent au-dessus de nous. Tels des fusées, ils s’élèvent, glissent dans le vent et plongent pour tenter d’attraper un poisson. Quel spectacle !

    Bon, ils sont si proches qu’ils finissent par se délester sur le bateau… on doit faire attention à nos têtes !

    Nous assistons au coucher de soleil rituel. Cette fois-ci, un parfait dégradé passant du bleu et du violet jusqu’au jaune sur les collines de Saint-Thomas (US). Les îles semblent bien habitées : on distingue de nombreux bâtiments sur les pentes qui se dessinent dans la pénombre naissante.

    Nous sommes excités. Ça y est, nous arrivons. Finalement, tout s’est bien passé : un exercice de patience et de persévérance. C’est ça, la navigation.

    On met l’ancre à 22 h 30. On mange un bout. On a hâte de découvrir les lieux demain au soleil. On espère que Dan, notre voisin de mouillage de Bayahibe, est bien arrivé, comme nos amis de Blue Moana. On verra demain !
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  • J204, Jost Van Dick

    3月15日〜16日, イギリス領ヴァージン諸島 🌬 26 °C

    Nous ouvrons les yeux après une bonne nuit bien méritée. Malo sort le premier et je l’entends s’exclamer : « Les Blue Moana sont là ! » Je le rejoins et je vois en effet le bateau des copains juste à côté de nous, toute la famille à bord 🩵

    Ils sont arrivés cette nuit à 3 h du matin. Ils terminent de mettre l’ancre et nous proposent de venir à leur bord pour partager leur traditionnel pancake d’arrivée de navigation. Avec plaisir, bien sûr ! Nous les rejoignons donc après avoir préparé une pâte à tartiner avec le cacao 100 % République dominicaine et coupé un ananas bien frais.

    On est trop contents de les retrouver. On se serre dans les bras avec toujours la même facilité : on a vraiment trouvé notre famille de voyage. On partage une belle ventrée de pancakes en se racontant nos navigations et nos derniers mois de vadrouille. Eux sont restés plus longtemps à Cuba avant de naviguer jusqu’en Jamaïque, puis en République dominicaine, jusqu’ici.

    Le temps file à discuter, puis nous partons faire la procédure d’entrée dans le pays. Nous sommes sur l’une des trois îles principales des îles Vierges britanniques : Jost Van Dyke. Nous nous amarrons au quai devant le service d’immigration. Nous ne sommes pas forcément chaleureusement accueillis : ça y est, nous repassons sur les îles anglo-saxonnes, l’anglais est de nouveau de mise !

    Les îles Vierges forment aujourd’hui un archipel un peu particulier, partagé entre deux territoires : les îles Vierges britanniques (40 000hab) et les îles Vierges américaines (100 000 hab). Quelques milles nautiques seulement les séparent. Côté britannique, les îles sont restées un territoire d’outre-mer du Royaume-Uni : petites communautés insulaires, mouillages organisés et une forte culture de la voile qui attire de la plaisance. L’économie repose beaucoup sur le nautisme. Les îles voisines, elles, appartiennent aux États-Unis depuis que le Danemark les a vendues en 1917. On y retrouve une influence américaine plus marquée : villes un peu plus animées, croisiéristes, infrastructures touristiques et le dollar comme monnaie.

    Nous passons de bureau en bureau. Nous devons payer une taxe pour le parc naturel de 10 $ par personne, puis les autorités portuaires (1 $ par pied du bateau), et enfin 20 $ pour l’immigration. Les Blue Moana enchaînent après nous. On rencontre un Français avec son fils qui, eux, quittent le territoire. Ils nous partagent des informations précieuses pour notre exploration des îles Vierges dans les prochains jours.

    Formalités terminées, nous allons découvrir les ruelles environnantes. Nous amarrons nos deux dinghys à l’un des pontons en bois présents sur la plage qui donne sur le mouillage. De nombreuses bouées sont présentes dans la baie : pour la plupart, elles sont occupées, essentiellement par des catamarans de charter. Les monocoques sont très minoritaires !

    L’eau est turquoise mais l’horizon moutonne : le vent annoncé s’est en effet levé. La ruelle de sable qui borde la plage donne sur quelques bars et boutiques de souvenirs. On s’y arrête et nous sommes comme des enfants : une boutique pensée pour les navigateurs, avec des vêtements, gadgets et outils de pêche… Difficile de ne pas craquer !

    Les Blue Moana partent se reposer, encore bien fatigués de leur navigation et de leur arrivée nocturne. Nous continuons de marcher un peu avant de rentrer au bateau. Nous nous concoctons un bon petit dîner avant de ne pas tarder à sombrer : nous avons encore quelques heures de sommeil à rattraper.

    Le matin, nous émergeons sur un mouillage toujours bien venté. Le vent devrait se calmer à partir de mardi matin. Je pars sur la plage pour un petit yoga. Je suis un peu fouettée par le sable, mais ça fait du bien de se décontracter après une navigation, dont nous sortons toujours un peu courbaturés.

    Les Blue Moana quittent le mouillage pour aller sur Tortola, où ils espèrent être un peu plus protégés pour faire quelques courses et rencontrer le broker qui doit les aider dans la vente prochaine de leur bateau. Nous espérons les rejoindre demain pour continuer à naviguer ensemble.

    De notre côté, nous restons pour explorer encore un peu l’île. Nous partons à midi, nos bobs vissés sur la tête, pour arpenter cette première île. Nous visitons une boutique, encore une fois très sympa, accolée à un bar typique de navigateurs. Les lieux sont agréables mais nous n’avons pas encore d’accroche particulière avec les locaux qui tiennent les commerces ; peut-être que cela viendra sur d’autres îles.

    Cela ne nous empêche pas d’admirer les lieux. Nous tombons sur deux chevaux qui paissent tranquillement au bord de la plage. Ce ne sont pas des criollos : ils ressemblent à des chevaux européens. Pas farouches, ils demandent des caresses ; on est ravis.

    Nous débutons notre marche. L’île, comme ses voisines, est bien vallonnée. Depuis le mouillage, nous avons repéré un bel arbre qui domine : notre objectif. Nous grimpons la route qui chemine jusqu’au sommet — ça grimpe ! La vue est magnifique : une vision à 360°, l’eau turquoise et les nombreux voiliers sur les flots.

    Une fois redescendus, nous prenons un rafraîchissement dans le bar en bas et faisons une petite mise à jour internet. Nous en profitons pour étudier les spots de plongée : il y en a à foison ! On espère bien pouvoir plonger quotidiennement.

    D’ailleurs, c’est l’heure. Au vu du vent (et de l’état de notre annexe), nous ne pouvons pas aller bien loin. Malo prépare le matériel, nous chargeons les blocs dans notre bon Guy et nous allons nous amarrer à la bouée de chenal non loin du mouillage. Nous descendons le long de l’amarre.

    L’eau est trouble, brassée par la météo. Mais nous passons une petite heure à explorer : de nombreux poissons-anges gris, de gros bernard-l’ermite qui s’affairent à fouiller le sable, des bancs de carangues, de belles langoustes et… des dizaines de poissons-lions ! Il va falloir venir chasser ici : leur invasion est bien présente sur les récifs.

    Nous remontons — quelque peu frigorifiés ! — à bord de l’annexe. Nous rinçons le matériel, prenons une petite douche et nous nous mettons au sec : ça fait du bien.

    Demain, nous partons pour l’île de Tortola, sûrement retrouver les copains. Puis nous aimerions rapidement nous diriger vers les petites îles au sud de Tortola. Nous en avons entendu beaucoup de bien : abritées et riches en spots de plongée et de snorkeling !
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  • J207, Sous spi à Norman Island !

    3月17日〜18日, イギリス領ヴァージン諸島 🌬 26 °C

    Nous levons l’ancre de Jost Van Dyke en direction de Tortola, l’île principale des îles Vierges britanniques. Le vent d’est souffle toujours ; nous mettons deux ris dans la grand-voile et déroulons un peu de génois afin de parcourir les cinq milles nautiques qui nous séparent de l’île.

    Nous empruntons le chenal pour accéder à la baie en même temps qu’un superbe voilier de luxe de plus de 30 mètres. C’est un spectacle : il tire des bords serrés juste devant nous. C’est sublime, avec les îles vallonnées en arrière-plan.

    Nous découvrons une baie assez chargée, avec des bouées d’amarrage : les rouges sont réservées en ligne (50 $/jour) et les blanches peuvent être prises gratuitement pour la journée. Nous nous amarrons près des Blue Moana, arrivés à Tortola la veille, car ils avaient rendez-vous avec le broker pour la vente de leur bateau.

    Nous allons rapidement à terre afin de nous ravitailler en produits frais. La petite marina accueille de superbes bateaux sur ses pontons. C’est un mini centre-ville en bord de mer, avec des quais le long desquels s’installent quelques boutiques et un supermarché. Les prix sont plus élevés : on retrouve un niveau de vie européen, mais les étals sont bien achalandés.

    Une fois nos stocks de fruits et légumes faits, nous quittons les bâtisses colorées pour repartir à bord. Nous nous arrêtons dire bonjour aux Blue Moana : ils ont eu un bon échange avec le broker, et il y aurait des possibilités de vendre le bateau ici ; le commercial était optimiste. Cela fait du bien au moral d’entendre ça, car la vente d’un bateau est toujours un moment un peu stressant !

    Une fois les courses rangées, nous nous coordonnons avec nos amis et larguons les bouées, cap sur Norman Island, petite île au sud de Tortola. Nous hissons la grand-voile et visons la pointe de Tortola afin de pouvoir tirer un bord jusqu’à Norman. Les Blue Moana nous passent vite devant : on ne joue pas dans la même cour ! Puis nous mettons le cap sur l’île.

    Il n’est pas simple de parcourir ces quelques milles, car plusieurs grains viennent perturber le vent. Nous finissons par affaler et terminons les dernières minutes au moteur.

    Nous arrivons dans une jolie baie aux eaux claires. De nombreux bateaux sont à la bouée, et nos amis sont ancrés à l’arrière du mouillage. Nous allons mouiller près d’eux dans une belle tache de sable. Olivier, Joanne et Yasmine sont déjà à l’eau : ils s’émerveillent de la clarté de l’eau. Des raies et de nombreux poissons nagent sous les bateaux.

    C’est déjà la fin de journée : le soleil se couche. Malo les rejoint pour observer la vie sous-marine ; il aperçoit deux magnifiques raies léopard.

    Le lendemain, à peine les yeux ouverts, nous enfilons masques et tubas pour explorer les fonds. L’eau est transparente. Nous observons de nombreux poissons-perroquets, des bancs de barracudas à l’air toujours grincheux, de gros pagres, des chirurgiens… Les poissons se laissent observer sans nous craindre.

    De retour à bord, nous mangeons un morceau et repartons dans l’eau peu de temps après. Non loin de nous se trouve le catamaran de Christophe et de son fils Léo. Les Blue Moana les ont rencontrés en République dominicaine, et ils ont fait route ensemble vers les BVI. Christophe vient se présenter à nous : breton lui aussi, très sympathique. Le courant passe rapidement.

    Dans l’après-midi, Christophe s’amuse à tirer les enfants dans les airs grâce à l’annexe et à un bout amarré à l’arrière de leur bateau. Cela donne des idées à Malo… Nous avions vu il y a quelque temps une vidéo de ce type de balançoire aérienne : c’est le moment d’essayer !

    Le principe ? Hisser le spi (la grande voile d’avant), sans les écoutes, fixer un bout sur les deux points d’écoute, le laisser long, et laisser le spi se gonfler tout en s’y accrochant pour s’envoler !

    Allez, c’est parti ! Nous mettons le bateau vent arrière en pivotant sur notre ancre, hissons le spi… et décollons ! Cela nous amuse beaucoup. Joanne fait des vols impressionnants ; il ne fallait pas plus de vent, sinon nous aurions vraiment pris de la hauteur.

    On s’amuse bien et on offre un joli spectacle. Au coucher du soleil, avec la voile bleue et verte qui se gonfle comme une bulle dans le ciel, c’est magique. Un vrai parc d’attractions !

    Le soir, nous invitons tout le monde à prendre l’apéritif à bord. Christophe vient avec les photos qu’il a prises au drone pendant l’activité de l’après-midi : elles sont superbes. Nous passons un bon moment à discuter de nos périples et de nos passions.

    Nous sommes heureux de retrouver cette petite vie communautaire de marins : partager et naviguer à plusieurs.
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  • J208, Sous l'eau des BVI

    3月18日〜19日, イギリス領ヴァージン諸島 🌬 27 °C

    Le lendemain, nous émergeons de nos rêves… pour mieux nous ré-immerger dans l’eau ! Nous sommes juste à côté d’un spot de plongée référencé. Nous allons donc amarrer l’annexe à une bouée spécialement installée pour la plongée, et c’est parti.

    Nous descendons à une quinzaine de mètres : c’est magnifique. L’eau est claire, des reliefs sous-marins se dessinent devant nous. De nombreuses gorgones et des éponges violettes dansent, et nous apercevons une tortue verte remonter à la surface dans le reflet des rayons du soleil du matin.

    Au bout d’une heure sous l’eau, il est temps de remonter. Nous hissons l’équipement à bord et savourons un bon brunch. Les Blue Moana sont partis mouiller à Peter Island, plus à l’est. Nous les retrouverons ce soir.

    Mais avant cela, nous nous rendons à un mille de là, sur le site de plongée The Indians. Très réputé pour le snorkeling et la plongée, cet ensemble de gros rochers abrite une belle diversité marine. Nous réussissons à trouver une bouée, par chance, car elles sont très convoitées.

    Nous nous équipons et partons pour notre deuxième plongée de la journée, directement depuis la jupe arrière du bateau : le bonheur. Là encore, nous sommes comblés. De superbes couleurs se déploient sous nos yeux. Nous observons même un corail cierge, malheureusement disparu en Guadeloupe. Nous retrouvons aussi des monnaies caraïbes, ces petits mollusques finement dessinés que nous n’avions presque plus vus depuis Bonaire. Une langouste, en garde, les pinces en avant nous observe, des poissons ange danse autour des barbarins et un barracuda nous regarde avec un hameçon malheureusement accroché à sa bouche.

    Des étoiles plein les yeux, nous remontons à bord et larguons les amarres. Nous mettons le cap sur Little Harbour, une baie de Peter Island. Olivier nous confirme à la VHF qu’il y a une place pour nous.

    En effet, la particularité de cette baie est qu’il faut mouiller par l’arrière : on jette l’ancre à l’avant et on accroche une longue amarre à la roche, à l’arrière, côté plage. Les places sont donc limitées. Nous découvrons ce coin de paradis, toujours baigné de splendides teintes de bleu.

    De nombreux bateaux occupent la baie, en majorité des catamarans, mais l’ambiance est détendue. Ce sont des vacances dans les vacances : des paddles et des foils circulent entre les bateaux, les gens se prélassent à bord ou explorent les fonds en palmes et masque.

    Après quelques ajustements pour peaufiner la manœuvre et trouver le bon montage, ça y est : nous sommes amarrés à côté des Blue Moana. Ainsi attachés, nous ne bougeons plus : c’est royal !

    En observant les deux bateaux côte à côte, Malo ne tarde pas à avoir des idées, vite rejoint par son acolyte de jeux, Joanne. Tous les deux commencent à imaginer un système de balançoire entre les bateaux grâce aux drisses de spi. Peu à peu, Olivier, Christophe, Yasmine et Léo se prennent aussi au jeu : une réflexion collective s’engage pour créer un véritable parc d’attractions aquatique.

    Avec Wanda, nous décidons de partir explorer l’île. Nous empruntons un sentier qui nous mène sur la crête. La végétation est aride, sèche et piquante. Nous apercevons quelques cabris sauvages dévaler les pentes, parfaitement à l’aise dans leur environnement.

    Au fil de notre marche, nous croisons plusieurs ruines de maisons. On imagine qu’elles ont été détruites par un ouragan ou une tempête : les constructions ne semblent pas si anciennes, mais les toits ont disparu.

    Nous rentrons au bateau avec une vue plongeante sur nos embarcations dans l’eau turquoise. Le parc d’attractions a pris forme : les paddles sont gonflés et un pare-battage est suspendu entre Blue Moana et Noam pour servir de balançoire. L’annexe de Christophe est utilisée pour tracter la planche de kite de Joanne, transformée en wakeboard.

    Nous demandons à tester la balançoire aérienne avec Wanda entre les deux bateaux : très amusant !

    Le soir, nous sommes invités pour l’apéritif chez Christophe, qui convie également un bateau voisin. Ce sont aussi des Français : un couple de Normands avec leurs trois petites filles, à bord d’un Bénéteau de 40 pieds.

    Les quatre annexes sont amarrées à l’arrière, tout le monde est installé autour de la table, de quoi grignoter et partager un verre. Pour l’occasion, Christophe a même sorti des pics à olives, chacun décoré d’un drapeau breton : le chauvinisme, quand tu nous tiens !

    Demain, j’invite tout le monde pour fêter mon anniversaire : barbecue sur la plage.

    Aaah, je vais avoir 30 ans…
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  • J209, 30 printemps !

    3月20日〜21日, イギリス領ヴァージン諸島 🌙 25 °C

    Ce matin, à la sortie du bateau, j’ai la surprise de voir des banderoles « Happy Birthday » installées de part et d’autre sur les bateaux voisins. Ça me touche : les voisins de mouillage ont eu une jolie pensée !

    De plus, à mon réveil, j’ai eu la joie de regarder plein de vidéos des copains et de la famille que Malo a recueillies pour l’occasion. Je suis émue. Ce n’est pas toujours facile d’être loin, alors voir des visages familiers et remplis d’amour, ça réchauffe le cœur. Merci ! 🩵

    Malo m’embarque pour un snorkeling en sautant du bateau. L’eau claire nous ravit avec ses nombreuses tortues auxquelles s’accrochent des rémoras. Ils utilisent la tortue comme un taxi ! Les tortues ne sont pas du tout sauvages ; elles sont baguées, sûrement par le parc des îles Vierges britanniques. Des poissons-coffres trifouillent le sable et quelques pagres passent non loin de nous.

    De retour à bord, je reçois quelques appels de copains, jusqu’à ce que Malo me fasse signe : nous sommes attendus chez les Blue Moana. Nous montons dans l’annexe et sommes accueillis chez les copains. Ils m’ont organisé un super brunch d’anniversaire, c’est magnifique. Je suis gâtée : une sublime carte faite par leurs soins, de jolis chouchous et un bandeau pour les cheveux. Malo m’offre des boucles d’oreilles et un pantalon, je suis gâtée !

    L’après-midi, tous les copains de mouillage partent pour une belle chasse, avec pour objectif de ramener de quoi préparer le dîner d’anniversaire pour un barbecue sur la plage. Je décide de rester un peu tranquille au bateau. Je prends le temps de répondre aux appels et d’écrire aux différentes personnes qui m’ont envoyé des pensées. J’ai du mal à me rendre compte de ces années qui passent. Je suis chanceuse d’être ici, sur l’eau, dans un cadre idyllique. Bien sûr, cette nouvelle dizaine a quelque chose d’assez vertigineux : 30 ans ! Je ne me rends pas compte, j’ai l’impression que ça ne m’arriverait jamais, ahah… mais finalement, rien ne change : ce n’est qu’un jour de plus, non ?

    Je profite d’un tour en paddle dans l’après-midi, puis d’un snorkeling : les fonds sont très beaux. Il faut quand même rester vigilant, car il y a du monde sur le plan d’eau, entre les catamarans, les foils et les bateaux électriques…

    De retour à bord, j’observe les annexes des chasseurs revenir de leur escapade. Malo et Joanne ont attrapé trois belles langoustes ! Malo m’explique qu’il a loupé un tazard, un peu déçu, mais des langoustes d’anniversaire, c’est parfait.

    Nous commençons à préparer le nécessaire pour faire un beau barbecue. Les trois bateaux voisins font de même, tous conviés à la fête. En début de soirée, nous atteignons la plage. Olivier et Malo se chargent de lancer un beau feu : la végétation sèche et aride est parfaite pour cela. Petit à petit, tout le monde arrive. C’est beau : une belle table couverte de mets ramenés par chacun, un beau feu (qui nous enfume un peu !!), des langoustes sur le grill…

    J’ai droit à de jolies attentions de tout le monde : trois jolis galets peints de la part des trois petites filles de Séverin et Erell, un livre de la part de Christophe et Léo. On écoute de la musique, on discute, on mange les langoustes grillées au feu de bois. Malo sabre le champagne pour l’occasion, avant que je souffle mes bougies sur un magnifique tiramisu. Il n’en est que meilleur, car nous nous sommes couchés à une heure la veille pour le préparer : à battre les blancs en neige à la main !

    La soirée se termine en dansant sur la Compagnie Créole, de la bachata et de la musique bretonne. Nous rentrons, le sourire aux lèvres, chacun à bord de nos bateaux.

    Le lendemain, on ouvre les yeux (un peu fatigués, on doit bien l’avouer !). Les deux bateaux voisins sont partis, il ne reste que les Blue Moana. On émerge tranquillement. Je me lance dans la fabrication d’un pain maison avant de me rendre à bord des Blue Moana. J’avais offert à Wanda, pour son anniversaire, un atelier pour faire une suspension en macramé : c’est le moment ! Atelier créatif cet après-midi.

    Malo s’arme de son appareil photo pour photographier tortues et rémoras. Demain, nous changeons de mouillage, cap sur le sud de l’île !
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  • J211, Requin et épave de pirate

    3月21日〜23日, イギリス領ヴァージン諸島 🌙 26 °C

    Le lendemain, nous larguons les amarres de Little Harbour, magnifique baie, pour mettre le cap au sud de l’île. Nous voulons plonger sur un site à son extrémité : Shark Point. Nous mouillons le bateau sur une langue de sable, puis nous nous installons dans l’annexe avec tout le matériel (cette vieille annexe tient comme elle peut, mais il faut écoper à bon rythme pour ne pas couler !).

    Nous nous amarrons à une bouée, Malo s’immerge et s’exclame aussitôt : « whaou, c’est magnifique ! ». Nous sommes entourés de centaines de varangues et d’agoutis, des bancs entiers virevoltent autour de nous. Je m’empresse de le rejoindre, et c’est parti pour une heure de magie.

    À la pointe sud de l’île, la roche dessinée en surface se reflète dans les reliefs sous-marins, où se cachent poissons et crustacés. L’eau claire nous offre une visibilité d’une vingtaine de mètres. Nous observons des varangues plume, des carangues gros yeux, des bourses qui jouent devant l’objectif, et deux beaux requins des Caraïbes qui nous observent de loin. Un spectacle : on se croirait dans un aquarium.

    Nous tombons sur un casier dans lequel un malheureux requin dormeur s’est retrouvé piégé. Le pêcheur, ne l’ayant pas relevé assez tôt, a laissé mourir le bel animal, désormais impropre à la consommation… Ça fait mal au cœur. Plus loin, un second casier retient deux belles langoustes, sans doute du même pêcheur. L’une d’elles est pleine d’œufs : il n’en faut pas plus pour convaincre Malo de les relâcher. Il ouvre le casier, se débat un peu avec les deux crustacés, mais parvient à les libérer. Elles repartent se cacher dans les cailles environnantes : la B.A. de la journée !

    Nous terminons cette plongée émerveillés, remontons à bord de Noam, et grignotons un sandwich avec du pain maison (un régal !) avant de lever à nouveau l’ancre pour aller mouiller un peu plus au nord, à Key Bay.

    À notre arrivée, des navigateurs font un beau feu sur la plage. Deux catamarans sont amarrés près de nous, ainsi qu’un gros yacht de luxe : le paysage typique de ces îles. Nous nous préparons pour une plongée de nuit !

    Nous allons plonger sur l’épave du Willy T Wreck, un bateau coulé volontairement par l’association Beyond the Reef, qui crée des récifs artificiels. Ce navire avait été gravement endommagé lors du passage de l’ouragan Irma en 2017, qui a dévasté les îles Vierges britanniques, détruisant une grande partie des infrastructures et marquant durablement l’archipel. Il a ensuite été dépollué, redécoré en épave pirate, puis immergé. Nous avons hâte de découvrir cela.

    Je râle un peu à l’idée de me mettre à l’eau — je deviens vraiment frileuse ! — mais une fois dedans, la magie opère. La nuit nous entoure et le faisceau de nos lampes nous guide. Nous nous amarrons à une bouée du site et tombons rapidement sur un premier squelette métallique, déjà colonisé par la vie.

    L’épave a été pensée pour accueillir poissons, éponges, gorgones et autres espèces. Les éponges rouges et orange, les poissons-perroquets aux couleurs arc-en-ciel dorment dans les cages thoraciques des pirates… Un décor hors du commun ! On s’amuse à se promener entre le capitaine, l’homme de ménage, le pirate endormi dans son hamac…

    Nous terminons la plongée en observant le récif voisin. Lors de notre palier de décompression, accrochés au bout de la bouée, le zooplancton fourmille dans la lumière de nos lampes, attirant de gros tarpons aux écailles argentées. Soudain, je tourne la tête : une énorme raie léopard nage majestueusement à quelques mètres de nous. Nous la suivons un instant… magique.

    Nous remontons à bord, ravis, prêts à dormir.

    Le lendemain, je profite de la plage accessible en paddle pour une séance de yoga. Après un café avalé, nous levons l’ancre pour rejoindre l’île de Tortola, à Road Town, la capitale des îles Vierges britanniques, petit centre administratif et portuaire animé, point d’entrée principal de l’archipel.

    Nous devons faire les pleins : essence, gaz, eau. Toutes voiles dehors, nous avançons sous un ciel nuageux mais avec un vent favorable. Le plan d’eau est un véritable terrain de jeu entre les îles. De nombreux voiliers tirent des bords : le paysage est superbe.

    Nous atteignons le port en longeant deux immenses paquebots de croisière, impressionnants. Alors que je suis à la proue, j’aperçois un aileron : « un dauphin ! ». En fait, c’est une femelle et son petit, à peine âgé de quelques semaines. Ils jouent le long du bateau, spectacle incroyable.

    Après cette belle rencontre, nous nous amarrons au ponton à essence et attendons qu’un énorme catamaran (80 pieds) termine de remplir ses cuves (plus de 4 000 litres de diesel tout de même !). Une fois les pleins faits (6,30 $/gallon de diesel, 0,25 $/gallon d’eau), nous repartons mouiller non loin de là.

    Le ciel finit par tenir sa promesse : la pluie s’abat sur nous ! On se réfugie à l’intérieur. Nous assistons à une réunion pour un appel à projet intéressant pour développer les actions de Vag’abond. Cela pourrait nous permettre d’obtenir un bon budget pour créer une exposition valorisant la biodiversité sous-marine des Caraïbes. Réponse dans moins de quinze jours : il ne va pas falloir chômer !

    Une fois terminé, nous partons à terre pour remplir les bouteilles de gaz et faire quelques courses. Nous retrouvons la ville : voitures rapides, enfants en uniforme scolaire, policiers au képi brillant. Le supermarché est grand, bien achalandé, comme en Europe… et les prix aussi ! On essaie de rester raisonnables, surtout fruits et légumes.

    Nous cherchons aussi une annexe à vendre — une petite comme la nôtre, ça ne court pas les rues. Il faudra continuer les recherches.

    De retour à bord, nous rangeons rapidement les courses et levons l’ancre. Cap sur Salt Island, à quelques milles. Nous naviguons au près, dans un vent confortable, toutes voiles dehors : c’est magnifique.

    Nous sortons de l’anse en même temps qu’un paquebot de croisière — impressionnant. Malo décide de pêcher. À mi-chemin, la canne plie : après quelques efforts, il remonte un magnifique thazard ! Trop contents (même pas le temps de prendre une photo dans l’excitation !).

    Nous atteignons le mouillage, où se trouve un seul bateau : nos amis du Blue Moana. Malo appelle Olivier : « on a ramené le dîner ! Barbecue ! ».

    Une fois ancrés, Malo prépare le poisson, moi les légumes. Nous dégustons ce festin à bord de nos voisins préférés. Wanda a préparé une soupe de courge : parfait. Un repas délicieux !
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  • J215, Cabottage et plongées

    3月24日〜27日, イギリス領ヴァージン諸島 ⛅ 26 °C

    Nos derniers jours se sont rythmés au gré de la houle, entre plongées et navigations dans ces îles aux reliefs et aux pierres imposantes.

    Mercredi, après une première nuit à Salt Island, le soleil éclaire un ciel d’un bleu éclatant.

    Nous passons une partie de la matinée à travailler sur le projet que nous souhaitons mener avec l’association : la conception d’une exposition photo ainsi qu’un guide de bonnes pratiques à destination des plaisanciers. Un gros chantier. On fera au mieux selon nos moyens ! Nous prévoyons une réunion avec Élise et Léa jeudi pour discuter de tout ça.

    Les Blue Moana, non loin de nous, partent en snorkeling matinal. J’adore cette vie de voisinage 🥰

    L’après-midi, nous nous préparons pour aller plonger sur l’épave du RMS Rhone. Ce bateau en acier, long de 100 m, s’est échoué lors d’un ouragan en 1967. C’était un navire très moderne pour l’époque, à vapeur et équipé de deux grands mâts. Lors de la tempête, il s’est rompu en deux : une première partie repose à presque 30 mètres, l’autre est moins profonde.

    Wanda et Joanne nous suivent de près avec leur annexe pour observer les restes du géant d’acier en apnée. Ça y est, nous y sommes : plusieurs bouées sont disposées autour de l’épave. Une annexe venant d’un gros trimaran est à côté de nous. Le barreur nous indique la bouée idéale pour nous immerger.

    Allez, c’est parti ! On met les blocs à l’eau, sac sur le dos. On se regarde, pouce vers le bas : « on descend ! »

    Nous découvrons rapidement le squelette du bateau, construit en Angleterre il y a plus d’un siècle. C’est incroyable : on distingue encore l’hélice, les hublots, la coque… La vie s’est installée dans chaque recoin — la nature nous survivra. Des éponges rouges et orange tapissent les parois. Un colas me suit toute la plongée, comme un guide. Gorgones et coraux noirs dansent doucement.

    Plusieurs thazards filent au-dessus de nos têtes, comme pressés. Le crépitement du récif me fait toujours du bien : la vie suit son cours. Les arches et reliefs rythment notre exploration. Au-dessus de nous, Joanne et Wanda évoluent en surface. Joanne, en apnée, descend à notre niveau pour observer les fonds.

    Un diodon (poisson-globe) nage avec ses grands yeux globuleux — l’innocence incarnée.

    En remontant à l’annexe, nous nous agrippons au bout d’amarrage pour effectuer nos 3 minutes de palier à 5 mètres. À ce moment-là, un majestueux banc de carangues franches nous entoure. Malo se retrouve enveloppé par ces centaines de poissons évoluant dans une synchronisation parfaite… c’est magique.

    Ravis, nous retrouvons les filles en surface, elles aussi enchantées.
    « Olivier est aux fourneaux, ce soir c’est soirée pizza ! Ça vous dit ? »
    Bien sûr !!

    Avant ça, nous profitons d’une balade au coucher du soleil sur les hauteurs de l’île. La végétation est aride et les pentes abruptes. Une lagune dessine le centre de l’île. Une maison en ruine repose sur la plage, sûrement encore marquée par Irma. On s’étonne qu’il n’y ait eu aucune reconstruction.

    Nous arrivons pour le dîner à bord du Blue Moana. Miam, on se régale ! Olivier a pétri la pâte et garni les pizzas. La table ne désemplit pas, c’est délicieux. Repus, nous rentrons à bord. Demain, nous partons pour Cooper Island. Les Blue, eux, montent plus au nord. On se donne rendez-vous vendredi à Virgin Gorda. À très vite !

    Nous levons l’ancre pour Cooper Island et prenons une bouée. Malo s’affaire à gonfler les blocs : il gère cette étape, c’est une préparation. Au pied de mât : vérifier les niveaux, brancher les bouteilles, lancer la machine, surveiller les pressions…

    Une fois prêts, nous choisissons un spot sur la pointe sud de l’île. Après un trajet en annexe — Guy tient encore le coup malgré son état — nous arrivons à la bouée.
    « Tu as ton ordinateur de plongée ? »
    Oups… demi-tour. La sécurité !

    Nous repartons ensuite et plongeons sur un joli récif. Rapidement, la vie apparaît : poissons-papillons, carangues, puis deux barracudas s’approchent… impressionnants avec leurs dents visibles. Ils finissent par repartir.

    Plus loin, deux requins gris de récif viennent nous observer, curieux, suivis d’une raie majestueuse. Ils savent que nous sommes là, bruyants avec nos bulles, mais restent intrigués. Nous sommes chanceux.

    Après plusieurs plongées, une de nuit notamment, nous explorons aussi "l’allée des épaves = wreck alley" : quatre épaves reposant sur un fond sableux à 30 mètres. Encore une plongée magnifique.

    En fin de journée, nous mettons le cap sur Ginger Island. Voiles dehors, nous longeons les falaises — impressionnant. Malo pêche : un barracuda (relâché), puis un thazard qui parvient à s'échapper … et enfin un beau thazard franc !

    La nuit au mouillage est sportive : ça tangue, ça gîte… ça va être difficile de dormir. Une dernière plongée nocturne nous offre un spectacle incroyable : éponges colorées, langoustes, bancs de tarpons… Malo attrape un mal de mer cumulé a la fatigue des plongée accumulées, vite le lit !

    Le lendemain, Malo est remis sur pied. Direction Virgin Gorda.

    En arrivant nous découvrons les Baths : d’immenses granits arrondis, entassés les uns sur les autres, comme si un géant les avait déposés là. Ça me fait penser à des rochers bretons… mais plongés dans un décor tropical.

    Nous mangeons à bord puis allons à terre pour effectuer les formalités de sortie. Une belle fenêtre météo s’ouvre pour rejoindre Saint-Martin dimanche.

    Après un peu d’attente (et toujours peu d’amabilité côté immigration), nous obtenons enfin notre sortie.

    Nous rejoignons Long Bay, près des Blue Moana. Ce soir : dîner de poisson frais ! Malo fait mariner le thazard, grillé au barbecue. Je prépare un gratin de légumes, Joanne un riz coco, et les filles une mousse au chocolat. Meilleur qu’au restaurant !

    Le lendemain, nous prévoyons de faire plonger Yasmine et Wanda avant de partir pour Anegada et pour Saint Martin dimanche matin.
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